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TITRE:

KARELIA (20 SEPTEMBRE 2011)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL INDUSTRIEL



Le moins que l'on puisse dire c'est que Karelia ne laisse pas indifférent ! A l'occasion de la sortie de "Golden Decadence" qui ne déroge pas à cette règle, Music Waves a rencontré ce groupe hors catégorie pour une interview qui l'est tout autant...
STRUCK - 13.01.2012 -
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Salut Jack et Matt. Il semblerait que, comme en atteste la pochette de ce nouvel album, nous ayons enfin trouvé le vainqueur de l’EuroMillion…
(Rires)

Je ne vais pas vous demander ce que vous comptez faire de cet argent on le voit sur la photo…
Jack Ruetsch (Guitare) : 162 Millions d’euros placés à 4% ça te fait 18.000 euros par jour, tu bois quelque chose ?
Matt Kleiber (Chant) : Là, depuis qu’on parle, on s’est fait 300 euros…

[IMAGE1]

Et que comptez-vous faire de cet argent pour le prochain album ?
Matt : On est des purs nouveaux riches donc on est dans l’irrationnel.
Jack : On a divers diamants qui sont en train de se faire fabriquer.
Matt : Moi, un costume 3 pièces en saumon (Rires).

Plus sérieusement, quatrième album de Karelia. Quels sont vos ambitions ?
Matt : La vraie ambition est d’affirmer un vrai statut de ce qu’on pense incarner du rock’n’roll nous-mêmes, c’est à dire être là où on ne nous attend pas, c’est à dire se revendiquer comme une espèce de trublion du métal français.

Là, on ne vous attend pas, mais malgré tout "Golden Decadence" est une suite assez logique de "Restless", surtout quand on connaît le début de votre discographie dans une veine métal plus traditionnel.
Jack : C’est naturel, même si au sein de l’album en lui-même il y a quelques petits virages.
Matt : On est d’accord sur le fil conducteur. On est resté dans le même schéma. Par contre, il y a de petits éléments qui sont à la limite du blasphème dans le monde du metal : le rap, le flamenco qui fait suite à une partie Dimmu Borgir… Voilà, tous ces petits éléments là sont pour mettre des coups de pied aux fesses à un genre qui est devenu extrêmement codifié alors que justement il se revendique comme ne pas accepter les codes… Le rock’n’roll à la base c’est ça !
Jack : Ne pas s’enfermer dans une petite case et s’empêcher de faire telle chose parce qu’on sort de la case. Là non, pour le coup, on s’est échappé des cases…
Matt : Le fait de faire du vrai rap pour un tel produit, il y a des gens qui hurlent au loup aujourd’hui !

Mais vous n’avez pas peur de déstabiliser…
Matt : Qui ?

Les fans de la première heure et des premiers albums ?
Jack : Je pense que justement les vrais fans sont ceux qui ont su nous suivre depuis les premiers albums. Je pense que ce sont ceux qui sont proches d’une ouverture d’esprit et qui en ont un peu ras le bol d’être cloisonner dans un certain metal. T’as des gaillards qui ne vont écouter que du death qui vont porter leur treillis, leurs rangers toute la journée et t’as des gens qui vont écouter du blues, du jazz et du classique et qui du coup, vont prendre du plaisir à écouter un album comme ça qui se permet beaucoup de choses d’un point de vue artistique.

Et ces fans, vous avez vu une évolution des personnes qui viennent vous voir ?
Matt : Ouais ! Il y en a qui ont démissionné au fur et à mesure (Rires), ces mecs à Perfecto avec des patchs dessus jusqu’à 2006-2007 puis en ayant compris qu’on ne reprenait pas de titres du premier album. Ils avaient l’air déçu de notre évolution musicale mais je dirais que ce sont des gens qui aimaient le groupe pour de mauvaises raisons, parce que le premier album est un album de metal symphonique assez conventionnel dans lequel tu te rends compte que tu vas vite t’emmerder car la cours de récré n’est pas énorme en termes de création. Du coup, les mecs étaient contents de retrouver ces espèces de cliché de Raphsody, Edguy… mais il y a des conventions à respecter…

Il semblerait dans ton discours que vous reniez cette époque ?
Matt : Pas du tout, pas du tout ! Tu as joué dans cette petite cours de récré-là, à un moment donné, tu t’es emmerdé, tu es allé dans l’autre mais ce n’est pas pour autant…

Et la cours de récré actuelle est donc plus grande ?
Matt : Ouais !
Jack : On a l’impression d’avoir plus de monde…
Matt : Et on y a mis des balançoires et des toboggans partout. C’est exactement ça, on a vraiment l’impression d’avoir un fil conducteur, une trame qui reste identifiable avec des éléments de clavier, de voix qui sont reconnaissables à la première écoute et puis à coté de ça finalement, "no limit"… Si demain Matt arrive avec un instrument de folklore indien et nous dit que c’est incroyable, on dit : "Ok, faisons un titre sur Gandhi !" (Rires) !
A partir du moment qu’on trouve quelque chose qui nous donne une idée, qui nous donne envie de construire quelque chose que ce soit un instrument ou autre chose, on ne va pas se dire : "Non, ça ne s’est jamais fait ou ça ne se fait pas !".

Et vous avez dit ne plus du tout jouer les titres des premiers albums en live ?
Matt : Non, on ne les joue plus tout mais ce n’est pas pour des raisons de goût mais là, on a de nouvelles contraintes : comme on se retrouve sur de très grosses dates avec des gens qui ne nous connaissent pas pour l’immense majorité, on a une nouvelle contrainte d’intérêt immédiat et de première écoute. Donc dans le genre metal où il faut balancer de la double, des titres de 6 minutes avec un pont qui amène sur un autre pont qui revient au couplet et puis finalement, tu n’as rien laissé, ce n’est pas la meilleure façon de faire découvrir un groupe ! Donc, nous tentons de faire découvrir nos nouvelles compos sous contrainte des titres 3 minutes qui envoient et où tu comprends tout, tout de suite, fédérateurs… qui laissent un gimmick ! Et il y a plein de gens qui nous disent à la fin alors que nous étions en première partie : "C’est marrant j’ai encore votre titre en tête d’il y a deux heures !". Parce qu’il était immédiat !

Tu as dit que certains de vos fans de la première heure était des fans pour de mauvaises raisons, peut-on dire de la même façon que la signature par Season of Mist pour "Restless" s’est faite pour de mauvaises raisons également ?
Matt : (Rires) Ouais sans doute ! En imaginant qu’il avait un potentiel de ventes…

… plus dans le registre dans lequel ils oeuvrent en temps normal.
Matt : Ouais c’est vrai quand ils ont reçu le produit, ils étaient décontenancés aussi… Il ne semble qu’ils aient sabrer le champagne à la réception du master (Sourire). Je m’en souviens très bien, ils m’ont même dit que le vrai problème qu’ils avaient c’est qu’ils ne savaient pas comment travailler un produit pareil. Parce qu’en fait, on est à la croisée des chemins, on est presque dans la pop, on est dans l’électro, dans le metal en même temps mais ce n’est pas assez metal pour le promouvoir en tant que tel… D’un autre côté, du coup, comme on a des contacts dans le milieu généraliste aussi, on a essayé de le proposer à des majors et puis là, on te dit : "C’est génial monsieur ! Très belles compositions mais il faut me virer ces guitares saturées". On ne peut pas passer logiquement dans une chaîne télé ou une radio généraliste !

Donc pas de case appropriée pour le groupe ?
Matt : Non, le cul entre deux chaises… et pas de coussin (Rires) !

Malgré tout, vous persévérez… des idées de l’évolution dans le prochain album : quelque chose de totalement différent ou dans la lignée des deux dernières productions ?
Matt : Dans la lignée ! Après, les vrais éléments surprenants ce n’est pas vraiment la couleur du costume finalement, ce sont les éléments d’ornementation c’est à dire, les structures, les trames restent les mêmes après justement c’est retrouver du rap… ça, ça sera différent à chaque fois, on ne va pas réutiliser les mêmes ficelles… On ne va pas refaire un titre arabisant, un titre qui lorgne R’n’B… ça serait con !
On part aussi du principe qu’avec une basse et une guitare, tout a déjà été fait ! Je peux mettre au défi quelqu’un de trouver un riff totalement novateur !

Et ce côté décalé, vous l’avez poussé jusqu’à l’extrême avec cette pochette qui je suppose a dû faire parler d’elle ?
Matt : Ouais ! Elle n’a pas vocation à être belle… Parce que justement, elle a fait parler, les gens ne pigent pas : tout le monde n’a pas accès au deuxième degré. Le but n’était pas qu’elle soit belle, c’est l’incarnation d’un système que l’on subit… par contre il y a un vrai sens derrière, un vrai cri d’alarme sur ce qu’est devenu le monde de la musique et au-delà de la musique, la culture en générale qui s’intéresse plus au packaging. Un monde d’intérêt, le fait de jouir d’une liberté individuelle qui te permet justement d’accéder à des milliers de degré d’épanouissement au niveau musical par exemple et c’est ne plus en avoir rien à foutre… de se pencher sur quelques trucs faciles à attraper, qui sont en tête d’iTunes, en tête de gondole de supermarché…

Mais justement, ne pensez-vous que vous allez dans le sens de ce marché en additionnant ce contenant et un contenu moins cantonné à un style limité comme le metal ?
Matt : Bah justement on prend plaisir à jouer avec ça avec le packaging, avec l’emballage… Et honnêtement, c’est la première fois de notre vie en fait avec ce quatrième album que nous avons une liberté totale sur le visuel…

Oui c’est une liberté que ne vous avait pas accordé les précédents labels car concrètement, "Restless" aurait également pu se prêter à cet exercice ?
Matt : Ouais !
Jack : Oui car on avait déjà cette idée-là à l’époque !

Mais là, vous avez plus les coudées franches pour faire ce que vous voulez ?
Matt : En fait, sur les deux premiers albums, c’est Sony Bmg et du coup, c’est carrément au niveau musical qu’on nous disait parfois qu’on allait trop loin. Mais encore une fois, on ne nous parlait pas musique…

Et à propos d’aller trop loin, n’avez-vous pas peur d’aller trop loin sur certaines reprises notamment "Show Must Go On" ?
Jack : C’est super polémique une reprise comme ça et c’est le but aussi. On vient d’entendre l’exact opposé de ce qu’on a entendu jusqu’à présent c’est à dire qu’on a dit que c’était dommage car on ne l’avait pas assez pourrie, on était trop proche de l’originale.

C’est vrai ! Mais dans le cas présent, on parle de Queen…
Matt : Mais c’est vrai que quand on a dit qu’on ne l’avait pas assez transformé, on s’est dit que peut-être que c’était vrai… Et Matt rappelait que lors des soli par exemple...

Mais pourquoi trop de respect ?
Jack : Ouais, tu te dis clairement que moi je n’aurais pas la prétention d’aller balayer le solo de Brian pour faire autre chose…

Dans ces conditions pourquoi reprendre ce titre de façon conventionnelle alors que vous vous réclamez décalé ?
Matt : Oh on avait l’impression de l’avoir déjà bien temporisé quand même…
Jack : On avait l’impression d’y avoir mis notre patte au niveau de l’arrangement, des parties grattes et toute la partie metal Rammstein.
Matt : Mais pour être honnête, ces titres font partie des deux-trois titres qui pour moi sont la perfection absolue de la composition. Et là, ce n’était pas comme les autres reprises, c’était plus essayer de comprendre comme si tu es fan de mécanique, tu aimerais savoir comment fonctionne une Ferrari.

Et pourquoi ce passage obligé de la reprise ?
Matt : Parce qu’on est vraiment des amoureux de la musique…
Jack : C’est quelque chose qui nous plait ! Quelque part de travailler sur un titre, en faire quelque chose d’autre… sans prétention ! C’est faire quelque chose de neuf, de nouveau, d’essayer de le modifier même si on ne l’a pas fait suffisamment apparemment sur le Queen…

Ne pensez-vous pas que ces exercices soient des perches tendues pour vous faire battre ?
Matt : Non mais sans déconner c’est notre conception à nous du rock’n’roll, c’est comme nous dire de ne pas marcher sur la pelouse. Dieu, on a du grand respect pour Freddy Mercury : on veut bien pisser sur la tombe de n’importe qui mais pas de Freddy Mercury mais par contre, on n’a pas l’impression de blasphémer ! J’ai lu un truc qui disait : "Une version que Freddy Mercury n’aurait pas boudé ou aurait trouvé amusante" et on aime bien cette idée. On adorerait qu’il soit encore vivant juste pour avoir son avis…

[IMAGE2]

A ce jour, quels sont les premiers retours suite à la sortie de "Golden Decadence" ?
Jack : Je n’ai pas fait les chroniques mais je pense qu’il y en a de pas bonne du tout…
Matt : Jusqu’à présent, on cavalait après toutes les chroniques, on se faisait mal. Sachant que si on était resté dans un registre conventionnel, on continuerait…

… à faire attention à ce que disent les fans, spécialistes de ce registre…
Matt : Ouais ! On sait par définition qu’un mec qui nous déteste ne va pas se contenter de nous chercher sur le Net, il va nous détester avec acharnement c’est à dire il va essayer de faire savoir à tout le monde que ce que l’on fait c’est de la merde…
Jack : Par contre, justement tu parlais de retours des fans, ceux que j’ai pu avoir que ce soit sur les stands de merchandising ou Facebook… Dans l’ensemble, les gens qui aiment bien aller sur le Net dire quelque chose en général, c’est pour dire du mal et c’est vrai que jusqu’à présent, on a eu des retours plutôt positifs, des choses plutôt encourageantes par rapport à cet album.
Matt : Et la plupart du temps, chez nous, quand les gens sont négatifs c’est sur des critères irrationnels. Le fait que le style ne convienne pas, je le conçois, ça me suffit. Par contre quand tu lis des trucs qui sont à l’exact opposé de ce que nous faisons, j’ai lu que c’était « d’une banalité déconcertante » : j’ai du mal à imaginer que cela puisse être banal…
Jack : … surtout qu’à côté, beaucoup de personnes passent leur temps à te rabâcher le contraire…
Matt : Donc quand tu entends tout et son contraire, au bout d’un moment, tu lâches l’affaire !

Donc vous vous sentez incompris ?
Matt : Non mais c’est notre identité : il y a des gens qui te détestent avec une certaine véhémence et d’autres qui t’adorent au-delà de toute raison, ce n’est pas plus rationnel non plus !

En tous cas, dans les deux cas, c’est mieux que de laisser indifférent…
Matt : Ouais !

Et comment expliquez-vous que vous soyez mieux perçus à l’étranger qu’en France ?
Matt : Parce que précisément on est à la croisée des chemins et qu’en France, par définition, on nous pose souvent la question : "Qu’est-ce que vous faîtes exactement ? Donnez-moi une étiquette pour que je puisse écrire dans mon papier…".

On a plus besoin d’étiquette en France qu’à l’étranger ?
Matt : Ouais ! D’ailleurs, ce n’est pas le niveau de saturation de ta guitare qui va définir si tu fais du rock ou du metal, qui va définir, du coup, si tu es envisageable dans une radio généraliste… ce n’est pas le problème ! Et puis justement, ce sont ces collaborations -enfin collaboration… faut pas que ça prenne un sens des années 1940 (Rires)- Slash au Super Bowl avec les Black Eyed Peas, Run DMC avec Aerosmiths… Tout cela ne choque pas un américain… Non justement quand on nous demande nos goûts, Philippe Lageais de Rock Hard me demandait ce que j’écoutais en ce moment : je lui ai dis que je ne lui donnerais pas la vraie version parce que je sais que sur un papier, en France, ça ne passera pas. Si je te dis qu’en ce moment, j’écoute du Robbie Williams ou du Eminem…

C’est peut-être là tout le problème, vous êtes encore catalogués metal, vous faîtes de la promo pour des médias metal… mais ce n’est plus le cas ! Et le metal justement perçoit mal cette diversité…
Matt : Ouais !
Jack : Il y en a qui pensent que pour protéger le style, il faut absolument empêcher toute intrusion, tout changement… et puis d’autres, comme nous d’ailleurs, considèrent que pour survivre, il va falloir que ça change ou tout du moins, sortir de ce système où tout est codifié… Mais on n’a pas la prétention de vouloir révolutionner le style pour autant.
Matt : Un peu comme les bikers ! Dans les années 60 quand tu étais sur une bécane, tu étais considéré comme un mec qui allait à l’encontre du système. Aujourd’hui, tu es un père de famille qui se balade le dimanche.

Peut-être trop en avance sur votre temps ?
Matt : Oh bah alors ça alors… On ne dit pas qu’on a tout compris avant les autres !

Non mais vous êtes sur un créneau que peu de groupes emprunte à ce jour et peut-être ouvrez-vous une voie que d’autres exploiteront plus tard et récolteront les fruits du défrichage que vous êtes en train de faire ?
Matt : Et bien tu es libre de ne pas nous croire mais le but de ce projet-là à la base n’est pas dans une logique égocentrique d’épanouissement personnel, ça a presque une vocation pédagogique, c’est à dire, à la base, on se disait qu’on aimerait être la porte d’entrée au metal pour tous les gens qu’on n’écoute pas.

Et maintenant vous pouvez le faire d’autant que vous avez gagné l’EuroMillion…
Matt : (Rires) Ouais, ouais, on est sur un plan promo sur TF1 avec Claire Chazal…
Jack : … ou Pernaut !
Matt : (Imitant Jean Pierre Pernaut) "Rendez-vous dans un lieu où on fait du rock’n’roll comme à l’ancienne (Rires) !"

Si vous deviez choisir un titre de ta discographie pour faire découvrir ta musique à quelqu’un qui ne la connaîtrait pas. Quel titre choisiriez-vous et pourquoi ?
Matt : "Restless", le titre.
Jack : Pour le côté direct…
Matt : … pour le côté direct, ouais, il a cette immédiateté !

Donc clairement "Restless" est la pierre angulaire, les fondations du nouveau Karelia. Justement, vous n’avez pas pensé à changer le nom du groupe car votre musique actuelle est aux antipodes de ce que vous faisiez au début ?
Matt : Oui mais le problème est qu’une petite notoriété comme celle qu’on a aujourd’hui, c’est déjà tellement dur à construire. En 10 ans, il y a plein de gens qui nous ont entendus, qui nous ont oublié, qui nous ont réentendus…

Justement pour ceux qui vous ont écouté et apprécié à l’époque, est-ce que ça ne peut pas jouer contre vous ?
Jack : De toute façon, cette question, tu l’auras de toute manière et ceux qui se la posent vraiment ne sont pas vraiment intéressé par ce que l’on fait de toute manière…
Matt : Mais par contre, rien que le fait de connaître : il y a être connu, être aimé… et puis, il y a enfin faire acheter… Donc oui, la première étape est la notoriété et il ne faut pas cracher dans la soupe…

Niveau notoriété, vos premières parties de Scorpions y ont bien contribué… Je suppose qu’on doit vous poser la question à chaque fois, comment expliquez-vous le fait que vous soyez programmés plusieurs fois en première partie de ce groupe, le groupe apprécie ce que vous faîtes ?
Matt : Et bien, la preuve c’est que Rudolf (NdStruck : Schenker joue sur deux titres "Keep Watching Me" et "The Way Across The Hills" ainsi que sur les 3 bonus) participe… Donc, oui on a noué un vrai bon contact. Autre preuve d’ailleurs, il y a un mois encore, on s’est retrouvé sur une date où on était par hasard dans le même festival, et on était censé être sur la scène 9 mais il y a eu des problèmes ave leur première partie qui était Arno…

… qui avait trop picolé…
Matt : Bah ouais… Et le manager quand il a su qu’on était là a dit : "Vous nous mettez Karelia"… Donc on a eu une promotion exceptionnelle, le jour-même on est passé sur une scène principale de 8.000 personnes, on a joué 1h15.

Ca doit vous faire plaisir et vous conforter dans vos choix artistiques à savoir que vous êtes dans le vrai…
Matt : Ouais et puis le vrai intérêt est de toucher des gens qui ne sont pas de vrais metalleux. Le public de Scorpions, sur 8.000 personnes, on en a 1.500 qui sont dans le noyau dur et qui n’écoutent que du Scorpions et donc ta musique n’est vraiment appréciable que si elle ressemble à du Scorpions, si ce n’est pas le cas, tu peux juste dégager… et puis même, tu ne seras jamais Scorpions (Rires). Et puis, tu as toute une partie du public qui n’est même pas dans le rock ou le hard rock, ils sont là pour écouter 3 ou 4 tubes et c’est ceux-là souvent qu’on accroche, bizarrement…
Jack : C’est un public qui est vaste au niveau des âges, beaucoup de femmes, d’enfants. Donc, oui comme disait Jack, pas mal de gens qui ne sont pas forcément que dans le metal ou dans Scorpions et qui du coup, ont une ouverture d’esprit, ce qui fait qu’ils sont capables de se dire : "Tiens, je ne connaissais pas mais c’est sympa !".

Encore une fois, dans le sens de ce que vous disiez à savoir que Karelia est la porte d’entrée de ces gens vers le metal…
Matt : Ouais, on ne revendique que ça en fait !

Mais comme Scorpions est en train de faire sa longue tournée d’adieu, de quelle tête d’affiche allez-vous être programmés à l’avenir ?
Matt : Le but aujourd’hui est de se dédouaner de maman. Donc effectivement, jusqu’à maintenant, on a été couvé, on a été boosté par ça et on s’en rend même pas compte encore aujourd’hui. Ca fait quatre ans !
Là, par exemple, on a des dates dans des stades plus modestes, on quitte une tournée juste après Genève avec eux d’ailleurs… En novembre, en décembre, et puis début 2012.
Pareil on a joué avec Sepultura il y a un mois. Scorpions était également à la Foire aux vins mais on n’a pas voulu jouer avec eux pour ne pas être assimilé à chaque fois, on ne voudrait pas qu’on dise que "Karelia, c’est le groupe qui fait les premières parties de Scorpions".

[IMAGE3]

Que vouliez-vous faire gamins ?
Matt : De l’art de toute façon. J’étais plutôt dans le dessin, le scénario… Dès l’âge de 12 ans, j’écrivais des histoires. Et puis après, à partir du moment où cet époque-là avec Guns’N’Roses…
Jack : Voilà moi c’est pareil ! Dans cette période-là, quand on te met une guitare dans les pattes, tu ne rêves que de ça et ça prend le pas sur l’école et tout le reste…

A propos de Guns’N’Roses, plutôt Slash ou Bumblefoot ?
Jack : Ah ! On ne parle pas du même Guns…

On est d’accord mais au niveau guitariste ?
Jack : Au niveau guitariste ? Là, c’est vachement délicat…
Matt : Techniquement Bumblefoot…
Jack : Techniquement Bumblefoot et encore, je trouve que Slash a pris des points techniquement par rapport à l’époque, il a un jeu encore vachement plus fin… Mais par rapport aux feelings, aux toutes premières émotions, forcément c’est Slash…

Fier de ce que tu es devenu ?
Matt : On ressemble assez à ce qu’on aurait voulu être adulte parce qu’on dort sur nos deux oreilles, on a marché sur la gueule de personne, on n’a pas dû baisser nos frocs non plus…
Jack : … pas trop bas (Rires) !

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?
Jack : "Pourquoi Karelia ?".
Matt : Non, plutôt quand on laisse entendre qu’on cherche notre style alors qu’en fait, on l’a trouvé depuis le début finalement : c’est juste qu’on s’emmerde vite dans un champ artistique !
Non mais ce qui m’ennuie c’est l’interprétation du choix anti-commercial qu’on a fait de ne pas rester dans un style justement. Parce qu’aujourd’hui, on serait peut-être trois niveaux au-dessus parce que Bmg était prêt à lâcher le budget promo si on restait et on ne l’a pas fait ! Et aujourd’hui, paradoxalement passer pour des espèces de vendus qui essaient de suivre une tendance dominante à un instant T, c’est ça qui nous gêne aujourd’hui…

Au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?
Matt : Bah celle que tu viens de poser et là, on est dans du Raymond Devos (Rires) !

Le mot de la fin aux lecteurs de Music Waves ?
Jack : Garder son ouverture d’esprit, ne pas s’arrêter à des visuels ou autres et avoir la curiosité et la démarche d’aller voir par soi-même ce que l’on a à proposer.
Matt : La diversité culturelle aujourd’hui repose plus sur la curiosité des gens… C’est une liberté dont on jouit et il faut qu’on s’en souvienne

Merci beaucoup.
Matt : Merci à toi.
Jack : Cool cette interview !


Merci à Roger de Replica pour avoir rendu cette sympathique rencontre possible !


Plus d'informations sur http://www.karelia.fr/
 
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