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TITRE:

Mike Oldfield - Tubular Bells et au-delà : interview avec Frédéric Delâge


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK PROGRESSIF



"Mike Oldfield - Tubular Bells et au-delà" est le premier ouvrage en français consacré à Mike Oldfield, et plus particulièrement à l’un des albums mythiques de l’histoire du rock progressif.
TONYB - 13.07.2021 -
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"Genesis", "Kate Bush" ou encore "Chroniques du Rock Progressif" et autres "Prog 100" sont autant d’ouvrages de référence qui font de Frédéric Delâge un des piliers de la littérature liée au rock progressif. Avec "Mike Oldfield - Tubular Bells et au-delà", le journaliste nous propose le premier ouvrage en français consacré à Mike Oldfield, et plus particulièrement à l’un des albums mythiques de l’histoire du rock progressif.

Au-delà de la simple évocation de la réalisation de ce qui reste une véritable prouesse artistique et technique, l’auteur replace cette œuvre dans le contexte très particulier de la vie de Mike Oldfield, ainsi que dans le cadre de la création du label Virgin. "Mike Oldfield - Tubular Bells et au-delà" se lit comme le roman de la vie d’un artiste à la personnalité complexe, dont toute l’œuvre est hantée par cette première réussite. Fort de références multiples et des éclairages de Tom Newman, un des principaux protagonistes de l’histoire de Tubular Bells, Frédéric Delâge mêle avec habileté le décryptage de l’œuvre et le contexte de sa réalisation, donnant ainsi les clés non seulement de cette première référence discographique mais également de la suite de sa carrière évoquée dans la deuxième moitié de l’ouvrage.

A l’occasion de la sortie de l’ouvrage chez l’éditeur Le Mot et le Reste, Frédéric Delâge nous a accordé une longue interview à Poitiers, le 4 juin 2021.



Bonjour Frédéric, question traditionnelle pour commencer les interviews Music Waves : quelle est la question que l’on t’a trop souvent posée ?

Je vais faire la même réponse que lors de ma précédente interview pour Music Waves : il n’y en a pas vraiment vu que par mon métier de journaliste, le plus souvent, c’est moi qui pose les questions.

Après Genesis et Kate Bush, et deux ouvrages plus généralistes sur le rock progressif, Mike Oldfield. Pourquoi maintenant ? Ou seulement maintenant ? 

En fait, et cela pourrait paraître bizarre, mais j’ai presque l’impression que ce sont les sujets qui me choisissent à un moment. Quand j’ai sorti le livre sur Kate Bush, on me demandait si j’avais d’autres projets. Je n’en avais aucun en tête à l’époque. Et puis j’ai eu l’idée de consacrer un livre non à Mike Oldfield, mais à "Tubular Bells". Je voulais me lancer dans un bouquin un peu plus court et centré sur un album. Dans les albums mythiques du rock progressif, "Tubular Bells" est quand même un cas à part : c’est celui qui s’est le plus vendu, si on met à part les albums de Pink Floyd. L’éditeur Le Mot et le Reste m’a confirmé que c’était une bonne idée, compte tenu également des suites, des versions alternatives, du concert reprenant "Tubular Bells" aux JO de Londres en 2012, et je suis donc parti dans cette voie, celle d’un bouquin sur "Tubular Bells". 
Après, quand tu parles de "Tubular Bells", tu es obligé de parler de toute la carrière de Mike Oldfield car c’est une composition qui a irrigué toute son œuvre. D’autre part, comme il n’existait aucun bouquin sur Mike Oldfield en français, ça aurait été dommage de s’en tenir exclusivement à l’évocation d’un seul disque. J’ai donc construit le livre sur toute la carrière de Mike Oldfield, quitte parfois à ne pas m’étendre sur les albums qui ne sont pas directement liés à "Tubular Bells".
L’éditeur estimant finalement que le propos du livre dépassait le cadre exclusif de ce premier disque, nous avons modifié le titre initial qui était « Mike Oldfield, Tubular Bells » en « Mike Oldfield, Tubular Bells et au-delà », et également modifié la couverture en mettant les pochettes d’autres albums.
Après, je développe pas mal mon propos sur d’autres albums comme "Ommadawn" ou "Amarok" qui sont pour moi des albums un peu exceptionnels. Mais si un jour je devais travailler sur une réédition, je développerais un peu plus le traitement des albums du début des années 80 qui sont des disques importants mais vite évoqués dans le livre.

Le fait qu’il y ait quelques parallèles entre Kate Bush et MO (artistes précoces, concepts-albums, volonté de contrôler leur œuvre, démarche similaire) rendait-il évident le fait d’écrire sur Mike Oldfield ?

Rétrospectivement oui, même si je n’y ai pas pensé du tout en démarrant le travail sur "Tubular Bells". Mais effectivement, il y a des similitudes dans leur profil : ils sont tous les deux des enfants d’un médecin généraliste et d’une infirmière, leurs mères sont irlandaises. Et dans leur démarche, ils ont tous les deux refusé le succès à un moment de leur carrière, décidé d’être un peu reclus, même si je n’aime pas trop ce terme là.
Après "Tubular Bells", Mike Oldfield va se planquer à la campagne et ne veut plus rien faire, Kate Bush attend quatre ans après "Hounds of Love" pour faire un autre album. Dans leur musique, on entend également leurs racines irlandaises.  Et puis je suis fan de leur musique depuis que j’ai une quinzaine d’années.

Quelle est ton histoire personnelle avec Mike Oldfield ? Comment l’as-tu découvert ? 

En 1984, je suis parti en voyage scolaire à Londres, et un copain m’a fait écouter des cassettes de Mike Oldfield dans le bus. Jusqu’ici, je connaissais juste ‘Moonlight Shadow’. Du coup à Londres, j’ai acheté en K7 "Platinum" et "Crises". Ensuite, j’ai exploré toute sa discographie en remontant jusqu’aux débuts, et j’ai eu une grosse période Mike Oldfield pendant une petite année. Pour moi, ce fut ma première révélation de rock progressif, avant que je ne découvre Genesis quelques mois plus tard.
Ensuite, j’ai un peu moins écouté Oldfield à partir de "Islands", qui m’avait beaucoup déçu, hormis la claque énorme "Amarok" en 1990. J’ai ensuite eu la chance de l’interviewer par téléphone fin 1994, au moment de "The Songs Of Distant Earth". Je crois que c’est la seule fois qu’un magazine généraliste français (Rockstyle en l’occurrence) l’a mis en couverture.



Quels sont tes albums préférés ? 

Dans les années 80, "Five Miles Out" est vite devenu un de mes albums préférés, au point que je recréais le morceau ‘Taurus II’ dans ma tête pendant les cours de maths ! Aujourd’hui, je mettrais "Ommadawn" en tête, suivi de "Amarok" et "Tubular Bells".

Pour ce livre, tu as interviewé un de ses collaborateurs importants, Tom Newman. Comment as-tu pris contact avec lui ? 

Tom Newman, je l’ai contacté par Internet et je lui ai envoyé mes questions, tout simplement. Sa participation est précieuse, il apporte un truc en plus. Il a été très disponible, et même après l’entretien, on a échangé plusieurs mails. C’est un acteur très important de l’histoire de "Tubular Bells" et des débuts du Manor, au même titre que Richard Branson et Mike Oldfield. Je suis donc très heureux d’avoir pu compter sur son éclairage ou sa confirmation des faits.

Tu cites pas mal de références bibliographiques tout au long de l’ouvrage : autobiographie, articles de journaux (Rockstyle, Prog magazine etc …). Comment as-tu mené tes recherches ?

Avant de me lancer dans l’écriture, je lis énormément. En l’occurrence, je ne pouvais échapper à l’autobiographie de Mike Oldfield qui est une mine d’information, même si ce n’est pas la panacée car même lui fait des erreurs dans les dates (par exemple sur l’âge de ses parents quand il est né !). L’autobiographie de Richard Branson, qui évoque les débuts de Virgin et de "Tubular Bells", s’est aussi avérée utile. Et puis j’ai aussi utilisé une somme d’interviews anciennes ou récentes, que l’on récupère maintenant assez facilement sur Internet, plus ma propre interview de Mike Oldfield et bien sûr celle de Tom Newman. Ensuite je mélange tout cela, je fais un plan dans ma tête en essayant de suivre l’histoire et je me mets à écrire. La période de documentation a duré environ 6 mois avant que je ne crée le document Word le 25 mai 2020… date du 47ème anniversaire de la sortie de "Tubular Bells", chose dont je ne me suis rendu compte que plus tard. Et j’ai terminé l’écriture fin février-début mars 2021.

As-tu modifié ta façon de faire pour cet ouvrage en particulier ?

Non, j’avais procédé à peu près de la même manière pour les bouquins précédents. Il ne s’agit pas d’un roman car on se base sur des faits réels, mais j’essaie quand même d’en faire une histoire qui tienne un peu le lecteur en haleine, au-delà de l’intérêt qu’on porte au musicien. Et Mike Oldfield est de ce point de vue-là un sujet en or, avec ses problèmes psychologiques, la relation avec sa mère, ses addictions, sa précocité musicale exceptionnelle (il a 17 ans quand il commence à composer Tubular Bells), sa thérapie dingue de la fin des années 70, les débuts de Virgin… il y avait beaucoup de choses à dire qui sortent de l’ordinaire, au-delà du seul aspect musical, bien sûr important.

Dans cet ouvrage tu articules parfaitement la vie et la démarche personnelle de l’artiste avec la description du contenu de ses œuvres et leur analyse. La lecture d’autres ouvrages de ce type montre que ce n’est pas toujours le cas, certains de tes confrères s’arrêtant à la pure biographie sans rentrer dans le détail des albums. 

La musique de Mike Oldfield est quand même inspirée par ses angoisses. Il a voulu créer une musique à l’opposé de ce que lui ressentait. Donc on ne peut pas dissocier sa personnalité de sa musique. Et si j’ai réussi à montrer l’interaction entre l’une et l’autre dans le livre, tant mieux !

Les chapitres et les sous-chapitres possèdent des titres mystérieux (‘Le manoir de la Vierge’) qui donnent envie de poursuivre la lecture pour découvrir le mot de l'énigme, une signature que l'on retrouve dans tes autres ouvrages. Est-ce qu'ils ont été composés dans cet esprit pour entamer un dialogue virtuel avec le lecteur?

Pour aérer le texte, je fais des sous-parties. Et les titres sont là pour accrocher le lecteur, tout en restant en rapport avec le contenu. Ce qui ne m’empêche pas de faire de petits clins d’œil comme par exemple pour « Peel aima » dans la partie consacrée à John Peel, et pour lequel on comprendra le jeu de mots.

P.120, tu dis que Mike Oldfield a écarté tous les ingénieurs du son Virgin pour ''prendre seul les manettes d'une partie technique qu'il maîtrise à présent bien mieux.'' Etait-ce vraiment le cas ou juste une attitude de provocation en réaction à la pression qu’on lui mettait ?

Non, je pense qu’il avait vraiment envie de maîtriser les choses (Kate Bush s’est inscrite dans la même démarche, d’ailleurs). Il s’est intéressé à la partie technique dès le premier mixage de Tubular Bells. Lorsqu’il a considéré qu’il avait suffisamment de bagage technique, il l’a fait. Il a quand même rencontré des problèmes techniques lors de l’enregistrement d’Ommadawn et il a été aidé par Phil Newell, un des ingénieurs du son du Manor. Donc je ne pense pas du tout que c’était une coquetterie de sa part. Ces musiciens à forte personnalité veulent maîtriser leur musique le plus possible.

Un de tes confrères (Dominique Dupuis) a sorti récemment un ouvrage « Prog Rock en 150 figures » dans lequel Mike Oldfield est absent. Un choix pleinement assumé par son auteur. Qu’en penses-tu ?

Je sais que Dominique Dupuis met en avant une certaine « mauvaise foi » dans ses choix.  Seulement, Mike Oldfield a quand même sorti l’album assimilé au rock progressif le plus populaire des années 70. Hormis les albums de Pink Floyd. Il n’y a aucun album estampillé rock prog des années 70 qui s’est vendu plus que "Tubular Bells" ! Après, Mike Oldfield n’est pas typique du progressif, son style est un peu à part, mais on peut toujours trouver des côtés atypiques chez quasiment tous les grands groupes de prog-rock.  Bref, pour ne pas parler d’Oldfield dans un ouvrage dédié aux grandes figures de la musique progressive, il faut effectivement revendiquer une certaine mauvaise foi. En-dehors de cela, le bouquin est magnifique !

En 1973, ELP, Jethro Tull et Yes s'étaient fait lyncher par la presse pour leurs albums - respectivement Brain Salad Surgery, A Passion Play, Tales From Topographic Oceans - en raison de leur ambition conceptuelle, de leur longueur. En 1978, alors que le punk voulait faire table rase du rock progressif et réclamait de l'immédiateté et de la concision, pourquoi l'album "Incantations" qui cumule les mêmes défauts/qualités n'a pas subi la même volée de bois vert ?

Mais si, il l’a subi lui aussi ! Même avant "Incantations", Mike Oldfield était déjà vilipendé par la frange de la rock critique qui avait embrassé la cause du punk… Je l’évoque d’ailleurs dans mon livre, il y a même un « rock critic » qui l’avait surnommé « Mike vieux-pet » (Mike Oldfart). Ce qui ne l’a pas empêché de garder son public, voire de l’élargir ensuite. Branson le rappelle dans son autobiographie : les albums de Mike Oldfield ont continué à bien se vendre, y compris dans les périodes punk et new-wave.

"Tubular Bells" est un de mes albums de chevet depuis 35 ans. Alors que je pensais le connaître par cœur, j’ai redécouvert certaines sections après lecture de ton livre. Est-ce que cela a eu le même effet sur toi ?

J’ai beaucoup réécouté l’album depuis la fin 2019. Dire que j’ai redécouvert des choses ? Je le connaissais quand même pas mal déjà. Disons que c’est un album qui a un côté à la fois parade instrumentale, avec des choses saisissantes, impressionnantes. Et puis il y a d’autres passages plus intimistes où là vraiment c’est à tomber par terre, c’est rempli d’émotion. Ce n’est pas mon album préféré, mais quand on repense à sa genèse… C’était un gamin à l’époque…  Le réalisateur de films Danny Boyle, qui a mis en scène la cérémonie d’ouverture des JO de Londres, dit que le fait que cette musique instrumentale et bizarre ait touché tellement de personnes sur une période aussi longue prouve que ce disque est un chef-d’œuvre. Voilà, il a raison. C’est un album exceptionnel. Et puis "Tubular Bells" reste le disque emblématique d’une période révolue : à l’époque, une musique instrumentale à la fois sophistiquée et accessible pouvait toucher un très large public. Le tout sans recourir aux machines : l’album n’utilise aucun synthétiseur (alors que les synthés étaient déjà très répandus en 1973) et la quasi-totalité de sa musique est jouée par un seul homme.

Et du coup si un lecteur vient te voir en te disant « merci, grâce à vous j’ai redécouvert l’œuvre » : pari gagné pour toi ?

Oui, j’ai déjà eu quelques retours positifs de lecteurs. Après j’aimerais aussi que le livre puisse dépasser un peu le cercle des fans hardcore de Mike Oldfield en France, qui est quand même assez restreint, et qu’il fasse découvrir à d’autres cette histoire assez hallucinante, et qui n’avait jamais été racontée en français.

On a commencé par la question que l'on t'a trop souvent posée, a contrario quelle est celle que tu voudrais que je te pose ? 

Peut-être une question sur deux aspects de l’aventure Tubular Bells que nous n’avons pas évoqués jusqu’ici : l’utilisation du thème d’intro dans L’Exorciste et son rôle essentiel dans le développement de Virgin.  L’Exorciste a permis au premier album de Mike Oldfield de toucher un plus large public et presque cinquante ans plus tard, tout le monde ou presque connaît ce motif au piano. Or, c’est vraiment par hasard, et presque en dernier recours, que le disque d’Oldfield , sorti six mois avant le film, a été choisi par William Friedkin :  dans le livre, j’évoque la quête de musique du réalisateur, qui s’est d’abord adressé à Bernard Herrman, le compositeur des musique des grands films d’Hitchcock, puis à Lalo Schifrin, celui du générique de Mission Impossible. Mais les deux projets sont tombés à l’eau. Et c’est au tout dernier moment qu’il a choisi Tubular Bells, en piochant au petit bonheur la chance dans une pile de disques. Et puis l’histoire d’Oldfield et de son premier album est aussi celle des débuts de Virgin Records, que je retrace assez longuement dans le bouquin.  Mike Oldfield et Richard Branson ont des tempéraments opposés mais l’un a fait en bonne partie la fortune de l’autre, et vice-versa.  La mission spatiale de Virgin Orbit, consistant à lancer sept satellites le 30 juin 2021, a été baptisée « Tubular Bells part one », en hommage à l’album.  Et si ce 11 juillet, Richard Branson va pouvoir partir dans l’espace, c’est aussi en partie grâce au premier album de Mike Oldfield !

 
Merci Frédéric, à bientôt.

Merci à Adrian pour son aide


Plus d'informations sur http://www.mikeoldfieldofficial.com/
 
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