MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - SLEAZYZ (29 JANVIER 2021)
TITRE:

SLEAZYZ (29 JANVIER 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL ALTERNATIF



Music Waves aime l'horreur et se plonge dans les contes de Sleazyz pour parler de l'album "March Of The Dead". Même pas peur !
CALGEPO - 21.05.2021 -
3 photo(s) - (0) commentaire(s)

Music Waves n'a peur de rien et part à la rencontre de Fred et Ileana afin d'évoquer l'album "March Of The Dead". Rentrez dans l'univers angoissant de Sleazyz...


On aime commencer nos interviews par la question qu'on vous a trop posée, quelle est cette question ?

Fred : D'où vient le nom du groupe ! A la base je suis fan de glam metal et de sleaze et j'ai ajouté le Y et le Z et je trouvais que ça claquait bien.

Ileana : On adore les années 80, même le logo rappelle cette époque.





On va passer un peu vite sur la question de la pandémie Est-ce que  c'est la pire des visions de cauchemars des films d’épouvante (28 Jours Plus Tard, Zombie...) qui pouvait vous inspirer ?

Ileana : C'est la pire des situations. On n’imaginait pas cela il y a un an quand on a commencé à enregistrer cet album. Quelqu'un qui nous aurait dit ça, on n'y aurait pas cru. Vivre dans l'incertitude et de jour en jour, c'est difficile pour nous.


Vous étiez presque des visionnaires à l'époque ?


Fred : Laisse tomber (Rire) c'est le pire des scénarios, manque plus qu'on se bouffe tous.


On a l’impression que vous êtes attirés par le gore grandiloquent, par le gore délirant (Braindead ou House) ou les séries B voire Z, est-ce que votre musique a aussi cet esprit série B ?  Est-ce que vos chansons font référence aux classiques du genre?


Fred : Pas forcément, il y a des titres qui sont un peu plus sérieux. En général c'est une des influences. J'ai grandi avec le metal et ce genre fantastique. On ne peut pas forcément dire que ce titre-là ou un autre est influencé par ça précisément. Certains titres oui, mais dans ma façon de composer je vais pas me dire telle chose m'inspire, je vais écrire ça... Par exemple 'Malleus' c'est une nana qui lisait un livre où dedans c'était le thème des sorcières et le Maleficarum qui était un manuel que les inquisiteurs utilisaient pour chasser les sorcières et mettre les deux ensemble, ça claquait. C'est parti d'instinct.

Ileana : C'est un mélange un peu de tout cela, bien sûr ces films nous inspirent mais il n'y a pas que ça. La situation qu'on vit...


On est dans un univers parallèle où tout se casse la gueule.


Mais c'est un peu à l'image de la société qui est un peu un film d'horreur dont on est les acteurs ?

Ileana : Oui, tout à fait. Quand tu écoutes 'March Of The Dead' c'est un peu ce qu'on vit actuellement (Rires).

Fred : C'est ubuesque. C'est comme une dystopie, celle de 1984. On est dans un univers parallèle où tout se casse la gueule.


Ce n'est pas lié qu'à la pandémie, elle ne fait qu'accentuer les choses. Vous dites que vous parlez de choses horrifiques mais aussi de choses sérieuses, quels sont ces thèmes qui vous tiennent à cœur et qui, par le biais de l'horreur, font passer les messages ?


Ileana : Ce n'est pas compliqué, 'Chaos N' Destruction' parle justement de notre société actuelle. On nous enlève nos libertés, notre pensée d'esprit et on se doit de défendre nos valeurs et c'est accentué avec ce côté horreur. C'est ne pas pouvoir faire ce qu'on veut.

Fred : D'être dans un état d'urgence total. Il fallait que ça sorte. On ajoute le côté conspiration mais pour le fun. J'adore la conspiration d'Orion, tout ça ce sont des noms qui claquent. Mais on n’épouse pas ce délire-là.





Vous êtes donc conscients de ce qui vous entoure tout en fonctionnant, c'est revenu beaucoup dans vos réponses, à l'instinct !

Fred : Je travaille comme ça, oui. Je tripote les instruments, j'écris... Il n'y a rien de trop réfléchi. C'est presque en mode automatique.


La peur a un côté fascinant et on le voit chez les gamins qui adorent se faire peur, regarder des dessins animés comme Scoobydoo et d'autres qui font peur. On a cette fascination qui s'atténue un peu en devenant adultes où on est un peu moins attiré par ça. Est-ce que vous avez gardé votre âme d'enfant pour vous amuser dans ce genre de musique ?

Ileana : Je pense que oui. Depuis toute petite je suis attirée par ça, les films d'horreur. J'étais baignée la-dedans car mon père adorait ça y compris dans la littérature avec Lovecraft, Claude Signol... Avant de rentrer dans la musique j'étais dans ce style. Même maintenant j'aime regarder des films comme ça. C'est important et je pense que ça ressort dans notre musique.

Fred : Elle a eu de la chance de grandir à Porto Rico où elle pouvait capter les chaines américaines. Nous on n’avait que dalle à l'époque....


On avait "Les Contes de la Crypte" sur M6, tout de même....


Fred : Ah oui, ça c'est une belle influence qu'on aime. J'adore la 4ème dimension ou les série de la Hammer. On est très collectionneur. On a à peu près 300-400 DVD d'horreur à la maison.


Dans le metal de maintenant, les mecs sont habillés comme des courtiers d'assurance ou pour travailler dans une banque.


Mais que représente la peur pour vous dans la musique ? Que cherchez-vous à provoquer chez le public ?


Fred : C'est même pas la peur, c'est le côté théâtral. J'adore Alice Cooper, Rob Zombie, Kiss. Tout ce côté grandiloquent, shock rock. Dans le metal de maintenant, les mecs sont habillés comme des courtiers d'assurance ou pour travailler dans une banque. Nous on ne peut pas. On a gardé un côté un peu rebelle. Notre musique est à la fois rock, punk et irrévérencieuse. Il ne faut pas oublier ça.

Les soli sont omniprésents, mais sans nier leur qualité, ils sont parfois assez similaires d’une piste à l’autre. Est-ce que c’était votre intention de faire de simples cassures dans le rythme plutôt que des instants mélodiques ? Bref, des soli à la manière de Slayer ou du punk ?

Fred : David veut surtout apporter un côté mélodique et aussi macabre et sombre. Je pense qu'ils sont mélodiques. On ne veut pas d'un guitariste qui fasse 150 000 notes à la seconde. On adore les gimmicks. Ça apporte un côté lugubre mais aussi des respirations.


Vous n'êtes donc pas seulement énergiques. Vos chansons sont presque scénarisées comme des petites histoires...


Ileana : Oui tout à fait et on l'assume pleinement. C'est pour ça qu'il y a des samples dans certains morceaux : des corbeaux.... On peut les voir comme ça et ils sont taillés sur pour les live. Il y a des vidéos derrière nous, des extraits de films d'horreur et de la façon dont ont est habillé, on dirait que l'on sort des écrans. comme des Boogeyman.


Tu disais que ce côté théâtral avait un peu disparu du metal français. On le voit encore du côté germanique, notamment le heavy metal ou Ghost sur un autre angle avec le succès qu'on connait. Les gens recherchent encore ça, comment tu l'expliques ?


Fred : Parce que ça fait partie de notre ADN. Chez les metalleux on a un côté un peu dark même si on écoute Bon Jovi ou autre. C'est comme les pentagrammes, les croix à l'envers... ça fait partie de nous.





Comment tu le cultives, ça ? Est-ce que tu le travailles, tu fais du théâtre ?


Fred : J'aime bien me la raconter car j'ai tourné dans un court métrage (Rires). C'est un tout petit truc. J'ai un peu joué la comédie.

Ileana : Il aime bien faire des poses... De nous 4 c'est lui qui est le plus à l'aise pour ça. Il peut faire 20000 visages différents avec son physique à faire peur. Il assume pleinement ce rôle.

Fred : Il y a des poses que je travaille et d'autres qui sont à l'instinct. Il y a un côté marrant aussi à développer, on n'est pas premier degré et je revendique le côté fun comme dans le second clip.


Du coup en live tu réagis en fonction des réactions du public à ces poses ?


Fred : Je suis dans la réaction quand je chante, moins sur les gimmicks. On a eu de la chance de tester certains de nos titres avant la pandémie et on sait que ces titres sont percutants et mémorisables facilement car le public reprenait déjà les refrains.


C'était important pour vous de tester ces titres avant de rentrer en studio ?


Fred : Oui, disons que ça nous a permis de garder certains morceaux. Le prorata c'était un sur trois environ. J'avais pas mal de titres d'avant que j'avais laissé de côté...

Ileana : Il y a 6 titres nouveaux dans l'album et 4 qui viennent d'anciens morceaux travaillés ensemble.


La musique navigue entre punk / thrash / metal et rock, est-ce que cela a été facile de concilier ces styles sur votre disque, parfois dans une seule chanson ?  Comment vous canalisez vos idées ?


Ileana : Je pense que ça se fait de manière naturelle. Chacun de nous apporte un esprit différent. Fred aime bien le glam, moi j'aime bien le sleaze également, les guns... Je suis dans la rythmique et j'adore Slayer, Body Count... David lui est plus dans le heavy metal britannique, Judas Priest... Chacune de nos influences apporte une couleur naturelle.


On essaye de ne pas se mettre d'étiquette mais en France il faut rentrer dans des cases.



Malgré ça, le disque est labellisé punk, même s’il s’en éloigne. Pourquoi garder cette étiquette ? Est-ce cela n’est pas réducteur quand on a une image du punk comme celui des Sex Pistols?

Fred : Non, je pense pas. Je me dis qu'on fait de l'horreur punk metal et donc ça me semble assez large. J'aime tout le metal et le punk. On essaye de ne pas se mettre d'étiquette mais en France il faut rentrer dans des cases. On est assez ouvert sur tout.


Tu disais qu’après avoir testé les titres sur scène vous avez enregistré l'album et on retrouve ce son assez brut, parfois brut comme un garageband, est-ce que c’était une intention d’offrir une expérience brute comme une expérience brute de décoffrage du cinéma horrifique de série Z ? Il a été enregistré à Troyes aux studios l'Ame du Temple avec Jean Marc Pinaud (Maz), quel a été son apport ?


Ileana : En effet, j'ai beaucoup travaillé les guitares rythmiques et j'aime que ça sonne sale et crade. De ma part, je n'ai pas utilisé de pédale. Je me suis servi du son brut issu de la tête d'ampli. Un son précis et efficace. Avec lui on a travaillé avec les amplis. Sur la basse, on a eu des discussions car il voulait des sons hyper ronds qui ne nous plaisaient pas beaucoup. On voulait quelque chose de plus percutant. Il y a donc eu une volonté d'avoir ce son-là.

Fred : On a enregistré en bloc basse/batterie/guitare rythmique, ce qui donne un côté péchu que l'on voulait conserver. Une espèce d'énergie... après les guitares ont été doublées car on en avait besoin mais on a voulu un son brut de décoffrage. Cet album a été enregistré sur 5 jours, donc très rapidement et on travaillait 10 à 15 heures par jour. On a fini épuisés mais on est contents du résultat car il fallait maintenir cette espèce d'énergie constante.





Il y a aussi un travail important sur la voix où tu es caméléon avec peut -être certains effets, est-ce que tu t'entraines particulièrement ou bien, comme dans l'écriture, c'est quelque chose d'instinctif ?


Fred : Souvent c'est assez bizarre. Quand j'enregistre je n'ai parfois aucune idée. Je pose le micro et je me laisse capter par n'importe quoi autour de moi. Et donc c'est à l'instinct, parfois je chante en voix de tête ou en basse... J'ai pas envie en plus de chanter toujours de la même façon. J'aime bien ces changements de tonalités y compris dans un même titre avoir un couplet très posé puis un refrain dans les aigus. C'est fait exprès. J'écoute du metal de tous les styles et je me contente pas de faire du glam. Et il y a Ileana qui n'était pas là précédemment et qui apporte autre chose...

Ileana : Maz a fait travailler la voix comme on l'entend dans les refrains, il demandait de monter d'un octave et sortir Fred de sa zone de confort. Il a morflé pendant les enregistrements !


C'était vraiment mental alors que je suis plus quelqu'un d'instinctif.


Le fait de te challenger là-dessus, c'est quelque chose que tu serais prêt à refaire ?

Fred : Finalement j'aime bien ça, ce sont des défis. Tu peux pas me dire il faut changer ça maintenant, je n'y arrive pas. Il faut que j'ingurgite le truc et que j'y réfléchisse pour ensuite le lendemain le sortir. Il a fallu me bousculer car on avait très peu de temps. C'était vraiment mental alors que je suis plus quelqu'un d'instinctif.


Le fait de travailler dans l'urgence a-t-il rendu l'album meilleur qu'espéré ?

Fred : Je pense que oui !

Ileana : Je ne sais pas, c'est sans doute un mélange des deux car il a été préparé avant. C'était pour moi ma première expérience d'un vrai studio, c'est pas tout à fait pareil qu'en live et en répété. C'était surprenant parfois car j'ai enregistré sans casque et je pensais qu'on allait jouer très fort alors que non, la musique était très basse. Il fallait jouer en t'entendant presque pas et au début on ne comprenait pas. Il a fallu s'adapter à tout ça.

Fred : Maz nous a poussé vers le haut. Il s'est particulièrement investi.


Qu'est ce que Ileana apporte de plus au chant qu'il n'y avait pas avant ?

Fred : Elle est super aigue, juste... Quelque chose de décalé, de morbide et féminin. Elle me permet de respirer et elle m'épaule beaucoup.


Votre musique est donc très théâtrale, est-ce que vous serez amenés à développer cela par exemple avec des invités et qui aimerez-vous bien avoir ?

Ileana : Sur l'album il y a Laurent avec qui on a tourné avec son groupe de punk et il a apporté cet aspect-là sur l'album.

Fred : Il a retravaillé le titre, le refrain. Il a fait 2 prises, des chœurs sur d'autres titres et donc on le remercie vraiment. Sinon en invité ce serait Rob Zombie, Nicky Sixx à la basse... un truc improbable, Glenn Danzig. Mais ça peut être des groupes français avec qui on a tourné.


Comment voyez-vous cette année ?


Ileana : C'est incertain, on ne peut rien organiser, c'est difficile de ne pas avoir de vision. On ne peut pas faire de concert assis. On est attentiste et on subit. On bosse les compos et on travaille.

Fred : On fait des répétitions simplement. Il faut s'accrocher. Ce qui nous tient c'est la passion et la musique. Mais c'est dur pour tout le monde.


On a commencé cet échange avec la question qu'on vous a trop posée, quelle est celle à laquelle vous auriez aimé répondre et qu'on ne vous a pas posée ?

Ileana : (rires) Je ne sais pas du tout....


On vous propose des devoirs et d'y penser pour la prochaine interview.


Merci beaucoup.


Merci à Thibautk pour sa contribution



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/sleazyzofficial/
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 20115
  • 20116
  • 20117
Haut de page
EN RELATION AVEC SLEAZYZ
DERNIERE CHRONIQUE
SLEAZYZ: March Of The Dead (2020)
3/5

"March Of The Dead" est un album pétri de qualités (groove, puissance et maîtrise) mais qui manque sérieusement de variété pour captiver à long terme.
DERNIERE ACTUALITE
SLEAZYZ : Prochains concerts
 
AUTRES ARTICLES
INHIBIT (28 AVRIL 2021)
A mi-chemin entre le rock et la pop, Inhibit est venu présenter son premier EP "Blinded" pour Music Waves.
HYPERDUMP STORY SAISON 3 : EPISODE 136
En exclusivité mondiale, Music Waves vous propose de suivre désormais les passionnantes aventures illustrées de HyperDump dans sa quête pour devenir le plus grand groupe du monde.
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021