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EDITO AVRIL 2011 - SALUT GARY


TYPE:
DOSSIER
GENRE:
BLUES

Edito hommage à Gary Moore
MARC M - 10.04.2011 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Gary Moore est né Gary Anthony Moore le 8 août 1952 à Belfast, Irlande, et décédé le 6 février 2011 dans un hôtel en Espagne où il passait des vacances. R.I.P. Il y a juste un peu plus à dire…
Certains défraient la chronique par leurs frasques et leurs outrances, voire leurs outrages. Gary Moore n'était pas vraiment de ceux-là. L'homme est pourtant parti bien trop tôt, à l'âge de 58 ans, mort d'une crise cardiaque dans son sommeil et non, comme l'avait annoncé un misérable torchon trop populaire en Angleterre, l'increvable The Sun, d'un coma éthylique… Non, Gary Moore ne rentrera pas dans un club tristement select dont on regrette à double titre l'existence : celui des musiciens qui se sont tellement saoulés qu'ils en sont morts, étouffés dans leur propre vomi ! John "Bonzo" Bonham et Bon Scott en étant les deux plus illustres représentants, à moins d'un an d'intervalle… La réalité est plus simple et le vide tout aussi grand.

Je n'ai jamais été le plus grand fan de la voix de Gary, ni un fan vraiment assidu – c'est ce qui évite à ce laïus d'être trop subjectif peut-être… Pourtant le guitariste, lui, forçait l'admiration. Sans parler de quelques classiques du hard rock, du rock tout court et du blues, qu'il a composés, soit dit en passant. Et n'oublions pas ses collaborations prestigieuses. Un "classique du rock", tel est le qualificatif qui mérite d'être attribué au musicien.

Mon premier contact a été en 1983, lorsqu'un ami, fervent amateur de hard rock (ce qui n'était pas spécialement mon cas à l'époque), me fit écouter l'introduction de "Murder In The Skies". Sachant que j'étais un grand admirateur du style de Ritchie Blackmore et de celui, fort différent, d'Eddie Van Halen, il me demande mon avis… 'abord dubitatif, je me rends compte que ce gars-là, dont j'ignore encore le nom, combine des aspects de ces deux génies. "C'est Gary Moore" me dit-il. Et dans la foulée, ce dernier me passe deux cassettes de "Corridors of Power" et de "Victims Of The Future". Il me faudra quelques années pour apprécier davantage la voix assez spéciale du bonhomme et c'est seulement avec le plus mélodique et plus ou moins celtisant "Wild Frontier", en 1987, que je me mets à acheter certains disques. A cette époque, je suis devenu un grand fan de "guitar heroes" et, avec Blackmore, dont il est quand même le cadet de 9 ans, Moore est l'un des rares musiciens de "l'ancienne école" qui jouent vraiment très vite et de manière très technique, avec des influences à la fois blues et classiques, rivalisant avec les jeunes mitraillettes comme Yngwie Malmsteen, tout en étant pourtant capable de jouer lentement, avec beaucoup de retenue et d'émotion.

Lorsque l'on regarde en arrière, on se rend compte que c'est seulement 3 ans plus tard – soit il y plus de 20 ans aujourd'hui ! – que Moore prend son virage blues. Encore que… le guitariste aura toujours fait les choses à sa manière, un signe de talent. Certains connaisseurs du blues le critiquent pour son style parfois agressif et typé hard rock et pourtant voilà un homme qui a démontré amplement être capable d'une douceur et d'une tendresse remarquables.
Ses pièces instrumentales superbes et ses nombreuses ballades, parfois typées AOR ou blues, en témoignent de manière éclatante. Ecoutez "The Loner" sur "Wild Frontier", "The Prophet" sur "Return To The Blues" ou le tube "Empty Rooms" qui allège le très agressif "Victims of the Future". Et que dire du tour de force époustouflant sur sa reprise complètement transcendée de "The Messiah Will Come Again" de Roy Buchanan sur "After The War", où sa guitare chante, pleure, gémit, hurle, se déchaîne et semble parfois même prier tout au long de ces sept minutes d'exception ? Du grand art. Un chef d'œuvre.

[IMAGE1]

Revenons donc un peu plus en détail sur sa longue carrière. En 1973, Gary Moore a son propre groupe, Skid Row. Il fait également fait une partie de ses premières armes au sein d'une formation plutôt jazz rock : Colosseum II, fondé par le chanteur Mike Patto ! Vers 1974, il fait brièvement partie de Thin Lizzy et il se noue d'amitié avec Phil Lynott. Il rejoindra le groupe en 1979, co-signant avec le bassiste une partie de ce qui est l'un des tout meilleurs albums du groupe, "Black Rose", notamment son splendide morceau éponyme celtisant qui dépasse les limites habituelles du genre hard rock !
Trop de gens méconnaissent aussi ses deux ans de carrière avec Greg Lake, alors en rupture d'ELP ! "Greg Lake" (1981) et "Manœuvres" (1983), albums devenus rares mais récemment réédités, sont illuminés par sa guitare, et il a même composé une belle ballade pour le second ! D'ailleurs, sur le live officiel de Lake sur "King Biscuit" , c'est bien notre ami qui apporte sa touche personnelle avec un certain goût sur une version raccourcie de "In the court of the Crimson King" (de KC, oui) !

Lorsque, dans les années 80, il se tourne vers le hard rock de manière peut-être un peu plus franche, c'est toujours avec un sens des nuances (il disait ne plus pouvoir écouter "Victims Of The Future", trop heavy, pourtant !). Le somptueux "Wild Frontier" et le très éclectique "After The War" sont tellement plus que de simples albums de hard rock !
Même dans ses périodes blues, il flirte avec les différentes facettes du genre, du Chicago Blues au blues anglais, réinventant le heavy blues, et rendant hommage au passage à Peter Green qui lui avait offert sa superbe Gibson Les Paul alors que Gary n'était qu'un jeunot, pour lequel le premier guitariste de Fleetwood Mac (bien avant leur virage vers la variété) s'était pris d'amitié ("Blues For Greeny" en 1995).
Toujours au cours de ces "années bleues", il rompt avec la routine le temps de réaliser "Just Around The Next Dream" sous le nom de BBM avec le duo mythique de Cream : Ginger Baker et Jack Bruce, même si le groupe est parfois fortement inspiré par le blues. Mais en 1997 et 1999, il s'offre une nouvelle parenthèse avec deux albums comportant des programmations rythmiques, aux teintes plus ou moins électro !

[IMAGE2]

Bref, Gary Moore a amplement prouvé sa versatilité et son talent au-delà des modes et des étiquettes. C'est peut-être cette versatilité qui l'a empêché de recueillir la reconnaissance vraiment universelle en tant qu'instrumentiste. Son refus des concessions et certaines prises de position directes aussi. Et pourtant, Gary Moore est un grand Monsieur de la Guitare. Qui a su conjuguer une technique éblouissante et une émotion palpable, même dans au moins quelques morceaux de ses albums plus… "commerciaux", dirons-nous.

Aujourd'hui encore, alors que les années m'ont fait apprécier de plus en plus son talent et les différentes facettes de son style, lentement mais sûrement, malgré des périodes d'oubli ou de lassitude, je suis vraiment triste de savoir que je ne pourrai plus revoir ce grand musicien jouer sur scène… ni découvrir de nouvelles mélodies de son cru.
Et qu'importe ce en quoi on croit ou pas, il est toujours réconfortant de penser que Gary Moore est peut-être avec ses potes Phil Lynott et Cozy Powell en train de taper le bœuf quelque part… ailleurs. Et si Jimi et Freddie viennent leur rendre visite aussi… Imaginez ce que ça peut donner !


Plus d'informations sur http://www.gary-moore.com/
 
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