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TITRE:

AQME (02 AVRIL 2012)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



C'est dans ses studios de répétition que tout le groupe AqME nous a accordé une longue interview cathartique pour la sortie de son nouvel album "Epithète, Dominion, Epitaphe" marqué par le départ surprise de Thomas Thirrion.
STRUCK - 10.04.2012 -
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Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?
Julien Hekking : "Présentez-vous ?"
Charlotte Poiget : "Quelle est la signification d’AqME ?"
Etienne Sarthou : Oui c’est vrai (Rires) ! Ou la question : "Pouvez-vous nous résumer les 12 dernières années du groupe ?" (Rires).

Et bien je suis désolé mais, même si ce n’est pas une de celles-ci, ma première question a dû souvent revenir ces derniers temps. En effet, votre actualité brulante est le départ surprise de Thomas, votre chanteur, après 13 ans dans le groupe et alors que le nouvel album, "Epithète, Dominion, Epitaphe", va bientôt sortir. Le timing de ce départ est très surprenant, cela ne risque-t-il pas d’handicaper ce nouvel album avant même sa sortie ?
Etienne : Et bien si, c’est possible, on n’en sait rien à vrai dire ! C’est vraiment ce qui nous a mis une baffe quand Thomas nous a annoncé qu’il voulait quitter le groupe. D’abord, le fait qu’il quitte le groupe est quelque chose qui est très important pour nous puisque c’était quelqu’un qui était indissociable du groupe. Donc c’est vrai que c’est un vrai changement ! Mais qu’il nous annonce ça juste après l’enregistrement de l’album, juste après être rentré du mix avec Magnus Lindberg, c’est vrai qu’on s’est dit : "Putain, merde ! On n’a pas fait un album pour que tu te casses à ce moment-là, quoi !". C’est super étrange quoi !

Mais vous attendiez-vous à ce départ, aviez-vous sentis des prémices pendant l’enregistrement laissant entendre un futur départ ?
Julien : Aucunement, non !
Etienne : Non, même avec le recul, je n’en vois toujours pas ! Non, il n’a vraiment rien laissé filtré. Apparemment, il nous a dit y avoir pensé plus d’une année avant de nous annoncer sa décision, mais ce qui nous embête vraiment, c’est qu’il ne nous en ait pas parlé ! A partir du moment où tu commences à avoir des doutes, où tu as envie de changer, de faire autre chose, il faut en parler, et dans AqME, on a toujours essayé de parler de tout, aussi bien les choses positives que négatives. Si tu ne crèves pas l’abcès, si tu ne parles que des choses qui vont bien, on n’avance pas. Un groupe c’est comme une famille: tu gardes des non-dits, des trucs qui vont te bouffer de l’intérieur et ce n’est pas bien !

Mieux, je dirais que ta description me fait penser à une relation de couple où tu dois tout dire.
Etienne : C’est exactement ça !

Mais pensez-vous que c’est un abcès qui a grossi au point d’en arriver à un point de non-retour ?
Julien : Je ne pense pas qu’il ait grossi puisqu’à priori, il avait ça qu’il lui trottait dans la tête depuis un an. Je pense qu’il a mûrement réfléchi sa décision et qu’il l’a gardé pour lui d’une manière égoïste, en quelque sorte ! C’était sa décision et il estimait qu’à priori, il n’avait pas à en parler aux autres.
Etienne : De toute manière c’est un choix égoïste, mais ça,, on ne peut pas lui en vouloir puisque c’est un choix de vie. Mais l’égoïsme rentre vraiment en compte quand cette décision impacte réellement la vie du groupe et celles des autres, et en l’occurrence, celles des trois qui restent, et maintenant celle de Vincent qui rentre dans le groupe parce que ça l’impacte lui-aussi. C’est vrai qu’à ce moment-là, nous l’avons clairement vécu comme une trahison parce que quand on fait un disque ensemble, c’est un engagement pour ce disque-là. Il n’y a pas d’engagement pour un disque après, c’est un engagement au jour le jour pour ce disque-là. On a bossé en amont pendant un an et demie, la suite du boulot est de le sortir et de le vendre, le promouvoir et de faire des concerts.

Justement la promo, vous la faîtes avec son remplaçant, Vincent Peignart-Mancini qui a été trouvé très rapidement.
Etienne : Voilà (Rires) !

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Vous le connaissiez avant je suppose, et connaissiez ses capacités, car sinon c’est un sacré risque ou du moins un sacré saut dans l’inconnu de défendre un nouvel album avec un inconnu ?
Charlotte : Un peu oui (Rires) !
Vincent Peignart-Mancini : On s’est croisé lors d’une soirée mouvementée (Rires) !
Etienne : En gros, on est des copains de fêtes (Rires) !

Et toi, comment vis-tu ce remplacement parce que c’est quand même un sacré saut dans l’inconnu, de vendre un album auquel tu n’as pas collaboré, mais aussi devoir subir des interviews comme celle-ci où on va beaucoup parler de ton prédécesseur ?
Vincent : Ca ne me pose pas de problème, c’est un challenge ! Après ils gravitent dans un univers assez proche du mien, donc ça ne me dérange pas de chanter les propres paroles de Thomas. C’est quelque chose que je ressens aussi peut-être même de la même manière que lui. J’ai vraiment envie de défendre cet album. Je ne sais pas d’où vient cette envie mais j’ai vraiment très envie d’aller sur scène parce que je trouve que c’est un très bon album, le meilleur AqME qu’il m’ait été donné d’écouter !

Comment appréhendez-vous la réaction des fans face à ce changement soudain sachant, qu’il a un concert sous quinzaine à Montbéliard.
Etienne : On en revient à ta première question. C’est vrai qu’on ne sait pas comment les gens vont réagir. On a déjà une petite idée à travers les réseaux tels que Facebook etc… Donc, pour eux aussi, ça a été une grosse surprise que Thomas s’en aille. Sinon est-ce que la perception du disque changera parce que Thomas n’est plus dans le groupe ? Je n’en sais rien. On est très content du disque de toutes manières, donc j’espère qu’il sera apprécié en tant que tel. Maintenant, ce n’est pas faire offense à Thomas que de dire que si on avait eu un autre chanteur pour cet album-là, l’album n’aurait pas été hyper différent parce que l’album est d’abord ce que nous en avons fait par la musique et donc Thomas, en général, est la réflexion de cette musique. C’est vrai que c’était un album qui était très concerté, on savait où on allait. Donc, la perception du disque, j’espère que les gens apprécieront le disque de toutes manières. Après sur scène, on a vraiment confiance en Vincent. On sait depuis la première répét’, on a vraiment senti tout de suite que c’était le gars qu’il nous fallait et que son interprétation des morceaux, non seulement ce n’était pas de la copie de Thomas mais tout en respectant les parties de chant de Thomas, il arrive avec sa manière de chanter avec son timbre de voix.

Il s’est approprié les titres avec sa patte.
Etienne : Voilà, c’est ça ! Donc moi, je suis vraiment sûr que si les gens restent un peu ouverts, ils accepteront parfaitement que Vincent chante les titres de Thomas sur scène.

Et vous n’avez jamais pensé, par exemple, à réenregistrer les parties vocales de l’album afin de totalement intégrer Vincent, même si il y a une partie coût qui rentre en ligne de compte ?
Julien : C’était délicat financièrement, ne serait-ce que pour le label qui avait investi une certaine somme et ça aurait poussé le groupe à repousser la sortie du disque. Non, ça n’aurait pas été possible !
Etienne : D’abord d’un point de vue financier, mais artistiquement, ça nous aurait rendu fou ! On a bossé un an et demi sur le disque, il aurait fallu rebosser ces morceaux-là qu’on avait enregistré à maintes reprises en maquettes puis ensuite en prod’ définitive, il aurait fallu que Vincent rebosse du début à la fin, tous les morceaux de l’album, limite en se forçant à ne pas écouter ce que Thomas a fait pour réécrire des textes etc… Bref, c’est un mic-mac pas possible !
Vincent : Donc, ce n’est pas une mauvaise chose si on est amené à faire un autre disque après ensemble, je me serais imprégné de l’univers AqME et ça ne me jouera pas des tours. On ne fera pas semblant sur le prochain album par rapport aux fans : on restera AqME !
Etienne : Et puis, comme on est content du disque, ça aurait bizarre de le réenregistrer (Rires) ! Mais c’est clair qu’on y a pensé, on a pensé à toutes les éventualités.

Et n’est-ce pas frustrant de voir que sur "Epithète, Dominion, Epitaphe", Thomas est très impressionnant ? Il utilise sa voix hurlée le plus clair du temps et il la maitrise avec un talent qu’on ne lui aurait pas soupçonné. N’est-ce pas frustrant de le voir partir à son apogée ou est-ce aussi une des raisons de son départ, voir qu’il avait atteint son paroxysme ?
Etienne : On peut voir ça comme ça aussi ! Je ne sais à quel point il aurait eu des difficultés ou pas à chanter ses morceaux sur scène, je n’en ai aucune idée ! Ouais, de toutes manières, il le sentait qu’il était au bout, après ce n’est pas forcément une raison pour ne pas défendre le disque sur scène. Mais artistiquement, effectivement, il nous a dit qu’il s’était senti au bout du truc, quoi ! Ce disque-là a vraiment été accouché dans la douleur pour lui, mais j’ai presque l’impression qu’il abandonne au moment où pour la première fois, il a réellement des difficultés. Alors que pour moi, ces difficultés-là lui ont permis d’écrire ses meilleurs textes et de faire son meilleur album, sa meilleure performance sur disque etc… Donc, il y a un vrai paradoxe. Je me dis que, quitte à ce qu’il s’arrête après ce qu’il considère comme son summum, pourquoi ne pas prendre du plaisir encore quelques fois sur scène en jouant ses morceaux, c’est un peu étrange !

Et toi, ça ne te met pas une pression supplémentaire de voir que Thomas avait atteint son summum sur cet album ?
Vincent : De toute façon, le premier morceau que j’ai écouté, j’ai pris peur (Sourire) ! Mais au final, je me suis dit que s’ils m’avaient appelé, ce n’était pas juste parce que j’étais un pote : ça fait 13 ans que je fais de la musique, ça fait 13 ans que je roule ma bosse dans des caves de France. Donc personnellement, je n’ai pas pris ça à la légère, j’ai bossé et je bosse encore sur ça, et ça va venir avec le temps. Et je ne pense pas avoir un niveau dégueulasse pour faire cet album-là : ça devrait aller (Sourire) !
Etienne : Non franchement, à la première répét’, il a passé 8 morceaux ! Le niveau technique, tu l’as plus que largement !
Vincent : Après je n’ai pas la même voix que Thomas !
Etienne : Non voilà, c’est tout ! Mais nous, on t’a pas demandé de faire un clone de Thomas, ça ne nous intéresse pas !

Et j’en profite pour rebondir la dessus, au moment où AqME semble avoir franchi une nouvelle étape avec cet album, le départ de Thomas et l’arrivée de Vincent ne seraient pas un nouveau pas en avant dans la carrière du groupe ?
Julien : On ne sait pas !
Etienne : On ne sait pas !
Vincent : Vraiment le premier truc, c’est de faire la tournée pour défendre "Epithète, Dominion, Epitaphe", on reste terre à terre !
Etienne : De toute façon, la fin d’un truc, c’est le début d’autre chose (Sourire) ! Mais le début de quoi ? Aujourd’hui, on n’en sait rien ! On espère que ça va tous nous ressouder de faire des concerts ensemble ! Aujourd’hui, on est au début d’une histoire avec Vincent et on ne remplace pas Thomas avec qui nous avons fait 13 ans de musique ensemble d’un coup de baguette magique ! Vincent nous fait un bien fou, il va nous permettre de faire des concerts. Je pense aussi qu’il va prendre du plaisir à faire des concerts avec nous, et j’espère qu’au fur et à mesure des semaines et des mois qui vont passer, on va se sentir tous assez à l’aise pour faire… peut-être un nouveau disque ensemble, peut-être continuer AqME ou peut-être continuer autre chose, je n’en sais rien. C’est le début de quelque chose !

Cette réponse conditionnelle marque à quel point vous êtes touchés par ce départ !
Etienne : On aurait intégré Vincent, il y a un an, quand on était en train d’écrire l’album, la question ne se poserait pas : on se serait dit : "Est-ce que l’album que nous faisons avec Vincent est du AqME ou un autre groupe, une nouvelle identité ?". On aurait réellement eu des choix à faire à ce moment-là. Le fait que Thomas s’en aille après l’enregistrement du disque ne nous laisse finalement pas le choix ou si : soit d’arrêter, soit de continuer dans l’immédiat pour défendre le disque ! On n’a plus que ces deux choix-là or pour nous, le split d’un groupe est quelque chose qui se fait de manière assez démocratique et quand on aura plus envie de faire de la musique ensemble ou plus d’idée ou qu’on sentira qu’on est allé au bout, là on se dira tous ensemble : "Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on arrête ? Est-ce qu’on continue ?".

Mais vous n’en êtes pas là ?
Etienne : On n’en est pas là ! L’éventualité d’arrêter n’est pas d’actualité, mais on ne peut pas savoir comment ça va fonctionner entre nous artistiquement. Donc, on sait qu’humainement, ça fonctionne bien, on sait qu’il a le niveau pour faire les morceaux de Thomas et pour qu’on soit encore un meilleur groupe sur scène qu’on ne l’était il y a encore quelques temps parce qu’il est vraiment très, très fort. Mais comment ça marchera artistiquement entre nous ? Est-ce que nous proposerons des titres qui fonctionneront avec lui et inversement ? On n’en sait rien. On verra. On veut juste vivre au jour le jour, et puis là pour le coup, c’est un vrai nouveau départ !

Un autre point marquant de cet album est le travail des guitares, Julien a redynamisé AqME et l’a lancé vers une nouvelle voie. Son travail à la fois mélodique, technique et rapide apporte un plus réel aux titres. Et ce qui était entraperçu avec "En l’honneur de Jupiter" est devenu une évidence avec ce nouvel album, Julien est un des fers de lance du groupe, son travail sur "L'Empire Des Jours Semblables", à la fois mélodique et heavy, est remarquable et entraine AqME vers une autre dimension.
Etienne : Ouais, c’est clair ! Maintenant, c’est vrai que, comme on écrit les morceaux à deux en général, c’est lui et moi qui écrivons les morceaux. Il m’a beaucoup influencé dans ma manière d’écrire des riffs, mais la position de la guitare a évolué depuis deux disques. J’ai du mal à analyser ça exactement. Je sais que Julien m’a influencé dans ma manière de jouer !
Julien : Quand "En l’honneur de Jupiter" a été écrit, quand je suis entré dans le groupe, Etienne avait déjà une dizaine de titres dans son petit sac. Donc, il les avait écrit sans trop se poser de questions. Il n’avait pas forcément moi, Ben ou qui que ce soit en tête. Il avait juste pris sa guitare et jouait ce qu’il avait envie de jouer. C’est vrai que "En l’honneur de Jupiter" est un disque de transition en quelque sorte, en termes de guitare. Par la suite, j’ai ramené quelques titres pour l’écriture de l’album alors que pour cet album, c’est vrai qu’on a lâché les chevaux tous les deux. On ne s’est pas soucié de savoir s'il fallait reprendre telle partie qui avait été faite dans AqME sur les précédents disques, sans se soucier des codes.

En parlant de codes, on a même l’impression d’écouter un groupe de heavy mélodique tant vous vous rapprochez de cette scène. Les soli sur nombre de titre renvoient à Maiden, Priest et la grande époque du métal.
Julien : (Sourire) Oui, oui, oui, c’est quelque chose qui m’est vraiment venu spontanément et c’est vrai que je l’ai pensé comme ça, mais c’étaient plus des clins d’œil sachant qu’à la base, ce n’est pas mon bagage : Judas Priest ou Iron Maiden j’ai très peu écouté ça pendant mon adolescence.
Etienne : Alors que moi, oui (Rires) ! Et tu remarqueras que tu n’écris pas de morceaux où il y a des soli, c’est moi qui écris les morceaux où il y a des soli.
Julien : Etrangement, oui !
Etienne : C’est marrant !
Julien : Ou si j’en écris un, c’est un truc bizarre ! Mais oui, j’ai plutôt tendance à éviter d’en faire !
Etienne : Et c’est moi qui te dis : "Là, il faut mettre un solo, là !" (Rires) !
Julien : J’essaie plutôt de me concentrer pour écrire un morceau, des ambiances plutôt que des soli.
Etienne : Il a une manière assez à lui d’appréhender la guitare. Je joue de la guitare également, je ne suis pas guitariste de job dans AqME donc ce que j’écris, je l’écris pour le guitariste et en l’occurrence, sa manière d’appréhender l’instrument m’a influencé. On a un pote commun qui m’a dit après avoir écouté toutes les maquettes, qu’il avait reconnu immédiatement les morceaux écrits par Julien mais les morceaux que j’avais écrits, il ne savait pas si c’était moi ou Julien qui les avaient écrits. Et j’ai trouvé ça hyper bien parce que ça prouve qu’on a vraiment bossé intelligemment ensemble et qu’on a essayé d’avoir une nouvelle patte.
Julien : Et pour répondre à ta question sur le "pourquoi ?", quand je compose, je cherche constamment à ne pas faire des choses classiques (Sourire). J’essaie de me surprendre, d’aborder l’instrument de manière parfois visuelle ou parfois ça peut être un effet comme le dernier morceau du titre, des choses nouvelles en fait ! Mais parfois, on m’oblige à faire des soli (Rires) et je n’ai pas trop le choix donc je joue le jeu !
Etienne : Et pour ça, on est complémentaire parce que tu écris les trucs globalement les plus bizarres et moi, j’écris les trucs un petit peu plus classiques ! Et c’est le mélange de ces deux mondes qui nourrit AqME !

Julien, tu as évoqué le dernier titre de l’album "110.587" qui est certainement le meilleur de la galette, parfait mix entre death, métal classique et atmosphérique. Le passage en solo de Julien sur la fin du titre est mélodique et sombre à la fois. Ce genre de titre aurait-il pu annoncer le futur du groupe malgré les…
Julien : … incertitude…
Etienne : (Rires) Même en ayant pas de changement de chanteur, je pense qu’on n’aurait pas pu répondre à cette question !
Julien : Ouais, ce n’est pas évident !
Etienne : On était tellement encore dans ce disque-là. On’a même pas commencé à le défendre !
Julien : Ce genre d’ambiance est un truc que je fais déjà depuis 10 ans. J’ai joué dans divers groupe avant, ont un notamment dans lequel j’essayais tant bien que mal d’arriver à poser ce genre de choses et à chaque fois, mon envie était de faire de mieux en mieux. Donc, ce n’est pas une nouveauté, c’est juste que là, il s’avérait que ça a plu à tout le monde. Il faut savoir qu’à la base, ce morceau n’était pas un titre. Pendant un moment, Thomas faisait des petites vidéos de l’enregistrement sur Internet, ou alors d’une partie de la tournée qu’on avait fait pour "En l’honneur de Jupiter", et les choses se sont présentées de façon assez spontanée. Je lui ai dis que j’avais des bandes-sons enregistrées à l’arrache et il les a exploitées. Et à un moment donné, il m’a dit qu’il avait besoin d’une bande-son. J’ai écrit un truc rapidement comme ça, sans trop me soucier si ça allait être un morceau, et je lui ai filé. Et quand tout le monde a entendu le résultat, on s’est dit qu’on pourrait en faire un titre et c’est parti comme ça ! C’était vraiment spontané et sans réflexion !

Un autre titre marquant est "My English Is Pretty Bad" qui voit l’intervention d’invités dont le très connu Stéphane Buriez. Ce titre s’annonce comme un des sommets du disque avec ce savant mélange entre puissance et mélodie. Comment avez-vous rencontré Stéphane Buriez ?
Julien : En soirée (Rires) !

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Mais dans quelle boîte allez-vous pour tous vous retrouver ainsi ?
Vincent : On ne va pas te le dire sinon tu vas venir et après on sera obligé de faire de la musique avec toi (Rires) !
Etienne : En fait, Stéphane, on l’a croisé pas mal de fois et je me demande si la première fois que je lui ai serré la pince, ce n’était pas à un concert de Loudblast avec Gojira à la Loco en 2004 ou 2005. Il a toujours apprécié AqME, aussi bien humainement qu’artistiquement. Il a toujours trouvé qu’on était des gens sympathiques (Rires) et nous, on a toujours bien aimé ce mec-là : merde, moi, j’ai acheté "Sublime Dementia" en 1993 ou 1994, je ne m’en souviens plus, mais pour moi, c’était le premier vrai bon groupe de Death-Metal français qui en plus, avait enregistré son disque en Floride ! L’album était bon et même encore aujourd’hui, il est bon ! Donc, je suis super content d’un point de vue personnel !

Et peut-on considérer que vous avez composé ce titre comme un titre de Death-Metal comme on faisait dans les années 90 ?
Julien : Pas spécialement, non ! Non, non, c’est vraiment un titre qui est apparu comme ça, par la force des choses. En fait, à la base, j’avais écrit un autre titre qui était plutôt pas mal mais qui n'était pas du tout dans le ton du reste du disque. On aurait plus pensé que j’avais écrit un titre pour Lazy que pour AqM, et Etienne m’a suggéré de partir sur autre chose, de reprendre les parties qui sont pertinentes et qui plaisent, et je suis parti sur quelque chose de totalement différent. J’ai juste repris la position de l’accord et j’ai écrit le morceau pièce par pièce : ça doit se ressentir, j’imagine. Et ça a germé dans la tête d’Etienne ou je ne sais plus qui, d’éventuellement inviter des protagonistes sur un des titres et notamment sur celui-là !
Etienne : C’est vrai que ça fait un moment qu’on en parlait, que ça serait cool d’avoir des invités. On ne l’avait jamais fait et on aime bien faire ce que l’on n’a pas fait. Je ne sais plus comment est venue cette idée. A la base, on voulait encore plus de chanteurs ! On voulait vraiment essayer de représenter en quelque sorte le panel musical que peut être AqME par le biais de différents chanteurs, et il était même question que Thomas ne participe pas à ce titre-là. On voulait faire participer le chanteur d’Headcharger, mais il ne pouvait pas parce qu’il était en train d’enregistrer son album. On voulait faire participer le chanteur de Feverish aussi, mais il n’était pas disponible non plus. On a donc les deux chanteurs Junior et Stéphane Buriez, plus Thomas et c’est très bien parce que ça correspond bien à la structure du morceau finalement. Si on avait eu cinq chanteurs, ça aurait été plus compliqué d’arriver à les caser. Ca aurait été très difficile de le composer en ayant ça en tête.

Ou alors faire un titre plus long, voire progressif…
Etienne : Voilà c’est ça (Rires) !
Julien : Mais le morceau a cette tendance justement même si on a fait en sorte qu’en 4 minutes…
Etienne : … il est progressif de 4 minutes (Rires) ! Mais pour le coup, c’est vraiment rigolo de les avoir là-dessus, et on ne trouvait pas du tout intéressant de proposer un titre orienté Death-Metal à Stéphane Buriez : faire des collaborations pour ressembler au groupe qu’on invite, je ne vois vraiment pas l’intérêt ! Je trouve ça beaucoup plus drôle d’inviter un death metalleux sur un morceau plus post-rock ou post-hardcore, mais différent du style dans lequel il évolue d’habitude, tout en restant tout à fait complémentaire. Il y a un côté heavy dans le morceau -qui n’est pas du tout Death-Metal- mais qui est très, très lourd, très pesant et qui correspond parfaitement à la voix des trois chanteurs en l’occurrence.
Julien : Ca a été fait au feeling, quand ils sont arrivés en studio. Il n’y avait rien de décidé et encore moins d’écrit. Je pense qu’ils avaient une vague idée du morceau.
Etienne : Il y avait juste Junior qui était passé une heure en répét’ avec nous. Il avait bossé deux ou trois trucs…
Julien : … qui ne sont même pas restés je crois ?
Etienne : Si en partie, ça a inspiré Thomas sur l’écriture de textes. Mais sinon, ça a été : "1, 2, 3, c’est parti !".

Sinon, de façon plus générale, y-a-t-il un concept derrière le titre de l’album à la signification assez sombre ?
Julien : C’est le titre d’une chanson à la base, ce qui n’avait jamais été le cas jusqu’à maintenant pour AqME d’ailleurs. Donc, c’est plus la chanson en elle-même qui aura du sens avec ce titre-là. C’est juste qu’on n’avait pas forcément une idée pour un titre d’album et on s’est dit qu’on allait prendre un titre qui nous plait dans sa façon de sonner et qui représente plutôt bien l’album.
Etienne : Thomas avait plein de supers titres de morceaux ! On trouvait que globalement les titres de morceaux claquaient au visage quand on les lit.
Julien : J’y pensais il y a 2-3 jours ! Ca aurait pu être "Luxe Assassin", par exemple.
Etienne : Ouais, et ça aurait pu être plein d’autres choses parce que les titres de cet album font vraiment slogans, ils sont hyper marquants ! Donc, comme Thomas ne trouvait pas de titre d’album qui s’imposait à lui, ça paraissait logique d’essayer de trouver un titre assez poétique et assez mystérieux. A la base, j’avais dit à Thomas aimer dans ce titre-là son côté cycle de la vie : le début, le développement, la fin, la mort ! En l’occurrence, ce n’est pas du tout la signification du morceau lui-même qui parle d’alcoolisme et des addictions, mais l’interprétation poétique pour l’album. Moi, j’aime bien lui donner ce sens-là ! Après, c’était aussi pour donner un petit côté mystérieux, poétique, tout simplement.

Après toutes ces années comment Etienne et Charlotte voyez-vous l’évolution du métal français, de la team nowhere à de nos jours ? Avez-vous avec AqME l’impression d’être des survivants à une mode finalement bien fugace ?
Etienne : Ouais, sauf que nous ne nous sommes jamais inscrits dans cette mode ! Clairement, on a fait partie de ce mouvement-là parce qu’on est sorti au même moment et parce qu’on a faisait partie de nowhere en tous cas provisoirement -parce qu’on s’est vite échappé tout à fait volontairement d’ailleurs, je tiens à le dire- parce qu’on sentait qu’on ne partageait pas vraiment les mêmes valeurs, nos valeurs étaient beaucoup plus musicales. Je trouve que la grosse évolution est qu’aujourd’hui, il se passe plein de choses hyper intéressantes mais qui n’intéressent presque personne, alors qu’à l’époque, il se passait plein choses assez peu intéressantes mais qui intéressaient beaucoup de monde (Sourire) ! Donc, pour moi, ce qui a réellement changé c’est non seulement la qualité des groupes qui est vraiment au-dessus. Après, la seule chose que je regrette, c’est le peu de groupes qui décident de chanter en français. Même si pour nous, ça n’a jamais été un choix, une bannière, un étendard qu’on brandissait comme ça, je trouve ça dommage parce que malgré tout, le choix de la langue conditionne un certain sens de l’originalité. Quand bien même on ferait une copie d’un groupe international, quand on a une manière de chanter française, un phrasé français, ça change beaucoup de choses quand même. Et je trouve ça un peu dommage parce que certains des groupes d’aujourd’hui aient un niveau dix fois supérieur à celui qu’on avait quand on a démarré mais que, par moment, ils manquent un petit peu d’originalité : c’est le seul petit bémol que je pourrais émettre !

Et tu penses à qui quand tu cites les groupes que tu apprécies à ce jour ?
Etienne : Je pense à Celeste, Headcharger, Darkness Dynamite bien sûr, The Butcher’s Rodeo… mais même tous ces groupes-là que j’aime beaucoup, je me dis qu’avec tout le talent qu’ils ont, s'ils faisaient le choix osé de chanter en français, et bien ça mettrait peut-être un petit truc en plus encore. Justement, Celeste fait du français et je trouve que ça leur apporte un truc en plus : le français utilisé par Celeste rend quelque chose d’encore plus malsain que s'ils avaient utilisé des paroles en anglais qu’on a entendu 50.000 fois ! Maintenant, c’est clair que malheureusement, l’intérêt du public pour ces groupes en France n’est pas réel !
Julien : Il est dérisoire !
Etienne : Ces groupes-là ont souvent plus d’intérêt du public à l’étranger que dans notre propre pays. C’est hyper étrange ! J’ai vraiment la sensation qu’en temps de crise, les gens se recroquevillent sur les grosses valeurs sûres : on préfère dépenser 90 euros pour aller voir Metallica jouer le "Black Album" plutôt que d’aller se déplacer voir tous les groupes -à 10 euros voire moins dans les salles locales- qui eux essayent de faire avancer la musique en France. Il n’y a pas de scène en ce moment ! Au final aujourd’hui, il y a plein de bons groupes mais il n’y a pas de scène. Alors qu’à l’époque, même si -je trouve- il y avait plein de mauvais groupes à l’époque des années 2000 -je n’aimais pas du tout le mouvement qui se contentait justement de copier le néo-metal et je m’inscris en faux vis à vis de ceux qui mettent AqME dans ce lot-là- et bien à l’époque, il y avait une vraie scène, un vrai mouvement ! On est passé d’un marché du disque à l’époque où on essayait de draguer les maisons de disques. Avant même de leur avoir fait écouter quoique ce soit, les mecs nous demandaient si on chantait en français et pas en anglais. Et aujourd’hui, on a l’impression que c’est tout l’inverse qui se passe ! La France n’arrive jamais à inscrire le rock et le métal sur du long terme. On passe son temps à essayer de créer quelque chose de très temporaire et de s’adapter aux modes, contrairement à la Scandinavie, aux pays anglo-saxons où les mouvements de rock et de métal s’inscrivent sur du beaucoup plus long terme. En France, on est toujours sur de la réaction finalement !

Mais peut-on réellement dire qu’on a une culture rock en France ?
Etienne : Bien sûr qu’on en a une, mais on ne l’assume pas vraiment, ou on n’essaie pas d’en créer une dans le métal. On aime ou on n’aime pas, mais on en a une dans le rock, je pense notamment à Noir Désir ou des choses comme ça où il y a une identité rock qui existe. Ce n’est pas cette identité-là qu’on a envie de défendre, ça c’est sûr, mais elle existe. Mais dans le métal, c’est clair qu’elle n’existe pas : le seul archétype de Hard-Rock français qu’on a encore aujourd’hui finalement, c’est Trust et ça a 30 ans et c’est un peu effrayant !

Ils n’ont pas 30 ans mais comment jugez-vous les premiers AqME ? Avec l’expérience, changeriez-vous certaines choses ?
Etienne : (Rires) Moi je trouve que nos deux meilleurs disques sont le dernier et le premier ! Je ne trouve pas que le premier me représente aujourd’hui musicalement, mais je trouve qu’à l’époque, c’était un tel aboutissement personnel et en tant que groupe, ça a été une période tellement magique de pouvoir enregistrer un disque pendant cinq semaines en Suède avec Daniel Bergstrand. De voir que nous qui avions une image de nous-mêmes de vilains petits canards qui n’intéressions pas les gens, on a toujours eu l’impression d’être toujours un peu à part déjà à l’époque. Pour le premier album, on avait déjà l’impression que c’était l’album de la dernière chance. Et ça a été un accomplissement incroyable ! Je sais que quand on a terminé de l’enregistrer, je l’ai écouté tous les jours pendant un an ! Et puis, il y a une ambiance dans ce disque-là qui restera pour moi comme le meilleur de nouveau métal de l’époque sans aucun problème.

13 ans après la création du groupe, hormis le line-up qu'est ce qui a le plus fondamentalement changé pour vous ?
Etienne : La philosophie est la même. Dès le premier album, on a voulu confronter des ambiances différentes : du calme, du violent etc… avec un esprit toujours lourd, pesant, sombre. Donc finalement, toutes ces caractéristiques de base sont les mêmes, mais on a enrichi les choses. L’arrivée de Julien nous a permis d’aller plus loin que ce que l’on pouvait faire par le passé et c’était clairement l’objectif. Plus loin dans la complexité, dans les ambiances, dans la violence, ne plus se donner de limite ! Et dans ce sens-là, la philosophie du groupe a toujours été la même !
Julien : Les coupes de cheveux ont changé (Rires) !
Etienne : Et quelques tatouages en plus et on n’a plus peur de sourire sur les photos (Rires) !

Si vous deviez choisir un titre de votre discographie pour faire découvrir la musique d’AqME à quelqu’un qui ne la connaîtrait pas, quel titre choisiriez-vous et pourquoi ?
Etienne : Moi, déjà, je choisirais un titre du dernier album !

C’est mieux pour la promo !
Etienne : Non parce qu’on défend toujours ce que l’on est au jour d’aujourd’hui. Comme on est un groupe en évolution perpétuelle, ça ne nous intéresse pas de défendre "Superstar" dix ans après! Ca fait partie de notre bagage, ça fait partie de nous, on continuera à les jouer, mais ce qui nous fait kiffer, c’est ce qu’on fait aujourd’hui. Ce n’est pas ce qu’on a fait avant ! On en revient à ce que je disais tout à l’heure : les groupes et les gens préfèrent entendre ce qui s’est fait il y a 20 ans ! Toujours les mêmes choses, toujours les mêmes concerts, toujours les mêmes setlists etc… plutôt que d’être exigeants avec le groupe et leur demander de sortir de bons disques ! Donc, non, je ne sais pas quel titre je pourrais choisir. N’importe lequel du dernier album, chacun a sa part dans la personnalité d’AqME.
Julien : C’est un choix personnel, en fait !

Et toi, Vincent, qui as un peu plus de recul sur cet album ?
Vincent : Moi qui ai un peu plus de recul, je n’ai pas eu de coup de foudre pour un morceau en particulier. C’est l’ambiance générale de l’album, quand tu tombes sur une chanson comme ""Plus tard" Vs "Trop tard"" où tu es absorbé par la chanson, et ensuite, "Idiologie" qui te met une grosse baffe dans la gueule. Tu as "Adieu !" qui est vraiment trop thrash au niveau des paroles… C’est vraiment un mélange d’émotions cet album et je trouve ça génial !
Julien : C’est compliqué parce que dans ce disque, il y a tellement de facettes différentes qu’en fait, le choix est plus en fonction de la personne à qui tu vas faire écouter AqME. Après, il y a des gens qui n’écoutent pas de métal et je ne pense pas que ce soit vraiment nécessaire et utile de leur faire écouter "Idiologie" par exemple. Je ne pense pas que ça leur fera changer d’avis sur le métal (Sourire) !

Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?
Etienne : Il y en a beaucoup ! Oh oui, il y en a beaucoup ! Partir en Suède, enregistrer des disques ! Même si on l’a fait plusieurs fois, il n’y en a pas une en particulier qui ressort ! Si, il y en a quand même une qui était vraiment, vraiment particulièrement bien/ c’était pour l’enregistrement d’"Hérésie", notre quatrième disque. On est parti six semaines et ces six semaines ont été vraiment très, très, très cools : Daniel Bergstrand était encore dans son ancien studio qui était beaucoup plus grand et plus agréable à vivre que celui dans lequel on a enregistré "En l’honneur de Jupiter", et c’est vrai que c’était six semaines vraiment super sympas ! Et en plus, on avait accès à son sauna (Rires) au sous-sol et le soir, laisses-moi te dire que le sauna / bière, c’est quand même quelque chose d’incontournable quand tu es en Scandinavie ! Ca fait partie des grands moments ! Sinon en concert, il y a l’Olympia, mais bizarrement, c’est tellement traumatisant de le faire que finalement, j’en garde très peu de souvenirs. Tu flippes tellement des semaines avant, tu flippes tellement pendant que tu le fais et tu trembles encore quand tu sors, que je ne souviens de quasiment rien ! Je ne sais pas toi Charlotte mais moi, je ne me souviens de quasiment rien de l’Olympia, hormis le public, la gueule de la salle, mais notre performance à nous… Je crois qu’on a été correct (Rires) ! On n’a pas joué avec un balais dans le cul parce qu’à l’époque on tournait énormément, mais on a flippé comme jamais. Donc c’est exceptionnel mais assez traumatisant : cette pression-là est à la fois géniale mais pas très agréable ! Je pense qu’il faut le faire tous les jours pour ne plus avoir la pression. Nous on l’a fait une fois !

Tu as évoqué ton meilleur souvenir au contraire quel pourrait être le pire souvenir ?
Etienne : Ah, le départ de Thomas ! C’est sans comparaison avec la séparation d’avec Benjamin qui était une évidence pour nous et une quasi-évidence pour lui. Le départ de Thomas est un vrai traumatisme qu’on est évidemment encore en train de panser et de…
Julien : … vivre avec !
Etienne : Et de travailler !

Sans compter qu’avec la promo, les interviews reviennent sur ce traumatisme.
Etienne : Ouais mais en même temps, ça ne fait jamais de mal de se mettre le nez dedans !

Pour toi, c’est thérapeutique d’en parler ?
Etienne : Oui, il faut parler des choses ! Justement s’il y a une morale, s’il y a un truc qu’on doit apprendre pour nous trois qui restons et Vincent qui arrive, c’est que vraiment le manque de communication avec Thomas sur la fin était évident puisqu’il nous a dit que ça faisait un an qu’il pensait à s’en aller. Donc, s’il y a bien un truc qu’il faut retenir de ça, c’est qu’on doit communiquer : il ne faut pas avoir peur de s’engueuler si ça a pour but justement d’améliorer les choses et d’être constructif !

Tu as évoqué The Butcher's Rodeo tout à l’heure, qu’en est-il de tes autres projets Vincent ?
Vincent : Ca continue, ça continue !

Justement on parlait communication: as-tu évoqué tes priorités avec les autres membres de Butcher Rodeo ?
Vincent : Non ! Les priorités, c’est tout et en même temps, AqME… On fait ça au jour le jour ! On ne se prend pas la tête ! Comme on est assez pragmatique avec AqME puisque pour l’instant, on part juste pour la tournée. C’est vrai qu’avec The Butcher's Rodeo, on vise un peu plus loin mais après, on verra !
Julien : Quand on a proposé à Vincent de rentrer dans le groupe, on ne voulait aucunement le débaucher de ces autres projets ! On ne voulait surtout pas qu’il ait un choix radical à faire !
Vincent : Après, c’était à moi de prendre le choix d’assumer ou pas parce que j’ai trois groupes en fait : AqME, The Butcher's Rodeo et Noswad. Donc, ça fait des répét’ tous les jours, des concerts quasi-tous les week-ends bientôt… On verra si je ne meurs pas avant (Rires) !

[IMAGE3]

On a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiterais que les lecteurs de MusicWaves vous pose ?
Etienne : Aucune idée ? En plus, une fois n’est pas coutume, tu es vraiment allé au fond des choses ! Je ne fais pas de la lèche (Rires) mais quand les journalistes font bien leur boulot, il faut leur dire ! Non, bonne question, mais tu as bien creusé l’aspect psychologique etc… C’est vrai, souvent on a l’impression de rester en surface sur cette histoire avec Thomas parce que c’est une histoire extrêmement complexe.

C’est dommage on avait un canapé mais vous ne pouviez pas vous y allonger tous les quatre.
Etienne : Ouais (Rires) ! Mais nous-mêmes, en en parlant, en creusant, on redécouvre d’autres facettes auxquelles on n’avait pas forcément pensé, dues à la complexité du personnage de Thomas et aux relations humaines forcément, puisque ça fait 15 ans que nous bossons et que nous avons des relations d’adultes. Ce sont des relations complexes : ce sont à la fois des relations de bureaux et des relations amicales, donc c’est le bordel ! Ah si, une question : "Est-ce qu’on aime la neige ?".

Et où en est le teaser d’AqME pour financer la troisième semaine d’Etienne au ski ?
Etienne : (Rires) J’ai cassé le Codevi donc maintenant, je ne peux plus partir !

Plus sérieusement, après le traumatisme que vous avez vécu avec Thomas, pouvez-vous dire que vous êtes heureux ?
Etienne : Oui et non ! En toute honnêteté, oui parce que je trouve ça génial quand on répète avec Vincent. On a des sensations qui sont supers et qui sont même -sans faire insulte Thomas- au-delà de ce que l’on a vécu ces dernières semaines et ces derniers mois quand on répétait avec Thomas ! Clairement, il y a un truc qui se passe qui est hyper agréable ! Après, non parce qu’encore une fois, c’est une séparation qui est difficile émotionnellement, ça demande du temps et ça me déboussole ! Voilà, l’histoire avec Vincent est encore toute fraîche, on a confiance en nous. Heureusement qu’on a cette confiance en nous d’ailleurs, mais on sera encore plus heureux évidemment dans 6 mois quand on aura fait des concerts et qu’on aura bien vécu ensemble !
Julien : Donc pour l’instant, c’est la musique qui nous dicte notre conduite et notre façon de vivre.
Etienne : On est entre deux eaux ! C’est une transition difficile, donc aujourd’hui, on est encore dans cette transition, mais quand on l’aura dépassée, on aura les idées plus claires sur le chemin qu’on veut donner à AqME et sur nos équilibres personnels parce que c’est vrai que ça chamboule même nos équilibres personnels. Ma vie, c’est ma famille et AqME : quand un des deux part en sucette, c’est toute ma vie personnelle qui est chamboulée et c’est pareil pour tout le monde !

Le premier concert va vous permettre de répondre à pas mal de vos questions.
Etienne : Ouais, je pense que ça va être assez libérateur, ça va être cathartique ! A mon avis, on va avoir besoin de sortir un truc !
Vincent : Montbéliard aura la chance de voir le premier concert !

Le mot de la fin aux lecteurs de MusicWaves, on va le laisser à Charlotte qui n’a rien dit de l’interview !
Charlotte : Je n’aime pas les interviews (Rires) !
Vincent : C’était le mot de la fin ! Merci, au revoir (Rires) !
Charlotte : Merci aux fans qui nous suivent depuis le début et aux nouveaux arrivants qui veulent bien nous accepter ! On est là pour tout défoncer aux concerts ! Venez nombreux et puis, achetez l’album aussi !
Vincent : Parce qu’il est vraiment bien et qu’il est vraiment beau !
Etienne : Et soutenir les autres groupes français !

Merci !
Vincent : Merci à toi !
Etienne : Merci !


Un grand merci à Olivier d'At(h)ome pour avoir rendu cette rencontre possible, Noise pour son inestimable contribution et Nicolas Gaire pour ses photos prises lors de cette interview.


Plus d'informations sur http://www.aqme.com
 
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