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TITRE:

DEF LEPPARD (27 AVRIL 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK MELODIQUE



Def Leppard nous a fait l'honneur de les interviewer pour la première fois chez Music Waves, à l'occasion de la sortie de leur nouvel album, "Diamond Star Halos" !
DARIALYS - 20.05.2022 -
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Ces dernières années, le quintette anglais n'aura pas marqué la scène hard rock par sa prolixité. Mais malgré la soixantaine passée et une carrière phénoménale, les cinq compères nous prouvent leur jeunesse éternelle avec un treizième album studio reflétant tout le plaisir pris par les musiciens. Entretien avec Rick Savage, bassiste et membre originel -avec Joe Elliott- de la formation.





Nous aimons commencer nos interviews par la question suivantes : quelle est la question que l’on t’a posée trop souvent et à laquelle tu en as marre de répondre ?

Rick Savage : Eh bien… Il y en a plusieurs ! Mais après vingt, trente, quarante, il y a encore des gens qui demandent : "Alors, comment est-ce que vous avez trouvé le nom du groupe ?" (Rires).


Sérieusement ? Quoi qu'il en soit, il y a une question qu'on se pose, on aimerait savoir comment vous avez réussi à dépasser tout ce que vous avez vécu : l’accident de Rick (Allen, le batteur, qui perdit son bras gauche dans un accident de voiture en 1984, ndlr), la mort de Steve (Clark, ancien guitariste du groupe, décédé en 1991), la maladie de Vivian (Campbell, le guitariste, ndlr)… Vous êtes un groupe très uni. Après avoir vécu tout cela, comment avez-vous procédé pour enregistrer cet album chacun de votre côté ?

Avec le covid, nous étions donc confinés. Mais nous avions des chansons, et il fallait les enregistrer. Nous n’avions enregistré qu’à deux reprises tous ensemble en studio dans notre carrière. Donc on est habitués à s’enregistrer individuellement, mais on n’enregistre jamais seuls, il y a toujours les autres à côté. Aussi, je suis devenu un roadie, un ingénieur, un producteur, et je suis toujours un artiste ! J’ai même dû changer mes cordes moi-même, ce que je n’avais plus fait depuis des années ! (Rires). Au final, cette expérience nous a beaucoup servis car elle nous a permis d’enregistrer des prises alternatives. Personne n’était là à côté pour nous dire : "Non, non, il faut que tu me laisses la place pour enregistrer mon solo de guitare !". C’était vraiment libre. Tu peux passer une journée à tenter quelque chose qui ne va pas marcher et que tu ne vas pas garder au final, mais on s’en fout puisque personne n’en entendra jamais parler de toute façon !

On voulait que "Pyromania" soit un album de heavy metal que personne n’avait jamais entendu avant



A l’instar de Bon Jovi par exemple, vous avez toujours refusé de vous enfermer dans un seul style de musique. Est-ce que vous pensez que cela a pu vous desservir, après le succès de "Pyromania", de "Hysteria", ou encore de "Adrenalize" (sortis respectivement en 1983, 1987 et 1992, ndlr) notamment, où vous avez créé votre style personnel, que certains appellent maintenant le metal pop ?

"Pyromania" a en quelque sorte posé les jalons du heavy metal à l’époque. "Hysteria" aussi, mais d’une manière plus mainstream. On avait une vision précise de la manière dont on voulait que ces albums sonnent. On voulait que "Pyromania" soit un album de heavy metal que personne n’avait jamais entendu avant, et on voulait que les gens cherchent à le reproduire après sa sortie. C’était pareil pour "Hysteria". Quand tu as accompli ça, c’est difficile de continuer le même process. Et c’est pour ça, je pense, que "Adrenalize" n’a pas marché comme je l’aurais souhaité.


Et ça a été quoi votre réaction quand vous avez la découvert la déception de vos fans ?

Je l’ai comprise ! Tu vois, je suis un énorme fan de Queen par exemple. Mais en réalité, je ne suis un gros fan que de leurs cinq premiers albums. Pour moi, Queen, c’est "Sheer Heart Attack", "A Night At The Opera", "A Day At The Races", ou "Queen II" qui est un album fantastique. Après partir de 1980, j’aurais aimé qu’ils ressortent un autre "Sheer Heart Attack", car c’est avec cet album que je les ai découverts. Donc je comprends que certains fans aient voulu qu’on ressorte un autre "Pyromania" !


Votre nouvel album, "Diamond Star Halos", démarre par un morceau très hard rock (‘Take What You Want’), suivi d’un morceau rock à la sauce anglaise (‘Kick’) et d’un morceau disons pop metal (‘Fire It Up’). Est-ce un moyen de déstabiliser votre public et d’affirmer votre liberté artistique en montrant les différentes facettes de votre identité ?

Tu sais… Honnêtement ? Dit comme ça, du coup ça me fait réfléchir. Quand on compose et qu’on enregistre, en fait on ne pense pas comme ça. On écrit une chanson, on essaye de faire le meilleur morceau. Tout ce que tu dis est correct, mais on ne s’en rend compte vraiment consciemment qu’après coup. Il y a un des morceaux qui nous a rappelé un peu Pink Floyd après coup, un autre morceau qui nous a fait penser à The Eagles, à Fleetwood Mac, ou encore d’autres artistes des années 70. Mais c’est quelque chose que tu réalises a posteriori. On a absorbé plein de musique quand on avait une douzaine d’années, et tu t’en rappelles pour le reste de ta vie. Mais pas que le hard rock des années 70, pas seulement Queen, Led Zeppelin et AC/DC, également la musique mainstream comme Fleetwood Mac et Elton John.


Vous avez partagé deux chansons (‘This Guitar’ et ‘Lifeless’) avec Alison Krauss, une star de la musique country qui a notamment joué avec Robert Plant ?

Elle travaille toujours avec lui ! En fait, cela fait vingt ans que l’on connaît Alison. Elle a toujours été une grande fan de Def Leppard. Quand on a sorti notre album "Slang" (en 1996, ndlr), elle a fait une interview de Joe (Elliott, le chanteur du groupe) pour un magazine. C’est comme ça qu’on l’a rencontrée la première fois. On a écrit ces deux chansons, il y a avait ce côté country rock dedans, et on a pensé à Alison pour deux raisons. La première est que notre manager a le numéro du manager d’Alison, et il a voulu le contacter pour proposer à Alison de travailler avec nous sur ces morceaux. Et en parallèle, Joe a le numéro de téléphone de Robert Plant. Ils s’appellent pour parler de football, et au fil de la discussion, Joe lui dit : "Garde-le pour toi, on est en train d’enregistrer un album" ! Robert a dit : "Ok je ne dirai rien, mais je dois le dire à Alison car vous êtes son groupe préféré !" (Rires). Il lui a dit, et puis ce duo avec Alison s’est concrétisé. Elle a voulu entendre les deux morceaux pour lesquelles on voulait travailler avec elle. On lui a dit : "Tu voudrais chanter là-dessus ?" Et elle a répondu : "Absolument !" Elle a adoré les deux morceaux.


Pareil pour Mike Garson avec qui vous avez collaboré (pianiste de jazz et de rock américain ayant notamment joué avec David Bowie, ndlr) ?

Tu sais, si tu regardes le répertoire de Joe Elliott, il a tous les musiciens du monde dedans ! Je ne sais pas s’il a mon numéro ! (Rires). Rick aime beaucoup David Bowie, et tous les autres musiciens justement. C’est un musicien fantastique. On écrit certains morceaux au piano à la base, car Joe en joue. Et puis on est arrivé à un stade où on s’est rendu compte que ça ne suffisait pas, donc on s’est dit que ce serait bien de demander à quelqu’un de jouer du piano sur certains passages. On a pensé à Mike Garson, alors a dit à Joe : "Passe-lui un coup de fil !" On lui a envoyé le morceau, on lui a demandé de jouer du piano, et c’était bon !


Vous rendez d’ailleurs souvent hommage à vos idoles, comme sur les albums "Retro Active" (1993) et "Yeah !" (2006)…

Oui, on est des fans de musique comme tout le monde ! Et on le sera toujours. Pour les fans, cela peut être difficile de se dire que la façon dont ils nous voient, c’est la même que la façon dont je vois Brian May ! C’est une star immense. C’est lui qui m’a donné envie de jouer dans un groupe.


Ce nouvel album a une approche un peu plus expérimentale avec des morceaux comme ‘Liquid Dust’ et ‘U Rok Mi’, qui auraient pu sortir sur votre album "Slang" par exemple. Autant à une époque, cela aurait pu décevoir des fans, autant, vous semblez ne plus avoir cette crainte-là maintenant ?

L’album "Slang" est un album que l’on se devait de sortir. Commercialement, ça n’a pas été un succès, il s’est moins bien vendu que les trois albums précédents.


Sans [l'album "Slang"], le groupe aurait sûrement splitté



Et c’est marrant car maintenant, il est apprécié par le public !

Maintenant, oui ! Les gens peuvent y revenir. On était prêts pour cet album, et je dirais même que sans cet album, le groupe aurait sûrement splitté. On ne pouvait pas continuer, il fallait faire les choses différemment. Pour le groupe en lui-même, de l’intérieur, "Slang" a été un succès, mais pas sur le plan commercial. On est des compositeurs, et on n’écrit pas une chanson en se demandant ce que les gens veulent entendre, on se dit juste : "Écrivons une chanson !".


Et c’est une preuve de vitalité, de continuer à expérimenter.

On fait ce qui nous vient naturellement. On ne se dit pas qu’il faudrait écrire tel type de chanson. Si tu penses comme ça, les choses deviennent fausses et forcées. Tu n’es plus honnête envers toi-même.


Sur des titres comme ‘SOS Emergency’ ou ‘From Here To Eternity’, on croirait déceler un petit côté Led Zeppelin ?

‘From Here To Eternity’ est un morceau que j’ai composé, et il y a effectivement une inspiration qui vient de Led Zeppelin, mais aussi des Beatles et de Queen. Je voulais écrire un morceau avec en tête un film en noir et blanc des années 40 sur des meurtres, des gangsters, etc (rires). Visuellement, je le voyais dans ma tête.


Tu composes toujours de cette façon ?

Je démarre toujours l’écriture d’un morceau avec un riff. C’est très facile pour moi. Le plus dur c’est de finir le travail. Mais écrire des paroles, écrire des mélodies, c’est compliqué. Joe finit le travail en général (rires). Sur ‘From Here To Eternity’, j’avais des idées de paroles que j’envoyais à Joe, mais il me disait : "Non, ce n’est pas assez bon !" (Rires). Je lui disais : "C’est pas mal !" Mais il me disait : "Il faut que ce soit mieux que pas mal ! On essaye de constamment améliorer ce que l’on fait". La version finale était bien meilleure que ce que j’imaginais.


D’une manière générale, il semblerait que cet album soit un tribute de de nombreux artistes de rock anglais, en plus d’être un résumé de ce que vous avez joué tout au long de votre carrière. Si on voulait faire découvrir Def Leppard à quelqu’un, est-ce que c’est l’album que l’on pourrait lui recommander ?

Potentiellement. Mais c’est quand même avec "Hysteria" que l’on a créé notre son. Mais effectivement, sur notre dernier album, il y a 15 morceaux, donc techniquement c’est un double album. Il y a de tout, avec nos influences des débuts et nos influences actuelles. Il y en a pour tout le monde. Ça laisse de la place pour un prochain album.


Vous allez tourner avec Mötley Crüe aux USA. C’est un groupe qui est connu pour ses excès, alors que vous avez une image plus sage. Est-ce que c’est un peu la même chose que les "gentils" Beatles qui tournaient avec les "méchants" Rolling Stones ?

Peut-être, oui ! Mais l’affiche est super. Quand Mötley monte sur la scène, ils y vont à fond. Que tu les aimes ou non, ce qu’ils représentent est très cool. On est différents, et Mötley a fonctionné différemment de nous, mais ce sera une super soirée.


Il y a beaucoup de respect et d’amour dans ce groupe. C’est l’entité qui prévaut.



Quelles sont vos attentes pour ce nouvel album ? Et avec une telle carrière, est-ce que vous avez encore des attentes ?

Nos attentes c’est de faire de notre mieux ! Jouer des concerts, etc. Il y a beaucoup de respect et d’amour dans ce groupe. C’est l’entité qui prévaut. On aime faire ce qu’on fait, on s’éclate. Tant que les gens veulent venir nous voir, c’est fantastique. On ne peut pas espérer mieux !


Nous avons commencé cette interview en te demandant quelle était la question que l’on t’avait posée trop souvent. Au contraire, quelle serait celle que tu voudrais que je te pose ?

C’est une très, très bonne question ! La question que j’aimerais qu’on me pose, c’est : "Combien de temps pensez-vous pouvoir continuer ?". Car la réponse c’est : "Autant qu’on le pourra !". Ce n’est pas dans une semaine ou même dans un an. On aimerait faire ça pendant encore au moins dix ans. De notre point de vue, des groupes comme les Rolling Stones tournent encore ! On est plus jeunes qu’eux, on a quinze ans de moins ! Si on peut faire ça encore 15 ans…





Merci beaucoup !

Merci à toi !


Merci à Loloceltic pour sa contribution...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/defleppard
 
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