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A PROPOS DE:

ORPHANED LAND (14 MAI 2010)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

Quelques minutes avant leur concert parisien, les deux principaux membres du groupe ont livré une mini-conférence de presse improvisée mais fleuve pour un résultat des plus passionnants...
STRUCK - 09.03.2011 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Web Tv Maroc : Dans votre biographie, vous parlez de "Metal Juif et Musulman" ou "une union des Arabes et Israéliens…" Que souhaitez-vous dire à ce sujet ?
Kobi : C’est ce que nous sommes ! Nous pensons que les Arabes, les Israéliens, les Juifs et les Musulmans sont cousins et ils viennent tous du même Père. Et pour nous, ça nous paraît tout naturel de mélanger toutes ces cultures. Tout ce qu’il se passe actuellement ne sont que des conneries politiques… Pour nous, c’est la chose la plus naturelle : la musique est le langage universel. Et nous sommes des musiciens pour les Musulmans autant que pour les Juifs parce que la musique est pour tout le monde donc… Nous utilisons aussi bien des sujets arabes que Juifs Israéliens ensemble dans notre musique. Et dans notre musique, les Juifs et les Arabes sont de très bons amis.

Web Tv Maroc : Et propos de votre message… Qui a travaillé dessus ?
Kobi : Je suis très impliqué dans la création du concept du groupe et Yosi est un des principaux compositeurs du groupe. Mais je dois dire que c’est une coopération de tout le groupe en entier. Je peux mener les questions conceptuelles mais les membres du groupe doivent être d’accord et soutenir, tu vois ? Mais Yosi et moi, poussons les choses en quelque sorte…
Yosi : La composition vient essentiellement de mes racines, des mélodies que me jouait mon père quand j’étais enfant…. Plein de chansons, et la plupart des mélodies que vous pouvez entendre dans nos chansons sont des choses dont l’inspiration me vient de l’héritage de mon père, d’une certaine façon.

Web Tv Maroc : Ton père était musicien ?
Yosi : Ouais, toute la famille de mon père est musicienne. Ils sont dix frères et tout le monde joue quelque chose, que ce soit de l’oud ou chantent… Mon père chante avec nous dans l’album mais aussi ma grand-mère, ma sœur… presque tout le monde dans ma famille !
Kobi : Je peux aussi dire qu’enfant, j’ai grandi à Jaffa. Jaffa est un mélange de Juifs, de Chrétiens et de Musulmans. Nous étions tous mélangés donc j’avais l’habitude d’entendre le muezzin appeler les Musulmans venir à prier et j’avais l’habitude de voir les Chrétiens fêter Noël et bien sûr, les Juifs fêter leurs vacances.
Et quand j’étais enfant, je voulais jouer au football. Et moi et les autres gamins, nous nous foutions de savoir de quelle religion nous étions ou quelle est ton origine, nous voulions juste faire des matchs de foot, tu vois ? Donc, c’est la simplicité que j’avais à ce moment : "On s’en fout, nous voulons juste jouer au football !".

Darkside Momo : Et maintenant, tu veux juste jouer de la musique ?
Kobi : Ouais, c’est vrai, c’est exactement ça !

Struck : Petite parenthèse football, un petit mot sur le nouveau sélectionneur Israélien, Luis Fernandez ?
Kobi : Et bien, il a encore tout à prouver (Rires) parce que nous n’avons pas eu beaucoup de victoire jusqu’à maintenant mais je lui souhaite beaucoup de chance et définitivement, j’espère que nous pourrons gagner !

Web Tv Maroc : Pour en revenir à la musique, que pouvons-nous dire à propos de l’Orchestre Arabe de Nazareth ?
Kobi : L’Orchestre Philharmonique, ouais…
Yossi : Dans le dernier album, quand nous avons fait les arrangements des violons arabes, nous avions une vision de les jouer live avec de vrais instruments et l’exacte vibration… Donc, c’était naturel pour nous d’essayer de collaborer avec eux, sachant que l’Orchestre Philharmonique de Nazareth est essentiellement composé de Musulmans et de Chrétiens venant de Nazareth. Nous avons collaboré avec eux pour les violons, les flûtes et c’était une expérience vraiment unique de travailler avec eux parce que c’était encore une nouvelle preuve d’une coopération très naturelle vu que la musique est le langage universel. Nous sommes juste assis là et nous n’avions pas à parler beaucoup, tu vois ? Tout le monde se comprenait immédiatement… Tu vois j’étais à un point ici, marmonnant une chanson de mon enfance, et un des violonistes Arabes m’a juste dis : "Ah, de qui tiens-tu cette chanson ?". Je lui ai répondu : "Elle vient de mon enfance !". Et il m’a dit : "Non, elle vient de MON enfance !" (Rires). C’était une sorte de chanson égyptienne que ma grand-mère avait l’habitude de me chanter…

Web Tv Maroc : Et avez-vous entendu parler d’une chanteuse qui a chanté avec ce même orchestre et qui s’appelle Sapho ?
Kobi : Oui et elle chantait "El Atlal". J’ai vu son concert à la télévision quand elle chantait cette chanson et j’ai vraiment aimé, j’ai vraiment aimé la façon dont elle l’a chanté. Elle a donné une couleur différente à la chanson.

Darkside Momo : Tu parlais de violonistes Arabes tout à l’heure. Avez-vous prévu de faire un concert avec eux, peut-être en Israël ?
Yossi : Oui ! Nous avons eu une très bonne collaboration avec eux et nous avons prévu de collaborer avec eux dans le futur. Pour un live, probablement pour un Dvd ou le prochain album…
Kobi : Et peut-être aussi dans d’autres pays, pas seulement à Israël.

Darkside Momo : Ca serait super ! Une autre question concernant cette tournée : Est-ce que Shlomit Levi tourne avec vous ou non ?
Yossi : Non…
Kobi : Elle est une toute jeune maman et maintenant, elle est une maman dévouée… Probablement dans le futur, elle pourra le faire mais pas maintenant, nous la laissons être une maman !

LadyOfDarkness : Et pourquoi avoir choisi Arkan comme première partie de votre tournée ?
Yossi : C’était naturel parce que premièrement, les membres d’Arkan sont de bons amis et nous avons des amis communs, Yannick est un très bon ami et il a fait nos guitares en fond sur la tournée… Et aussi, comme Arkan nous l’a dit nous sommes une de leur inspirations, et c’était comme boucler la boucle d’une certaine façon parce que nous sommes très similaires dans le style et dans le même temps, nous nous respectons énormément…

LadyOfDarkness : Donc, vous vous connaissiez avant ?
Yossi : Oui. Nous correspondions dans le passé et nous sommes très bons amis.
Kobi : Et bien sûr, le fait qu’ils soient des Algériens Musulmans et que nous soyons des Israéliens Juifs est un nouvel exemple de comment les musiciens peuvent être amis et comment ils peuvent coopérer ensemble mais surtout montrer de quelle façon devrait être l’amitié et l’harmonie entre nos culture…

Struck : Comme vous l’avez dit vous êtes une des influences d’Arkan. Pensez-vous pour autant être le leader d’un genre musical, le metal progressif oriental ?
Kobi : Des pionniers ?
Yossi : Ouais, des pionniers bien sûr !

Struck : Et quels sont les groupes qui existent qui suivent vos traces ?
Yossi : Nous faisons un metal mélangé avec comme base des influences du Moyen-Orient depuis presque vingt ans maintenant. Nous avons pris contact et des réponses avec plein d’autres groupes qui font ce genre et style musical, des groupes comme Arkan ou…
Kobi : Litham, Odious d’Egypte.
Yossi : Oui, Secret Chiefs 3…
Kobi : Oui, il y a des groupes de Dubaï, de Syrie, quelques fois, j’oublie les noms… Mais c’est un mouvement maintenant !

Struck : Sans transition. Cela fait quelques mois que votre dernier album est sorti. Etes-vous contents du résultat et des retours du public ?
Kobi : Nous sommes très contents mais nous estimons que nous ne sommes pas encore près de sentir le potentiel de notre message. Je sens que c’est un message dont le monde a besoin et je crois vraiment ça… Je ne crois vraiment plus aux politiciens et je crois en la musique comme une chose pour unifier les gens et spécialement les ennemis.
Et, je suis très content du résultat bien sûr, pleins de magazines racontent notre histoire, pleins de gens l’apprécient et le soutiennent et bien sûr, c’est vraiment important parce que s’ils n’avaient pas eu cette réaction, les gens auraient pu dire que nous sommes naïfs.

Struck : Tout à fait !
Kobi : Ouais, "tes rêves, tes rêves et vous êtes des genres de hippies vivant dans un monde merveilleux" mais c’est un fait. Nous avons des Juifs et des Arabes qui suivent notre message et c’est important de prouver que ce n’est pas juste un rêve.

Struck : A ce titre, vous considérez-vous plus comme des musiciens ou des conteurs qui ont un message à délivrer ?
Kobi : Je ne peux parler que pour moi, je me considère comme un guerrier de la lumière plus que tout autre chose. Et je me sers de la musique juste comme un outil parce que la musique est mon arme et je suis une sorte de guerrier de la lumière, je dirais. (En regardant Yossi) Et pas seulement moi, toi également !

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Darkside Momo : D’une façon ou d’une autre, le dernier album est une métaphore de vos histoires personnelles ?
Kobi : C’est également la vôtre. Je crois que c’est en chacun d’entre nous.

Darkside Momo : J’en suis seulement au début du chemin… (Rires)
Kobi : Cette lumière intérieure existe dans chacun d’entre nous. Et quand la lumière est allumée, tu peux voir la vérité nue. Quand la lumière est éteinte, tu ne vois rien. Tu te poses des questions et tu es embarrassé. Et c’est ce qui se passe dans notre monde, nous sommes perdus parce que nous devons allumer la lumière.

Web Tv Maroc : Vous avez dit qu’il y a des médias qui parlent d’Orphaned Land etc… Comment pouvez-vous évaluer l’énorme influence d’Orphaned Land dans le monde Arabe Musulman sachant qu’il n’y a pas de média, pas d’industrie du disque…
Kobi : Nous savons cela…
Yossi : Nous communiquons beaucoup avec les fans Arabes du monde entier à travers les réseaux sociaux, à travers les mails… A ce jour, chacun d’entre nous est en contact avec des centaines, des milliers de personnes… Et nous rencontrons aussi nos fans et nos amis d’Irak, des gens qui viennent de Syrie, du Liban, de Dubaï, de Jordanie, pendant nos concerts en Europe et en Turquie. Nous les rencontrons, ils nous étreignent, ils nous embrassent, ils nous montrent leur tatouage avec le logo d’Orphaned Land sur leur corps et ce sont des Musulmans retournant dans leurs pays. Nous savons que ce que nous faisons a un effet sur le monde à ce jour. Et nous croyons aussi que ce n’est que le début parce que la nature des choses est de voir que les résultats se voient dans le temps. Et sur les ailes du temps, tu peux vraiment mesurer l’impact ou voir la vraie mesure de tes actions. Tu vois, c’est comme ce qui c’est passé avec Bob Marley à l’époque… Et regarde ce que le reggae a apporté au monde plusieurs années après ! Et je crois que si nous commençons cela maintenant, dans les années à venir, nous verrons le vrai impact de ces actions.

Web Tv Maroc : Je vous considère comme des politiciens… Comment vivez-vous cela à Israël ?
Yossi : (Rires)
Kobi : Je dirais que nous traitons de politique mais nous ne sommes pas des politiciens parce que les politiciens… les politiciens prennent toujours un parti et ils représentent cette idée qui est l’opposée d’une autre idée… Et les musiciens ? Ils ne prennent pas partis. Nous sommes pour les Palestiniens et pour les Israéliens et pour les Européens et pour tout le monde. C’est le privilège d’être un musicien. Mais le sujet dont nous parlons est un sujet politique. Nous n’écrivons pas de chansons à propos de nos histoires d’amour ou de nos petites amies… C’est à propos de ce qui se passe dans nos vies et dans notre pays. Donc, c’est le côté politique de notre groupe.
Yossi : Nous ne sommes pas comme un parti. Tu sais, nous n’avons pas de but très spécifique que nous voulons réaliser, faire ceci ou cela dans certains territoires ou aider cette population ou une autre ou faire en sorte qu’une minorité ait plus de chance… Ce n’est pas ce genre de chose. La chose est notre message ! Notre message est simple : la musique est le langage universel mondial et nous voulons utiliser la musique pour porter les gens et les aider à réaliser ce qui est devant leurs yeux, que nous ne faisons qu’un. C’est un message d’unification, peu importe si tu crois en toi, en Dieu, en Allah ou si tu es païen ou je ne sais quoi… à la fin de la journée, nous parlons tous du même sentiment et entité. Quand nous jouons quelques notes, c’est la même chose dans toutes les langues. C’est donc notre message : nous ne faisons vraiment qu’un !

Darkside Momo : En parlant des fans… Avez-vous rencontré dans la vraie vie le fan qui vous a envoyé la vidéo dont vous parlez (NdStruck : dans le Dvd inclus dans l’édition spéciale de "OrWarrior", Kobi parle d’un fan Jordanien qui leur a envoyé une vidéo en 2000 quand le groupe était en stand-by qui montrait juste ses tatouages d’Orphaned Land sur le corps de fans avec la musique d’Orphaned Land en fond sonore. Kobi dit que cette vidéo a fait réalisé l’impact de sa musique et a donné un nouveau départ au groupe).
Kobi : Nous avons rencontré un fan Jordanien avec un tatouage Orphaned Land. Il venait à chacun à nos concerts en Turquie et c’était un moment incroyable. Il nous a donné ce livre où il était écrit que notre musique est blasphème et qu’un homme avait été emprisonné pour six mois juste pour avoir écouté notre musique… Et ce fut un choc pour nos. Mais pour moi, personnellement, ce fut un moment où je me sentais obligé de continuer et faire ça parce que j’ai compris combien notre musique est forte mais également un mouvement effrayant pour certaines autorités. C’est juste de la musique ! La musique pour moi n’est rien d’autre que de la sainteté… Elle est pure et… Aussi, je veux vraiment rencontrer ce mec qui a été jeté en prison parce que je lui achèterai des cadeaux ou je ne sais quoi… Je ne sais pas !

Web Tv Maroc : Concernant les albums… Six années de travail avant le quatrième album et huit ans entre "El Norra Alila" et "Mabool".
Yossi : (Riant un peu)… Nous… Nous essayons de prendre le temps parce que... il y a plusieurs raisons à cela. Une d’entre elle est que nous avons l’ambition d’un certain résultat, nous avons un rêve et nous voulons atteindre ce rêve et personnellement, je suis un grand croyant de rendre les rêves réalités. Si tu m’avais dit il y a vingt ans que nous serions signés sur un gros label, c’était mon intention et c’est arrivé. Ou dix ans plus tôt que nous jouerions au Wacken sur la scène principale, c’est arrivé. Et maintenant un de mes rêves, notre rêve est de jouer au Desert Rock à Dubaï. Et un jour, ça arrivera parce que nous savons que si nous rêvons, ça arrivera.
C’est la même chose pour le travail d’un album, nous avons des chemins spécifiques pour arriver à ce que nous prévoyons de faire. Cette vision prend du temps pour arriver donc nous commençons à composer les matériels, nous commençons à collecter tout ensemble. Nous nous asseyons ensemble, nous écoutons, nous créons le puzzle et nous mettons de côté des choses ou multiplions les choses que nous aimons etc… Et nous essayons d’atteindre un certain point qui est assez perfectionniste pour nous, mais quand nous finalisons le tout, nous pouvons nous dire : "Ok, nous pouvons vivre avec ça !" (Rires). Et en parlant de la prochaine sortie, nous promettons de faire plus vite maintenant parce que je peux dire personnellement que ma promesse est véritable parce que je peux aussi abandonner mon travail quotidien pour me concentrer à 100% sur la musique. Jusqu’à maintenant, j’avais un travail quotidien et il me prenait la plupart de mon temps et le groupe était mon projet de vie, il était depuis vingt ans en parallèle de tout de ce que j’avais dans ma vie. Et maintenant, je suis totalement dévoué, 100%, pour lui donc… Ce n’est plus seulement les nuits et les week-ends… Donc définitivement, je crois que cela va aider pour faire les choses plus rapidement.

Web Tv Maroc : Avez-vous prévus des concerts au Maroc ou en Algérie ?
Kobi : Je le souhaite, je le souhaite…
Yossi : Cela va arriver. Au Maroc, cela va arriver c’est sûr !
Kobi : Tu sais quoi ? Si cela prend du temps comme cela prend du temps pour sortir des albums… c’est comme pour un bon plat, quelques fois, tu dois cuisiner longtemps. Donc, cela nous a pris du temps pour sortir les albums et cela prend du temps pour le Maroc mais je sais que nous le ferons. Et de notre côté, le moment où nous serons invités, j’aimerais venir en chameau, j’aimerais venir à pied (Yossi rit). J’irais là-bas, vous avez juste à nous inviter et nous viendrons sur le moment !

LadyOfDarkness : "Sapari" est une chanson traditionnelle Yéménite. Pourquoi l’avoir choisi pour commencer l’album ?
Kobi : C’est une chanson qui date de 400 ans et elle avait été écrite par un poète Juif et les paroles sont une conversation du poète avec son âme. Et il lui demande "Où est-elle ?" et elle lui dit qu’elle est dans une haute chambre, se préparant à porter la forme du corps. Et cela colle avec le concept du guerrier de la lumière, comme une conversation intérieure que nous avons aussi en tant qu’êtres humains avant que le guerrier soit né dans cette vie, le monde dans lequel nous vivons. Donc, c’est le mélange d’un sentiment conceptuel -et aussi la façon dont nous aimons le faire- quand le temps passé rencontre le présent, tu vois, et réarranger cela de la façon qui nous plait.

LadyOfDarkness : Et pourquoi avoir choisi Steven Wilson comme producteur ? Et quelle a été son influence ?
Kobi : Avant toute chose, nous sommes fans et notre musique est très complexe et très diverse et si le mixage n’est pas bon, tout est perdu… C’est comme un bon repas qui aurait brûlé. J’aime faire des analogies avec la nourriture, peut-être parce que j’ai faim, je ne sais pas (Rires) ! Et Steven est un bon technicien mais c’est également un musicien. Donc l’avoir en tant qu’autre génie, pour être le superviseur du tout était le bon choix aussi bien pour la musique que pour nous… Yossi compose tant de couches de musique et Steven était fasciné par notre musique et il était vraiment la bonne personne pour la mixer et nous pensons que le résultat est vraiment extraordinaire !

LadyOfDarkness : Est-ce que l’utilisation du mellotron était une idée à lui ?
Kobi : Oui. Il a dit que quand il joue du clavier, c’est toujours du mellotron ou du piano. Il n’aime pas le son du synthé.
Lod : C’était une bonne idée !
Yossi : Ouais !
Kobi : Je le pense aussi… C’est également comme quand "L’Est rencontre l’Ouest" d’une certaine façon, tu vois ? Donc, j’aime ça aussi.

Struck : C’est exactement le discours qu’il a tenu à Mikael Akerfeld (NdStruck : que l’on peut voir sur le bonus de "Damnation")… N’avez-vous pas peur du parallèle avec son groupe au point d’en être résumé à un Opeth de l’Orient ?
Kobi : Steven, lui-même, dit que si Opeth était né en Israël…
Kobi et Yossi : … il serait Orphaned Land.
Kobi : Et à l’inverse, si nous étions scandinaves, nous sérions Opeth aussi… Nous sommes du même genre et de la même génération… C’est la seule similitude que je pourrais trouver entre les groupes, utilisant des chants clairs, des growls, de la musique progressive… Mais chaque groupe a sa propre chair et ses fortes compositions. Les compos de Yossi sont complètement différent de celles de Mikael qui sont supers mais elles sont sur une échelle complètement différente… Bien sûr, Yossi peut développer sur ce point.
Yossi : Ouais. Je pense, en termes d’inspiration et de composition, que c’est très différent parce que la façon pour tirer le meilleur de nous-mêmes inspire la création de notre propre création est de où nous venons. C’est naturel : la façon dont tu composes dépend de la façon tu es venu et socialisé. J’ai toujours fait quelque chose en musique, que ce soit de la flûte ou en chantant mais surtout avec une guitare dès l’âge de treize ans que la première chose sortie était vraiment intéressantes… J’écoutais du metal et du rock mais les mélodies qui restaient en suspens étaient des balances harmoniques et Phrygian qui, en termes de musique, est la balance qui va de l’Espagne ou Moyen-Est..
Kobi : Tu peux également utiliser des rythmes marocains, tu vois?
Yossi : Oui, ce sont des beats marocains. Donc, c’est normal et naturel.. Quand je prends un instrument, cela sort de cette façon. Je suppose que si j’étais né ailleurs, mon jeu naturel aurait été différent.

Struck : Tu parlais d’écouter du metal. Quelles sont vos influences metal ?
Yossi : Il y en a plein… Les miennes sont très vastes. Iron Maiden est mon grand préféré à tout âge… mais j’ai également plein d’influences non-metal comme : Depeche Mode, Dead Can Dance, Pink Floyd… Je veux dire que je peux citer pleins de groupes que j’écoute beaucoup encore aujourd’hui comme au début et ils sont clairement une inspiration.
Kobi : Nous adorons simplement la musique, de tout temps.

Struck : Depuis "Mabool", l’aspect death metal de votre musique semble moins présent. Est-ce une évolution naturelle ou est-ce pour atteindre une audience plus large pour diffuser votre message ?
Kobi : Je ne sais pas si cette définition est vraie parce que dans le nouvel album, il y a plein de parties plus calmes d’un côté, mais d’un autre, tu as une chanson comme on l’a cité tout à l’heure "Codeword : Uprising" qui est comme les growls les plus fous que je n’ai jamais fait dans ma vie ! Les gens disent que "Mabool" est plus calme que le nouvel album, donc… je ne sais pas !

Darkside Momo : Je suis d’accord…
Kobi : Ouais, je pense que "Mabool" est plus calme. Je pense que cette album est même plus extrême, donc… Je veux dire que nous allons toujours vers ce que nous sentons, nous ne pensons jamais en disant "Essayons d’être plus commerciaux !" ou je ne sais quoi… Si c’était le cas, nous n’attendrions pas six ans pour sortir chaque album et nous les ferions comme du pain.
Yossi : Je pense qu’il y a… Pour moi, sous plusieurs raisons, cet album est plus heavy dans la composition et les arrangements. Plus heavy. Mais en termes de son, l’expérience sonore que tu ressens est moins heavy. Donc, c’est pourquoi tu penses peut-être que "Mabool" est d’une façon plus calme dans la composition mais en termes de son, il est un peu plus agressif. Et c’est pourquoi tu peux être mitigé entre les deux. Mais également, ils ne peuvent pas être comparés d’aucune façon je pense parce que ce sont des albums totalement différents… Quand nous avons commencé à travailler sur "ORWarrior", conceptuellement et musicalement, nous n’avions pas du tout pour but de faire quelque chose comme "Mabool" ou "Mabool part. 2". C’était juste totalement nouveau et je pense qu’à la fin, ça fait un résultat entre le deux, c’est le mélange entre le son et les compositions elles-mêmes.

Lod : De qui vient cette extraordinaire idée des photos promo du nouvel album ?
Kobi : C’était la combinaison du propriétaire de notre maison de disques et nous. Il m’a passé un coup de fil une nuit…
Yossi : … au téléphone (Sourire).
Kobi : Ce n’est pas naturel que le propriétaire nous appelle parce que…
Yossi : Il lui a passé un coup de fil une nuit, il a dit « oui » (Rires) et voilà le résultat !
Kobi : Ouais, il a proposé…

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Darkside Momo : Félicitations !
Kobi : Nous sommes engagés maintenant (Rires) ! Donc, il m’a dit : "Vous avez un message fort qui va avec votre musique. C’est vraiment unique ! Et vous ne voulez pas faire de nouvelles photos de vous avec des lunettes de soleil et un T-shirt Metallica et en faisant le signe de ralliement des metalleux, non ?". Et je lui ai répondu : "Ouais. Je ne veux pas faire ça !". Donc, il a dit : "Essayons de penser comment vous pouvez combinez les éléments de votre musique sur le visuel. Donc, vous avez la musique, vous l’aurez reflété visuellement, vous l’aurez sur tous les niveaux !". Et c’est comment la première idée est née, en fait !

Darkside Momo : Avez-vous eu des problèmes dans votre pays ou dans les pays Arabes avec ces photos qui peuvent être considérés comme provocantes d’une certaine façon ?
Yossi : Oh, nous avons eu plusieurs réponses… En général, la plupart d’entre elles sont très bonnes et pensent que c’était original et intéressant mais naturellement, nous avons eu des réponses montrant des personnes ne les ayant pas trop bien comprises ou alors offensés d’une façon ou d’une autre… Et c’est vraiment très éloigné de ce que nous voulions dire, mais bien sûr, tu ne peux pas plaire à tout le monde avec ce genre de photos controversées. Le message dans ces photos est un autre exemple de ce que nous avons dans la musique et notre message est l’unification des choses. C’est le message que nous ne faisons qu’un comme dans notre musique, tu peux entendre un poète Yémènite, des riffs metal progressif, des chants Hébreux sur une et quelques parties Arabes… Et tu vois dans les photos la même chose : tu vois Jésus, tu vois des Musulmans portant la bible Juive, un Juif orthodoxe priant comme les Musulmans etc… C’est juste l’antithèse de ça !
Kobi : Ouais, quelle est la différence ?
Yossi : Il n’y a pas de différence.

Struck : Si vous deviez choisir un titre pour faire découvrir votre musique à quelqu’un qui ne connaîtrait Orphaned Land. Quel titre choisiriez-vous et pourquoi ?
Kobi : De mon point de vue, cela dépendra toujours de la personne. Donc, je ne peux pas te donner de réponse.
Yossi : Ouais.
Kobi : J’ai besoin de m’asseoir et parler et te connaître un peu mieux pour savoir ça, juste être assis avec chacun d’entre vous une demi-heure en buvant un verre…

Struck : D’une autre façon, quelle est la façon qui représente le mieux Orphaned Land ?
Kobi : Je ne peux pas te dire…
Yossi : Nous n’avons pas une seule chanson mais je pense que nous pouvons donner une liste de quelques chansons. Et si tu écoutes ces quatre, cinq chansons, tu auras une idée précise de comment Orphaned Land sonne… Parce que nous sommes assez diversifiés dans notre création, certaines chansons pourraient sonner plus heavy et avec un certain message. Mais si tu n’écoutes qu’elles, tu es éloigné de la vérité sur qu’est vraiment Orphaned Land.
Kobi : Pour moi, nos albums sont de longues chansons, donc tu as tout dedans : le côté Juif, le côté Arabe, le rock, le progressif, tout est là donc je recommanderais plutôt un album.

Struck : Lequel ?
Kobi : "ORWarrior" ! "ORWarrior" bien sûr parce que c’est le nouveau né et nous sommes vraiment très lies au message… Donc, définitivement c’est l’album que ce soit au niveau des paroles, le visuel, les chanson… Et c’est 78 minutes, tu vois ! Nous avons presque utilisé tout le temps disponible sur le Cd. Nous adorons nos fans et nous les adorons tellement que nous faisons tout ce qui est possible de faire pour qu’ils aient le plus de musique.
Yossi : Tu sais, c’est naturel, dans toutes les familles, les parents adorent tous leurs enfants mais c’est aussi très normal que quand le petit frère ou sœur arrive, il a plus d’attention… Et c’est pareil pour notre dernière création… C’est de loin la plus mâture en termes de compositions et d’arrangements, c’est la plus riche et avec le meilleur son que nous ayons jamais produit. Donc, c’est définitivement celui que les gens doivent écouter avant tout…

Darkside Momo : Parlons de chansons totalement différentes. Vous avez fait la reprise de "Mercy" de Paradise Lost, il y a quelques années pour Holy Records. Pourquoi avoir choisi cette chanson et pourquoi l’avoir complètement réarrangé ?
Kobi : Et bien, avant toute chose, c’était une des dernières chansons encore disponibles… Nous apprécions Paradise Lost donc nous aurions pu reprendre beaucoup de chansons… Le fait est que, comme nous aimons combiner le passé et le présent et le future, nous avons pris « Mercy » qui était une nouvelle chanson alors nous avons pris les paroles de "Gothic" qui était une vieille chanson. Et nous avons aussi pris la guitare saz, avec les vieilles paroles, la nouvelle chanson de Paradise Lost et nous avons combiné tout ça… Encore une fois, c’est la façon dont nous aimons faire.
Yossi : Nous avons aussi considéré cette chanson comme une sorte de titre expérimental de plusieurs façons parce que nous avons pris le saz ici juste comme l’instrument turc… Aussi, le solo à la fin est totalement improvisé, nous avons une sorte de loop jungle au milieu… Donc, nous avons juste joué mais nous apprécions vraiment le résultat.

Darkside Momo : Et est-ce que les membres de Paradise Lost l’ont écouté ? Si oui, l’ont-ils apprécié ?
Yossi : Ouais, beaucoup. Nous avons aussi tourné avec eux, comme tu dois le savoir, un mois et demi…

Struck : Avec votre première date sur Paris…
Yossi : Notre premier concert en France était avec Paradise Lost?
Kobi : Ouais… C’est notre deuxième concert à Paris, le premier était à la Locomotive. Un joli endroit maintenant fermé.
Yossi : Mais depuis nous avons fait des concerts en France dans des villes comme Montpellier, Clermont-Ferrand, Toulouse, en Normandie…
Kobi : Et on nous a dit que nous étions complets pour ce soir !

Darkside Momo : C’est vrai, c’est écrit sur la porte d’entrée de la salle…
Yossi : C’est notre première tournée en tant que tête d’affiche…
Kobi : C’est super, c’est super ! Venir pour la deuxième fois et être complet…
Yossi : C’est formidable !

LadyOfDarkness : Prévoyez-vous de tourner dans l’Est de l’Europe comme la Russie par exemple ?
Kobi : Bien sûr ! Partout où nous sommes invités, nous allons…
Yossi : Nous avons déjà fait des concerts en Russie, en Serbie, en Croatie, en Bulgarie, tous ces pays… mais nous irons définitivement partout où nous serons invités, sans tenir compte du pays…

LadyOfDarkness : Oui d’autant que l’Europe de l’Est aime votre musique…
Kobi : Nous aimons les leurs aussi et la foule est très chaleureuse et… je me rappelle notamment de la Pologne et la Russie.
Yossi : En Russie, nous avons eu de supers concerts, et nous adorerions venir en Ukraine… Nous avons eu de supers concerts à Moscou et St Petersbourg…

Web Tv Maroc : Vous rappelez-vous de votre premier concert en Turquie ? Je pense que c’était votre premier concert hors d’Israël…
Yossi : Oui, bien sûr !
Kobi : Et après six années de disette ! C’était notre première rencontre avec nos fans Arabes et la voyage a été filmé dans son intégralité dans le cadre d’un documentaire. C’était pour une télé nationale… Et pour Orphaned Land, c’était le point de départ de son mouvement de… de… d’être fort et d’unifier les cultures et les choses. C’était à ce moment-là ! Parce que, d’une façon, nous sommes revenus à l’activité grâce à nos fans Arabes. Je sais que c’est ironique mais sachant que le groupe n’avait plus joué depuis six ans et le fait que nous avions un mouvement de fans Arabes, comme Israéliens, cela nous a amené à la conclusion que : "Que pouvons-nous faire de plus important que ça ?". Avoir son entreprise high-tech ? Etre banquier ? Très peu pour moi…

Darkside Momo : Je me rappelle du Cd Live avec la première édition de "Mabool", le public chantait "The Beloved’s Cry" est vraiment émouvant…
Kobi: C’est toujours ainsi. En Israël spécialement.
Yossi : Nous apprécions aussi beaucoup les concerts acoustiques, bien que le set électrique soit ce que nous faisons le plus souvent en tournée, nous avons aussi un set acoustique que nous avons fait à l’étranger et évidemment à Israël plusieurs fois… Sachant que la plupart de la musique d’Orphaned Land est essentiellement écrite avec des instruments acoustiques…

Darkside Momo : Avant de les jouer avec…
Yossi : (Il coupe) Ouais, je compose avec une guitare classique, bouzouki, saz, oud… ce genre d’instruments. Les riffs et les harmonies basiques et mélodies sont difficiles à composer sur des guitares électriques. Donc c’est seulement plus tard que je les joue à l’électrique et alors, je commence les parties les plus progressives etc… Donc, d’une façon, ce que vous entendez sont des réarrangements de musique acoustique et non pas l’inverse…

LadyOfDarkness : Et quelle est votre humeur avant d’entrer sur scène pour ce concert parisien ?
Yossi : Très excité… Et vous savez, nous avons pleins de bons amis ici dans la foule aujourd’hui… C’est complet, ce va être une maison pleine ce soir ! C’est juste super !

Struck : A propos d’amis, gardez-vous contact avec les gens d’Holy Records?
Kobi : Ouais, bien sûr ! Nous sommes en contact avec eux.
Yossi : Ils devraient être là ce soir !
Kobi : Ils dirigent le magasin EMP en France et ils nous ont aussi interviewé et ils soutiennent nos albums… Donc ouais, bien sûr ! Nous nous rappelons du jour quand ils étaient les premiers à reconnaître notre potentiel…
Yossi : Philippe et Séverine étaient là pendant les premières années et jusqu’à aujourd’hui, à chaque concert, nous jouons une chanson des premiers albums sortis sur Holy Records. Ce sera le cas ce soir et tous les soirs. Je pense qu’il n’y a pas un concert où nous n’avons pas joué une chanson du premier. Même aujourd’hui, avec "ORWarrior".

Struck : Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?
Kobi : Trop souvent ?

Struck : Ouais.
Kobi : "Pourquoi mettez-vous six ans pour faire un album ?" (Rires)

[IMAGE3]

Struck : Et au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?
Yossi : (Après un long silence) Ce que tu veux ! Nous répondrons à ce que tu veux !
Kobi : (Après une longue réflexion) Je veux que tu me demandes : "Que penses-tu être la vraie solution aux problèmes que nous rencontrons dans notre monde ?". Et je répondrais que tout commence et finit avec l’éducation. Le seul problème que nous avons dans notre monde est juste un problème de mauvaise éducation, selon moi. Je pense que les gamins sont élevés dans la haine, pour combattre, ils jouent avec ces jeux où ils tuent des gens quand ils ont à peine trois ans. Et je ne crois pas que la nature de l’humanité soit aussi mauvaise qu’on le dit. Je crois que la nature de l’humanité est de choisir. Et nous pouvons choisir d’être bon. Et c’est une question d’éducation. Je prendrais les gamins Israéliens pour voyager dans les territoires Palestiniens et je prendrais les Palestiniens pour voyager dans notre territoire. Je pense que tout commence et finit avec l’éducation.

Struck : Et vous ne pensez pas que votre message arrive trop tard ? Quand les gens écoutent votre musique, n’est-ce pas trop tard pour ces gens de faire un choix vu que leur éducation est déjà faite ?
Kobi : Mais regarde, c’est un fait : nous sommes Israéliens et nous avons des douzaines de fans Arabes !
Yossi : Des douzaines de milliers…
Kobi : Des douzaines de milliers de fans Arabes et ils ont été éduqués pour nous haïr. Et c’est la preuve que la musique peut casser toutes les éducations et les frontières. Si c’est une bonne et vraie musique.
Yossi : Tu sais, nous pouvons parler de choses qui se sont passées… Nous étions dans une chambre avec un Musulman né et élevé en Jordanie mais vivant depuis plusieurs années en Arabie Saoudite. Et il nous a dit en face : "J’ai été élevé pour vous tuer, on m’a appris que quand je vous voyais, je devais vous tuer !". Et il a fait ça (mimant un coup de poignard) avec la télécommande de sa télé. Puis, il m’a regardé dans les yeux et a dit : "Et puis, j’ai écouté Orphaned Land. Et j’ai pensé que la personne qui avait composé cette musique ne pouvait pas être mauvaise !". Et il nous a dit : "Merci de m’avoir ouvert l’esprit". Et alors, il nous a étreint et embrassé, juste après cette phrase. C’est la vérité, ça s’est vraiment passé !
Kobi : Les fans de Real Madrid n’acclament jamais Barcelone (Rires) ! Maintenant, tu prends les Israéliens et les Arabes, ils se battent entre eux mais avec la musique, ils peuvent être heureux ensemble. Qu’est-ce qui peut être plus fort que cela ?

Struck : Donc vous devez être fier de ce que votre musique peut faire…
Yossi : Bien sûr que nous le sommes ! Tu sais, au début de la journée, quand je me regarde, je vous toujours le gamin d’Israël qui apprécie faire de la musique… C’est quelque chose d’incroyable qui se passe. Ce phénomène de notes qui sont juste des changements de pression aérienne, qui arrivent aux oreilles et se lient ensemble pour avoir une signification et des émotions, cela n’arrête pas de me stupéfier. Et ces notes, avec notre concept, avec notre message, font que les gens réorganisent leur vision de la vie, leurs opinions et croyances. Cela va même au-delà de ma compréhension mais c’est vraiment très proche de mes croyances. Je crois vraiment que cette chose que nous faisons, ce rapprochement entre les gens et les opinions peut arriver et va continuer.

Struck : Vous n’abandonnez jamais ? Je veux dire peut-être que vous avez connu des problèmes avec le gouvernement Israéliens ou pour votre service militaire…
Kobi : Je n’ai pas vraiment fait l’armée, j’ai seulement fait une année. Ouais, je l’ai fait pendant une année et puis, je devais enregistrer le premier album. Et l’armée ne m’a pas laisser partir donc je suis parti et j’ai enregistré l’album et je suis allé en prison.

Darkside Momo : Tu étais considéré comme déserteur.
Kobi : Ouais et alors, j’étais tellement énervé que je voulais résister… Pour l’armée, je suis considéré comme fou à ce jour. Mais je pense vraiment que nous sommes plus utiles en tant que musiciens. Je pense vraiment que les mélodies de Yossi sont plus utiles que moi réparant un char. Je ne veux pas réparer un char, je veux le désosser mais ce n’est pas possible. Je déteste les chars. Donc, je pense que nous sommes malgré tout des soldats dans une armée, maintenant, en ce moment, et vous, racontant notre histoire, vous êtes les soldats de la même armée…
Yossi : Nous sommes tous des Guerriers de la Lumière, ouais ! Tous les gens, qui représentent la majorité, sont des gens simples qui veulent juste se réveiller le matin, faire ce qu’ils aiment, suivre le chemin qu’ils ont choisi et ne pas faire de mal en le suivant. Et puis, une très, très petite minorité qui est au top de la pyramide vise autre chose… Ce n’est pas quelque chose qui ne devrait pas empêcher les gens de vivre la vie qu’ils méritent ou de vivre la vie selon leurs vies.

Struck : J’adore cette idée qui est une super conclusion qui est que nous sommes tous des guerriers vous avec votre musique et nous avec cette interview en la diffusant…
Kobi : Et je vais même te dire plus : tout le monde est comme ça parce que tous les humains partagent la même chose… Ils aiment, ils pleurent, ils veulent vraiment que le monde soit bon. Donc la question est : "Que se passe-t-il entre-temps ?". Nous avons besoin d’allumer cette lumière à l’intérieur de nous, tu vois ? Tu n’as pas besoin de repousser ceux qui sont différents de toi parce que si tu prends la force de toutes les cultures, tu es plus riche… Les styles musicaux que tu connais, la nourriture que tu manges, les amis que tu as, les langues que tu parles…
Yossi : Je pense, si tu regardes les religions, c’est essentiellement quelque chose qui a été construit sur les bases de "Comment vivre ta vie correctement", "Quelles sont les vraies valeurs entre une personne et une autre"… Les basiques pour la santé, ce que tu dois faire ou ne pas faire pour vivre ta vie… Ce sont les vrais significations de la religion, peu importe où elle est née en premier. Et puis, certaines personnes ont pris ce message de comment vivre ta vie harmonieusement et avec les autres pour les utiliser à d’autres fins. Nous devons comprendre que nous ne faisons qu’un. Nous sommes unis et nous sommes les mêmes peu importe d’où tu viens ou où tu as été élevé...


Un grand merci à Valérie pour avoir rendu possible cette rencontre ainsi que Darkside Momo de Metal Storm pour son aide à la retranscription de cette interview...


Plus d'informations sur http://www.orphaned-land.com
 
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