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TITRE:

RALF SCHEEPERS (27 JANVIER 2011)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



Quand le leader de Primal Fear se lance enfin dans un projet solo, c'est bien évidemment à Music Waves qu'il se livre dans une interview véritée musclée...
STRUCK - 13.07.2011 -
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Salut Ralf…
Ralf Scheepers : C’est un plaisir de te voir…

… merci… enfin, tu sors ton album solo ! Tous ceux qui te suivent savent que tu avais écris plein de chansons depuis très longtemps mais pourquoi ne les sortir que maintenant ?
Parce que c’est une histoire de temps pour faire en sorte que toutes ces choses -que j’ai écrites comme tu l’as depuis des années- sortent. Et j’ai toujours eu à l’esprit de faire des choses comme des ballades qui ne pourraient pas figurer dans un album de Primal Fear. Bien sûr, j’ai eu des idées qui ont été intégrées dans les albums de Primal Fear mais certaines ne convenaient pas et je les ai mises de côté… mais ça a pris du temps ! Il y a seulement cinq ans que j’ai accepté l’idée de peut-être faire un album solo et puis, il a fallu se poser sérieusement avec la maison de disques -Frontiers- qui aimait assez l’idée d’un album solo. Et nous avons décidé de ne pas faire seulement un album de ballades alors, on a commencé à composer avec mes potes -Magnus, Alex et Mat- des chansons un peu plus heavy qui auraient pu figurer facilement dans un album de Primal Fear. Mais je pense que dans cet album solo, il y a un peu plus de diversité : j’essaie de faire des choses que je ne fais pas dans Primal Fear comme une voix chaude et lente par exemple dans "Doomsday" et d’autres genres de trucs… Et au final, nous avons fait cet album comme une équipe, un travail d’équipe et nous sommes fiers de nous-mêmes…

Cette équipe justement. C’est assez surprenant de constater que tu fais un album solo et tu t’entoures des musiciens de Primal Fear…
Pas seulement…

… pas seulement mais essentiellement… Je suppose que plus qu’un groupe, Primal Fear est un bande de potes en qui tu as confiance…
Exactement…

… cependant, ce genre d’album solo n’était-il pas l’occasion rêvée de travailler avec d’autres personnes ?
C’est ce que j’ai heureusement fait (Sourire)…. Tu sais comme tu l’as dis, j’ai énormément confiance en ces personnes : ce sont mes amis et j’ai si confiance en eux musicalement parlant que ça ne m’a pas traversé l’esprit de travailler avec d’autres personnes sur mon album solo. J’ai tellement confiance en Mat, Magnus et Alex et je suis très content. Et tu sais d’une façon ou d’une autre, si tu composes des chansons, tu ne sais jamais où elles s’arrêtent : Magnus compose des chansons et tu ne sais pas si c’est du Sinner ou du Primal Fear ou … Circle… : tu as juste des chansons cools et si tu aimes les chansons : pourquoi ne pas les prendre dans ton album solo ? C’était au moment où nous composions plein de chansons et nous les avons utilisé pour mon album et bien sûr, il y a plein d’idées qui viennent de moi, que j’ai commencé à écrire chez moi… J’avais les idées de départ notamment sur "Doomsday" (il chante l’intro "I walk by myself" avec une voix très grave limite d'outre-tombe) et à 4 heures du matin, j’ai réécouté mon microphone et je me suis dis que c’était une super idée et que je devrais en faire une chanson… Et donc, j’ai envoyé ça à Magnus pour qu’il compose le reste de la chanson, c’était vraiment un travail d’équipe…

Justement tu me parles de "Doomsday" qui est vraiment intéressante car assez éloignée de ton registre. Quelle a été l’inspiration pour ce titre ?
Quelques fois, tu n’as qu’à être attentif à ce qui se passe autour de toi. Nous sommes des musiciens et les musiciens restent toujours de jeunes enfants. Nous jouons avec des choses, les sons qui nous entourent… J’ai un bon microphone, j’ai tout le matériel nécessaire chez moi, il suffit juste d’être attentif et ça vient de soi-même et c’est ce qui s’est passé quand j’ai fait "Doomsday". Comme je te l’ai dis, il était 4 heures du matin, j’étais en train de travailler sur une autre chanson avant et quand j’ai eu finis, j’ai pris mon microphone et j’ai chanté doucement "I walk by myself" parce qu’il était quand même tôt (Sourire) et ça sonnait incroyablement bien : un peu Ramstein, j’aime ce son doom et c’est pourquoi la chanson s’appelle "Doomsday" (Rires).

[IMAGE1]

Ce type de chanson peut-elle être une évolution musicale pour ta carrière solo ou dans Primal Fear ?
Il ne faut jamais dire jamais. Je veux dire que ça dépend de la ligne directrice de l’album, de l’alchimie entre les titres qui doivent être diversifiés malgré tout. On peut tout utiliser sur tous les albums (Sourire)…

Concrètement, que veux-tu exprimer dans cet album solo que tu ne peux pas dire dans les albums de Primal Fear ?
Tu vois, ça n’a pas d’importance… Quand tu écris des chansons, tu ne penses pas en te disant ceci est pour mon album solo et cela est pour Primal Fear. Je fais seulement des chansons et si ça ne va pas dans un album de Primal Fear et bien, je l’utiliserais pour mon album solo : c’est aussi simple que ça (Rires) !
Bien sûr, mon album solo est plus "Ralf Scheepers" : par exemple, "The Pain of the Accused" est une histoire vraie qui m’est arrivée, il y a des années et j’étais très déçu : il s’est passé des choses dans ma vie et j’en parle dans les paroles de cette chanson…

C’est donc un album un peu plus personnel malgré tout ?
Pour certaines chansons, oui ! Même si certaines autres comme "Compassion" est un titre que j’ai écrit quand j’avais ma guitare et c’était au moment des événements à Haïti. Ce sont mes sentiments qui parlent, je ne voulais pas juste envoyer de l’argent à ces gens, je voulais également envoyer le message que nous devrions aider les gens qui sont très pauvres… L’équilibre de la vie n’est pas juste : il y a tant de personnes en mauvaise santé et tant de personnes pauvres… Peut-être devrions-nous juste y réfléchir et aider un peu plus ceux qui sont dans le besoin !

Pour cet album, tu nous as dis t’être entouré de tes amis de Primal Fear mais également d’invités prestigieux comme Tim Ripper Owens avec qui fait un incroyable duo… Comment s’est passé cette rencontre et les autres ?
J’ai rencontré Tim, il y a cinq ans lors d’un festival en Espagne. Nous avons parlé ensemble de l’univers des Priest, de mon audition… pas mon audition parce que je n’ai jamais auditionné mais plutôt le moment où j’ai été en contact avec le management du groupe… Et nous avons appris à nous connaître, nous sommes restés en contact par e-mail et nous sommes devenus amis… Mon planning est très chargé, le sien également mais nous avons eu assez de chance pour trouver un créneau pour travailler ensemble et le résultat est si super que nous envisageons de travailler à nouveau ensemble, peut-être sur un album "Battle" ou un truc de ce genre… Tu vois, nous ne voyons pas ça comme une compétition ou une bataille…. Nous faisons juste nos trucs, nous nous apprécions mutuellement : c’est un super chanteur, il respecte mon chant… Donc, il n’y a pas de raison de se battre !
Et tous les musiciens viennent de mon passé : j’ai commencé avec Snowy (NdStuck : Shaw), j’ai travaillé avec Sanders (NdStruck : Gommans) il y a quinze- vingt ans, j’ai dû rencontrer Victor (NdStruck : Smolski) sur une tournée de Rage, Kai qui est devenu mon pote depuis Gamma Ray, Mike Chlasciak d’Halford, nous nous sommes rencontrés lors de tournées Primal Fear et il a également travaillé sur un album de Primal Fear… Toutes ces personnes qui ont travaillé avec moi viennent de mon passé !

Et pour revenir à Tim Ripper Owens. Tu as parlé d’une "Battle" à la manière de…
… (Il coupe) Allen et Lande ! Je vois ce que tu veux dire… Peut-être, peut-être ! Nous verrons, nous verrons ! Ca pourrait être une super idée mais tout le monde est occupé et ma top priorité est Primal Fear. Ca serait assez fort de faire ça mais nous verrons ce qu’il se passe pour chacun d’entre nous…

Pour en revenir à ton album solo, es-tu conscient que certains fans ne comprennent pas la raison d’être de cet album solo vu qu’il sonne assez Primal Fear et qu’encore une fois, tu t’es entouré de tous les membres de Primal Fear ?
Je vois ce que tu veux dire… Trois ou quatre chansons pourraient facilement figurer dans un album de Primal Fear mais je pense que toutes les autres sont plus diversifiées. Mais l’intention, comme je l’ai dis précédemment, n’était pas de faire un album totalement différent et qui, au final, ne me ressemblerait pas ! Je veux dire Ralf Scheepers est Ralf Scheepers et ce nom est synonyme de heavy metal et c’est pourquoi nous continuons à faire du metl sur cet album !

Mais pourrais-tu comprendre le fait qu’on dise que cet album sorte sous la pression du label demandant un album solo sonnant Primal Fear et avec des invités prestigieux ?
Non, non, ça n’a rien à voir avec ça ! Nous sommes totalement libres. Peu importe que ce soit Primal Fear ou moi pour mon album solo, nous sommes totalement libres ! Ils nous ont laissé faire ce que nous voulions faire parce qu’ils avaient confiance en nous. Et c’est une bonne chose…

Cet album prouve surtout qu’après trente de carrière, tu continues d’améliorer ton chant. Quel est ton secret ?
Merci, merci ! Je veux dire premièrement, je suis très heureux d’avoir pris le temps de faire cet album parce que tu vois dans les années 80, nous enregistrions un album en trois semaines, tout l’album : que ce soit mon chant, la musique… N’oublie pas que de nos jours, nous avons plus de temps parce que tout le monde a son home studio et comme je te l’ai dis, j’ai mon matériel chez moi et je peux travailler quand je veux mon chant et le retravailler bien sûr… Et c’est la grande différence avec les années 80 !
Mais je chante aussi beaucoup sur scène donc je vois ce que tu veux dire, il y a beaucoup d’abus vocaux et j’essaie de rester en bonne santé, boire beaucoup d’eau, essayer de faire du sport et essayer de ne pas prendre trop de drogue (Rires)… Non, non, pas de drogue du tout ! Je ne fume pas pour préserver mon chant, sans parler des poumons et la perte du goût et ça, je peux m’en féliciter aussi… Tu ne sais jamais ce qu’il va se passer à l’âge de cinquante/ soixante ans, tu ne peux pas savoir parce que c’est un muscle et tu ne peux pas savoir ! Je veux dire un joueur de foot à l’âge de vingt ans a de meilleures jambes et est donc un meilleur joueur qu’à quarante ans : c’est la même chose pour la voix !

Tu as parlé d’enregistrement d’albums en trois semaines. Avec le recul, l’expérience, aimerais-tu en refaire certains ?
J’adorerais ouais ! Mais bon, je suis content de ce que nous avons fait : je vois un bon catalogue et aussi, je suis très fier de ce que j’ai fait ! Chaque pas dans ma carrière était un apprentissage et c’est toujours le cas : on progresse toujours, peu importe ce que tu fais, tu dois toujours regarder devant toi et progresser parce que si tu ne suis pas cette progression, tu régresses…

Et cet album solo te donne-t-il des idées pour le futur ? Faire un autre album solo ?
Ouais mais comme je te l’ai dis : la top priorité est encore Primal Fear et mon prochain album sera un album de Primal Fear. Nous verrons ce qu’il se passera… Je veux dire que je suis assez sûr que je ferais un autre album solo parce que je pense que cet album est un bon album, je suis content du résultat et je suis aussi content des bonnes chroniques que nous avons eu jusqu’à présent… Et donc, je signerais pour en faire un autre (Rires) !

Prévois-tu de tourner avec cet album solo ?
En fait, nous sommes tellement occupés avec Primal Fear que -ce n’est pas sûr à 100%- quand je reviendrais, nous devrions faire une tournée en Amérique du Sud : au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Brésil… et puis, nous ferons un nouvel album avec Primal Fear. Donc, je n’ai pas du tout le temps de faire quelque chose avec mon album solo.
Et c’est aussi difficile de réunir tous ces gens sur scène parce que tout le monde est occupé avec son propre groupe… mais jamais dire jamais ! Si le marché est là et si on me demande de jouer "live", nous essayerons de faire quelque chose… mais avant tout, je vais essayer de jouer deux titres de mon album avec Primal Fear…

Justement ça allait être ma question suivante à savoir si ce n’était pas possible comme certaines chansons de ton album sont assez proches de Primal Fear, tu pouvais éventuellement les jouer sur scène lors d’un concert avec Primal Fear ?
Oui exactement ! Je veux dire avec la permission de l’équipe. Mais ces chansons sonnent comme des chansons de Primal Fear donc pourquoi pas les faire en concert avec Primal Fear…

Tu n’auras pas à te battre pour faire passer cette idée auprès des autres membres ?
Non et tu sais, comme tu l’as dis toi-même, nous avons une très bonne relation, nous sommes amis et si un de nous a un problème avec ça : nous sommes ouverts pour qu’un de nous disent : "Hey, je ne veux pas faire ça !"… Mais personne ne l’a encore dis (Rires) !

A propos de relation au sein du groupe, comment se passe l’écriture des paroles ?
En fait, j’essaie d’apporter une note personnelle mais parfois, il n’est pas nécessaire d’apporter cette touche personnelle comme dans "Remission of Sin" car ça n’a rien de personnel, c’est de la science-fiction, des thèmes guerriers… Quelques fois, c’est juste raconter une histoire, c’est comme regarder un film, comme lire un livre qui raconte une histoire… et souvent ces paroles ne doivent pas être prises au sérieux…

On parlait d’anciens albums enregistrés en trois semaines. Dans le même esprit, avec le recul, l’expérience, es-tu toujours satisfait des paroles de certaines chansons de l’époque ?
Oui et non… Bien sûr qu’avec le recul quand je regarde en arrière, quelques unes de ces paroles sont délirantes (Rires)… Et la chose amusante est que nous avions un américain qui écrivait les paroles pour nous et ces albums sont délirants (Rires) ! Donc bien sûr, ce sont des paroles hilarantes mais bon, je m’en accommode (Sourire) !

Mais malgré tout, certaines peuvent te paraître un peu dépassées voire ridicules avec le temps. Ressens-tu parfois le besoin de les changer ou les améliorer en concert par exemple ?
Non, pas pendant les concerts ! Bien sûr, toutes les fois où tu te poses et que tu écris les paroles, tu essayes de faire en sorte qu’elles aient du sens autrement c’est de la merde, tu vois (Rires) ! Mais comme je te l’ai dis, quelques fois, ces paroles ne doivent pas être prises trop au sérieux. Par exemple, si tu me parles de "When the Night Comes", je n’ai aucune idée de quoi les paroles parlent, je sais juste que c’est à propos, d’une fille étrange… Quelques fois, tu écris des choses qui te traversent l’esprit (Rires) !

Un de nos lecteurs se demande si il est vrai que tu as joué dans un groupe qui s’appelait Just Priest ?
C’était à l’époque… L’époque post-Gamma Ray, quand j’ai été contacté par les Priest, quand j’ai fait cette demande pour entrer chez Priest et je n’ai jamais eu de réponse. Donc, j’ai créé un groupe de reprises qui s’appelle Just Priest mais j’ai arrêté immédiatement mon rejet de Judas Priest. Sinon ce groupe existe toujours mais c’est un line-up totalement différent…

Sinon est-ce que ton travail au sein de Primal Fear te rapporte assez d’argent pour vivre ?
(Rires) C’est dur ! En fait, j’ai arrêté mon boulot, il y a un an. Et à ce jour, j’essaie de vivre de la musique. Donc, bien sûr, ce n’est jamais assez mais tu dois faire plusieurs choses : ce n’est pas seulement travailler dans un groupe, j’enseigne à des étudiants, ce genre de choses… A ce jour, j’essaie de bâtir ma petite entreprise et j’essaie de travailler pour survivre mais ce n’est pas facile… Peut-être devrais chercher un boulot dans un an si ça ne marche pas bien car je ne veux pas vendre ma maison, tu vois (Rires) ?

Et pourquoi avoir pris cette décision il y a un an ?
Parce que ce n’était tout simplement possible de continuer ainsi. J’avais trop de pression à mon boulot : par exemple, je ne pouvais pas prendre trois semaines de congés !

Et tu faisais quoi ?
Je travaillais comme au développement chez Bosch et en tant que consultant, j’étais dans une tonne de leurs projets, tu vois ? Et ce n’était pas possible de continuer quand on te dit : "Non, tu ne peux prendre que deux semaines de vacances. Pas plus…". Tu ne peux pas voir les membres du groupe en leur disant que tu ne peux faire que deux semaines de tournée et c’est tout… Ca ne pouvait plus continuer ainsi donc, j’ai décidé de faire un grand pas après vingt-six ans d’expérience professionnelle. C’est un grand pas, c’est une grande décision mais je suis presque sûr que si tu es ouvert d’esprit, que si tu es une personne positive : tu retomberas toujours sur tes pieds et trouver une solution pour continuer ta vie…

C’est une décision difficile à prendre quand tu es en charge d’une famille ?
J’ai des responsabilités et bien sûr, j’ai promis à ma femme et mon fils que nous n’aurions pas à vendre notre maison. C’est la raison pour laquelle je suis prêt à prendre un autre boulot s’il le faut. Mais tu sais, je suis le genre de personne qui peut faire n’importe quoi même s’il faut conduire une benne à ordure ou livrer le courrier, ou je ne sais quoi, je ne suis pas fier : je ferais tout pour survivre… J’ai des responsabilités !

On croise les doigts pour toi…
Merci (Sourire) !

[IMAGE2]

Sans transition, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?
En fait, c’est une question difficile parce que tous nos concerts avec beaucoup de monde comme au Wacken, au Hellfest l’année dernière étaient supers… Donc, tous ces concerts et bien sûr, rencontrer tous ces gens comme Lou Graham, Rob Halford,… C’était absolument fantastique de rencontrer ces mecs et se rendre compte qu’ils sont normaux et cools…

Et au contraire, quel serait le pire ?
C’est le business… Le business est toujours la pire des choses dans le business de la musique mais également toutes les merdes dans Blabbermouth et tous ces trucs… Je déteste vraiment ces gens qui crachent sur tout. Ils sont jaloux parce qu’ils ne jouent pas dans un groupe, ils n’ont pas de succès ou je ne sais quoi… et ils crachent sur toutes les personnes qui sont vraiment créatives et c’est une mauvaise chose, c’est une mauvaise habitude. Et ce que je n’aime pas non plus, c’est la multiplication des enregistrements dans les concerts. Je veux dire que si tu vas à un concert et tu te retrouves avec cent appareils photo qui filment une vidéo du concert : les fans ne sont plus concentrés sur la scène mais sur leur appareils photo et ce qu’ils vont poster sur Youtube le lendemain. C’est vraiment une mauvaise habitude !

Sans compter qu’ils dérangent les autres spectateurs pendant les concerts…
Oui. Ils se foutent des fans mais aussi du groupe parce que ce n’est pas agréable de se retrouver sur Youtube avec une vidéo de mauvaise qualité et un son de merde. Je ne comprends pas le sens de tout ça !

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
Ouh ! Je ne peux pas répondre à ça (Rires) !

Et tu n’en as pas assez de répondre aux questions ta façon de chanter et notamment dans un style proche de Rob Halford ?
Oh et bien, quelques fois, quelques fois parler du même sujet, encore et encore, depuis treize années maintenant… c’est trop ! Parce que je suis sûr d’avoir développé mon propre style pendant ces années. Je veux dire si tu chantes des notes hautes, si tu tiens des notes hautes, une certaine sorte de technique qui sonne lui : je fais la même chose, Geoff Tate fait la même chose… Quand tu chantes des notes hautes, c’est assez équivalent mais la comparaison n’est plus juste ! Bien sûr, j’étais un fan de Judas Priest quand j’étais gamin mais à travers les années, j’ai et nous avons tous développés nos propres particularités…

Je suppose qu’une autre question qu’on a souvent dû te poser concerne ton audition pour Helloween ?
C’était il y a beaucoup, beaucoup d’années. Et en fait, je n’ai pas essayé d’intégrer le groupe, ils m’ont demandé de chanter pour eux quand j’avais dix-sept ans. Et à dix-sept ans, j’ai dis : "Non, non ! Je veux rester chez moi et faire de la musique avec mes amis chez moi !". Ca n’était pas une question pour moi mais nous avons appris à nous connaître plus tard avec Kai notamment quand il a quitté Helloween et rejoint Gamma Ray. Quelques fois, les directions que nous prenons sont vraiment étranges mais elles sont toujours bonnes. Si tu es positif, elles deviennent toujours bonnes…

Et quel est ton sentiment quand Michael Weikath d’Helloween dit qu’il n’a jamais essayé de te prendre ?
Je ne sais pas ! Je veux dire si ce n’était pas lui personnellement mais je pense que le groupe en entier cherchait un chanteur quand Kai est parti. Je ne sais plus qui m’a contacté : si tu demandes à Michael, il te dira que ce n’est pas lui, donc c’est quelqu’un d’autre, tu vois ?

On a parlé d’Helloween, Gamma Ray, Primal Fear… ces groupes sont toujours là après des décennies d’existence. Comment expliques-tu le retour en force des groupes de heavy metal des années 80 ?
Et bien, tout d’abord, c’est une bonne chose et tout le monde le mérite. Depuis des années, nous travaillons vraiment durs sur nos carrières et nous travaillons constamment du meilleur que nous pouvons. Nous n’avons jamais abandonné et ça peut être une des raisons pour laquelle nous sommes toujours là. Peu importe les problèmes qui ont pu nous affecter par le passé, comme cette mode du style grunge qui a été une période difficile : ça n’a pas été facile tout le temps. Je veux dire par là que nous toujours lutter…

On a beaucoup parlé des questions auxquelles tu as dû trop souvent répondre, au contraire, quelle serait la question que tu voudrais que les lecteurs de Music Waves te posent ?
Wahou (Rires) ! Et bien peut-être demande-moi quelle sera la prochaine étape mais tu me l’as déjà posé et j’y ai répondu à savoir aller en Amérique du Sud avec Primal Fear, faire des festivals et faire un nouvel album… Tu sais, c’est toujours la même chose dans ce business, tu fais toujours un album, tu fais des concerts, des festivals…

Ca, c’est l’étape concrète mais quelle serait l’étape rêvée. En gros, nous sommes encore à la période des vœux que peut-on te souhaiter ?
J’aimerais avoir plus de succès avec Primal Fear !

Seulement Primal Fear et pas ta carrière solo ?
Ouais mais encore une fois, ma top priorité c’est Primal Fear ! Je serais content si mon album marchait bien. Mais encore une fois, oui ça serait d’être populaire avec Primal Fear. Attention, nous sommes populaires, je suis content, satisfait du niveau que nous avons atteint à savoir que si tu demandes à quelqu’un en Amérique du Sud, au Japon ou à n’importe qui écoutant du heavy metal, si tu lui demandes s’ils connaissent Primal Fear, il saura te répondre et c’est quelque chose de super ! Mais on peut l’être encore plus (Rires) !

Que voulais-tu faire quand tu étais gamin ?
Je voulais être conducteur de train.

Et penses-tu que le conducteur de train que tu voulais être serait fier de ce que tu es devenu ?
Oui, oui, je suis content même si je ne conduits pas de train (Rires) ! Au contraire, je suis content de ne pas l’être parce que je pense que c’est un travail d’Enfer ! Donc, je suis content de ne faire que de la musique : c’est un rêve qui est devenu réalité mais c’est dur de survivre dans ce milieu…

Avant de terminer, souhaites-tu dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et pourquoi pas en français ?
Oui mais pas en français parce que je ne sais pas parler français. Je suis vraiment désolé que nos concerts de la tournée qui devaient passer par la France l’an dernier aient été annulés. Mais c’était un problème de promoteur et pas de notre fait, nous aurions adoré venir et pour nous, ça a été assez dur de ne pas pouvoir venir. Et nous voulons donc absolument revenir et faire bouger les murs à nouveau…

Oui mais bon, les fans français ont pu se consoler avec votre passage au Hellfest ?
Oui, c’est vrai, c’est vrai (Sourire) !

Merci
Il n’y a vraiment pas de quoi, c’était cool. Merci à toi…


Avant de refermer cette entrevue, un grand merci à Roger de Replica ainsi que Nestor et l'inusable Noise pour leur contribution...


Plus d'informations sur http://www.myspace.com/rs05
 
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