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TITRE:

SUPERDOWNHOME (13 AVRIL 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



Fort d'une signature sur le label blues français, le duo italien traverse les Alpes pour nous présenter "No Balls, No Blues Chips"...
STRUCK - 07.05.2021 -
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A l'occasion de la sortie du condensé de ce que Superdownhome a pu faire de meilleur depuis sa création en 2016, le duo lombard est venu parler de son parcours enchanté. Bien qu'oeuvrant dans un style de niche en Italie où le blues chanté en anglais de surcroit n'a aucune perspective, les natifs de Brescia ont persévéré. Au gré des rencontres et des collaborations avec Popa Chubby -pour la plus connue- leur cv commence à s'étoffer joliment avec comme dernière étape en date la signature sur le label blues Dixiefrog avant bien d'autres à n'en pas douter...





On aime commencer nos interviews chez Music Waves par cette question traditionnelle : quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez marre de répondre ?

Beppe Facchetti : Nous sommes toujours contents de répondre aux questions, il n’y a pas de questions spécifiques qu’on nous aurait trop souvent posés.


Superdownhome existe depuis 2016 mais il semblerait que l’année 2020 soit charnière dans votre carrière à savoir que "Blues Case Scenario" votre précédent album a été sorti en Italie par Warner. Première question, comment expliquez-vous qu’un tel label se soit intéressé à vous et votre musique ?

Henry Sauda : Pour nous, bien évidemment, c’est un rêve qui devenait réalité et c’est également la raison pour laquelle nous sommes contents d’être aux côtés de Dixiefrog aujourd’hui. J’aime également penser que c’est une évolution naturelle de notre projet. Peut-être sommes-nous différents ce qui existe déjà ?

Beppe : Concernant Warner, en fait, tout s’est passé il y deux ou trois ans. Je jouais avec un gars depuis quelques années et il s’avère qu’il travaillait pour Warner : c’était notre premier contact ! En plus, nous avons rencontré à nouveau une autre personne très importante chez Warner -qui fut mon éditeur dans une autre vie- et il aimait vraiment notre musique. Nous avons donc discuté de tout ça mais il était clair pour toutes les parties que Warner ne s’occuperait pas de notre projet sachant que Warner s’intéresse exclusivement aux artistes pop italiens. Clairement, nous ne faisons pas partie de cette cible parce que le blues en Italie n’est pas un marché important et parce que nous chantons en anglais et cela ne marche pas du tout en Italie : aucun artiste italien ne chante en anglais car ils savent pertinemment qu’ils n’auront aucun succès.
Tout était clair pour tout le monde mais ils aimaient vraiment notre musique et voulaient nous aider. Dans un premier temps, ils ont publié de façon digitale notre album et puis, à l’occasion du Record Day Store (NdStruck : journée annuelle de promotion, Disquaire Day en France), ils ont publié notre album ce qui était un cadeau incroyable pour nous. Mais nous étions parfaitement au courant que ce n’était juste qu’une collaboration et quand Dixiefrog -un éditeur de musique blues- nous a contacté, nous savions que c’était la meilleure chose pour nous.


Quand on dit que 2020 a été très important, vous avez également participé à l’International Blues Challenge et vous avez joué au festival Samantha Fish Cigar Box. Comment expliquez-vous une telle exposition pour un groupe italien ?

Henry : Jouer au festival Samantha Fish Cigar Box a été une chance pour nous où nous avons rencontré de super artistes américains comme Steve Arvey. En fait, c’est Steve Arvey que nous le connaissions déjà -nous l’avions rencontré en Italie- qui nous a proposé de jouer dans ce festival. Et grâce à notre manager et ami Giancarlo Trenti, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Anders Osborne avec qui nous avons enregistré un nouvel album, un nouveau staff…


Vous l’avez un peu évoqué, vous êtes désormais signés chez Dixiefrog avec lequel vous sortez "No Balls, No Blues Chips", une sorte de best-of. Pourquoi un tel choix ?

Beppe : Il faut savoir que "Blues Case Scenario" sorti par Warner était déjà un best-of. Mais pourquoi un best-of ? C’était une opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer sachant que nous devions partir aux Etats-Unis et nous n’avions pas le temps d’enregistrer de nouveaux morceaux et donc un nouvel album ce qui aurait été une bonne chose bien évidemment.
Concernant "No Balls, No Blues Chips”, quand nous avons rencontré les personnes de Dixiefrog, ils étaient intéressés par nos nouveaux titres -ceux que nous avons enregistré aux Etats-Unis- mais ils voulaient également avoir d’autres chansons… C’était difficile de savoir ce qu’il fallait faire ou ne pas faire…


Le marché est quelque peu austère en raison de la Covid, cet album est donc la meilleure opportunité pour nous faire connaître du public français mais également européen de façon plus large




Peut-on dire que "No Balls, No Blues Chips" est une sorte de porte d’entrée dans l’univers de Superdownhome pour l’auditeur qui ne vous connaitrait pas et ainsi fermer un chapitre déjà riche de votre carrière pour en ouvrir un nouveau ?

Beppe : C’est une description parfaite sachant qu’en plus, aujourd’hui, nous n’avons aucune opportunité de jouer sur scène. Le marché est quelque peu austère en raison de la Covid, cet album est donc la meilleure opportunité pour nous faire connaître du public français mais également européen de façon plus large parce que cet album est une belle collection de ce que nous sommes capables de faire avec des parties, des couleurs différentes… Et effectivement, cet album prépare le terrain de ce qui va arriver par la suite !


Cet album prépare le terrain de ce qui va arriver par la suite !


Comme vous l’avez évoqué, chanter anglais pour un artiste italien n’est pas naturel parce que le public ne suit pas. Dans ces conditions, à quel moment à Brescia -finalement assez éloigné du Mississipi- se lance-t-on dans un projet de duo blues qui chante en anglais ?

Henry : Beppe et moi-même baignons dans le blues et c’était l’opportunité de monter un groupe différent de ceux que nous avions par le passé. Quand tu joues une telle musique, il faut savoir que la langue italienne ne colle pas avec le blues.

Beppe : Ca ne marche pas au contraire, ça prête plutôt à rire !


On pourrait avoir la même analyse avec le français mais certains artistes comme Bill Deraime par exemple arrivent à ce que le blues soit déclinable dans une autre langue que l’anglais…

Beppe : Nous n’avons pas d’artiste blues en Italie sorti de Zucchero mais ce n’est pas un artiste blues à proprement parler : c’est plutôt un artiste pop avec des influences blues.


En partant de ce constat, et est-ce envisageable que Superdownhome se lance dans cet exercice périlleux pour un titre à défaut d’un album ?

Beppe : Son père serait ravi (Sourire) !

Henry : (Rires) Je ne sais pas. C’est à voir mais aujourd’hui, ce n’est clairement pas la voie que nous prenons.

Beppe : Encore une fois, il n’y a pas de label blues en Italie. Dans ces conditions, pourquoi chanter en italien pour un public italien très limité finalement ?
Et si nous avons choisi de créer un duo, c’est que le duo est plus facile à faire voyager, les décisions sont plus faciles à prendre à deux. Sur scène, tu as beaucoup plus d’opportunités de faire la première partie d’artistes alors qu’un groupe de cinq/ six, ça devient beaucoup plus difficile. En tant que duo acoustique, nous avons pu faire la première partie de grands artistes parce que justement nous sommes un duo avec peu de matériels, nous sautons sur scène sans toucher à quoi que ce soit d’autres…


Vous jouez un blues rock minimaliste très roots, à la manière de Seasick Steve avec une batterie réduite au minimum (grosse claire, caisse claire et une cymbale) et l’utilisation du cigar box et du diddley bow pour les cordes. Comment est né ce parti-pris artistique, une volonté de sortir du lot ?

Henry : Au début, notre volonté était de faire des reprises de chansons blues mais ça n’a pas marché. C’est alors que nous avons vu des vidéos de Seasick Steve, j’ai été scotché par son instrument, sa façon d’en jouer, sa voix… En ce qui me concerne, ce fut la première étincelle ! J’ai donc décidé de prendre une nouvelle direction et il a fallu tout réapprendre à jouer avec un tel instrument !


Justement, la cigar box est un instrument qui revient à la mode depuis quelques années. Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt pour cet instrument minimaliste ?

Henry : Jouer de la cigar box exige d'avoir une attitude différente. Tu joues donc d’une façon totalement différente.


Nous aimons énormément les défis et c’était un risque de monter un tel projet.




Et cette adaptation a-t-elle pris du temps ?

Henry : Ca m’a pris du temps pour enfin développer ma propre technique. Mais oui, j’ai dû apprendre d’une façon différente.

Beppe : Et si je peux ajouter, les choix que tu fais font ce que tu es ! Nous aimons énormément les défis et c’était un risque de monter un tel projet. Il se passe toujours quelque chose quand tu surpasses tes limites -soit tu te plantes, soit tu réussis- mais si tu ne fais rien de particulier, il ne se passera rien ! Nous sommes sortis de notre zone de confort et dans une société comme la nôtre, il faut être différent pour sortir du lot !
Mais comment être différent ? Il y a plusieurs options, nous avons choisi celle d’utiliser des instruments différents qui sont liés aux racines. Si tu regardes ma batterie avec sa basse, son tambourin, une caisse claire et deux cymbales pour avoir un peu plus de parfum, c’est une sorte d’évolution du Cajón… La cigar box est fascinante parce que tu peux jouer, construire n’importe quoi…
Henry : Si tu regardes mon instrument avec deux ou trois cordes : c’est compliqué d’avoir des sonorités différentes. J’utilise donc un pédalier très efficace avec trois sorties et cela m’a pris du temps à apprivoiser.


Nous sommes sortis de notre zone de confort et dans une société comme la nôtre, il faut être différent pour sortir du lot !



Vous utilisez beaucoup de saturation vintage et pas mal de fuzz. Certains titres sont d’ailleurs dans un esprit très rock garage (comme la reprise de ‘Kick Out The Jams’ des MC5). Si nous devions définir la musique de Superdownhome, est-ce que Blues Garage vous conviendrait ?

Beppe : Je rajouterais pop. Mais oui, Pop Garage Blues m’irait bien (Sourire) !


Dans cet esprit, est-ce que le Jon Spencer Blues Explosion fait partie de vos références ?

Henry : Bien sûr ! J’ai découvert cet artiste grâce à Beppe.

Beppe : A ce propos, il y a un duo italien qui s’appelle Bud Spencer Blues Explosion -en référence au groupe que tu cites et l’acteur italien Bud Spencer. Ce sont deux musiciens de studio très connus en Italie, ils ont démarré ce projet pour le fun et finalement, ils font leur petit bonhomme de chemin depuis 2006 date de création du duo.


L'approche du blues [de ZZ Top] est similaire à la nôtre




Toujours concernant les influences, ZZ Top en fait-il partie, qui vient à l'esprit à l’écoute d’un titre comme ‘Stop Breaking Down Blues’ ?

Henry : J’adore ce type de blues et j’adore Billy Gibbons. Peut-être que ces influences ou d’autres viennent à moi quand je joue avec la distorsion de mon pédalier ? Peut-être est-ce l’attitude ?

Beppe : Nous ne sommes pas directement influencés par ZZ Top à proprement parler mais il faut souligner les similarités même si nous ne sommes rien et qu’ils sont un groupe énorme reconnu à travers le monde. Mais si tu considères leur approche du blues, elle est similaire à la nôtre à commencer par leur look qui est très important et il y a toujours ces éléments pop dans leur musique dont découlent de super chansons que tu peux fredonner. Dans le même ordre d’idée, White Stripes a explosé avec le tube ’Seven Nation Army’ qui les a fait connaître au monde entier et qui ont pu découvrir par la suite les racines blues du groupe. Je pense et j’espère que nous avons un tube de ce type dans notre prochain album. Si nous étions capables d’écrire un ‘Every Breathe You Take’, nous le ferions tous les jours (Sourire) !


"No Balls, No Blues Chips" est bourré d’énergie et de groove, comme si vous aviez enregistré les morceaux en live. Est-ce le cas ?

Beppe : Nous avons commencé à enregistrer dans le studio d’un ami. Nous avons enregistré les morceaux puis nous les avons analysés click par click. Petit à petit, nous avons expérimenté en essayant différentes approches. Puis Popa Chubby a produit notre album, c’est la première fois que nous enregistrions sans click en deux ou trois prises maximum. Et dernièrement aux Etats-Unis, avec Anders Osborne, c’était de pire en pire (Rires), nous avons enregistré en deux jours et demi : la prise de son, l’exécution est plus fraîche que jamais, mais il n’y avait aucune improvisation.





Vous avez évoqué Popa Chubby qui a notamment produit votre album "Get My Demon Straight", comment expliquez-vous qu’un des plus populaires bluesmen contemporains soit tombé amoureux de votre musique ?

Beppe : Parce que nous sommes des gars adorables (Rires) ! Encore une fois, tout est une question de chance. Notre agent est le même que celui de Popa Chubby en Italie. Au départ, nous avons donc eu l’idée d’une collaboration. Il a enregistré le morceau puis il nous envoyé sa collaboration sur la vidéo. Et quand il est venu en Italie, nous avons joué en première partie de ses concerts, il adore notre musique… c’était l’opportunité de travailler ensemble sur un album… Tout a commencé ainsi et on espère que cette bonne relation va continuer…


Qu’avez-vous appris à travailler à ses côtés Popa ou encore Charlie Musselwhite qui joue de l’harmonica sur deux morceaux dont ‘I’m Your Hoochie Coochie Man’ du précédent album ?

Henry : Pour être franc, ce n’était pas possible de rencontrer Charlie et grâce à notre agent Giancarlo Trenti, nous lui avons envoyé deux de nos chansons qu’il a aimées et qu’il a enregistrées. Mais malheureusement, nous ne le connaissons pas personnellement (Sourire).
Concernant Popa Chubby, je suis fan depuis que je suis gamin. C’était un rêve de travailler avec lui…


N’était-ce pas trop intimidant ?

Henry : Je suis un mec plutôt timide et quand je l’ai rencontré, c’était un rêve de fan ! Grâce à lui, j’ai appris à simplifier pas mal de choses et ça a marché pour moi…


Votre musique est taillée pour le live. Le blues est une musique vivante par définition. Comment fait-on pour garder la motivation quand on joue du blues et qu’on est privé de scène ?

Beppe : Pour nous, jouer, c’est comme respirer. Bien sûr dans la situation que nous traversons actuellement, il faut continuer à se motiver. Et quand il y a eu le confinement lié à la Covid, nous venions tout juste de revenir des Etats-Unis où nous avions collaboré avec Nine Below Zero, Warner nous a aidé à produire cet album best-of… tous ces éléments sont des sources de motivation ! Et à la fin de l’année 2020 qui était une année terrible pour tout le monde, nous sommes entrés en contact avec Dixiefrog qui était une nouvelle motivation.
Finalement, nous n’avons perdu aucune énergie, aucune volonté de progresser !





Je ne peux arrêter d’être surpris par ce qui nous arrive !


Mais ne craignez-vous pas que la crise que nous traversons casse cet élan et le début de succès que vous commencez à construire ?

Beppe : Je ne peux arrêter d’être surpris par ce qui nous arrive ! Aujourd’hui, nous sommes ici à Paris en interview. Que pourrais-je espérer de plus ?


Justement quels sont vos attentes ?

Beppe : Remonter sur scène pour jouer live !


Et en attendant cela, des attentes particulières par rapport à la signature avec Dixiefrog ?

Beppe : Je trouve qu’ils ont fait un bon choix de chansons pour nous présenter : nous n’aurions pas pu faire mieux ! Et nous avons encore un album enregistré aux Etats-Unis que nous aimons beaucoup et dont nous sommes très fiers.


Pour finir, nous avons commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Henry : Je ne sais pas (Rires) !


Si vous ne savez pas, je vous propose d’y réfléchir et nous commencerons notre prochaine interview par cette question…

Henry : (Rires) J’aime beaucoup l’idée !

Beppe : Mais j’aurais peut-être une question que j’aimerais qu’on me pose.


Laquelle serait-elle ?

Beppe : Avec quel artiste international j’aimerais jouer ?
J’aimerais jouer avec Seasick Steve… Nous avons tout fait pour entrer en contact avec lui mais ça paraît impossible : c’est comme essayer d’attraper à main nue un poisson super rapide dans la mer (Rires) ! Il semble inatteignable !


Peut-être dans le futur ?

Beppe : Peut-être dans le futur ! On peut espérer…





Merci beaucoup

Beppe : (En français) Merci à vous !

Henry : Merci !


Merci à Newf pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/superdownhome/
 
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