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A PROPOS DE:

MY DYING BRIDE (16 AOÛT 2012)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DOOM

"C’est remarquable… des gens nous écrivent pour nous dire que nous avons changé leur vie d’une façon positive même si notre musique peut laisser un sentiment négatif"
STRUCK - 12.10.2012 - 2 photo(s) - (1) commentaire(s)
Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Aaron Stainthorpe : Parce que nous sommes ici pour promouvoir cet album spécifiquement, la première chose que les gens disent est : "Qu’en est-il de ce nouvel album ?" (Sourire) ! Et nous en parlons ! En même temps, c’est la raison pour laquelle nous sommes ici : on nous pose des questions et nous y répondons.


Et je suppose que tu voudras y répondre même si je ne te le pose pas…

Tu me la poseras (Rires) !


Quel était ton état d’esprit au moment de composer "A map Of All Our Failures" ? Est-ce que l’EP sorti l’an dernier "The Barghest O' Whitby" a influencé l’orientation musicale de ce nouvel album ?

Pas nécessairement parce que nous écrivons continuellement et quand vient le moment de faire l’album, nous avons déjà plein d’idées, des petits segments qui forment un puzzle… Nous avons alors d'excellentes pièces qu’il faut assembler pour faire des chansons. Nous avons fait la même chose avec l’EP "Barghest O’Whitby" pour lequel nous avions plein d’idées formant un tout d’une durée de 27 minutes…


Justement, pourquoi avoir sorti cet EP "The Barghest O' Whitby" ? Pour réaliser un rêve de composer un long titre doom old-school ?

Ouais… Nous ne traitons généralement pas de folklore ou des choses anglaises. Nous venons du Yorkshire dans lequel il y a beaucoup de folklore et quand nous avons fait "Barghest", nous avons voulu intégrer toutes les histoires de cet endroit, que ce soit les fantômes, les contes, les esprits… Bref, ce folklore qui effraie tant les enfants. J’ai écrit plein d’histoires sur toutes ces petites villes mais je voulais quelque chose d’un peu différent. "Barghest" est un vieux nom d’esprit animal, un peu comme le chien des Baskerville, un animal rugissant. Je voulais écrire cette histoire non pas du point de vue des gens mais de l’animal. Toute l’histoire est vue à travers ses yeux, toutes les décisions prises sont les siennes, ce qui est un concept assez intéressant ! Et nous avons enregistré à la façon d’autrefois, avec des gros speakers Marshall, de vieux amplis, les microphones étaient devant et boom…

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Et cette façon de jouer la musique d’une façon plus old-fashion comme tu l’as dit, a influencé le son de ce nouvel album ?

Un peu, un tout petit peu… Pour un EP, tu peux être plus flexible en expérimentant quelques fois au détriment de la qualité. Mais quand tu fais un album, tu dois le polir un peu. Tu ne peux pas te le permettre d'avoir un album entier contenant des petites imperfections ou des petits bruits... Les gens dépensent de l’argent et ils s’attendent à ce que l’album soit bien produit !

Malgré tout, il y a une sorte de rage dedans qui me rappelle un peu la période des débuts de My Dying Bride, de "The Angel And The Dark River"… Normalement, pour enregistrer un album, tu relies ta guitare à un ordinateur puis tu joues proprement et seulement ensuite, tu ajoutes de la distorsion ou les effets. Alors que cette fois-ci, nous avions un microphone devant le speaker. C’est assez dangereux comme procédé parce que les gens s’attendent à ce que tu sois meilleur d’albums en albums et écouter quelque chose qui les ferait revenir en arrière peut avoir des effets néfastes. C’est pourquoi, nous avons limité le procédé. Nous avons ainsi un album bien produit avec de bonnes nouvelles chansons et je pense que les gens vont l’adorer !


Il y a des growls death dans le titre "Kneel Till Doomsday". Ce retour donne une vraie énergie et assoit une atmosphère sombre qui peut rappeler les débuts de My Dying Bride. Etait-ce une volonté de revenir à une musique épique et directe et laisser de côté l’aspect doom romantique ?

Oui, oui mais j’ai toujours aimé faire ça ! D'ailleurs quand j’étais jeune, je ne faisais que ça. Ce qui est bien c'est qu'avec des voix death metal, peu importe si tu es bon ou mauvais, ce ne sont que des hurlements ! Je ne le fait plus très souvent car avec l’âge, tu veux expérimenter d’autres choses en essayant différentes formes de chant pour rendre les chansons un peu plus attrayantes et variées. L’EP "Barghest" est un peu noisy, avec des chants death metal et il est probable que certaines personnes se sont dit que My Dying Bride ferait mieux d’arrêter. Je ne fais plus de voix death comme plein de groupes qui ont commencé jeunes et fous et qui sont devenus plus matures même si personnellement, j’aime toujours chanter ainsi. Quand les mecs jouent d’une façon agressive, up-tempo, tu ne peux pas faire autrement (Rires)… Tu écris les paroles dans cette optique et tu hurles chaque mot. Et en studio, tu hurles si fort que tu vois des étoiles ! C’est clair que ce n’est pas bon pour la santé, ta gorge est en feu à la fin de la journée, tu es un peu mal quelques fois mais c’est tellement génial !


A propos de metal, pourquoi avoir changé le logo typé death metal pour un plus classique ?

Eh bien, si tu regardes bien, tous nos albums n'ont pas obligatoirement un logo ! Nous ne sommes pas une marque, nous ne sommes pas Coca-Cola. La marque n’a pas besoin d’être sur chaque chose. D'ailleurs sur le nouveau t-shirt, il n’y a pas le logo My Dying Bride ! Cela dépend de l’artwork en fait ! Quand nous avons créé la pochette, nous avons mis le logo My Dying Bride et cela ne rendait rien visuellement. J’ai trouvé qu'écrire le nom du groupe avec des caractères classiques donnait un résultat bien meilleur. Mais il reviendra ! S'il fait partie de nous, ce n’est pourtant pas la chose la plus importante ! Encore une fois, nous ne sommes pas une marque !


My Dying Bride avait mis des violons dans sa musique depuis “For Lies I Sire”. Etait-ce une volonté d’en remettre ou avez-vous cédé à la pression des fans ?

Shaun joue du clavier et du violon et nous attendons de lui qu’il joue des deux instruments. Les gens semblent considérer que le violon est quelque chose de vraiment spécial mais pour nous, il est seulement présent pour ajouter un peu plus d'atmosphère. Nous essayons de faire en sorte que le violon ne soit pas un élément primordial de notre musique, il est juste là pour l’embellir. Quand nous l'avons abandonné - nous avons une grande période de notre carrière sans violon - tout allait bien ! Et même s'il est de retour, nous n’allons pas pour autant l’utiliser dans chaque chanson. Nous ne voulons pas que les gens associe "My Dying Bride" à cet instrument. Nous voulons que les gens écoutent notre musique dans sa globalité. Il n'est présent que pour ajouter une réelle émotion, une sorte de mélancolie. L’impact est beaucoup plus fort si tu l'utilises avec parcimonie.


Quel est le sujet de "A map Of All Our Failures": as-tu puisé l’inspiration dans la Bible comme pour certains autres albums ?

Les influences peuvent vraiment venir de n’importe où ! Par le passé, je lisais plus spécifiquement les vieux poètes anglais. Le problème c'est que mon style d’écriture devenait trop similaire au leur ! Donc, j’ai arrêté de lire ces vieux poètes morts et j’ai cherché à trouver mon propre style. Je lis tout le temps, je peux être influencé par n'importe quoi, des histoires, des livres, des films voire des gens qui te disent des choses intéressantes… Je ne vole pas les idées mais quand j'en attrape une, je cherche à la faire grandir dans My Dying Bride.


Selon toi, quelle est la principale influence pour cet album ?

Je ne pense pas qu’il y en ait ! Tout le monde me demande si c’est un concept album en raison notamment du titre mais ce ne sont que des petites histoires intéressantes et chacune d'elle est influencée par différentes choses. C’est un mélange !


La façon dont tu parles de tes histoires, tes textes… Ne penses-tu pas quelques fois que la musique est un art trop restreint pour pouvoir t'exprimer ?

Ouais, tu as définitivement raison, c’est la raison pour laquelle, j’ai plein d’autres petites histoires qui n’ont pas été utilisées par My Dying Bride. C’est comme un hobby, je n’ai aucune idée de ce que je vais en faire, c’est juste que j’aime écrire !


Mais n’as-tu jamais pensé à les publier ?

Je pense que je vais le faire. Les gens m’en parlent depuis des années. Pourtant il fut un temps ou je ne voulais pas. Qui donc cela pouvait-il intéresser ? Il semblerait qu’elles aient désormais généré assez d'intérêt pour que quelques éditeurs m'aient approché. Comme je fais aussi des artworks, je pense que j’ai assez de matériel aussi bien en termes de textes que d’images pour faire quelque chose d’intéressant.


Généralement dans la scène metal, on se moque de la religion et du christianisme. Ce n’est pas le cas dans My Dying Bride qui œuvre plutôt dans une sorte de relation amour/haine… Est-ce dû à ton éducation personnelle ou as-tu toujours eu cela en toi ?

Je pense que la religion ne peut pas vraiment tout pourrir ! J’ai toujours pensé que s'il n'y avait qu'un seul Dieu, le Monde serait un endroit vraiment paisible ! Actuellement, c’est plus "Mon Dieu est meilleur que le tien" et je pense que la plupart des conflits commencent avec cette idée. Trop de personnes réagissent sur un coup de sang et de manière agressive à des mots sortis innocemment ! La religion devrait être formidable, relaxante. Elle devrait nous aider à être meilleurs dans notre vie mais final, c’est tout le contraire qui se passe...


A propos des textes, du sujet, il semble que toute la discographie, la carrière de My Dying Bride soit une sorte de concept album tournant autour de la vie et de la mort, du bien et du mal… Des sujets que l’on retrouve notamment sur "The Light At The End Of The World" (1999), "Like Gods Of The Sun" (1996), "For Lies I Sire" et encore ce nouvel album "A Map Of All Our Failures"… Comment expliques-tu cela ?

Parce que je ne fais que parler de ces sujets (Rires) ! Même si je n’en parle pas dans chaque album, c'est un élément indissociable de My Dying Bride et je me complais dans ces thèmes. C'est quelque chose que je maîtrise et qui collent à ma connaissance. Je ne me sens pas d'expérimenter de grandes idées qui ne correpondraient pas au groupe.


Sais-tu que My Dying Bride influence voire transforme la vie de certains auditeurs? Qu'en penses-tu ?

C’est remarquable et j'en suis fier. Quand nous avons formé le groupe, nous n’avons jamais imaginé quelque chose comme ça ! Même avant Internet, certaines personnes nous écrivaient pour nous dire que nous avions changé leur vie d’une façon positive même si notre musique peut laisser un sentiment négatif. Ca me fait penser à Dead Can Dance : leur musique est très morne mais quand j’écoute un de leurs albums je me sens finalement plus gai et je me dis que ma vie est géniale… C'est dingue, mais certaines personnes ont appelé leur fils Aaron et se sont mariés à cause de nous…


… Plutôt grâce non ?

(Rires) C’est vrai ! Mais c'est tellement incroyable !


A propos la discographie de My Dying Bride, il est impossible de faire l’impasse sur le projet symphonique "Evinta". Est-ce que celui-ci était une sorte d’aboutissement artistique ?

Tout à fait ! Nous aurions dû expliquer aux fans que nous allions faire une sorte de side-project. Quand nous l’avons sorti, les gens ont pensé que c’était le nouvel album de My Dying Bride mais après l’écoute des quatre premières chansons, ils se sont dit que ce n'était qu'une longue intro (Rires) ! Comme nous ne leur avons pas dit exactement ce qui allait arriver avec "Evinta", leur tête était en ébullition.


Mais es-tu conscient de la difficulté pour tes fans de s’approprier ce chef d’oeuvre ? Etait-ce délibéré d'en faire une sorte de rite initiatique ?

Certainement... Nous avons construit « Evinta », Andrew et moi-même, en prenant de quelques chansons les meilleurs passages. Tu as ainsi un assemblage de "Turn Loose The Swans", "The Crown of Sympathy" et une partie de violon de "The Dreadful Hours" sur un morceau… Nous avons écrit de nouvelles paroles et au final, tu à l'impression d'entendre du My Dying Bride. Pourtant c'est bien différent puisque par exemple les guitares ont disparu. Ca a été un choc pour les fans mais après leur avoir expliqué le concept, ils ont été scotchés ! Cet album sonne comme une bande originale de film avec un peu de poésie dessus ! Mais s'il ne convient probablement pas aux fans purs et durs de My Dying Bride, les autres auditeurs l'ont bien apprécié !


Tu as parlé de bande originale de film mais aussi de poésie… Penses-tu que le rôle d’un chanteur est proche de celui d’un acteur ?

Définitivement ! Je ne peux pas juste chanter mes paroles basiquement, je dois y mettre du sentiment… De façon générale, tout doit être fait avec des sentiments parce que les sujets évoqués qui sont souvent mélancoliques exigent qu’il y ait de l’émotion dans ta voix, comme si tu allais commencer à pleurer… Et c’est pareil quand tu chantes sur scène, je ne peux pas me contenter de marcher et hurler "Allez, let’s get rock !". Je suis le personnage de la chanson... Quand il dit qu’il traverse un moment difficile, je le traverse avec lui…


A cet égard, voudrais-tu faire du théâtre ?

Je pense que j’aimerais… Je ne sais pas si je serais bon parce que ma seule expérience est avec My Dying Bride ! Si tu as un groupe comme ça, derrière toi, si puissant, c’est facile de gesticuler, d’articuler… Mais être seul dans un film ou sur scène, c’est un concept complètement différent.


Les artistes sont généralement durs avec leur premier album. Comment le juges-tu avec le recul ?

Franchement, je l’adore. Je sais que plein de gens renient leur premier album en disant : "Nous étions jeunes, nous avions besoin d’argent !" (Sourire) Mais ce n’est pas notre cas. Quand nous avons formé My Dying Bride, nous avions un bonne bonne idée de ce que ce groupe pouvait développer. Et nous écrivions déjà comme des personnes matures. Nous appréhendions la vie, la musique d’une manière très mature. Aujourd’hui encore, j’adore encore cet album ! Ok, la production n’est pas terrible parce que le budget ne l'était pas mais tu peux déjà entendre le jeu de guitare, le violon…


Tu parles de la production... As-tu pensé à réenregistrer cet album ?

Nous avons réenregistré "The Return of the Beautiful", il y a quelques années parce que c'était une si belle chanson avec une production… pas terrible ! Nous avons repris certaines de nos propres chansons, juste pour leur donner une chance et pour que les gens puissent les écouter à nouveau mais mieux produit ! Nous ne le referons probablement pas : c’était sympa à l’époque mais il faut savoir que tu seras toujours critiqué par certains fans qui diront qu’ils ont déjà ce morceau alors pourquoi le refaire ?


Toujours dans cet esprit, comment juges-tu "34.788%... Complete" aujourd’hui ? As-tu été déçu de l’accueil que lui a réservé le public à sa sortie ?

Non parce que nous savions que l’accueil serait mitigé (Rires) ! Tu n’écris pas un album comme "34.788%… Complete" en pensant qu'il sera appréhendé de la même façon que les précédents albums. L’artwork était différent, le titre était complètement fou… Pourtant musicalement, il n’y a que quelques expérimentations… Il est possible qu'avec une image sombre et gothique sur la pochette et un titre plus traditionnel, nous aurions vendu plus d’albums…


Tu considères donc que c’est un problème de marketing ?

Nous voulions le faire ainsi pour montrer aux gens que nous n’avions pas peur d’essayer de faire des choses différentes. D'ailleurs aujourd’hui, 10 ans après, ils sont nombreux à adorer cet album.


Et comment expliques-tu cela ?

Ils n'étaient pas prêts, tout simplement. Quand nous sortons quelque chose, chaque membre du groupe donne tout pour que l’album sonne le mieux possible. Malheureusement, assez souvent, les gens écartent un album avant même de l’avoir écouté : ils ont vu le titre et la pochette de l’album, ils ont lu une chronique ou entendu quelque chose de négatif à son propos et ils ne lui donneront pas la moindre chance !


Tu dis donc que les gens sont influençables…

Je suis également coupable quelques fois quand mes groupes préférés font les mêmes choses et ne prennent pas de risque ! Il m'arrive de le regretter après...


Dans cet esprit, as-tu envisagé de refaire un album éloigné du style doom/death ?

Nous en discutons mais nous ne sommes pas sûrs de le faire dans un avenir proche parce que nous avons plein d’idées qui collent bien à My Dying Bride… Donc si nous devions faire quelque chose comme ça, ça serait certainement un EP parce qu'un album doit correspondre à ce que les gens attendent.

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En clair, tu ne te sens pas prisonnier du style qui a rendu populaire My Dying Bride ?

C’est aussi pourquoi nous sommes toujours chez Peaceville Record... Parce qu’ils nous ont dit qu’on pouvait faire tout ce que nous voulions. Nous avons une totale liberté artistique !


Justement n’avez-vous jamais pensé à rejoindre une major ?

Non et ce n’est pas faute de recevoir des offres en permanence. Nous sommes chez Peaceville depuis 20 ans et à l’échéance de chaque contrat, ils nous disent qu’ils savent que nous avons été approchés par d’autres labels et ils essayent de se rapprocher de leurs offres. Rejoindre un gros label qui te donnerait plein d’argent ça peut paraître super et simple à faire mais nous sommes un petit plus intelligent que ça ! S'ils te donnent plein d’argent, c'est qu'ils veulent retrouver leur mise de départ à un moment et pour y arriver il faudra bien écrire des chansons faites pour la radio…


Et vous ne pourriez pas vous permettre des expérimentations comme sur le dernier EP…

Si nous étions chez un gros label et nous leur avions présenté "Barghest", ils nous auraient dit d’aller nous faire voir !


Nous avons rencontré Greg Mackintosh de Paradise Lost qui a rejeté l’idée d’une scène anglaise de doom death metal avec Anathema. Qu’en penses-tu ?

Nous venons tous du nord de l’Angleterre, nous sommes arrivés au même moment et avons tous signé chez le même label. J'ai connu Paradise Lost avant même qu'ils ne s'appelent comme ça. Nous avions l’habitude d’aller dans le même club et tu pouvais savoir ce que les gens aimaient en fonction du t-shirt qu’ils portaient. Greg portait des t-shirt de Candlemass ou Nigthfall et Dany avait un t-shirt de Celtic Frost… Nos groupes respectifs ont des débuts de carrière très similaires mais à travers les années, nous avons fait en sorte d’être reconnus dans notre propre genre. Les gens essayent toujours de relier nos groupes mais nous nous sommes trop éloignés les uns des autres... Tu ne peux pas comparer le nouvel album d’Anathema avec leur premier, Paradise Lost est revenu à une époque à des trucs à la Depeche Mode qui sont assez bons. Je pense que nous sommes probablement les seuls à être restés proches de nos racines.


Si tu devais choisir un titre de la discographie de My Dying Bride pour faire découvrir le groupe à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, lequel choisirais-tu et pourquoi ?

Probablement "The Dreadful Hours" parce que tu as tout ce qui nous caractérise à savoir une guitare acoustique au début, des supers harmonies, aussi bien des cris death metal que des voix calmes et même des effets théâtraux tels que le tonnerre ou les cloches d’une église. Il y a dans ce titre un mélange de clair/obscur qui permet à l'auditeur de laisser vagabonder son imagination. C'est la recette de My Dying Bride !


Quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Et bien, c’est lié à la musique en quelque sorte : avoir joué dans l’équipe de football d’Iron Maiden.


Et quelle place joues-tu ?

A l’aile gauche et comme je suis grand et mince, je peux courir très vite…


Tu as évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel serait le pire ?

Eh bien, nous sommes assez chanceux de ne pas avoir eu beaucoup de problèmes majeurs…


Même quand d’anciens membres ont quitté le groupe ?

Quand ils partent, ils partent… tu n’y peux pas grand chose ! C’est décevant mais c’est leur choix ! En fait, il y en a bien un qui m'a marqué : Il y a 3 ans, nous devions jouer en Amérique du Sud pour la première fois. Et juste à ce moment là est arrivée la grippe aviaire... Le gouvernement et les instances médicales nous ont interdit d’aller là-bas. C’était vraiment décevant...


Comme tu chantes des chansons doom, les personnes pensent que tu es mélancolique. Est-ce juste un rôle que tu joues afin de coller à l’image de My Dying Bride ?

Je suis une personne différente sur scène, mon côté artistique est très sombre. Mais quand je suis avec d’autres personnes, je suis relaxé, content, dissert et j’aime boire un coup… Ce n'est pas possible d'être mélancolique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tu finirais par te suicider… Je suis chanceux, j’ai trouvé un endroit où déposer mes pensées négatives et il s’appelle My Dying Bride.


Peut-on dire que My Dying Bride est ta bouée de sauvetage ?

Ouais, c’est cathartique !


As-tu pensé à quitter My Dying Bride ?

Non ! Il y a eu des bas mais de façon générale, les efforts que nous déployons valent la peine : Andrew et moi-même manageons le groupe. Nous ne nous rendons pas dans un bureau dans lequel on nous parle de chiffres, tableaux… Ce n’est pas pour cela que je suis dans un groupe et comme nous aimons avoir le contrôle, ce mode de fonctionnement nous convient très bien !


Ll’image de My Dying Bride est associée à Aaron Stainthorpe. Penses-tu que le groupe pourrait te survivre ?

J’aime penser que c’est possible parce que j’aimerais entendre quelqu’un d’autre chanter des chansons de My Dying Bride. Si je quitte le groupe, j’espère qu’ils pourront continuer !


Et qui verrais-tu chanter ces chansons ?

Quelqu’un qui les chanterait bien !


Et qui en particulier ?

Bruce Dickinson a une voix super évidemment mais je ne pense pas qu’elle colle à My Dying Bride (Rires) ! Je ne sais pas parce que la façon dont je chante avec des voix chuchotées, parlées, death metal…


… Michael Akerfeldt ?

Il est super mais il est trop proche du style. Je pensais plutôt à quelqu’un de différent… Nick Cave, ça serait cool même s'il aurait des problèmes avec les voix death metal (Rires) !


On a commencé cette interview avec la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quel est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Hum… "Prends-tu du plaisir à être dans My Dying Bride ?". Et je répondrais : "Oh oui !" (Sourire) !


On peut donc rassurer les fans de My Dying Bride en leur disant que le groupe est reparti pour 20 ans chez Peaceville…

Probablement et j’aurais une grande barbe grise (Rires) !


Avant de se quitter, as-tu un dernier mot à dire aux lecteurs de Music Waves ?

Merci pour le soutien, le public français est derrière My Dying Bride depuis si longtemps et le meilleur concert qu’on ait fait a eu lieu ici en France. Et pour cela, je tire mon chapeau. (En Français dans le texte) "Au revoir" (Rires) !


Merci
Merci beaucoup, j’ai vraiment apprécié !

Un grand merci à Roger de Replica ainsi que Noise et Childeric pour leur contribution...


Plus d'informations sur http://www.mydyingbride.net/
 
(1) COMMENTAIRE(S)
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NOISE - 17/10/2012 16:55:41
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Excellente interview d'un Aaron toujours aussi fascinant!
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