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TITRE:

DE FLUTTR EFFECT


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK PROGRESSIF



Passé un peu inaperçu au milieu de toutes les sorties "progressives" du moment (peut-être aussi parce que la musique du groupe est difficilement classable), Fluttr Effect s'est prété au jeu de l'interview à l'occasion de la sortie de son deuxième album
ALADDIN_SANE - 16.03.2007 -
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Entretien avec Troy Kidwell (guitare, vocaux) et Vessela Stoyanova (Midi, Marimba)

PW : Présentez-nous votre groupe. Comment a-t’il débuté ?
Vessela : Le groupe a commencé quand Troy et moi essayions de trouver une façon de jouer de la musique ensemble – je suis une percussionniste/joueuse de marimba « classiquement » formée et lui est un joueur/compositeur de guitare rock. Nous avons invité Valerie Thompson à venir jouer du violoncelle parce que nous l’apprécions en tant qu’amie et qu’elle jouait d’un instrument de basse fréquence qui n'était pas de la basse. Nous avons pensé que nous pouvions inventer une musique plus intéressante si nous ne suivions pas la formule habituelle. Si cela n’avait pas pu être elle, Troy avait également l’idée de chercher un joueur de tuba. Notre batteur, Jason Marchionna, était mon propriétaire à cette époque et il nous a entendu Troy et moi jouer « Frame by Frame » de King Crimson dans notre local de répétition au sous-sol. Il est venu nous voir et a demandé s’il pouvait s’asseoir avec nous parce qu’il aimait bien cette chanson. Au début, nous avons tous pensé qu’il était un joueur de banjo puisque nous ne l’avions vu jouer que de cet instrument. Il s’est avéré être un batteur monstre. Autrement dit, nous sommes tous des amis intéressés par la stimulation de la musique et nous avons commencé à jouer ensemble pour le plaisir. Notre chanteuse Kara Trott nous a rejoints environ 6 mois plus tard quand nous faisions déjà des « bœufs » ensemble et que Troy chantait. Il a voulu plus se concentrer sur son jeu de guitare que sur le chant et elle avait une présence « magique » sur scène, les choses ont collé ensemble comme ça.

PW : La musique de Fluttr Effect est très particulière, cela est dû notamment aux instruments originaux utilisés. Quelles sont vos influences musicales ?
Vessela : Partiellement, cela est dû en raison de la nature de nos instruments bien que l'auteur compositeur principal du groupe soit Troy Kidwell, le guitariste. Cela est dû aussi en fonction de ses goûts particuliers et larges en matière musicale. Le reste d’entre nous ont des influences très différentes et uniques - de la musique folklorique irlandaise, au Death Metal /Indus, des « Song-Writers » à la World Music d'Afrique et d’Europe de l’Est. Une chose que nous avons tous en commun, c'est que nous sommes très ouverts aux nouvelles idées et que nous n'avons pas peur de croiser les genres musicaux.

PW : Connaissez la scène « rock progressif » ? Vous sentez-vous proche d’elle ? Comment définiriez-vous votre musique ?
Troy : J’ai toujours été un fan de musique progressive. J’ai pris l’habitude de m’endormir en écoutant « Yessongs ». J’aime sa dimension et cette mentalité d’évasion qu’il véhicule. C’est en classe d’histoire du 20ième siècle à l’université que j’ai découvert ce qu’était vraiment le « progressif ». La première fois que j'ai entendu les « Lamentations » de Penderecki pour les victimes d’Hiroshima j'ai été complètement retourné. Les compositeurs du 20ième siècle ont complètement re-conceptualisé la musique dans une voie que je n'avais jamais même pensé possible. Malheureusement cette « substance » est très difficile d’écoute, c'est trop souvent mathématique, purement intellectuel et manque de « feeling » de la part des compositeurs. Brian Eno, King Crimson, John Zorn, Ornette Coleman, Eric Dolphy et Sonny Sharrock, ces gars ont cette même approche en utilisant des styles musicaux plus récents (rock et jazz) et, pour moi, ont opéré la fusion parfaite de l’intellectuel et du viscéral.

PW : Comment ont été accueillis vos 2 premiers albums ?
Troy : Nous avons découvert que c'était très dur pour la plupart des personnes de prononcer « Trithemis Festiva » (nom du premier album). Je suppose que le latin est une langue plus dure que nous nous y attendions. C’est pourquoi, peut-être, il s’agit d’une langue morte.

PW : Si je vous dis que les deux chansons les plus marquantes de « Marking Time » sont « Hollywood is porn » et « Don’t know what you’re living for », qu’est-ce que cela vous évoque ?
Troy : “Hollywwod is porn” est une réinterprétation de l’histoire classique de la naïve ingénue qui va à Hollywood seulement pour profiter des avantages historiques de cet endroit. J’imagine juste maintenant que beaucoup de filles qui terminent dans l’industrie du porno venaient à l’origine à Los Angeles pour être actrice, mannequin ou danseuse. Les stars de films se rapprochent de plus en plus près des stars du porno chaque jour. Leurs looks et leurs histoires privées font plus le succès d’un film que leur talent d’actrice. De nombreuses vidéos privées et photos truquées sont rendus publiques. Les gens s’humilient eux-mêmes dans des « reality-shows ». Cela n’apporte pas de mauvaise publicité, en fait, c’est la façon la plus rapide de commencer ou rajeunir une carrière déclinante.

« Don’t know what you’re living for » est juste un rappel que dans notre vie nous ne pouvons faire qu’une fois ce que nous comptons faire. Nous n’avons pas de temps à perdre avec la tristesse donc suivez ce que dicte votre cœur, gardez vos yeux sur votre objectif et poursuivez-le sans regarder derrière vous.

PW : Vous êtes musiciens professionnels ou cela est juste une passion en dehors de votre métier ?
Vessela : Nous sommes tous allés à l’école pour faire de la musique si c’est ce que vous demandez. Nous nous efforçons d’en faire notre profession et c’est définitivement notre passion. Maintenant, Valerie est la seule qui fait de la musique à temps plein, donnant des leçons en « freelance ». Troy et moi travaillons pour le Conservatoire de musique de Berkley, et Jason et Kara ont des emplois journaliers également. Le but est de faire de la musique notre occupation à temps plein tout en gardant notre indépendance et notre intégrité en tant que musicien. Cela s’avère un objectif difficile à atteindre.


PW : Vous êtes un groupe de la ville de Boston. Comment cela se passe localement pour vous ? Vous faites des concerts avec d’autres groupes ? Uniquement à Boston ou dans d’autres villes ?
Vessela : Boston est ce que nous appelons notre maison bien qu'aucun d’entre nous ne soit d'ici à l’origine. Il a envie de(ressemble à) à la maison quoique. Nous avons trouvé un auditoire ici, un public intelligent et sophistiqué avec un goût pour quelque chose de nouveau. Nous avons joué en premiers lieux à Boston et ça a marché. Aller à l'extérieur est un peu plus dur mais nous le faisons régulièrement. New York, le fin fond de l'Etat New York, le Massachusetts Occidental, le New Hampshire, le Vermont, le Maine, Rhode Island, c’est notre circuit habituel. Nous partons pour Cincinnati, Pittsburgh, Chicago, Detroit une ou deux fois par an et nous avons fait une tournée de deux semaines en Angleterre l'année dernière et prochainement en mai de cette année. Cette fois, ce sera pour trois semaines. Nous travaillons vraiment à établir plus de liens en Europe afin d’y passer du temps. Faites-moi savoir si vous connaissez de bons promoteurs avec un goût extravagant en matière de musique.

PW : J’ai vu sur votre site Internet que vous jouiez la Marche Impériale de Stars Wars en concert ? Vous reprenez souvent cette composition ? Vous faites d’autres reprises en concert ?
Troy : Nous avons souvent interprété la « Marche Impériale » depuis nos débuts. Nous avons appris, à notre grande surprise, que notre manager de départ Zeke était un grand fan de Star Wars et que le film sortait bientôt. Je pense que les reprises sont une belle façon de faire passer notre style à travers quelque chose que les gens connaissent. C’est particulièrement vrai avec un public qui ne nous connaît pas. Quand vous faites une bonne reprise, les gens sont pris dedans au lieu de penser « Hey ! Mais ce n’est pas un clavier ».

Les autres reprises que nous faisons : « Message in a bottle » de Police, « No Ordinary Love » de Sade, « Frame by Frame » et « Red » de King Crimson, « Fat Lady of Limbourg » de Brian Eno.

PW : Un mot sur votre prochain album ?
Troy : J’ai seulement une vague idée pour le moment mais jusqu'à présent cela ressemble à un double album-concept. Yin et Yang, Amour et Haine, Guerre et Paix, Pommes et Oranges.

PW : Un dernier mot pour les lecteurs de Progressivewaves qui voudraient vous découvrir ?
Vessela : Merci pour l'occasion d’avoir partager certaines pensées avec vous. L'interaction avec notre public est aussi importante pour nous que la musique que nous jouons. Après tout, nous serions bien seuls si les gens n'avaient pas trouvé leur propre façon d'en appeler aux autres. Si vous souhaitez nous contacter, vous pouvez nous trouver à l’adresse suivante : http: // www.fluttreffect.com et rejoindre notre forum amical.

Merci à vous deux et longue vie à Fluttr Effect !!!


Plus d'informations sur http://www.fluttreffect.com/
 
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