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TITRE:

A LA DÉCOUVERTE D'ANASAZI - AVEC MATHIEU MADANI, SON GÉNITEUR - MAI 2011


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL PROGRESSIF



Après la parution plus que remarquée de "Playing Ordinary People", dernier album d'anasazi, rencontre avec Mathieu Madani, géniteur et tête pensante du groupe.
PETE_T - 15.06.2011 -
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Tout d’abord, bonjour et merci de nous accorder un peu de votre temps afin que nous puissions vous connaître un peu plus. Et pour commencer pouvez-vous nous donner un peu plus de détail sur la genèse du groupe ?
Mathieu Madani : bonjour, c'est nous qui te remercions de t'intéresser à anasazi. Cela nous touche sincèrement. Pour répondre à ta question, le groupe est né de ma rencontre musicale avec Frédéric Thévenet en février 2004, qui m'avait proposé d'écrire avec lui 2 morceaux pour ses 40 ans à venir en mai. A l’époque client du magasin de disque dans lequel je travaille, il est depuis devenu un ami. Très vite je lui ai proposé d'aller plus loin en composant un concept-song de 35 minutes divisé en 8 titres : le EP « at the end of my new world part I ».

Nous avons présenté et offert le CD aux personnes présentes à son anniversaire. Tout devait s'arrêter là mais, devant les réactions enthousiastes des convives, nous avons mis l'album en téléchargement libre. Les retours nous ont donné envie de continuer l'aventure. Frédéric, très pris par son travail, a quitté le groupe en 2005 pendant la conception du 1er album, et Christophe Blanc-Tailleur m’a alors rejoint à la basse. Grâce à Pince (webmaster http://www.a-moment-in-time.org/ ), nous avons pu publier « the principles of [hate] » en mars 2006 sur notre site flambant neuf http://www.anasazi-prog.com/

La pochette réalisée par ArioN a donné un côté plus professionnel à notre musique. Nous avons eu droit à des chroniques encourageantes sur quelques sites et webzines.
Pour le EP suivant, « 3 from the left » sorti en mars 2007, Romain Bouqueau s’est installé aux claviers. Pour l'occasion, nous avons abandonné l'enregistreur rudimentaire que nous possédions, à savoir, un 16 pistes numériques, un séquenceur, pour une production entièrement réalisé via un PC grâce à Christophe qui maîtrisait la MAO. Ce type de production nous a permis alors de franchir un cap important en termes de son et d'arrangements. La pochette a été réalisée par Mallorie Charvin.
[IMAGE1]

Avec cette toute nouvelle expérience de production, nous nous sommes lancés dans la composition et l'enregistrement d'un nouvel album qui a vu le jour en septembre 2008 sous le nom d'« origin(s) ». Grégory Migeon nous a concocté la pochette de cet album qui a été le premier à être pressé et masterisé professionnellement. Ce disque nous a permis d'augmenter un peu plus notre renommée grâce à l’un des morceaux « suffocate » (version edit) qui a été choisi pour être la « découverte du mois » dans le sampler du magazine « Rock Hard » en février 2009.
[IMAGE2]

Début avril 2011, nous avons sorti notre nouvel album « playing ordinary people » .
[IMAGE3]

C'est Gregory Migeon qui a de nouveau réalisé la pochette ; il a réussi à mettre parfaitement notre musique en image. Christophe Letizia nous a accompagnés pendant l'enregistrement au poste de batteur. Les retours qui parviennent sont plus qu'encourageants et le nombre de téléchargements s'en ressent. Nous avons des témoignages vraiment très touchants autour de ce disque et nous avons droit à des supers chroniques, ça fait plaisir !

Le socle du groupe semble être Mathieu, y-a-t-il tout de même un travail collectif au sein d’anasazi ?
Oui bien sûr ! Nous travaillons d'une manière très particulière. Le groupe jusqu'alors n'existait pas en live et nous répétions dans mon home-studio. Quand nous composons, nous partons d'une idée : ça peut être un riff de guitare, un thème de claviers ou un groove de basse… Ensuite, je me charge de créer le morceau en ajoutant une partie de batterie et en arrangeant les différents instruments, plus l'écriture des mélodies et paroles. Ensuite Christophe prend alors la main pour façonner notre son en mixant l'album chez lui.
Pour ce nouveau disque, j'avais très envie de revenir à une musique organique et retrouver l'émotion de nos premiers albums. J'ai donc composé dans mon coin avec l'aide de Christophe et Romain pour « what's left behind » et « something's wrong ». Par la suite, Romain, qui avait déménagé sur Paris au début de la conception du disque, est venu quelques semaines à Grenoble pour l'enregistrement et les arrangements de claviers. Christophe a enregistré ses parties de basse dans son home studio où il a mixé l'album. Le reste, prises de voix, guitares et batterie, a été mis en boite dans mon salon et ma cuisine...

Votre site Web est assez complet avec tous les albums en téléchargement, quelle est la base de cette démarche ? Pourquoi avez-vous choisi de diffuser votre musique gratuitement ?
Oui tout est disponible gratuitement en bonne qualité sur notre site. Nous avons commencé avec notre premier disque en 2004 et je suis très heureux et fier de continuer à le faire. Le groupe a toujours suivi ce désir, c'est super.
Pour être honnête avec toi, si j'ai commencé à mettre notre musique en libre téléchargement c'est pour une raison unique : je ne voulais pas entrer dans une démarche mercantile. Faire de la musique, aujourd’hui, pour nous, c'est avant tout une réelle passion. Je pourrais très bien continuer à en faire sans la publier s'il le fallait. J'ai besoin de composer, c'est vital pour mon équilibre. Nous ne cherchons pas à être signés afin d'être distribués dans la Fnac ou Virgin du coin. A part soigner notre égo, je doute de l'intérêt de ce genre de démarche avec la crise que le CD subit.

Cela se ressent-il au niveau des ventes d’albums ? D’ailleurs est-ce que ceux-ci trouvent un public de plus en plus nombreux au fil des années ?
Nous vendons nos albums uniquement via le site internet pour le moment et, grâce à notre public qui participe sous forme de souscription au pressage et achat du disque, nous pouvons proposer un beau CD avec un livret 16 pages d'une qualité professionnelle.
Quand nous ferons des concerts, début janvier prochain, nous pourrons je pense vendre plus de disques car c'est un réseau qui nous manque à ce jour et que nous sommes impatient de bâtir.

Combien avez-vous eu de donations pour « Playing Ordinary People » (en nombre et en montant –une fourchette me va très bien-)…si bien sûr vous voulez bien communiquer sur ce point.
Une cinquantaine, ce qui nous permet d'avoir moins à sortir au final pour un pressage aux alentours de 1000€.
Je le redis, Anasazi et la musique en général, c'est notre passion ! Une sorte de loisir qu'on pratique sans concession et avec un souci du détail obsessionnel.

Il m’a semblé trouver dans ce dernier album des orientations métal et symphonique telles que le pratiquait Porcupine Tree au début de ce siècle ? Est-ce que mon affirmation est dans le vrai ou est-ce pure coïncidence ? Y-a-t-il aussi d’autres influences qui orientent votre processus de compositions ?
Oui, Porcupine Tree est une influence que nous partageons tous. Auparavant, notre musique était très influencée par Dream Theater, et, avec « Origin(s) », notre démarche était de rendre hommage aux groupes que nous aimons depuis qu'on écoute du prog, du metal et du rock en général. Avec « playing ordinary people », la ligne directrice et artistique était d'écrire des chansons. La plupart des titres ont été créés avec une guitare acoustique entre les mains. Tool, Pain of Salvation ou OSI sont aussi des influences importantes. Nous ne cherchons pas à sonner comme tel ou untel, c'est une musique que nous avons digérée et que nous aimons. Porcupine Tree ne se cache pas d'aimer Pink Floyd et c'est tant mieux car j'adore ce que la bande de Steven Wilson a fait avec cette influence...

Je trouve le mix très réussi et en progrès constant au fil des albums, comment travaillez vous ce point et quel matériel utilisez-vous ?
Tout le mérite revient à Christophe qui se charge du travail long et fastidieux du mix. Et je ne lui facilite pas toujours la vie car je lui demande beaucoup de choses pour aller au bout des compositions. Il me semble que pour ce disque, nous avons tous progressé et muri en tant que musiciens. Christophe a appris de nos précédentes erreurs et a travaillé le son dans ce sens. En termes de guitare, j'ai cherché à épurer mon son en baissant le gain de ma distorsion. J'ai utilisé 2 guitares différentes, à savoir une Musicman Luke II à droite et une Musicman Silhouette Special à gauche. Le tout à travers un POD XT pro Line 6 et un pré ampli à lampe droit dans la table de mixage.
Nous n’utilisons aucun ampli que ce soit pour la guitare ou la basse, ce qui est pratique pour enregistrer la nuit. Le matériel Line 6 a changé et amélioré la vie des musiciens qui travaillent la nuit et à la maison.
Sinon tout l'album a été enregistré via un PC et un logiciel d'enregistrement.

Il ne me semble pas avoir vu traces de nombreuses prestations scéniques sur le site Web, est-ce une réalité, si non quel est le nombre de scènes déjà faites par le groupe ?
Le groupe jusqu'à peu n'était qu'un projet studio et depuis 6 mois nous avons décidé de monter le groupe en live et répétons ardemment pour commencer à tourner en janvier 2012.
Nous avons donc recruté Jean Rosset à la batterie et aux chœurs et Sébastien Garsia pour me seconder à la guitare.

Pourquoi Sébastien Garsia n’intervient-il qu’en concert ?
Sébastien nous a rejoints pour préparer la version live d'anasazi en tant que guitariste. Côté concerts, il va me permettre d'alléger la responsabilité des guitares sur scène, vu que je chante aussi. Côté studio, je me charge intégralement des guitares. Il apparaît en guest sur « playing ordinary people » pour le solo de « this ain't over ». Sebastien est un excellent guitariste mais anasazi, c'est mon bébé et il n'y a pas beaucoup de place pour un autre guitariste lors de la composition.

Y-a-t-il déjà eu des interviews du groupe ? Si non, comment vivez-vous l’intérêt que l’on vous porte ? Qu’en espérez-vous ?
Nous avons déjà fait une dizaine d'interviews et l'intérêt pour le groupe ne fait qu'augmenter, c'est encourageant. Mais une fois de plus, nous restons très underground même si nous avons eu des retours des quatre coins du monde.
Personnellement, je ne cours après aucune reconnaissance. Seul compte le plaisir de faire de la musique pour la partager avec vous autres...

Connaissiez-vous MusicWaves ? Votre avis sur le site ?
Bien sûr que oui, il est dans mes favoris et je le consulte régulièrement. Je l'ai découvert lorsque vous aviez chroniqué « origin(s) » en 2008. J'aime beaucoup me balader dessus et découvrir certains groupes au travers de vos chroniques ou recommandations.

Pourquoi n’existe-t-il pas de photos officielles du groupe ?
Ça va changer sous peu. Nous allons travailler un peu l'image du groupe c'est promis et essayer de publier plus de vidéos...

Avez-vous déjà suscité l’intérêt d’un label ? Etes-vous dans une démarche de recherche active ?
Oui nous avons déjà été approchés par des labels, mais nous ne cherchons aucunement à être signés. J'aime la liberté de pouvoir sortir notre musique librement sur le site sans aucune concession. Je crois que l'intérêt d'être signé sur un label, n'est que rarement pour le groupe, et encore plus de nos jours.

Nous arrivons à la fin de cette interview, avez-vous un message à passer à nos lecteurs ?
Si vous avez envie d'entendre un petit groupe de Grenoble qui pratique une musique progressive métal et pop, téléchargez l'album sur notre site et peut-être qu'en nous donnant une chance vous voyagerez un peu dans notre univers...

A l’image de notre Grand Maître des interviews Struck je te pose sa question favorite : « Quelle est la question que je ne t’ai pas posée » ?
(Rires !) Peut être une question que je pose à chaque fois, lorsque je fais un entretien pour recruter un vendeur de disque à mon travail : quel album emmènerais-tu sur une île déserte ?

Et quelle est sa réponse ?
Aucune idée (rires). Non sérieusement, en temps normal, Dream Theater « Awake », mais lundi 31 mai, j'ai vu Roger Waters à Bercy jouer intégralement « The Wall » et j'ai encore du mal à m'en remettre. Donc jusqu'à nouvel ordre, c'est « The Wall » de Pink Floyd que je prendrais sur une île déserte, en plus c'est un double album...

Merci à vous et bonne suite dans votre démarche, merci de nous tenir au courant de vos aventures futures.
Merci à toi et longue vie à MusicWaves;-)





Plus d'informations sur http://www.anasazi-prog.com/
 
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