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TITRE:

TYRANT FEST 2023 - JOUR 2 - 22 OCTOBRE 2023


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

AUTRES EXTREME



Pour sa seconde journée, le Tyrant Fest propose de nouveau un solide programme, nouvelle ode au metal extrême dans toutes ses composantes.
NOISE - 31.10.2023 -
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La première journée du Tyrant Fest a été une réussite. Malgré la pluie tout le monde a apprécié de retrouver le cadre chaleureux et vivant du 9-9 Bis de Oignies. Pour cette journée du 22 Octobre le festival ne change pas son organisation avec un début en début d’après-midi. Comme pour la journée de vendredi, les activités annexes à la musique sont au rendez-vous avec le spectacle pyro pouvant se tenir grâce au retour d’un temps clément. Comme la veille nous concentrons notre attention sur la programmation du Métaphone qui propose un solide programme mettant en avant toutes les facettes du metal extrême.



L’ouverture se fait avec les Français de Plebeian Grandstand. Les Toulousains œuvrent dans un black metal avant-gardiste et sont attendus par pas mal de fans impatients de vivre une expérience loin des schémas classiques. Ils ne vont pas être déçus, l’entame avec ‘A droite du Démiurge, à gauche du Néant’ est d’une violence rare. Quasi indus, porté par un chant hurlé brut et méchant, le titre est une claque glaciale abrupte. Il n’y a pas de mélodie pour se réfugier et l’explosion est violente. La technique déployée impressionne avec un côté expérimental et complexe fascinant. Les titres s’enchaînent sans que la pression ne retombe. ‘Endless Crawling’, ‘Rien n’y Fait’ et ‘Volition’ sont sauvages et infernales, en forme de folie oppressante avec des allures de film d’épouvante, et cela pourrait servir de bande-son pour un roman de Lovecraft. Rage, fureur et désespoir sont au rendez-vous, portés par un Adrien impressionnant au micro et une musique d’une rare sauvagerie avec des sons électroniques flippants. Le final avec ‘Oculi Lac’ et ‘Thrvst’ est aussi féroce. Seul un merci timide avant le dernier titre permet de souffler un peu. Les titres sont d’autres cauchemars infernaux droit dans un esprit black d’avant-garde et achèvent un public attentif. Plebeian Grandstand a été à la hauteur de sa réputation. Sa prestation a été dense et a marqué les esprits.




Originaire de Grande-Bretagne, Conjurer œuvre dans un post métal teinté de sludge et de doom. L’intro sombre et glauque pose l’ambiance, puis avec ‘Rot’ le ton est donné. Après un début mélancolique la rage prend le dessus. Lourd et porté par des chants bruts et abyssaux le tout assomme avec un côté bien gras. ‘Scorn’ est précédé d’un bonjour rapide puis le titre dévaste tout, marée sludge mâtinée post metal pimentée par le chant abrasif qui ajoute à la sensation d’écrasement . La suite va être étouffante et méchante. ‘Choke’, ‘Hollow’ ou ‘Suffer Alone’ sont une chape de plomb. Dan et Brady forment un duo vocal impressionnant avec une rage et une sensibilité dans l’esprit post rock. Le mur de la violence est souvent atteint mais le groupe a la bonne idée de proposer de petits breaks calmes glaciaux avec un chant grave profond. Dans le final ‘Cracks In The Pyre’ et ‘Retch’ marquent par l’intensité dégagée qui prend aux tripes de même qu’une mélancolie si présente. La brutalité reste la norme mais on apprécie un bon mix d’ambiances entre tristesse et colère. Conjurer a proposé une énorme prestation et a marqué son monde en instaurant une atmosphère sombre prenante.




Les Français de Kronos ont fait leur retour cette année après six ans de silence. En matière de brutal death ils restent une référence, et la foule est là pour les accueillir. Le décor en mode mythologique est soigné et l’intro empruntée au film "300" installe l'ambiance. Puis ‘Colossal Titan Strife’ colle au mur, rythme énorme, et growl hurlé qui scotche avec un grognement efficace. La férocité dégagée fait penser à Cannibal Corpse avec des riffs rapides maîtrisés.  L’accueil est royal, on sent le groupe heureux d’un retour réussi. Derrière, la barbarie death fait planer un vent de folie : ‘Opplomak’, ‘With Eaque Sword’ et ‘Aerternum Pharaos Curse’ dévastent avec un côté violent majestueux. La suite est un uppercut violent, ‘Monumental Carnage’, ‘Phaeton’ ou encore ‘Kronos’ mettent le feu à la foule. Au chant Christophe impressionne tant il hurle avec intensité. Avant le final il a un mot sympa pour l’organisation et le public. On sent les musiciens ravis de l’accueil. Puis ‘Mashkhith’ cartonne  en forme de tarte dans la tronche. La vitesse d’exécution est fascinante avec une technique au point. Kronos a réussi son retour de manière royale. En matière de brutal death il demeure un des patrons de la scène hexagonale.




Le festival part en Suisse avec Nostromo. Depuis 1996 la formation helvétique explore la facette méchante du metalcore en penchant vers le grind. Après une intro SF efficace, ‘Ship Of Fools’ ne fait pas dans la dentelle. Le chant teinté core de Javier est féroce et à côté le côté grind ressort bien dans des passages furieux qui remuent la foule. ‘IED’ et ‘In Praise Of Betrayal’ sont aussi sauvages. Le côté death grind est en avant,  bouillant et bien porté par un Javier hurlant avec intensité. ‘Superbia’, ‘Rude Awakening’ et ‘Delight’ tabassent de belle manière. Le rythme est rapide avec un efficace mix entre metalcore et grind. L’ambiance est excellente, chacun appréciant une parfaite maîtrise technique et une violence savoureuse. Dans le final le groupe continue de pilonner la foule avec hargne, ‘Epitomize’, ‘Uraeus’ ou ‘A Realm Of Mist’ et ‘Whyriwys’ se faisant tout aussi violents. Nostromo a proposé une solide prestation. Il a su parfaitement remuer la foule et montrer que le metalcore pouvait être brutal.




Le ton ne va pas se calmer niveau brutalité avec Mantar. Le duo allemand est attendu avec son black’n’roll teinté sludge violent et acide. Erinc et Hanno sont face à face et prêts à en découdre. Dès l’entame sur ‘Pest Crusade’ le côté brutal prend à la gorge. Hanno balance un son de guitare bien gras et hurle avec un ton black grave abyssal. En face Erinc impressionne en tabassant ses fûts avec hargne. Tout cela est remuant et abrasif avec un méchant côté sec et nerveux. ‘Cross The Cross’ est grasse et est portée par un chant black mordant. Le duo semble en transe et cela fascine. Hanno remue la foule et derrière ‘Astral Kannibal’, ‘Spit’ et ‘Egoisto' font impression par leur côté sauvage poilu. Le son de mammouth et le côté roll remuant tapent juste. La sensation de croiser un mix entre Motörhead et Darktrhone est forte. ‘Hang’ Em Low’ est un jus de sludge teinté black en forme de claque. La partie finale est bouillante, le duo semblant ne jamais ralentir le rythme. ‘Age Of The Absurd’, ‘Oz’ ou ‘Obey The Obscene’ et ‘Era Boralis’ étant d’énormes tempêtes de sludge sans pitié. L'ultime ‘White Nights’ ne fait pas dans la dentelle et achève une foule conquise. Mantar a confirmé qu’il était un grand nom du son black sludge.




La tête d’affiche de la soirée est underground. Mais en accueillant les Suisses de Bolzer le festival a visé juste avec un duo évoluant dans un black death occulte qui aime explorer les abysses de l’âme. Malgré la qualité de la formation la salle est moins remplie et sera même en mode club sur la fin. Mais les absents ont eu tort : dès l’entame sur ‘Zeus – Seducer Of Hearts’ la tempête frappe. Le duo envoie la sauce avec intensité. Le chant hargneux glace le sang tandis que le rythme porté par la batterie colle au mur. Entre deux  moments de violence black un peu de chant clair et un passage épique permettent de reprendre son souffle. ‘The Archer’ et ‘Hero’ sont prenantes, alternant passages bruts de décoffrage et breaks instrumentaux qui font planer le blizzard dans la salle. Le duo accomplit un travail énorme et prend juste le temps de saluer les fans par un speech simple. ‘Spiritual Athleticism’, ‘Phosphor’ ou ‘Pauper’ épatent autant avec des passages épiques tandis que la brutalité prend à la gorge. Les interludes entre les titres sont idéaux pour instaurer une ambiance glauque. ‘C.M.E.’ et ‘Entranced By The Wolfshook’ achèvent en beauté. Kzr continue de faire mal avec un growl des enfers et des riffs solides. En parallèle, la facette épique fait effet sur les derniers résistants. Bolzer aurait mérité une affluence plus large. Mais cela ne l’a pas empêché de proposer une prestation aboutie en forme de tartelette death black violente et attirante.



Cela achève une journée bien remplie, le Tyrant Fest peut refermer ses portes avec le sentiment du travail bien fait. Cette édition a été une réussite, certes voir plus de public aurait été sympathique, mais les prestations ont été de qualité. Et en parallèle il a été appréciable de voir l’art, la culture locale et le patrimoine de la région mis en avant. Il reste à remercier les équipes du Métaphone pour leur accueil et bien sur les organisateurs pour leur travail énorme au service de la cause métallique.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/mantarband/
 
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