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THOMAS VDB (28 JUIN 2011)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

AUTRES



Même si son spectacle "Presque Célèbre" fait une pause actuellement, c'est pour reprendre de plus belle en début d'année 2012. En attendant, Thomas VDB nous a de nouveau reçu pour un entretien toujours aussi "rock'n'roll"...
STRUCK - 24.11.2011 -
3 photo(s) - (1) commentaire(s)

Donc, Thomas, bonjour ou re-bonjour
Thomas VDB : Re-bonjour puisqu’on ne s’est pas dit au revoir la dernière fois !

Je suis très content que tu te souviennes de moi, et justement lors de notre dernière interview, toi, grand interviewer dans le monde…
… de la musique…

… et des magazines français, tu avais daigné me donner un 17,5/20 à mon interview ! Et il faut donc que j’assure un max pour cette nouvelle interview !
Attention, tu commences à peine t’es à 12 (Rires) !

Alors tout d’abord, salut Jojo ! Est-ce que je peux t’appeler Jojo ?
Non, parce qu’il y a que mon père qui m’appelle Jojo (Rires) ! En fait si, j’ai un autre pote –Franck qui est un excellent journaliste- d’ailleurs qui m’appelait Jojo, quand il a su qu’il y avait mon père qui m’appelait Jojo quand il avait un truc à me donner à faire, en général : "Dis-donc, Jojo, tu me feras cette chronique !". Donc effectivement, tu as le droit exceptionnel !

Mais tu n’as pas peur, justement, que ça se développe, que ça se démocratise, "Jojo" ?
Non, mais je pense que je ne dois pas être le seul mec qui s’est fait appeler Jojo par ses parents, mais je crois que ça vient d’ "affreux Jojo", en fait ! Parce que mon père m’a vachement appelé "affreux Jojo" quand j’étais gamin ! Donc du coup, c’est devenu "Jojo". Mais j’ai deux autres frères et une petite sœur, et mes deux autres frères se sont fait également appeler Jojo par mon père.

D’accord, donc aucun rapport avec le Jojo national, Johnny…
Alors absolument aucun (Rires) ! Non, pas que je sache, mais heu… Non, aucun rapport, mon père ne voulait absolument pas… Dieu m’en garde !

Et qu’est-ce que ça te fait d’être le premier artiste interviewé deux fois dans notre webzine ?
Ecoute… Honnêtement… J’ai eu du mal à dormir la nuit dernière(Rires) J’me suis dis : "Putain, c’est ma deuxième interview avec le webzine Music Waves !". Et donc voilà, j’ai eu du mal à m’endormir, mais j’ai pris deux valium et puis, je me suis dit que ça se passerait bien avec toi… (Rires)

[IMAGE1]

Et justement c’est ta première journée de promo aujourd’hui ?
Ouais ! Ben non, disons que c’est parce que Ephelide m’a plutôt quand même fait faire quelques interviews avec des blogs… Il m’a programmé ça de façon éparpillée, après des représentations. Et puis comme ces deux derniers mois, j’étais vraiment archi-débordé, je leur ai dit au bout d’un moment que j’aimerais mieux que nous fassions tout sur une journée, donc voilà, en fait ça fait beaucoup d’interviews pour mon spectacle.

Des interviews web, mais une journée de promo en tant que telle ?
Sur le même canapé, faire plusieurs interviews d’affilé, c’est la première fois.

Et qu’est-ce que ça te fait ?
La gueule dans le cul en tout cas (Rires)… Non, non, mais écoute, ça me fait que je sais que je vais gagner du temps par rapport à si on m’avait tout dispatché ça sur plusieurs jours. Ça m’émeut pas plus particulièrement !

Ca ne change rien sur ta presque célébrité ?
Aaah, d’accord, OK…

Elle est préparée, l’interview, attention ! Qu’est-ce que tu crois ?
Mais si, bien sûr, je vais être célèbre sur Music Waves !

Pas seulement, le fait de faire des journées de promo, cela veut dire que… hein !
Pour rebondir sur ce que tu me dis, c’est vrai que quand j’étais journaliste moi-même et quand j’allais interviewer des groupes de Rock qui faisaient dix interviews dans la journée, y’a une partie de moi au fond qui disait : "Wouah, le bol !" (Rires)… Alors qu’en fait, une fois que tu as donné trois interviews, t’es là, oui, en fait… il suffit de répondre aux questions, finalement c’est juste une conversation… Voilà, plus qu’une interview, c’est une conversation qui est un peu déséquilibrée parce qu’il y en a un qui pose plus de questions que l’autre, quoi.

Et c’est souvent les mêmes questions, du fait que bon…
Cela dit, là tu viens de monter ta moyenne à 16 parce que toutes les questions que tu m’as posées ne m’ont jamais été posées, encore (Rires) !

Tu évoquais Ephélide qui te propose pas mal d’interviews avec des blogs musicaux… ; justement, c’est essentiellement le profil des journalistes qui viennent t’interviewer ?
Non, non, non. Même si… enfin, comment dire, c’est moitié-moitié. Disons que, je pense que sur la base du premier spectacle il y a encore beaucoup de gens, comme toi par exemple, qui viennent en se disant : "Tiens, qu’est-ce que tu fais en deuxième spectacle ?". Et donc du coup, plein de curieux de la musique entre guillemets, suite au relatif succès du premier spectacle, sont venus me voir. Mais à côté de ça j’ai fait aussi des interviews avec des médias qui ne sont pas spécialisés dans la musique, des médias plus people si j’ose ce mot (Sourire)… Mais effectivement, mon public se divise en deux parties. Je pense qu’il y a peut-être ceux qui m’ont découvert depuis que je fais du spectacle, et ceux qui me connaissaient avant en tant que journaliste et qui ont vu la transition de moi, issu du milieu de la musique. Donc forcément, il y a encore des gens: oui j’ai donné des interviews pour des blogs de musique, et oui je continue à répondre à la question : "Quels sont les 5 disques que tu as le plus écoutés cette année ?" par exemple (Rires). Mais bon, ça me dérange pas, le fan de musique est toujours présent en moi, donc je continue de parler là-dessus, même si mon métier, c’est autre chose maintenant.

Et justement, tu as un petit peu de métier, quelle est la question que l’on te pose le plus souvent, c’est toujours celle de tes 5 albums préférés ?
Non, la question qu’on m’a le plus souvent posée, tu me l’avais peut-être posée à la première interview, mais plein de gens me la posent, plein de gens qui ne m’ont ni vu pendant les spectacles, ni même encore interviewé : "Alors Thomas VDB, comment on fait pour passer de journaliste de Rock à comédien de scène ?". La formulation peut varier mais c’est toujours pareil : "Comment on devient journaliste rock ?", "Comment on devient comédien ?"…

J’ai dû la tourner de la façon suivant "Quels conseils donnerais-tu à un chroniqueur de Music Waves qui souhaiterait devenir comédien ?"…
Voilà, exactement (Rires) !

Ton nouveau spectacle est d’une heure, contre 1h30, pour le précédent. Ne deviendrais-tu pas feignant, avec le temps ?
Alors je ne deviens pas feignant du tout, parce qu’en fait mon spectacle, si je le joue demain dans une salle où l’on me donne un créneau qui va au-delà d’une heure, il durera probablement une heure vingt ou une heure et demi peut-être, j’en sais rien. Mais disons que quand tu l’as vu au sens idéal, j’étais sur un créneau avec une salle qui louait deux créneaux dans la soirée, et là le Point- Virgule en loue quatre.

Oui, j’ai vu ça.
Donc tout simplement, ça t’oblige à densifier vachement plus ton propos, et à amasser le meilleur en une heure, là où évidement tous les soirs j’ai envie de jouer plus !

Tu es bridé ?
Oui, je suis bridé un petit peu, mais ça a du bon aussi. En même temps, ça t’oblige à donner le meilleur. Mais j’ai du matos pour une heure et demi de spectacle, parce que si tu veux, tel que tu l’as vu, il y avait des choses un peu nouvelles, il y a des choses qui ont bougé depuis quelques mois.

Et donc ce n’est pas un manque d’inspiration lié au fait que tu ne parles plus d’un sujet qui te tient à cœur…
Ah non, non. Parce que chaque bribe du spectacle, tel que tu l’as vu, a déjà plusieurs digressions potentielles dans lesquelles je peux aller si j’ai un créneau d’une heure et demie, par exemple.

Et tu disais avoir un créneau d’une heure, et tu es programmé à 19h. Est-ce que tu ne penses pas que ce soit un handicap de jouer à 19h, surtout dans Paris ?
Si, si, je sais. Quand j’ai commencé à jouer à cette heure-là, au mois de janvier, je savais que ce serait un handicap, surtout à l’arrivée des beaux jours… C’est pour cela qu’en septembre je suis ravi de reprendre au Point-Virgule mais à 21h15. Promotion de 2 heures et 15 minutes.

Même si moi personnellement, j’étais là jeudi, et j’étais surpris de voir que malgré cela la salle était blindée.
Oui jeudi c’est vrai que c’était plein, mais on n’a pas systématiquement rempli à 19h, surtout depuis qu’il fait beau malheureusement. Cela dit, même lorsque la salle n’est pas pleine, la proximité est telle que cela crée un super rapport avec le public.

On l’a évoqué tout à l’heure, j’ai été agréablement surpris, par ce nouveau spectacle. En effet, tu changes de registre : moins axé Rock, même s’il y a toujours des références, et malgré tout l’inspiration et surtout le rire sont toujours présents. Comment fais-tu ?
Je savais que le sujet du Rock n’était pas un hasard. Je suis fan de Rock, je fais un spectacle sur le Rock, ce n’est pas un hasard. Cela tombait sous le sens. Après, il y a énormément d’autres choses qui me font rire dans la vie et qui m’inspirent. J’ai coécrit ce spectacle avec mon camarade, qui s’appelle Benjamin Parent… Forcément c’est quelqu’un avec qui j’ai un très bon ping-pong au niveau de l’écriture. C’est-à-dire que le but, avec moi pour ce deuxième spectacle, ce n’était pas d’arriver sur une scène à Paris comme je l’ai fait avec le premier, et puis de le rôder pendant un an, étant donné que j’avais déjà cette petite notoriété du premier spectacle…

…Presque une célébrité !
… Mon spectacle aurait pu s’appeler "Petite Notoriété" ! Je ne pouvais pas me permettre d’arriver avec un spectacle en rodage, je voulais arriver avec quelque chose qui soit "béton" dès le début, assez comique, assez drôle… Et donc à l’écriture avec Benjamin Parent on s’est vachement astreints à ce que tout soit drôle le plus souvent possible, et dès le début. Donc il n’y a pas eu de problème d’inspiration, à se demander de quoi on allait parler. Je savais que la honte, d’une façon générale, c’est quelque chose qui marche bien. C’est-à-dire, je pense qu’il y a pas mal de trucs que tu as vus, Joey Starr, Gad Elmaleh…

Quelle est la part du vrai et du faux ? Là, tu parles de Joey Starr et de Gad Elmaleh.
Les deux anecdotes que je raconte sont complètement vraies.

Je comprends mieux le coup de la honte.
C’est vrai que j’en parle beaucoup dans mon nouveau spectacle, je pense que l’un des trucs qui m’inspirent le plus en ce moment, dans la vie, c’est quand je me tape la honte ! Disons que quand je me tape la honte, ça ne me fait pas rire sur le coup, mais cinq minutes après, je peux me dire : "Oh là là, oh là là, il y a un sketch à faire !" Finalement, quand je suis le dindon de la farce, c’est là que ça me fait marrer ! Et donc, cette première partie de Gad Elmaleh qui s’est mal passée entre guillemets, même si j’ai tendance à romancer quand même un petit peu. Avec Joey Starr ce n’est pas si romancé que ça… Mais il y a aussi d’autres choses. Bon évidemment, ma machine à voyager dans le temps, je déplore sa non-existence, mais par contre la raison pour laquelle je l’utilise est complètement autobiographique, c'est-à-dire empêcher la naissance de Michel Sardou… Parce que si le moyen m’était donné de le faire, je ne me gênerais pas pour le faire !

Justement, deux questions allaient venir. La machine à retourner vers le futur, c’est clairement une inspiration de "Retour vers le Futur" ?
Je ne vais pas te dire : "Oui, on s’est dit, il faut faire une référence à "Retour vers le Futur" ! ". Le fait est que, pour Benjamin comme pour moi, "Retour vers le Futur" fait partie de nos films préférés, et je pense que c’est le cas pour plein de gens !

Notamment quand tu y retournes une deuxième fois dans le passé, c’est clairement le film !
C’est ça et "Los"t. Qu’est-ce que j’ai vu encore ? J’ai vu le dernier Woody Allen, que j’ai beaucoup aimé curieusement, parce que j’avais pas trop envie de l’aimer ! Mais je suis fanatique de Woody Allen ! J’ai été étonné de voir qu’il y a quelques gags - alors loin de moi, très loin de moi l’idée de me comparer à Woody Allen - mais comme dans le dernier Woody Allen, c’est un mec qui voyage dans le temps et qui va rencontrer ses idoles, en l’occurrence de littérature, il va rencontrer Hemingway et tous ces gens-là… Il y a quelques gags qui font vraiment écho à ceux de mon spectacle et je n’étais pas peu fier en regardant Woody Allen de me dire "P’tain, on a eu la même idée !".

Donc, t’as copié Woody Allen !
Non, parce que mon spectacle, je l’ai commencé avant de voir le Woody Allen !

D’accord ! Question pour toi, "Retour vers le Futur": quels sont les musiciens qui jouent dans le film ?
Dans le film, quels sont les visiteurs, tu veux dire, dans le "III" ?

Dans le premier !!
C’est un Quizz, que tu me fais, là !

Oui, oui !
Dans le premier, la musique c’est Huey Lewis & The News…

Et qui il joue !
Ah, il joue dedans ?

C’est le Prof... avec des lunettes...
Attends, le Prof avec des lunettes…

Le prof de musique, je crois… Dans le premier, avec des lunettes, c’est Huey Lewis.
Ah merde, je ne savais pas qu’il jouait dedans !

Et donc entre Huey Lewis et ZZ Top, ton cœur balance vers lequel ?
T’as de ces questions (Rires) ! Je pense que je préfère quand même ZZ Top, je connais un peu mieux ZZ Top, même si ce qu’ils ont fait après 1980 n’est pas très digne d’intérêt, enfin à partir de "Eliminator", "Afterburner" et compagnie…

C’est là où ils ont explosé !
Oui, mais j’aime mieux "Rio Grande" et les tous premiers. Mais c’est pas ce que j’écoute non plus tout le temps !

[IMAGE2]

Sur ton spectacle : perso, je trouve l’idée d’un spectacle 3D juste énorme : d’où vient l’idée ?
Au début, j’avais l’idée de la 3D, mais c’est Benjamin qui a vraiment voulu développer. Au début, je voulais faire un sketch en 3D, où je jouais et Benjamin m’a dit : de plutôt utiliser tout le gimmick de la salle de ciné, avec le "rolling-gag" de la paire de lunettes que je donne à un membre du public pour dire de rejouer le spectacle juste pour lui…. Voilà, c’est un peu se foutre de la gueule de la 3D, même si j’ai vu des trucs en 3D pas mal au cinéma, mais c’est un peu une façon de taquiner cet espèce de gadget qui pour moi ne rend pas un film meilleur.

On parlait d’inspiration, et du fait que j’ai été agréablement surpris par ton nouveau spectacle, malgré tout j’ai un bémol. Tu n’arrêtes pas de me dire que ton premier spectacle allait sortir en DVD. J’attends toujours !
Alors…

Pas d’acheteur potentiel ? Pas de distributeur intéressé ?
Si, si, il y a des gens intéressés. Le DVD a été tourné. Je crois que ce sera plutôt pour l’année prochaine. Sinon peut-être 2037, 2038… Mais on attend que ça buzz…

On va prendre la machine de "Retour vers le Futur" !!
Voilà, à la rigueur avec la machine à voyager dans le temps, on va le regarder en 2038 et puis on donne des nouvelles !

Toujours par rapport au premier spectacle, on avait échangé lors d’une petite interview sur le thème Rock et notamment Métal, et tu disais que des groupes comme Opeth ou Taproot pouvaient être l’objet d’une blague… Mais c’est pas le cas. Cela veut dire que l’aspect Rock, Métal, va de plus en plus disparaître de ton spectacle ?
De celui-ci ?

Non, à venir.
Non. Non parce que je suis encore sollicité pour des choses qui sont à cheval entre l’humour et la musique, que ce soit pour la radio ou la télé. Et avec Benjamin encore une fois on travaille sur l’écriture d’un film qui se passe dans l’univers du Rock. Mais c’est pas "Bus Paladium". Disons que c’est plus inspiré de mon expérience de groupes de Rock que de celle des groupes que j’ai interviewés.

Toujours par rapport à ton premier spectacle, si tu devais y changer quelque chose, que changerais-tu ?
Bonne question. Ecoute, je pense que je le remusclerais.

Ca veut dire beaucoup et pas grand chose…
ça veut dire que je réécrirais là-dessus. C’est assez vague, du coup, mais je pense que je ferais en sorte qu’il soit plus drôle. Tout simplement. Tu l’as vu, toi ? Il t’a fait rire ?

Oui ! De par ma petite expérience de journaliste bénévole, c’est quelque chose qui m’a beaucoup touché. De mémoire je l’ai même trouvé plus amusant que le deuxième !
Ouais, ouais, c’est une question de point de vue… Et puis, je l’ai joué beaucoup… Je ne sais pas. Je serai peut-être amené à le rejouer. Peut-être, rien ne m’empêche d’imaginer un espèce de patchwork entre les deux spectacles. Ce ne serait pas inenvisageable. Mais je pense que si je devais retoucher quelque chose au premier spectacle, j’en ferais peut-être un super-musclé avec le mélange des deux spectacles !

Par rapport à ce nouveau spectacle, es-tu conscient malgré tout d’un décalage avec une jeune génération qui ne comprend pas forcément certaines références ?
…Quand j’ai dit Jackie Sardou…

…exactement : Jackie Sardou, Simone Signoret, voire même "Retour vers le Futur", ils n’adhéraient pas, et ils ne comprenaient pas. Ne penses-tu pas que ce sont des raisons de sortir ces fameux drames dont tu parlais ?
Ecoute, je ne suis pas directeur de marketing. Je pense qu’un directeur de marketing dirait : "De toute façon, tu as un public de 18 – 45 !". Et effectivement il y a des humoristes comme Kev Adams. Je ne sais pas si tu vois qui c’est, c’est un mec qui a cartonné cette année ?

Oui.
…il fait plein de blagues sur les ados, qui supportent pas les gens, qui n’arrêtent pas de rouler des galoches aux filles. Il a 18 ou 19 ans, et il fait de l’humour avec la vie des ados qui fait marrer les ados. Moi ça ne me fait pas marrer, et j’ai plein de potes de mon âge qui ne se marrent pas non plus. C’est un truc qu’on m’a déjà dit: il y a un côté un peu générationnel dans ce que je fais. Je ne sais pas si c’est bien ou mal.

Non, mais ça peut te fermer des portes.
Exactement. Mais bon, je me dis: voilà, tant pis. Je ne fais pas quelque chose pour que cela plaise aux 7 à 77, j’en serais incapable. Comme Gad Elmaleh, qui le fait très bien, qui dit en interview : "Moi, je suis incapable de dire un gros mot ! Regardez, haaaa…. Je n’y arrive pas !".Alors que moi j’y arrive (Rires) ! Rien que ça, si on vient à me dire "il ne faut pas dire de gros mots…". Mais qu’est-ce que tu me racontes, là ! C’est quoi un gros mot, déjà, pour toi ? Pour moi, c’est pas le mot, c’est déjà la façon de le dire. Effectivement, certainement que mes références Simone Signoret, Jackie Sardou, Freddie Mercury, et peut-être même Joey Starr, cela ne parlera bientôt plus aux ados …

J’ai regardé de façon curieuse leurs réactions, ils n’ont même pas tiqué.
…Ils n’ont qu’à…

…se renseigner ! Et à contrario, la génération dont je fais partie, les trentenaires, cela accroche vraiment, parce que ce sont des références où l’on se situe très clairement, il y a un côté affectif.
Je pense que oui ! Je pense que j’adresse plus aux gens de mon âge, de ma génération !

Selon toi, quelle est la meilleure partie de ton spectacle ?
Ouf !... Je pense que c’est mon premier voyage dans le temps avec Michel Sardou.

Et la meilleure blague ? Hormis celle de Freddie Mercury mais je ne la dis pas…
Quelle est ma blague préférée du spectacle ? Je pense que c’est celle qui clôt le voyage dans le temps avec Michel Sardou, sur Simone Signoret. Mais c’est pareil, on ne peut pas la dire, avec Benjamin Castaldi.

Ca, c’était la meilleure. A l’inverse quelle serait la pire ?
La pire, elle ne doit plus y être ! Je ne peux pas te dire la pire, mais je peux te dire la blague que j’ai envie de garder, qui ne marche jamais…

Celle liée aux handicapés ?
Ouais, elle est pas mal celle-là où je trouve un prétexte pour avoir le droit de me moquer des handicapés !

Ca a un côté politiquement incorrect sur ce sujet-là, la mucoviscidose, tu as un aspect supplémentaire de ton humour…
Il y a juste une blague qui est un peu hard sur la mucoviscidose, effectivement, sinon je ne me moque pas de la mucoviscidose. Il y a juste un moment, où je dis "Peut-être l’année prochaine ?" et il me répond "Oui mais attends, l’année prochaine !!!..." (NdStruck : la personne ne sera plus de ce monde). C’est la seule qui est trash !

Et tu dis dans ton spectacle qu’une salle de Poitiers était "liquide" ; si je peux me permettre…
Tu es né à Poitiers ?

Non, mais Poitiers, pour la personne que tu as été, un rédacteur en chef d’un magazine Rock, c’est une grande méconnaissance de ta part du milieu musical poitevin qui a une scène Métal à la pointe, avec le collectif Klonosphère et qui joue beaucoup au Confort Moderne avec Hacride, Klone… qui marche à travers le monde…
Hacride je les ai vu la semaine dernière au Hellfest.

Hacride, Trepalium…
…Un nom qui donne envie d’y aller !

Et Step In Fluid, qui pourrait te plaire, c’est instrumental, c’est Rock, Jazz… avec des membres de Trepalium… Donc cette scène de Métal est super pointue, et c’est le seul moment où je me suis dit : "Merde Thomas, quoi, non, pas Poitiers !!!"
En l’occurrence, je peux te dire que la salle où j’ai joué le spectacle n’est pas le "Confort Moderne" …

Donc c’est vrai !
C’est une salle qui s’appelle "Salut l’Artiste", qui est à côté du Futuroscope, et je peux te dire que c’est pas une salle qui est très rock’n’roll. Tu peux aller voir (Rires) !

Et donc la salle était vraiment liquide ?
Ah, elle l’était vraiment… Là, ce que je raconte, c’est complètement vrai !

Tu parles beaucoup de tes parents, dans ce spectacle. Que pensent-ils de ta carrière et de ton spectacle ?
Mes parents sont venus le voir et ils se sont beaucoup marrés. Ce qu’ils pensent de ma carrière ? Je pense qu’ils sont fiers de moi. Quand ils m’entendent à la radio, ou qu’ils me voient à la télé, quand ils rencontrent des gens qui leur parlent de moi, ils sont contents ! Et ils me reconnaissent bien quand ils vont me voir sur scène. Je sais qu’ils en parlent beaucoup avec leurs amis : "Ah, Thomas, il a fait ça !".

Ils sont fiers !
Probablement, mais je pense qu’ils sont fiers de leurs enfants comme tous les parents. Maintenant, je ne parle pas continuellement de cela avec mes parents. Mais forcément, ils sont contents. La première fois qu’ils sont venus voir mon spectacle j’en menais pas trop large…

J’imagine !
Notamment, les blagues de la fin sur la sexualité, quand j’exprime que pour moi c’est impossible de parler de sexualité avec mes parents… et eux qui étaient là, dans la salle, bon c’est assez marrant…

Et tu l'imites vraiment ?
Je suis officiellement le meilleur imitateur de mon père au monde !!

Thomas Vandenberghe, j’ai toujours cru que c’était originaire du Nord ?
C’est du Nord !

Mais pourtant, tu as un accent typique du centre de la France !
Ce que je fais là ? (Il marmonne)… Ah non, non. C’est un exercice d’une voix, quoi… Que ce soit du Nord, du Sud ou de l’Est, il est carrément à l’Ouest (Rires) ! Mais non, mon père est du Nord, mais il n’a pas l’accent du Nord. Par contre, il a vraiment la voix que je lui donne dans mon imitation.

Ton amie, ta petite amie, qu’est-ce qu’elle pense de ce spectacle ? Et notamment la partie qui la concerne ? Est-ce qu’elle parle comme ça ?
Non, elle ne parle pas du tout comme ça. C’est un personnage de fille que j’avais imaginé depuis pas mal de temps, et que je voulais mettre dans ce spectacle. C’est ma meuf -elle-même qui m’a dit : "Vas-y, mets-le, ce personnage !".

Elle ne parle donc pas comme ça ?
Non, non, pas du tout (Voix féminine nasillarde) ! Heureusement ! Mais c’est elle qui m’a dit : "Il faut que tu mettes ce personnage, dans le spectacle !". Je lui ai dit : "Ok mais ça va être toi ! Ca va être ma meuf ". Et du coup, toutes ses copines qui sont venues voir mon spectacle vont la voir en lui disant : "Dis donc, il ne te rate pas ! Pourtant il ne t’imite pas très bien !". Mais c’est vrai que je ne l’imite pas directement !

On parlait de Michel Sardou que tu n’aimais pas… Dans ton précédent spectacle. Johnny en prenait pour son grade ainsi que Jean-Louis Aubert. Là, c’est Soan, Grégoire… Qui trouve grâce à tes yeux -à tes oreilles- dans le milieu musical français ?
Aujourd’hui ?

Ou avant !
Il y en a plein, quand même !

Ah quand même ?
Oui, il y en a plein.

Si tu ne devais en citer qu’un seul ?
Ecoute, je peux t’en citer plein. En ce moment par exemple, tout le monde s’en bat les couilles j’ai l’impression mais je trouve juste que c’est l’un des meilleurs groupes français qui existe et qui s’appelle Stupeflip, tu connais ?

Oui.
C’est un groupe de rap-rock, et je trouve que le mec qui compose et qui écrit dans Stupeflip qui est Julien "King Ju" est pour moi une sorte de génie. Tout le monde s’en fout, quand il passe à la télé, il fout le bordel donc les télés sont là à dire : "Ah non, on n’en veut pas !! C’est un groupe qui ne rentre pas dans les cases". Et j’adore. C’est un groupe qui donne vachement dans l’autodérision, sinon même parfois dans l’auto-flagellation, et dès que c’est bien fait c’est quelque chose que je respecte énormément et que j’admire.
Donc voilà, un groupe qui trouve grâce à mes yeux. Sinon avant eux, tu en as plein, Dominique A, les Rita Mitsouko, et j’en passe, il y a plein de trucs que j’adore.

Si tu devais évoquer ton meilleur souvenir d’artiste ?
Qu’est-ce que tu appelles souvenir d’artiste ? Un disque que j’ai écouté, ou une rencontre ?

Non, un souvenir d’artiste, quand tu as joué sur scène, notamment.
Un meilleur souvenir de scène, par exemple ?

Par exemple.
Qu’est-ce que je pourrais dire, comme bon souvenir de scène…

Devant tes parents même si tu n’en menais pas large…
En fait, j’ai eu de la chance. A chaque fois que mes parents sont venus me voir en spectacle, j’ai eu la chance d’avoir des salles blindées qui étaient hyper communicatives, et qui répondaient à fond. Donc je pense que mes parents sont en train de se dire : "Notre fils est bon, c’est une star !" (Rires)… Alors que bon, parfois, il y a moins de monde ! Mais c’est dur de citer un souvenir comme ça. J’en ai plein : tout seul, ou avec mon camarade Freddy Coudboul avec qui j’ai fait mes spectacles de scène, avec qui j’ai fait des spectacles de rue. Récemment, j’ai fait des sketches avec Mathieu Manegnan… Cette année, il y a certainement ma première de ce spectacle, que j’ai donnée à Tours, après une semaine de résidence avec Benjamin avec qui j’ai retravaillé à l’écriture, et j’ai joué devant une grosse salle. Il y avait cinq cents personnes, et j’ai été assez flatté d’avoir autant de gens pour venir me voir ; et surtout, après cette première représentation, je me suis dit, "Ca y’est, j’ai enfin, je crois, un deuxième spectacle avec une base solide, qui tient la route !". Ca, ça m’a bien mis le feu cette année, avant d’attaquer la tournée au Point-Virgule.

Et inversement, quel serait le pire souvenir ?
Le pire ? C’est ceux que je raconte dans le spectacle ! Ce sont les moments de honte, quand tu es sur scènes, les bides. Une fois ça m’est arrivé d’avoir un type qui s’est cassé pendant le spectacle en m’insultant, j’ai pas trouvé ça drôle, c’est hallucinant, c’est fou… Cela m’a porté atteinte, mais ça a duré dix secondes, et dans la salle les gens étaient ébahis, mais une fois qu’il est parti, je l’ai insulté devant tout le monde ! Mais cela fait partie des trucs qui sont tellement fous, de se faire insulter quand tu es sur scène en plein spectacle, le mec se barre, que tu te dis, bon… pendant dix secondes, je pense que ça a été dix secondes horribles dans ma tête !

[IMAGE3]

On a évoqué la question qui revenait le plus souvent ; au contraire, quelle est celle qui ne revient quasiment jamais et que tu aimerais que l’on te pose ?
(Silence)

Ce n’est pas le genre de question que tu posais en interview ?
Non ! Elle est hyper tordue, ta question (Rires) ! Quelle est la question que j’aurais aimé que tu me poses, et que l’on ne me pose jamais… Alors, je pense que j’en ai quand même une : "Tu veux que je te donne un billet de 500 euros ?". Ca c’est une question que j’aurais aimé que tu me poses (Rires).

Et sa réponse serait ?
Peut-être Oui, pourquoi pas !

Allez, carte blanche pour vendre ton dernier spectacle à nos lecteurs.
Si vous avez moins de 18 ans, vous n’aurez peut-être pas toutes les références, mais vous allez quand même énormément rigoler, venez bordel de merde, je reprends début Janvier 2012 !

à 21h15 !
21h15 !

Toujours 1 heure ?
Ce sera toujours 1 heure. Je vais faire des modifications cet été pour présenter des choses un peu différentes d’ici la rentrée. Qu’est-ce que je pourrais dire d’autre ? Le spectacle sera encore plus drôle qu’actuellement !

Et rendez-vous en 2037 pour le DVD !
Exactement !

Et pour finir, concernant personnellement ma note ?
Ecoute, elle était très bien, cette interview. Je vais te donner 16 !

Oh, moins bien que la première !
Bah tu m’as dis pareil que tu as moins aimé mon deuxième spectacle que le premier alors j’enlève un demi-point (Rires) !


Un grand merci à l'équipe Ephelide ainsi que Realmean qui a rendu possible la lecture de cette interview !
 
(1) COMMENTAIRE(S)  
 
 
TORPEDO
27/11/2011
  1
Excellent ! Ca donne envie d'aller voir son spectacle... :)
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