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SHADOW GALLERY – NOUVEAU CASINO, PARIS (04/10/10)


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
METAL PROGRESSIF

Baptème du feu pour un mythe du métal progressif
VAL - 18.10.2010 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Il aura fallu 20 ans ! 20 ans pour que Shadow Gallery fasse enfin ses débuts en concert. Une tournée inattendue et enthousiasmante qui, après la sortie de l'excellent Digital Ghosts, a de quoi rassurer une bonne fois pour toutes les fans du groupe, légitimement inquiets suite au décès de Mike Baker, son chanteur et co-fondateur, dont l'ombre a plané sur la scène tout au long de la soirée. En remplacement des Grecs de Maplerun, hélas absents ce soir, deux groupes viennent partager l'affiche avec Shadow Gallery : d'une part, Divided Multitude, combo de power metal norvégien, de l'autre Manticora, formation danoise officiant dans un genre relativement similaire. Tous manifesteront un plaisir certain à se produire devant le maigre parterre de fans parisiens, mais il faudra toute l'énergie débonnaire de Lars K. Larsen, chanteur de Manticora, pour enfin constater un tant soit peu de mouvement dans la fosse. En effet, personne ne s'en cache : l'essentiel des amateurs présents ce soir-là n'est venu que pour Shadow Gallery. Et comment les en blâmer ? C'est pour beaucoup un rêve qui devient réalité. Groupe exclusivement studio jusque là, SG n'a jamais donné le moindre concert. C'est un mélange d'excitation et d'inquiétude qui anime les esprits alors que Manticora achève son set : comment tout cela va-t-il se passer ? N'est-ce pas présomptueux, à ce stade de leur carrière ? La réponse tombera dès les premières notes : un non massif, et rassurant.

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Quelques problèmes techniques empêcheront le groupe de monter sur scène à l'heure prévue, ce qui ne fait qu'appuyer l'inquiétude générale, car le Nouveau Casino est sous le coup d'un couvre-feu extrêmement strict que le groupe ne peut se permettre d'enfreindre. Le set étant déjà raccourci pour cause de co-headline avec Manticora, que risque-t-il d'advenir si la technique s'en mêle ? Bien heureusement, les premières notes de "Bohemian Rhapsody" résonnent bientôt dans la salle, au grand soulagement des fans qui reprennent en chœur les paroles de la chanson. Rien de tel qu'un classique pareil pour vous mettre dans l'ambiance ! Puis c'est l'entrée du groupe. Visiblement détendus malgré une journée chaotique (Gary Wehrkamp s'est entre autres vu privé de soundcheck, étant retenu à Londres pour une histoire de visa), les musiciens ne sont pas avares de sourires, et c'est l'ouverture de Tyranny qui va marquer le début d'un show mémorable. Les curieux ont déjà une idée de la setlist, le groupe s'étant produit trois fois avant la date parisienne, mais reste à découvrir ce que vaudra l'interprétation en live... Elle n'aura de cesse de bluffer l'assemblée !

En effet, qu'il s'agisse des titres récents de Digital Ghosts ("Pain", "Haunted", "Gold Dust"), ou d'autres plus anciens, très anciens même parfois (l'inattendu "Questions At Hand", 18 ans d'âge !), on n'est pas loin du sans-faute du côté des Américains. Carl Cadden-James saute partout tel un gnome sous amphétamine, et comblera les attentes de certains en dégainant sa flûte traversière sur "Destination Unknown". Joe Nevolo s'attachera pour sa part à démolir soigneusement son kit avec une précision et une frappe magnifiques, tandis que la paire Wehrkamp/Allman, excellemment soutenue par le jeune Eric Deigert, se montrera plus discrète mais tout aussi capable, en dépit de quelques soucis sonores, sur lesquels nous reviendrons ci-après.
La question primordiale concernait évidemment le nouveau chanteur de Shadow Gallery, Brian Ashland, dont la tâche (remplacer Mike Baker) est, on l'imagine, des plus ardues. Or, loin de se laisser dévorer par l'appréhension, il se montrera confiant et convaincant. Présent sur scène, motivé, il exhibe en outre un mimétisme vocal extrêmement troublant avec Baker ; sur certains titres, en fermant les yeux, l'illusion est incroyable. Mais l'homme est aussi musicien, et de le prouver en gratifiant l'assemblée d'un solo de guitare ébouriffant. A cet instant, on dénombre pas moins de 4 guitares sur scène ! Sur un plan strictement technique, il n'est comme ses camarades pas à l'abri de quelques reproches, mais c'est dans l'ensemble une excellente prestation que le nouveau venu a soumis à l'approbation de la foule.

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Au fil des morceaux, impossible de ne pas se laisser gagner par la musique de Shadow Gallery, déjà si riche en émotions sur CD, et ici véritablement transcendée par la scène. Le light-show est mesquin, l'espace réduit empêche les musiciens de s'exprimer corporellement comme ils le souhaiteraient (surtout Carl !), mais qu'à cela ne tienne... L'énergie, la puissance des titres, ainsi que la conviction et l'honnêteté qui transpirent de la prestation du groupe font le reste. Et si quelques couacs se font entendre ici et là, on devine que les répétitions furent soignées et approfondies, comme en témoigneront par exemple certains passages Queen-esques assez ardus à reproduire, tel le solo façon Brian May de "Haunted", ou encore les harmonies vocales de "Gold Dust". Les amateurs de techniques en ont aussi eu pour leur argent, notamment lors de l'époustouflant "Room V", réclamé par les fans lors du rappel, qui malgré l'absence regrettable du clavier, a littéralement passé à tabac les esprits.
La setlist, que vous pourrez consulter à loisir au bas de ce compte-rendu, n'a oublié aucun album, et chacun d'eux ayant ses propres fans, c'est l'intégralité des titres qui a marqué des points. Ainsi, les férus de Carved In Stone comme ceux de Digital Ghosts ont tous succombé au plaisir, à un moment ou à un autre.

Hélas, hélas, trois fois hélas, tout ne fut pas non plus au beau fixe, notamment d'un point de vue sonore. Encore peu habitués à gérer tout ce bazar, l'ingé son était manifestement endormi lors du soundcheck, car le clavier de Wehrkamp et Deigert, tout comme certaines parties vocales et guitaristiques, fut tout simplement oublié et demeura absolument inaudible du début à la fin. Il s'en est fallu de peu pour que le concert tout entier n'en pâtisse, voire ne soit tout simplement ruiné. En outre, l'absence de retours in-ear a visiblement gêné les musiciens lors de certaines harmonies complexes, notamment au niveau du chant. Et pourtant, pas un ne s'est démonté et l'exécution est globalement restée de très, très haut-niveau malgré ces quelques errances face auxquelles, compte tenu des circonstances, on ne peut que faire preuve de la plus humble indulgence.
C'est cette même indulgence, couplée à ce sentiment d'accomplissement ressenti tant par le groupe que par son public, qui nous laisse dans l'impossibilité de tirer un bilan autre que puissamment positif de ce concert. Il serait tellement injuste de faire la fine bouche ! C'était un moment inespéré, et le public ne s'y est pas trompé, en réservant une standing ovation de plusieurs minutes à son groupe de cœur. Rares en effet étaient les curieux, venus là sans réellement savoir à quoi s'attendre, lorsqu'en revanche, on dénombrait de nombreux fans de longue, de très longue date un peu partout dans la salle.

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Une soirée absolument merveilleuse, un grand moment de musique et le plus bel hommage qui puisse être au regretté Mike Baker. Pour conclure, sachez qu'un DVD a été enregistré lors de la date belge, à la fin de ce bref tour d'Europe de Shadow Gallery. De quoi ravir ceux qui ont manqué cette soirée historique ! Music Waves vous tiendra bien évidemment informés de l'avancement de ce projet dans les mois qui viennent. Stay tuned !

SETLIST

Stiletto In The Sand
War For Sale
Mystery
Pain
Destination Unknown
Questions At Hand
Ghost Of A Chance
Andromeda Strain
Crystalline Dream
Haunted

Rappel :

Room V
Gold Dust


Plus d'informations sur http://www.shadowgallery.com
 
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