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BLACKFIELD (16 FÉVRIER 2011)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
POP

A l'occasion de la sortie du troisième album de Blackfield, c’est le "charismatique" Aviv Geffen -quasi-inconnu en Occident mais véritable icône en Israël- qui a fait la promo de "Welcome To My DNA" auprès de Music Waves…
STRUCK - 04.03.2011 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Salut Aviv…
Aviv Geffen : Salut…

… quatre ans après la sortie de « Blackfield II », vous revenez enfin avec « Welcome To My DNA ». Première question, pour quelle raison avez-vous mis autant de temps pour sortir ce nouvel album ?
Parce que Steven et moi-même avons eu une actualité extraordinaire. Steven a eu cette grande tournée avec Porcupine Tree et moi, j’ai joué avec U2 et Placebo, « Aviv Geffen », mon album solo produit par Trevor Horn… tout ça a pris du temps notamment cette tournée avec Placebo et U2… Ca a pris du temps et nous voulions vraiment faire notre meilleur album…

… A ce titre, considères-tu « Welcome To My DNA » comme le meilleur album de Blackfield ?
Je pense que c’est l’album le plus sombre de Blackfield…

Et selon toi, quelle est la principale différence entre ce nouvel album et les précédents ?
Tout au début, il faut savoir que nous avons commencé ce groupe comme un side-project mais il a grandi, grandi, grandi… si bien que toutes les personnes qui m’interviewaient ou interviewaient Steven pendant sa tournée nous demandaient où en était « Blackfield III ». Ce projet n’a jamais cessé de grandir et maintenant, nous avons énormément de fans… Donc maintenant, c’est un projet à temps complet, c’est une chose sérieuse ! Steven est allé voir les membres de son groupe et leur a dis : « Cette année, je ne ferais que Blackfield ». Et moi pareil… parce que nous sentons que nous avons un son spécial…

Le fait que Blackfield ne soit plus un projet mais un groupe : est-ce la raison pour laquelle ce troisième album s’appelle « Welcome To My DNA » et non « Blackfield III » ?
Oui, oui parce qu’encore une fois, c’est notre meilleur travail à ce jour. Nous pensons que c’est un album total et pas seulement quatre supers titres. Nous avons dû écrire quelque chose comme trente sept chansons et nous les avons réduit à onze pour rendre cet album parfait, pour faire de nos larmes, la tristesse du caviar ! Le meilleur du meilleur : c’est pourquoi ça nous a pris tant de temps !

Tu as dis que les fans de Blackfield étaient de plus en plus nombreux : comment expliques-tu cela ?
Parce que j’ai apporté plein de fans dans ce panier. Avec moi, nous avons récolté plein de fans d’émo qui aiment les ballades puissantes de Metallica, Nine Inch Nails, My Chemical Romance… ce que n’a pas Steven à ce jour. Donc, nous ne sommes pas seulement un groupe de prog metal, nous sommes devenus un groupe de rock, indie rock et c’est super !

Justement Blackfield est un groupe dont la musique semble être de plus en plus calme notamment avec ce dernier album. Est-ce une évolution délibérée ou l’humeur du moment ?
C’était l’humeur et nous voulions faire un album sérieux. Pour nous, nous voulons que ceux qui écoutent, qui posent leur main sur ce nouvel album, s’immergent totalement… soient scotchés ! C’est notre but !
Nous pensons que comme Radiohead, nous avons créé une sorte de nouveau son. Tu ne peux pas nous classer dans un genre : ce n’est pas metal, ce n’est pas prog, ce n’est pas de la pop : c’est Blackfield ! C’est super et avec « Welcome To My DNA », nous avons tout mis. Pour la première fois, j’ai amené en studio quarante-deux musiciens : des musiciens d'instruments à cordes et des cors d’harmonies… pour avoir un gros, gros son : ça te donne de la liberté et tu peux entendre plein d’amour dans cet album !

Aux premières écoutes, vos albums peuvent être considérés comme étant trop pop voire commerciaux mais c’est seulement en donnant le temps, en écoutant plusieurs fois, en creusant que tu découvres que Blackfield est autre chose que ça…
C’est vrai, c’est vrai, tu as raison…

… Comment expliques-tu que les gens donnent ce temps à vos albums dans cette société de fast-food auditif ?
Je pense que c’est parce que je suis sexy ! Vraiment, j’ai du charisme ! Je ne suis pas un comme un geek qui aime regarder les Hobbits ou Star Wars (Sourire) !

Justement, tu es devenu une sorte d’icône en Israël notamment avec le titre « Cry For You »…
Oui, tu as raison…

… Comment vis-tu ce statut ?
Hum, je suis un peu un symbole, un rebelle, quelqu’un qui est contre l’occupation. Et nous avons essayé de montré ça dans Blackfield dans cet album, dans le morceau « Blood » qui traite de cette coulée de sang sans fin. Nous voulons parler un peu de politique…

Et malgré tout, penses-tu que ce projet Blackfield te permette de te détacher de ce statut ?
Hum, je pense que moi et Steven sommes tellement copains : il m’a apporté plein de choses, plein de tournées. Et moi de mon côté, quand je l’ai rencontré pour la première fois, il était très timide, il jouait de sa guitare sans lever ses yeux de son instrument…

… Oui mais c’est Steven Wilson !
Oui mais maintenant, il est devenu plus charismatique et je pense que c’est le résultat de tout mon travail, vraiment !

D’un autre côté, tu es devenu célèbre en Europe et notamment en France suite à ta collaboration avec Steven Wilson…
C’est vrai.

… Et tu n’es pas agacé de constater que Blackfield occulte le reste de ta grande carrière et tes onze albums solo notamment ?
Non parce que dans Blackfield, j’ai écris toutes les chansons de ce nouvel album. Donc, ce sont mes chansons, je vais sur scène, je les chante avec Steven : c’est extraordinaire !

Mais tu es conscient que pour beaucoup de personnes, Blackfield reste un énième projet de Steven Wilson et ne savent même pas qui tu es…
C’est vrai, oui, oui…

… En gros, est-ce un problème d’être dans l’ombre de Steven Wilson ?
Mais en fait, c’est juste une question de temps avant que les gens ne fassent le lien entre Blackfield et Aviv Geffen. A ce jour, nous faisons notre promotion autour de l’axe : Aviv Geffen – Steven Wilson – Blackfield !

[IMAGE1]

On a peu parlé de ta carrière solo. Comment a été accueilli ton dernier album solo « Aviv Geffen » ?
Super, super ! Notamment quand tu regardes les principaux diffuseurs : dans la plus grosse radio en Allemagne mais aussi la BBC2 en Angleterre, ce qui est pas énorme ! L’album a été numéro 1 en Grèce et nous avons fait une longue tournée avec en tête d’affiche U2 et Placebo…. Je ne vais pas me plaindre (Sourire) !

Justement comment vit-on le fait de jouer en première partie de groupes comme Placebo mais surtout U2 ?
C’est extraordinaire, extraordinaire… J’ai été scotché quand U2, The Edge et Bono m’ont invité à les rejoindre sur cette énorme tournée à la place de Lenny Kravitz, c’est extraordinaire ! C’est une chose qui ne pourrait pas se faire avec Blackfield parce que Blackfield est trop sombre pour eux, tu vois ce que je veux dire ?

Et comment arrives-tu à concilier ton engagement politique, ton statut d’icône et cette productivité musicale ?
Hum, dans chaque interview, j’essaie de montrer aux gens que des personnes comme moi en Israël représentent des milliers et milliers de personnes qui croient que nous n’avons pas besoin de l’occupation ! Pour moi, c’est important de parler à des gens pour…

… diffuser un message ?
Exactement, c’est important !

Ca me fait penser au discours des membres d’Orphaned Land qui se considèrent comme des guerriers de la lumière dont la musique est leur arme. Quel est ton opinion sur ce groupe ?
Je pense qu'ils sont très orientés vers la paix, anti-gouvernement...

Justement Steven Wilson a produit le dernier album d’Orphaned Land. N’est-ce pas trop dur de le convaincre de ne pas mettre d’éléments metal dans Blackfield ?
Non, non… Tu sais, au final, moi et Steven pensons que si tu prends « Dark Side Of The Moon » ou « The Wall » : ce ne sont pas des chansons metal mais ce sont des chansons extraordinaires ! Par exemple, Steven adore le groupe Abba, j’adore les Bee Gees : c’est cool, tu vois ce que je veux dire ?

Prévois-tu de chanter en Israélien dans Blackfield ?
Nous l’avons déjà fait sur le dernier album sur « Zigota ». « Zigota » est une reprise d’une de mes chansons chantée en Hébreu et il la chante en anglais dans la version de Blackfield…

Non mais la question était de savoir si vous comptiez chanter en…
(Il coupe) Non, j’ai une très jolie chanson et à la de ma dernière tournée, en Israël, quelqu’un m’a donné un album de Léo Ferré « Avec Le Temps » et je suis resté très longtemps à n’écouter que cette chanson. Et en Israël, j’ai appelé mon album « Im Hazman » qui signifie « Avec Le Temps ». Cet album est resté numéro 1 pendant deux mois en Israël. Donc, j’ai ressuscité Léo Ferré en Israël ! Et quand j’ai fait ce concert au Café de la Danse, j’ai dis au public : « Vous devez l’écouter en Hébreu parce que c’est un tube à ce jour en Israël ! ». C’était un moment très touchant !

Et hormis Léo Ferré, connais-tu d’autres artistes français ?
J’ai quelques amis comme Raphaël…

On parle beaucoup musique depuis le début de cette interview. Arrives-tu à vivre de ta musique à ce jour ?
Ouais… Steven et moi sommes des bourreaux de travail. Mais ce n’est pas du travail, c’est de l’art !

Oui mais tu sais que ceux qui peuvent vivre de leur passion artistique sont de plus en plus rares ?
Ouais mais Steven et moi avons fait un travail long et dur depuis de longues, longues années. J’ai dû sortir seize albums ce qui est plutôt conséquent…

Sans transition, quel est ton meilleur souvenir de musicien ?
Ah ! Je dirais d’être au côté de Bono sur scène. Et le fait qu’il me remercie sur scène à la fin du spectacle… C’était une de mes plus grandes émotions !

Au contraire, quel est le pire ?
Le moment où on a tiré sur le premier ministre, tu vois ? C’était le pire moment…

… de ta vie ?
Ouais…

… Mais en fait, la question était plus axée sur tes souvenirs d’artiste. Tu sous-entends que cet événement tragique a influencé ta musique outre le titre « Cry For You » ?
Bien sûr ! J’étais très en colère, tellement en colère que je suis parti vivre une année à Londres.

Que voulais-tu faire quand tu étais gamin ?
Hum… Je voulais être un mélange d’Oscar Wilde et Jacques Brel (Sourire). C’est difficile de les combiner : où est le maquillage (Rires) !

Et penses-tu que cet enfant voulant être un mélange de Wilde / Brel serait fier de ce qu’il est devenu ?
Oui. Je pense que oui… Tous les deux avaient un grand charisme et tous les deux ont influencé ma vie !

Un mot qui revient souvent dans cette interview est « charisme ». Comment expliques-tu le charisme dont tu parles ?
C’est quelque chose avec lequel tu nais…

Ca n’a rien à voir avec l’environnement, le pays… dans lequel tu as grandi ?
Non…

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
Hum… « Qui sont mes idoles en musique ? ».

Et c’est toi ?
Non (Rire gêné) !

[IMAGE2]

Je suppose que dans chaque interview, on te parle politique. Tu n’es pas agacé de devoir aborder ce sujet dans chacune de tes interviews musicales ?
Tu sais, c’est seulement 10% dans toutes les interviews. Et je pense vraiment qu’il est de mon devoir de parler contre l’occupation : je pense que ce n’est pas normal !

Et quel est ton avis sur les évènements dans les pays arabes voisins… Mouvement qui se propage…
Et j’espère qu’il continuera de se propager !

Mais tu n’as pas peur comme le gouvernement Israélien des répercussions que ça pourrait avoir sur Israël ?
Nous ne savons pas comment vont tourner les choses… Dans le bon sens ?

Ou peut-être pas ?
Oui, peut-être que non… mais je veux espérer… J’espère qu’ils auront une vie paisible et démocratique… Pour moi, c’est sidérant et incroyable que tout se soit fait de Twitter ou Facebook… C’est la première fois que les gens, les jeunes générations se connectaient entre eux sans le filtre des gouvernements ou des forces militaires. C’est juste génial, c’est une grande chose !

Et pour en revenir à Israël, quel est ton avis sur la politique menée dans ton pays ?
Pour moi, il n’y a qu’une seule option : je pense que nous devons nous retirer, et donner la moitié de Jérusalem aux Palestiniens… Et arrêter l’occupation ! C’est tout, ça peut paraître naïf mais c’est très simple !

Et penses-tu que la majorité des Israéliens pensent comme toi et accepteraient ce partage ?
Oui, je le pense. Tu sais le travail du gouvernement est de faire peur aux gens, c’est un mauvais tour !

Et selon toi, quel devrait être le positionnement de l’Occident dans cette situation ?
Ils devraient savoir que c’est plus compliqué que ce qu’ils voient à la télé ! Nous avons deux pays : Jérusalem et la région de la grande Tel-Aviv… Tel-Aviv est un des plus beaux endroits sur Terre, c’est vraiment une ville extraordinaire, ouverte d’esprit…

Nous avons évoqué la question qu’on t’avait trop souvent posée. Quelle est la question que tu voudrais que les lecteurs de Music Waves te posent ?
Wahou… Quand je viens ici en France, il y a plein d’anti-sémitisme… Donc, après avoir lu cette interview, j’aimerais que tes lecteurs adoptent une bonne attitude et qu’ils comprennent qu’il y a de supers juifs !

Ne pas juger les personnes sur leur nationalité, leur croyance…
Ouais, exactement ! Ils doivent savoir qu’Israël est une ville à la mode, plein de français viennent y vivre : ils ont acheté la moitié de Tel-Aviv… et nous les traitons vraiment bien ! Et pendant mes concerts, je leur demande d’en faire autant quand je viens (Rires) !

J’y pense mais peut-être qu’une des questions que tu aurais voulu que je te pose était de savoir si tu comptais faire des chansons gaies ?
Peut-être… Mais en ce qui me concerne, j’écris seulement quand je suis down… Mon sauveur, mon Dieu c’est la musique (Sourire)…

Avant de se quitter, as-tu un dernier mot à dire aux lecteurs de Music Waves ?
Je suis vraiment impatient de vous voir tous au concert pour donner un avant-goût de l’album. Et si les lecteurs de Music Waves connaissent bien Steven et Porcupine Tree, je leur dirais que j’ai fait revenir Steven à ses débuts, l’époque de « Signify »… Moins de technique, plus de chansons et pour moi, « Welcome To My DNA » est un peu comme « Signify » : ce sont des chansons mélo et je pense qu’ils l’adoreront pour ça ! Moins de technique, plus de chansons et pour moi, « Welcome To My DNA » est un peu comme « Signify »…

Merci.
Tout le plaisir a été pour moi. Merci, merci…


Avant de refermer cette page, remercions Roger de Replica pour avoir permis cette rencontre ainsi qu'El_bia, Lynott et Val pour leur contribution…


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/blackfield-103704446366593/
 
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