MW / Accueil / Articles / ANNIHILATOR (1ER AVRIL 2010)

ANNIHILATOR (1ER AVRIL 2010)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
THRASH
Non, ce n'est pas un poisson d'Avril. Music Waves a bel et bien rencontré le leader d'Annihilator -Jeff Waters- dont le talent n'a d'égal que la gentillesse comme vous le constaterez dans cette interview fleuve...
STRUCK - 13.07.2010
Bonjour Jeff…
Jeff Waters : Salut…

… question traditionnelle : peux-tu te présenter, toi et ton groupe, à nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?
Bien sûr, je m’appelle Jeff Waters du groupe canadien Annihilator (Rires) !

Ton actu est la sortie du nouvel album éponyme d’Annihilator. Première question, pourquoi avoir choisi ce titre ou plutôt avoir attendu plus de vingt-cinq ans pour sortir un album éponyme ?
Hum parce que je n’ai pas trouvé de bon titre cette fois-ci ! La plupart du temps, quand j’ai terminé l’enregistrement d’un album et que j’ai besoin d’un titre, j’ai juste à regarder les titres des chansons et généralement, ça donne : "Non, non, non… Oui, bon titre comme "Alice In Hell" ou "Set The World On Fire" ou encore "King of the Kill"…"
Mais cette fois-ci, sur ce nouvel album, les titres des chansons n’allaient pas pour un titre d’album, j’ai donc décidé : « Ok, c’est le moment de l’appeler "Annihilator" ! »… (Rires).

Pourtant du temps, tu en as eu vu que pour la première fois, il a fallu attendre trois ans entre la sortie du précédent album et celui-ci…
(Il compte) Ca fait presque trois ans… (Il recompte) Waouh, ça fait trois ans !!!
Le dernier album est sorti sur SPV Record en Allemagne, un très bon label, très gros, très respectable et une bande de bons mecs… Mais ils ont eu de gros problèmes : ils ont fait faillite !
Mais mon groupe a été très chanceux parce que j’ai su que quelque chose n’allait pas, je le sentais au fond de moi… Quand mon album "Metal" est sorti en 2007, nous avons eu une grande fête avec une soixantaine d’invités dans les studios… C’était super cool mais quand nous étions en tournée avec Trivium, nous n’avons eu aucune interview parce que personne n’était payé pour faire la promo…
Donc, pour être dans le milieu depuis pas mal d’années, je me suis dis : « Oh, oh, il y a des problèmes d’argent ! »…

… mais tu n’étais pas lié contractuellement ?
Si, j’avais un contrat mais j’ai attendu que mon album soit sorti et puis je me suis dis qu’il y avait de gros problèmes… Donc, j’ai terminé la tournée et je suis allé voir mon avocat en Allemagne en lui disant qu’il fallait rompre le contrat parce que quelque chose n’allait pas…
Donc, j’ai négocié : je leur donnais les droits du Dvd "Live At The Monster Of Rock", en contrepartie de quoi, ils devaient rompre le contrat et ils ont accepté ! Et pour tout t’avouer, une semaine après avoir rompu avec SPV, ils ont fait faillite !

[IMAGE1]

Justement à propos de ce Dvd live, tu n’as pas peur que certains fans considèrent…
(Il coupe)… qu’il soit bon marché ? Non ! Tout simplement parce que nous n’avions jamais fait de Dvd live avant et je pense que plein de fans d’Annihilator voulaient nous voir jouer sur scène et en plus, la qualité est bonne… Certes, ce n’est pas un gros truc super professionnel mais c’était un concert de 30.000 personnes et nous étions tête d’affiche donc c’était marrant… C’est un bon Dvd, en fait !

Mais tu n’en as pas marre de changer de label si souvent ?
Non, comme je te l’ai dis… Le deal avec SPV Record était un bon deal et c’est trop bête que ce soit terminé !

C’est une question de malchance ?
Tu as raison, c’est juste de la malchance ?

Mais tu n’en as pas marre ?
Non, non, c’est le business de la musique ! Dans ce business, il y a plein de gens qui te prennent de l’argent : manager, maisons de disque, agence, le merchandiser… tout le monde veut ton argent mais personne ne veut t’en donner !
Donc, il faut rester sobre, être clair dans son esprit pour pouvoir faire attention à ton business… Si je n’avais pas fait attention, mon groupe serait terminé depuis dix ans ! Mais c’est juste de la malchance, qu’avec SPV, ça soit fini… Mais j’ai de la chance d’avoir un autre contrat… ce qui fait que j’ai de la chance de parler avec toi aujourd’hui !

Pour en revenir à ce nouvel album, est-ce un concept album ou non ?
Non, il n’y a pas de concept… Le seul concept qu’il peut un peu y avoir est sur la pochette… Elle fait référence aux vieux albums comme "Never, Neverland" et un autre "Criteria For A Black Widow" avec cette fille dessus…

Alice…
Exactement ! Mais les sujets de l’album traitent de la vie, de l’actualité, des problèmes personnels, des amis…

Et comme il a l’air personnel, t’es-tu servi de ton expérience chez SPV sur cet album ?
Non parce qu’encore une fois, c’était un bon label, très positif avec des gens supers ! En fait, c’est plutôt triste et déprimant pour le métal parce qu’à chaque fois que le heavy-metal perd un bon label, c’est un jour triste pour lui… même si c’est également un bon jour pour moi ! Etre dans Annihilator, c’est comme être perpétuellement en guerre. C’est une question de survie… Il n’y a pas beaucoup de groupes qui ont sorti treize albums studio…
En France, nous ne sommes pas très connus, en Grande Bretagne, pas beaucoup plus mais dans d’autres pays comme l’Allemagne, la Hollande, la Belgique, la Grèce, l’Espagne… nous sommes très populaires…

… et comment l’expliques-tu ?
Hum, nous n’avons pas beaucoup tourné ici…

Mais cette année vous allez faire le Hellfest…
Ouais, nous allons jouer au Hellfest. C’est super car c’est un super festival ! Mais la plupart du temps, les agences de tournées refusent de tourner ici car les taxes sont tellement importantes qu’on ne peut pas se permettre de jouer ici…

Comme tu l’as dit, le seul concept de cet album concerne le visuel relatif à un cauchemar concernant Alice. Peux-tu-nous en dire un peu plus ?
Oh ! En fait, je regarde plein de films d’horreur (Rires) ! Cinq fois par semaine, quand mon amie et mon fils vont se coucher, moi -de 22h à minuit- je regarde un film d’horreur ! Et une nuit, je me suis réveillé avec cette tête qui riait, c’était vraiment un truc effrayant ! C’était un peu comme Linda Blair de l’Exorciste : je voyais cette fille en pyjama flottant dans les airs comme un fantôme et j’ai dis à mon artiste de me faire une pochette comme ça !

Comment travailles-tu avec Gyula Havancsák, également connu pour ses travaux sur les livres d’Anne Rice, Lovecraft, Edgar Allan Poe ?
La plupart du temps quand j’ai une idée en tête, je lui en fais part et je le laisse travailler et il fait un super travail ! Je lui donne juste une idée…

Et toi, tu lis les livres dont il fait les illustrations ?
Quand j’étais jeune oui, en particulier Edgar Allan Poe, mais plus maintenant…

Sans transition, dans ce nouvel album, il y a un titre qui s’appelle "25 Seconds" : peux-tu nous donner la signification de ce titre et son histoire ?
C’est une histoire qui est seulement parue dans les journaux et les télés canadiens et polonaises. Il y avait un immigré polonais du nom de Robert Nymansky… C’est vraiment une longue histoire mais à son arrivée à l’aéroport du Canada, il a eu des problèmes parce qu’il fumait, buvait de l’alcool et s’énervait… et les policiers -au lieu d’essayer de le calmer et de lui parler avec un traducteur polonais- ont utilisé leur taser sur lui et l’ont tué… Cette histoire a fait beaucoup de bruit au Canada et ça continue à en faire deux ans après…

Et pourquoi "25 Seconds" ?
Parce que 25 secondes a été le temps entre l’arrivée des policiers et le moment où ils l’ont tué ! J’ai écris ce titre parce que j’étais en colère et triste parce que le Canada est connu pour être composé de pleins de nationalités, de cultures… nous n’avons pas beaucoup de racisme, de problèmes de ce type… Donc alors que Robert Nymansky était le bienvenu chez nous, ils l’ont tué : c’est très embarrassant pour notre pays…

Cet album est le quatrième avec Dave Padden au chant. Qu’a-t-il de plus que les autres ?
Hum, les autres étaient très, très bons dans leur style, leur registre… ils étaient même supers ! Mais Dave Padden peut chanter du heavy-metal moderne, mais il peut aussi chanter de façon traditionnelle parce qu’il aime Dickinson et Tom Araya de Slayer, et James Hetfield. Il peut également chanter de façon très mélodique, des ballades très commerciales et mélodiques par exemple… Et personnellement, j’aime écrire des chansons thrash, le nouvel album dans son ensemble est assez heavy, mais peut-être que sur le prochain Annihilator, il y aura des ballades ?

Il est très versatile ! Mais comme tu l’as dis, il est dans le groupe depuis presque huit ans maintenant et dans le passé, j’engageais des musiciens. Annihilator était comme un projet solo et je changeais de musiciens non pas que j’étais un dictateur ou un trou du cul, c’est juste du fait que par exemple, j’engageais un batteur pour un enregistrement studio et six mois plus tard, j’engageais un batteur pour faire la tournée… Donc, j’ai travaillé avec de supers musiciens mais Dave Padden, c’est la première personne avec laquelle je travaille que je peux considérer comme un partenaire officiel ! Donc Annihilator en 2010, c’est maintenant Jeff Waters et Dave Padden… Ce n’est plus un projet solo, nous sommes deux personnes maintenant !

As-tu une anecdote particulière à nous raconter durant l’enregistrement ?
Non, c’est très ennuyeux les enregistrements studio, tu sais (Rires) !

Tu es considéré comme un super shredder…
… (Rires)…

…ne penses-tu pas que cet aspect de ton jeu puisse rebuter une certaine frange de fans d’un thrash plus simples et directs d’un Slayer ou Megadeth ?
Ouaip… Et bien, je considère que je suis au milieu parce que j’aime la guitare rythmique et la composition de chanson et je fais également des soli de guitares… Donc je ne suis pas vraiment un shredder. Pour moi, un shredder est un guitariste qui ne joue que des soli et personnellement, j’aime les rythmiques… j’aime Angus Young d’AC/DC, James Hetfield, tu vois ? Mais j’aime aussi jouer des soli ! Donc, je ne suis pas un descendeur de manche, tu vois ! Je préfère jouer les rythmiques d’AC/DC puis des soli de guitares…

A propos de Megadeth, je suppose qu’on a dû te poser la question des milliers de fois mais pourquoi avoir refusé la proposition de rejoindre le groupe ?
(Il cherche ses mots) Et bien, la première fois que Dave m’a téléphoné, il a dit : « Bonjour Jeff, je m’appelle Dave Mustaine ! », j’étais super content. C’était en 1998 et il ne m’a pas demandé de rejoindre le groupe, il m’a demandé de passer une audition mais je ne pouvais pas la faire ! Mais il a pris la bonne décision en prenant Marty Friedman. Ils ont fait de grands classiques avec "Rust In Peace" notamment, mais plusieurs années après, en 2004, Dave et moi-même, nous nous sommes reparlés et nous sommes devenus amis… Donc, sur les six dernières années, avec Dave, nous parlons de temps en temps et peut-être qu’un jour, nous penserons à faire quelques chansons ensemble en dehors de Megadeth et d’Annihilator ? Ca serait cool !

La promo de ton nouvel album est très focalisée sur ton jeu de guitare et notamment le fait que tu y fasses « 66 soli ». N’as-tu pas peur qu’Annihilator soit cantonné à simple groupe technique et non pas un groupe qui fait de la bonne musique ?
Non mais ça pourrait être bien aussi (Rires) !

Mais ce n’est pas un problème pour toi ?
Non et je n’ai jamais parlé de 66 soli : je ne compte pas mes propres soli (Rires) ! Mais je pense simplement que le manager du label Earache -Dan Tobin- est un fan d’Annihilator… Donc, je pense que c’est lui qui a dû compter tous les soli (Rires) ! Mais en fait, oui, il m’a dit que j’avais fait un travail important sur les parties solo de guitare…

En tant que guitar-hero, pourquoi ne pas avoir sorti un album solo comme d’autres l’ont fait avant toi ?
Parce que je pense qu’Annihilator est mon projet solo. Même si maintenant, c’est Jeff Waters et Dave Padden ! J’ai grandi en écoutant du heavy-metal, Judas Priest, Iron Maiden, Scorpions… ces groupes étaient équilibrés. Il y avait des chansons d’amour, des titres instrumentaux, ils avaient des influences jazz, blues, il y avait un peu de classique… C’est ce qu’il y a de bien dans métal, et moi, je peux écrire un titre classique de guitare et le mettre dans un album d’Annihilator, je peux écrire une chanson d’amour pour mon fils ou mon amie, et je peux écrire une autre chanson très rageuse, un mix punk thrash metal à la Slayer, tu vois ?

[IMAGE2]

A propos de guitar-hero: es-tu content de ta reprise de Van Halen "Romeo Delight "?
Oh ouais…

Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Je l’ai fait parce que j’ai dis que je voulais faire une reprise d’un titre, mais pas seulement parce que j’aimais le titre. Je voulais reprendre une chanson qui soit une de mes plus grandes influences dans ma vie et ma carrière. Et en 1980, Van Halen a sorti son troisième album "Women And Child First". J’avais quatorze ans et je voulais aller au concert mais j’étais trop jeune. J’ai insulté mes parents (Rires) et j’ai pris le bus. Je me suis assis à l’extérieur et j’ai écouté le concert sur les marches, même si la sécurité me disait de rentrer chez moi… Mais j’ai écouté la totalité du concert, deux heures à l’extérieur du stade, et j’étais presque en pleurs parce que j’aimais tellement cet album et cette chanson était si… A l’époque, en 1980, cette chanson était très heavy. Maintenant, si tu regardes, David Lee Roth et Van Halen sont considérés comme faisant du hard rock festif… mais en 1980, c’était du heavy-metal. C’était heavy et agressif ! Et cette chanson m’a changé et m’a dirigé vers deux autres groupes comme Black Sabbath et les premiers Judas Priest…

Et tu as eu la chance de rencontrer Eddie Van Halen depuis ?
Non ! Merde, ce n’est pas faute d’essayer (Rires) ! J’ai presque réussi à le rencontrer au NAAM -une convention musicale qui a lieu à Los Angeles- en décembre l’an dernier… J’ai presque réussi à le rencontrer mais je l’ai manqué de dix minutes… Mais je sais qu’il a écouté la chanson et ça, c’est bien !

Et il a aimé ?
(Ses yeux brillent à cette question) Ouais !

Sans transition, es-tu content de ta nouvelle guitare V-Epiphone ?
Et bien, puisque tu as dis que j’étais un guitar-hero (Rires), c’est facile de trouver une signature ! Mais ce ne fut pas toujours le cas, durant toute ma carrière… Mais ils m’ont dit qu’ils me feraient une guitare signée Flying V pour Gibson et Epiphone qui serait un modèle moins cher… Mais je leur ai répondu que je ne signerais avec eux que si on me faisait une guitare unique. Et ainsi, ne pas avoir de différence entre celle avec laquelle je joue sur scène à 5.000$ et celle vendue en magasin entre 700 et 800$…

C’est tout à ton honneur, tu penses à tes fans musiciens…
La plupart des gens pensent ça, mais tu te trouves quand même des modèles signés à 3.000$ et ceux chinois à 500$ pour les gamins !

Mais je ne transigeais pas… J’ai discuté avec Gibson pendant un an et demi et finalement, ils ont accepté en relevant la qualité et en baissant les prix… Et c’est la première guitare que je connaisse qui a une très grande qualité pour un bas prix. Donc, Epiphone ne se fera pas beaucoup d’argent sur cette guitare ! Je suis très fier de ça parce que c’est une très bonne guitare !

Quels groupes écoutes-tu actuellement ?
Avant de venir à l’interview, depuis que je suis en Europe, sous la douche, je mets mon I-Pod sur son support et je mets à fond "Chinese Democracy" et ça tous les jours depuis deux semaines… En fait, quand j’ai acheté l’album, la première fois que je l’ai écouté, je n’ai pas vraiment aimé mais après quatre, cinq, six… dix écoutes, je me suis mis à aimer un peu et au bout de quarante fois, j’adore ! La première moitié de cet album est incroyable !

Et que penses-tu des guitaristes qui jouent dessus ?
Il y a plein de guitaristes qui jouent dessus Bumblefoot, Buckethead… Non, c’est vraiment un super album… Plein de gens l’ont acheté, il y a eu plein de critiques disant que ce n’était pas comme avec Duff ou Slash… que ce n’était plus du Guns N’ Roses… Mais si tu écoutes les dix premiers titres, c’est un incroyable travail d’art, très brillant, la production est absolument la meilleure !

Et quels sont les guitaristes de la nouvelle génération qui t’impressionnent le plus ?
De la nouvelle génération ? J’ai toujours aimé Alexi Laiho de Children Of Bodom, et Michael Amott d’Arch Enemy. Et tu sais, les mecs de Trivium (NdStruck : Matt K. Heafy et Corey Beaulieu) sont vraiment de très, très bons guitaristes de heavy-metal, et jeunes en plus : ils ont vingt-deux ans, un truc comme ça ?
Mais en fait, je suis de la vieille école, je suis un vieux, j’aime les vieux trucs comme Judas Priest, Slayer, Ozzy, Accept, Scorpions…

Tu as joué sur un album d’After Forever "De-Energized". Quel est ton avis sur la séparation du groupe ?
Oh oui ! C’est triste, Sander (NdStruck : Sander Gommans) a quitté le groupe, je crois que les autres membres ont trouvé d’autres groupes dans lesquels jouer. En fait, je n’ai pas parlé avec lui depuis quelques mois et je ne suis pas très au courant de ce qu’il s’est passé !

Question Canada. Imaginons que pour le prochain album d’Annihilator, tu aies le choix entre deux invités canadiens prestigieux, lequel des deux artistes suivants choisis-tu : James Labrie ou Devin Townsend ?
Townsend, Townsend…

Et pourquoi ?
Parce qu’il est fou (Rires)… dans le bon sens du terme ! Il est super, il est comme moi : pleins de gens créatifs sont également très étranges, ils sont uniques ! Et Devin Townsend est de ceux-là !

Et si je te pose la même question au féminin. Si je te donne entre Céline Dion ou Melissa Auf Der Maur : quelle chanteuse inviterais-tu ?
Angelina Jolie (Rires) ! Non mais dans les deux, je prends Céline Dion : ça serait marrant parce que très, très… extrême (Rires) !

[IMAGE3]

Quel est ton meilleur souvenir en tant que musicien ?
Je t’en donnerais deux (Sourire) ! Le premier est à chaque fois que je fais un album -aujourd’hui, c’est le treizième- c’est un travail à travail à temps plein : c’est vraiment énormément de choses à gérer entre la vie quotidienne, un divorce, des problèmes financiers, du stress, la santé… et tous les problèmes liés au business, manager, label… Il faut essayer de trouver un équilibre ! Je ne suis pas en train de me plaindre mais c’est une vie très difficile dans un business très dur et tu dois toujours te battre et discuter argent et business… Ca peut devenir déprimant, tu vois ? Sans compter que c’est vraiment très dur de garder une famille unie quand tu voyages tout le temps… Donc à chaque fois que je termine un album, quand UPS vient avec le colis dans lequel se trouve le cd, quand je l’ouvre… à chaque fois, que je l’ai entre les mains, je m’assoie et je verse une petite larme ! A ce moment, tous les moments difficiles de la vie disparaissent pendant cinq minutes et je repars dans un nouveau cycle…

C’est comme une naissance ?
Exactement, je dirais même que c’est une question de survie pour moi ! C’est ce que j’adore faire et survivre une nouvelle fois avec un nouvel album : c’est un don, un honneur !

Et quant au deuxième meilleur souvenir, c’est quand j’ai tourné avec Judas Priest et Pantera en 1991. C’était sur la tournée "Painkiller" de Judas Priest, "Cowboys From Hell" de Pantera et "Never, Neverland" d’Annihilator. Ca a été deux ou trois mois en Europe et ça a été le sommet de ma vie !

On a parlé de tes meilleurs souvenirs, au contraire, quel est le pire ?
Oh, il y en a plein… Plein de choses personnelles… mais musicalement, je dirais que quand j’entends qu’un musicien meurt comme Dimebag ou Kevin DuBrow qui est mort d’overdose… La drogue est une mauvaise chose, c’est stupide de mourir d’overdose mais c’est toujours triste quand des musiciens nous quittent…
Mais pour mon groupe, le moment le plus déprimant reste celui de la sortie de l’album "Schizo Deluxe" en 2005. Dave Padden et moi-même avions fait un travail vraiment spécial sur cet album. J’ai réalisé que c’est même un des meilleurs albums que j’ai pu faire et que je ne referais probablement jamais plus… Mais ce qu’il s’est passé, c’est que le propriétaire de la maison de disque AFM Records, Andy Allendörfer est mort d’un accident de voiture… Donc, c’est encore de la malchance mais c’est surtout très triste, parce que d’un côté, il est mort et de l’autre, j’avais fait un bon album qui n’aura jamais eu de publicité ! C’est le business, c’est la vie !

Si tu devais choisir un titre de la discographie d’Annihilator pour faire découvrir le groupe à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas : lequel choisirais-tu et pourquoi ?
Non, il y en a trop ! Trop de styles différents : ballades, heavy metal… Certaines personnes pourraient dire "Alice In Hell" avec laquelle nous avons commencé, mais j’en ai tellement marre de cette chanson à ce jour (Rires) : vingt-cinq ans à jouer cette chanson !

Et dans le dernier album ?
"The Trance", le premier titre du nouvel album ! Ouais, celui-là !

Connais-tu des groupes français ?
Quelques-uns uns… De jeunes groupes, je connais quelques jeunes groupes. Si tu me donnes des noms, je te dirais… Mais le problème est que je fais plein de soli de guitares pour de jeunes groupes qui me contactent tous les jours sur Internet en me disant : « Hey, est-ce que Jeff Waters peut faire un solo sur notre nouvel album ? ». Et quand je suis chez moi, je fais plein de soli, je dois en faire un toutes les trois semaines pour des jeunes groupes italiens, espagnols, français, allemands…

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
(Silence) « Pourquoi as-tu changé si souvent de line-up ? ».

Et que réponds-tu ?
Que jusqu’à récemment, c’était un projet solo…

Au contraire, quelle est la question que tu souhaiterais que je te pose ?
(Il réfléchit) « Est-ce que tu veux plein d’argent ? » (Il tend la main)
Bien sûr (Rires) ! Non mais qu’est-ce que j’aimerais dire ? Je ne sais pas… C’est une trop bonne question pour que je puisse y répondre comme ça, il faudrait que je puisse y réfléchir… Qu’est-ce que je souhaiterais dire à propos de ma musique, de mon groupe, d’Annihilator… c’est ce que tu veux dire ?

Exactement…
Ah ! J’en ai une : « Comment je vis le fait d’être sous-estimé en tant que bassiste ? » parce que je joue de la basse sur tous les albums d’Annihilator et je ne joue pas de la basse comme un guitariste, je joue de la basse comme un bassiste. Et seul un petit groupe de gens réalisent que la basse sur Annihilator est très bonne, peu de gens me donnent du crédit pour ça !

Et pourquoi ?
Je pense que peut-être plein de bassistes ne veulent pas, n’aiment pas qu’un guitariste joue de la basse…

Mais les autres ?
Je ne sais pas… Parce que sur certaines de nos chansons, le jeu de basse est quelques fois meilleur que celui de guitare (Sourire) !

Avant de se quitter, souhaites-tu dire un mot aux lecteurs de Music Waves ?
Pour les personnes qui soutiennent mon groupe : Merci beaucoup ! Et pour les autres qui ne connaissent pas encore mon groupe : j’espère que vous aimerez mon groupe !

Merci
Merci beaucoup, ça a été super de parler avec toi et répondre à tes supers questions…


Un grand merci à Talita d’Earache Records, ainsi que Skardeus pour ses supers questions…


Plus d'informations sur http://www.annihilatormetal.com
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 230
  • 231
  • 232
EN RELATION AVEC ANNIHILATOR
DERNIERE ACTUALITE
ANNIHILATOR : Nouvelle vidéo
VIDEO

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant ANNIHILATOR
 
DERNIER ARTICLE
Music Waves est de retour à Courtrai pour assister à la revanche que nous doit Annihilator après son concert raccourci du festival Alcatraz.

Lire l'article
Voir tous les articles concernant ANNIHILATOR
 
DERNIERE CHRONIQUE
For The Demented (2017)
"For The Demented" voit Annihilator balancer quelques bombes thrash tout en gardant une belle face mélodique et accrocheuse.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant ANNIHILATOR

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner Records, Mascot Label Group, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn Digital, Frontiers Records, Karisma Records, Insideout Music, Kscope, Ear Music, Progressive Promotion Records

© Music Waves | 2003 - 2019