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A PROPOS DE:

YANN TIERSEN (22 SEPTEMBRE 2011)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
AUTRES

Dans le cadre de la sortie de son nouvel album "Skyline", Music Waves a eu l'occasion de rencontre Yann Tiersen pour évoquer avec lui ce nouvel album mais également de sa carrière...
STRUCK - 06.10.2011 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Bonjour Yann, histoire d'entrer rapidement dans le vif du sujet, quelle est la question qu'on t'a trop souvent posée ?
Yann Tiersen : Combien tu joues d'instruments ? A quelle image tu penses quand tu travailles ?

Et la question, notamment de l'image, c'est quelque chose qui te dérange ou pas ?
Ouais, je trouve qu'on ne peut pas faire de la musique… on peut être dans une ambiance, dans un truc, mais c'est tellement indirect... que, c'est pas de l'ordre de la cristallisation de la pensée, et c'est impossible, pour moi en tout cas, de faire de la musique sur quelque chose de précis.

Mais malgré tout, si au niveau conception, il n'y a pas pour toi une notion d'image, tu es conscient que l'auditeur peut percevoir ta musique comme un voyage et donc cinématographique ?
Oui, oui, mais ça, c'est autre chose. C'est pareil pour beaucoup de formes… Enfin la musique, une chanson, c'est bien quand ça réveille l'imaginaire de l'auditeur, mais après justement, moins il y a de choses dedans… enfin, ce que je n'aime pas, c'est que les gens se positionnent en dictateur avec ce qu'ils font genre, pour passer un message… c'est tout le temps des foirage en général. Dans le cinéma, les grands écrivains, enfin pas les grands mais quand un truc est réussi, c'est que ça échappe aussi à tout cela. C'est empirique, ça se construit petit à petit. Je ne crois pas du tout au truc du genre "j'vais faire un roman sur un truc super précis…"
Et la musique en plus, ça échappe vachement à cela. Et moi ce que je trouve beau dans la musique, c'est que ce n'est pas un langage et ça ne l'a jamais été, que c'est assez mystérieux, très instinctif. Du coup, ça m'énerve quand on ramène cela… c'est con la musique, le rock et tout, c'est fait pour cela, c'est juste faire plaisir et puis voilà.
Et développer une énergie, une agressivité ou n'importe quoi, c'est physique, et ça ne doit pas être mental, sinon c'est la prise de tête et puis c'est nase en général.
C'est simple de toute façon : quand tu voies un groupe interviewé, plus ils savent parler de ce qu'ils font et plus ils ont de micros autour, et plus c'est merdique, et moins c'est complexe en fait.

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En commençant par te demander quelle est la question qu'on t'a trop souvent posée, j'aurais pensé que tu m'aurais parlé de ton grand succès, la BO du film Amélie Poulain
C'est détourné, ça va ensemble avec ma réponse, car je pense que je dois être dans le top 10 des musiciens qui ont le plus de mal à faire des musiques de film et qui détestent cela le plus au monde. Ca reste vraiment un gros malentendu. Ca ne m'énerve plus, mais comme ça demande une réponse assez longue, je préfère parler d'autre chose.
Ce qui est super important, c'est que ce n'est pas une bande originale, même pas un album. C'est une compilation de titres qui ont été utilisés pour sonoriser le film.

Et donc que reste-t-il de cette aventure médiatique qui t'a propulsée malgré tout… ?
Rien, rien. D'abord, je n'ai pas fait beaucoup de média à cette époque là, parce que d'abord je n'aime pas cela, et j'ai toujours une image de la musique en dépendance et que je n'ai jamais voulu aller dans des trucs…
Moi quand j'étais gamin, je me rappelle encore avoir vu Cure à Champs Elysées, et je me demandais mais qu'est-ce qu'ils foutent là-bas ? Je ne suis pas du tout élitiste, mais à un moment je pense qu'il ne faut pas aller dans des émissions de merde. Bon OK, je l'ai fait une fois d'ailleurs et ça m'a choqué à mort… tu te dis ouais, ce sont des émissions de merde, mais si tu n'y vas pas, elles vont être encore plus merdiques, et c'est une espèce de…

... Cercle vicieux ?
Non non, pas un cercle vicieux… bon, je suis désolé, il y a des gens qui font ce genre de trucs mais ce n'est pas mon monde, et je considère qu'on peut faire des émissions populaires avec des records d'audience genre Droit de Réponse… je déteste le truc fasciste qui consiste à dire "les gens sont cons, il faut leur balancer des conneries". Ce n'est pas vrai. Et à un moment s'il y a une émission qui balance des conneries, qui prend les gens par leurs plus bas instincts et qui essaie juste de vendre des parts de pubs plus chères, à un moment quand tu vas là-dedans tu joues leur jeu, et moi je n'ai pas envie.

Concernant ton nouvel album, Skyline, et dans la lignée des deux précédents, cet album est plutôt éloigné de tes premières réalisations, au risque même de déstabiliser ceux qui t'ont connu à travers "la compilation" Amélie Poulain.
Justement, si on remet les choses dans le contexte, cette compilation est arrivée 7 ans après le premier album, et comporte des extraits de mes travaux antérieurs. Donc ce truc-là, il est déjà "vieux de 7 ans", comme si j'avais sortie une sorte de best-of.
Après, je ne vais pas déstabiliser les gens. Le 1er album date de 1995, nous sommes en 2011 donc… les gens viennent aux concerts, ils n'en restent pas au 1er album. Il n'a jamais été dans mon idée de baser une carrière dans la musique sur ce genre de trucs donc il n'y a aucune raison de déstabiliser les gens.
Après, ceux qui sont venus à ma musique, et il y en a beaucoup, par Amélie Poulain, c'était comme une porte ouverte sur les premiers albums, eh bien ils sont heureux, du moins j'espère, ils ne sont pas déstabilisés. Après, s'il y en a qui sont rentrés par le biais du film, et qui restent focalisés sur ce film, j'en ai rien à foutre. J'aime bien le film, je les respecte, je ne vais pas les critiquer. Quelque part, ils ne viennent pas aux concerts, ils n'auraient pas acheté mes albums avant, ils ne les achèteront pas après…

Et donc Skyline présente une grande variété de styles, allant des Cure que tu as cités tout à l'heure, au post-rock dans sa globalité ?
Moi, je ne suis pas trop pour les étiquettes ou les familles comme cela. Après, j'ai écouté beaucoup de musique, comme tout le monde, donc ça fait partie de mon inconscient.

Donc clairement, ce sont des influences inconscientes, mais pas du tout délibérées ?
Non non, pas délibérées... déjà Cure, bon moi je n'ai jamais été très Cure, même si j'adore… donc voilà, c'est inconscient. Après, j'ai grandi dans les années 80, c'est un truc qui m'a marqué et qui est naturel pour moi. Mais je n'ai pas l'impression de faire une musique nostalgique des années 80. Mais évidemment, il peut y avoir des éléments, car ça fait partie de mon histoire.

Skyline sonne très album concept, à la manière des groupes affiliés au progressif. Est-ce le cas ? Et si oui, quel est le concept ?
Non, je n'aime pas les albums concepts. C'est ce que je disais : pour moi, la musique c'est des sons, et encore. Et là il peut y avoir une unité vachement forte dans un album. Même dans tout album, à partir du moment où tu as un album, il vaut mieux qu'il y ait cette unité, ou alors c'est juste une collection de chansons. Mais de toute façon, ça correspond à une période donnée, à un moment donné où le chanteur ou le groupe a fait cet album, donc cette unité elle vient de là. Il est en osmose avec ce qu'il fait.
Inconsciemment, que ce qu'il ressente à ce moment-là passe dans l'album, c'est logique. Après, les albums concepts… ce sont des sons mis ensemble, ce n'est pas un langage, et c'est un peu antinomique avec la notion de concept.
Après Dust Lane, c'était un truc qui là encore était inconscient, qui était plus centré vers la terre en fait, vers un truc... pas sombre mais en tout cas, si on veut résumer… comme j'avais vécu un deuil, mais l'album est pas du tout là-dessus... "Dust Lane" c'était plus "j'enterre", alors que "Skyline" c'est plus je me tourne vers le ciel ! Mais c'est complètement inconscient.
D'ailleurs, les thèmes dans "Skyline" sont justement plus tournés vers la vie, la mort.

Justement, comment expliques-tu ce passage vers un truc disons, moins optimiste ?
Ce n'est pas moins optimiste. Ceci dit, à un moment, la mort ça fait partie d'un truc et puis tu vis des deuils… bon, ce n'est pas un album optimiste mais, je crois que quand tu es ado tu écris des chansons d'amour, et puis plus ça va, plus ça devient un peu plus politique ou plus large, car tu grandis. A un moment, tu as déjà écrit tes chansons d'amour, donc après, c'est logique, c'est comme tout le monde, tu le gardes pour toi.

Et justement, comme on peut voir une évolution au fil de tes albums, il semblerait que tu ne te refuses aucune expérience musicale. Est-ce que tu envisagerais d'aller encore plus loin dans ces expérimentations, en ajoutant par exemple des touches encore plus progressives dans ta musique ?
C'est quoi le rock progressif ? A un moment, je ne sais pas trop ce que ça veut dire non plus. Après, il y a tant de groupes. Est-ce que Neu c'est progressif ? Ouais, moi j'adore King Crimson … mais c'est vachement post-rock aussi à la limite. Bon, Genesis aussi, les premiers sont pas mal, j'aime bien les écouter mais à un moment c'est un peu trop quoi. Bon, Pink Floyd, ce n'était pas non plus super progressif.
Bon, c'est un terme en fait. Je vois tout à fait. Je pense que maintenant, c'est conjoncturel, on a plus de libertés, on diffère aussi de l'histoire du rock inconsciemment, donc il y a vachement de choses que l'on peut taxer, peut-être de progressives mais pas avec la guitare 12 cordes, pas avec les clichés … non parce que c'est quand même dur à digérer les clichés du rock progressif. Il y a eu des trucs cauchemardesques, il y a eu vachement d'abus.
C'est pareil avec les albums concepts. Les Pink Floyd, il y a plein d'albums qui sont déments. Mais quand ils ont commencé à faire des albums concepts, je suis désolé, mais The Wall ce n'est pas le meilleur !

Et au titre de groupe prog, connais-tu Porcupine Tree ?
Non.

Non parce qu'on retrouve dans ta musique certains éléments qui font penser à …même si on considère que l'auditeur peut s'approprier ta musique comme un voyage initiatique, effectivement on se retrouve dans ce type de…
Non, non, je ne connais pas. Mais en fait, j'ai toujours adoré cela. En fait, on vit avec l'histoire du rock et avec le temps, après avoir digéré pas mal de choses ça ressort. Sans faire du tout copier, ou s'inspirer même, c'est pour cela que j'ai du mal à en parler. Il y a plein de groupes progressifs que j'adore, mais je ne suis pas inspiré par ça.

Et même si c'était le début de notre interview, et que tu ne vois pas du tout ta musique comme quelque chose d'imagé, est-ce que malgré tout tu donnerais la possibilité à quelqu'un de développer un film autour d'un album ? A la manière par exemple de Melissa auf der Maur qui a fait un album, puis ensuite réalisé un film tout autour de sa musique?
Je ne connais pas.
Moi ça ne me gêne pas du tout de mettre des images autour de ma musique, et d'ailleurs les films, ça marche en général quand c'est fait dans ce sens là. Ce que je trouve absurde par contre, c'est de faire de la musique sur des images. Et je pense que ça ne marche jamais.
Ca marche parce que c'est décalé ou parce qu'il y a des gens super-doués pour cela, genre Ennio Morricone ou Werner Hermann. C'est sûr que ces mecs-là, ce sont de vrais professionnels des musiques de film. Pour moi, c'est un truc mystérieux et je les respecte à fond.
Moi je dis toujours, tu tombes amoureux en écoutant du death-metal, et tu fais un film sur ton histoire d'amour, tout le monde va comprendre que c'est le truc le plus romantique au monde. Et pourtant, il n'y a aucun lien entre une histoire d'amour et Mayhem !

C'est sûr qu'on est loin de l'imagerie développée autour de Mayhem !
Mais il y a plein de fans de death-metal à qui ça arrive ! Ils tombent amoureux et il y a Mayhem derrière. Pourtant, ce n'est pas la première musique à laquelle on pense pour un film de cul ! Ou alors, par exemple David Lynch dans Lost Highway avec Rammstein ! Il utilise la musique avec les images autour et vice-versa.

On dit souvent que la quarantaine représente un tournant dans la vie d'un homme. As-tu déjà pris ce virage sinon comment envisages-tu ce cap ?
Je sais pas… quand tu fais des albums, le temps passe tellement vite en fait. J'ai tellement la même vie que quand j'avais 15 ans… moi je voulais faire de la musique donc je répétais avec mon groupe, on essayait de faire des concerts, et je passais mon temps à faire de la musique, à voir mes potes dans les bars et à chercher des concerts. Donc c'est pareil en fait ! J'ai cette chance-là, et j'ai la même vie.
Après, ce que je constate depuis quelques années, c'est qu'il y a des choses dont je ne veux plus. Quand j'avais 15 ans j'étais super intransigeant, enfin comme tout adolescent, et même des choses que tu ne veux pas tu vas y aller à fond. Après tu veux toujours aller à fond, mais des fois tu es en lutte. Bon attention, personne ne m'a jamais obligé à aller à fond mais bon, quand tu vois les émissions de télé, maintenant si je ne veux pas y aller …

[IMAGE2]

Quel est ton meilleur souvenir d'artiste ?
C'est pareil, c'est plus maintenant ; j'ai l'impression de plus profiter des choses, les tournées… Ce n'est pas forcément une question de maturité. Je pense, il y a deux façons de vieillir : soit on s'endort, soit à un moment on se dit qu'on ne veut plus jamais s'endormir, donc du coup profite des choses. Et moi je suis un peu extrême, donc j'aime bien faire les choses à fond.
Avant, j'essayais de freiner cela, pour laisser mûrir et tout ça. Maintenant, je peux me permettre d'être à fond sans faire de conneries, ou alors en les faisant en connaissance de cause, et ça me pose moins de problème.
Par exemple avant, quand j'avais la gueule de bois et que je décuitais pas de la veille, c'était un drame. Maintenant, c'est un petit peu moins un drame.

A l'opposé, quel serait ton pire souvenir ?
Mon pire souvenir est vachement lié à la tournée qui a suivi L'Absente, où justement comme cette p… de BO était une compilation, que je ne renie pas, j'ai affronté un grand public dans des super grandes salles, qui me faisait profondément chier, enfin que je ne comprenais pas … et en plus on a fait une tournée avec une espèce de quatuor qui pouvait être chouette, mais c'était la même chose tous les soirs. Et à un moment, à la fin de cette tournée là, le concert devenait accessoire et je n'attendais qu'une chose, c'était d'en finir et d'aller faire la fête avec les potes. Franchement, je l'ai super mal vécue.
Et maintenant c'est génial, parce que justement l'inverse arrive. Là on tourne vachement, avec presque 300 dates en deux ans, on part longtemps. C'est très long et des fois forcément, on est fatigué, surtout quand c'est l'hiver, la route dans le bus. Alors on prend des verres, on discute… souvent c'est génial, mais des fois ça fout un peu le cafard. Et là le seul truc qui nous remet la pêche, c'est le concert ! Juste jouer ! Et plus ça va, plus j'ai hâte, j'ai envie.

Si tu devais choisir un titre de ta discographie pour faire découvrir ta musique à quelqu'un qui ne la connaît pas, lequel choisirais-tu ? Quelque chose qui te représente toi.
J'ai toujours essayé d'être assez honnête donc je dirais tous les morceaux pour éluder la question ! Mais je vais dire, à part quelques erreurs qui viennent de moi, je ne renie rien et que ce soit un morceau du premier album ou du dernier… forcément, j'aurais tendance à en prendre un du dernier car c'est le plus vivant à cette heure. Mais je ne trouve pas qu'il y ait un morceau qui ne me représente pas… même s'il y a effectivement quelques fourvoyements ou échecs !

Que voulais-tu faire gamin ?
J'ai toujours voulu faire de la musique.

Et l'enfant que tu étais est-il fier de l'adulte que tu es devenu ?
Je ne sais pas, parce que quand on fait des albums et qu'on tourne, un cycle de 3 ans correspond en gros à une année. A la fin d'une tournée on se dit p…, déjà ! Donc en fin de compte je n'ai pas cette espèce de recul par rapport à cette continuité qui passe très, très vite. J'ai toujours des réminiscences non pas de mon enfance, mais de mon adolescence à Rennes, et chaque fois que j'y retourne… Comme Ouessant, ça fait déjà 8 ans que j'y suis, et je ne vois pas le temps passer.
Donc pour répondre à ta question, pour moi c'est vraiment une continuité. J'ai toujours les mêmes envies, et je continue à vivre au présent. Je ne prévois jamais trop de choses à long terme.
Pour être honnête, je rêvais vraiment à une absence de succès, juste faire de la musique pour la faire écouter, la faire partager, et que ce ne soit pas "international". Mon horizon c'était la Bretagne, même pas la France !

A contrario de la première question, quelle serait celle que tu souhaiterais que je te pose maintenant ?
Je n'en ai pas. Bon là c'est super mais, c'est tout bête, quand je fais des interviews, j'aime bien qu'on parle de l'album

On en a parlé non ?
(Sourire) Oui

Un petit mot pour nos lecteurs pour terminer ?
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Un grand merci à l’équipe Ivox pour avoir rendu possible cette rencontre mais également TonyB à l’origine des questions et de la retranscription de cette interview…


Plus d'informations sur http://www.yanntiersen.com/
 
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