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PERIPHERY - LA SCÈNE BASTILLE (PARIS) - 19 FÉVRIER 2011


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
METAL PROGRESSIF

Periphery était pour sa toute première fois au centre de l'attention du public parisien. Un évènement que Musicwaves ne pouvait forcément pas rater...
HYPERUNKNOWN - 26.02.2011 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Révélation Djent de l’année passée, après la mise sur orbite d’un premier album destructeur de tympans, au bon sens du terme, Periphery se produisait sur les planches de la modeste Scène Bastille parisienne accompagnés pour l’occasion de trois autres légionnaires engagés dans cette équipée estampillée à juste titre « The League of Extraordinary Djentlement » : Monuments, The Safety Fire et Beyond the Dust. Opéra bestial en quatre actes, la représentation était immanquable avec en point d’orgue l’acteur le plus en vogue du mouvement.

Arrivé trop tard pour m’intéresser au cas français Beyond the Dust qui devait ouvrir pour 19h30, j’apprend qu’il sera de même pour The Safety Fire, finalement déprogrammé pour des raisons qui m’échappent malgré quelques recherches sur la toile.

C’est donc Monuments qui m’ouvrira les portes gigantesques de leur monde violent et technique. La salle est déjà presque pleine de cette belle jeunesse, pour beaucoup dignes représentants à mèches rebelles ou chevelure ondoyante, agglutinés par centaine comme des bulles frénétiques d’une bière trop secouée. Il faut dire que ces Anglais, c’est déjà du lourd par billots de séquoia, pour preuve l’ambiance chauffée à blanc de la petite foule dont certains éléments sont visiblement des connaisseurs. Neema et Greg, leader d’une révolution pacifiste, vocifèrent comme deux diables, arguant une fosse qui bouge crescendo sur son devant. Placé devant le bar par un réflexe naturel, je profite d’un show carré, maîtrisé malgré la complexité des compostions, évitant volontairement les mouvements de foules (hormis ce gentil monsieur chevelu qui me fait goûter à chaque headbangage le parfum de son shampoing) qui promettent d’être exacerbés pour Periphery. Monuments est sans doute à son meilleur, la prestation étant d’ailleurs mise sur pellicule pour l’occasion.

Les lumières s’allument après de nombreux claps finaux. La forêt de jeunes pousses se disperse tandis que je me faufile vers les premiers rangs, profitant du besoin des pistoleros de la boisson de recharger leur escopette à houblon. Après quelques minutes qui paraissent bien longues où les roadies formées à moitié par les membres eux-même de Periphery s’affèrent entres câbles et prises jack, Jake Bowen, troisième guitariste de la Circonférence, prend le micro mais pour prévenir de sa fracture de la main, l’empêchant de tenir son rôle, repris au pied levé par John Browne de Monuments. Des voix qui arrivent jusqu’à mes oreilles m’appendront que Spencer Sotelo aurait également pu être absent, victime heureusement guérie d’une vielle maladie sans doute de saison.

Tout sourire, les membres du combo du Maryland prennent leur position tranquillement alors que s’installe un instrumental introductif inédit, reflet déformé et adouci du travail habituel du quintette, et plutôt avenant. Soudain, pris à la gorge par un molosse enragé, le public encaisse les premières décibels de « Letter Experiment ».

[IMAGE1]

Ecrin pour pierres précieuses taillées à la hache, la production renvoie avec une belle netteté la virtuosité des gaillards prêt à en découdre. Pour paraitre pointilleux, des guitares encore plus incisives auraient fini de mettre en valeur le jeu impressionnant du trio Mansoor-Bois- Browne, attraction auditive et visuelle de la soirée. Spencer Sotelo de son côté, bien que souvent décrié pour ses performances studio, ne s’en sort pas si mal peut-être parce que sous-mixé tout simplement. Dans tous les cas, il offre une prestation plus qu’honorable ne serait-ce que par sa robuste présence. Enfin, comme un acharné, Matt Halpern, pas le dernier venu en matière de beats, et d’ailleurs apprécié à sa juste valeur par de nombreux fans, martèle ses peaux avec autant de précision que peuvent le demander ses labyrinthes sonores.

[IMAGE2]

La jeunesse intenable, accentue ses mouvements erratiques au centre de la fosse. Certains slament, d’autres pogotent, la fièvre a définitivement assailli la Scène Bastille. Le devant de l’arène où je me trouve serait à ce titre l’endroit le plus expectorant. La frénésie de titres comme « Buttersnips », « Totla Mad » ou encore « Zyglrox », alambiqués et acariâtres à n’en plus pouvoir met en transe la petite fourmilière. Le light show épuré quoique agrémenté de spots bleus balance à hauteur des yeux, comme autant de pavés à la face des parisiens, des flashs épileptiques qui accentuent l’hypnotisme délirant de cette séance de thérapie par le défoulement.

Pendant les rares moments d’interruption, "Bulb" tente quelques mots en français, histoire, si preuve n’en était pas déjà faite, de s’accorder définitivement l’attention et la sympathie à son égard. C’est lui que la masse attendait en ce frais week-end d’hiver, à n’en pas douter.

[IMAGE3]

La vêprée tumultueuse s’achève par l’annonce de deux derniers titres très attendus apparemment, « Icarus Lives » notamment. Et c’est maintenant une demoiselle qui me fouette le visage de tout sa masse capillaire à chaque oscillation fougueuse de tête. Pendant ses longues minutes, j’en arrive presque à préférer les assauts appuyés et répétés des pogoteurs en sueurs.

A l’image de la musique de Periphery, tout va très vite durant le concert, y compris l’épilogue fait de remerciements succincts suivis tout aussi vite du passage de l’ombre à la lumière. On reprend ses esprits grâce à la froideur extérieure. Tout s’est passé à merveille, de chaque côté de la scène. Periphery a véritablement confirmé son statut de leader de cette mouvance Djent en pleine essor.


Setlist de Periphery :

Light
Letter Experiment
Buttersnips
Totla Mad
Zyglrox
Icarus Lives
The Walk

Pour ce moment impressionnant, merci à Roadrunner, et notre Struck national.


Plus d'informations sur http://www.periphery.net
 
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