MW / Accueil / Articles / COMPTE-RENDUS DE CONCERT - CONCERT DE PAIN OF SALVATION - PARIS - 03/03/2007
TITRE:

CONCERT DE PAIN OF SALVATION - PARIS - 03/03/2007


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

METAL PROGRESSIF



Torpedo cloué au lit par un mauvais virus, ce sont finalement Boulisto et Struck qui ont été chargés de faire un compte-rendu contradictoire de la prestation des deux groupes prog métal du moment…
STRUCK - 11.03.2007 -
0 photo(s) - (0) commentaire(s)

WASTEFALL

Boulisto :
Si c’est un Elysée Montmartre « petite configuration » – aux rideaux latéraux tirés – qui accueille en cet ensoleillé après-midi Pain of Salvation, un bon millier de fans ont tout de même fait le déplacement pour voir les suédois défendre leur dernier bébé studio sur scène. Paris, élu meilleur public sur la tournée Be, va tout faire conserver son titre ce soir.
Wastefall joue les chauffeurs de salle grand luxe pour accueillir les spectateurs. Souvent taxés de clone de la bande à Gildenlöw, les Grecs démontrent ce soir combien leur musique se singularise sur scène.
Forts du très réussi set unplugged donné quelques semaines plus tôt dans la Ville Lumière, Dominik et ses acolytes semblent très à l’aise en terre gauloise et font montre d’un enthousiasme communicatif. Bien que le son et le light show, première partie oblige, soient des plus rudimentaires, Wastefall délivrera une excellente représentation. La musique du groupe, épaulée par un son très saturé, se fait encore plus puissante en live pour lorgner vers un thrash à la Nevermore très headbangant. Des titres comme Dance of Descent ou E.Y.E. s’avèrent particulièrement jouissifs. Mais cette puissance ne se fait jamais au détriment de l’émotion, véhiculée avec brio dans des compo comme Empty Haven et Self Extinction Project.
Dominik Papaemmanouil, que l’on savait chanteur hors pair et excellent six cordiste, livrera une prestation exemplaire très proche de sa performance studio. Très en voix et inspiré dans son jeu, sa complicité avec le guitariste Alex Katsiyannis fait plaisir à voir. L’osmose entre les deux hommes est particulièrement délectable lors des harmonies vocales orientalisantes, qui confèrent un exotisme certain au combo.
Mais à voir les incessants allers et venus de spectateurs dans la salle, on en vient à croire que le set de Wastefall n’est pas du goût de tous. Il s’avèrera que ce comportement inhabituel est le fait de la nouvelle législation sur le tabac qui contraint les spectateurs à quitter l’enceinte pour fumer. Nous voilà rassurés…
Toutefois, la musique des Grecs pouvait apparaître comme assez homogène et peu nuancé pour le public de Pain of Salvation. Très friand des ballades, ce dernier aurait certainement été des plus réceptifs encore si les Grecs avaient aéré leur show avec les superbes pièces acoustiques qu’ils comptent à leur répertoire, comme la géniale Summerlonging Angels.
Et en dépit de leur extrême sympathie, les jeunes membres de Wastefall et leurs visages de poupons manquaient légèrement de charisme. En particulier le claviériste et son look de premier de la classe, qui aura bien du mal à esquisser un sourire au cours de cette cinquantaine de minutes.
Mais ces légères doléances n’entachent en rien le mérite de cette formation des plus prometteuses. A revoir dès que possible en tête d’affiche.

[IMG]http://www.musicwaves.fr/pics/upload/articles/extras/POS5.jpg[/IMG]

Struck :
Alors que nous attendions bien patiemment l’ouverture des portes de l’Elysée Montmartre, mon fidèle compagnon de concert Gyvy (guitariste de l’éphémère AnoHate) et moi-même avons eu le grand plaisir de rencontrer Matthieu Gerbin (Conscience). Comme vous vous en doutez, la discussion a tourné autour de la carrière de Conscience et bien entendu des suédois d’ACT pour lesquels les français ouvrent. A ce titre le chanteur/guitariste de Conscience a promis un « growl » à tous les métalleux de Progressive Waves : en gros, plus aucun lecteur de Progressive Waves n’aura d’excuse pour justifier son absence le 19/03 à la Scène Bastille pour venir voir Conscience et accessoirement… ACT !

18:30 : L’ouverture des portes se fait comme prévu et il ne faut pas attendre plus de 15 minutes pour voir débarquer les grecs de Wastefall en charge de confirmer sur scène toute l’étendue du talent qu’ils ont laissé entrevoir dans leurs opus et notamment le fort justement encensé « Self-Exile »…
Premier constat, le groupe a du faire forte impression aux responsables de la programmation tant le temps qu’il leur est accordé est conséquent pour une ouverture (45 minutes)…
Le concert débute par le très heavy « Willow Man » qui sera à l’image de toute la prestation des grecs : musclée !
En effet, hormis « Strife For Definition », les grecs nous proposent ce qu’ils ont de plus nerveux dans leur répertoire…
Au rayon confirmation et évidente satisfaction, on soulignera la prestation de premier rang du chanteur/guitariste Domenik Papaemmanouil qui justifie toutes les éloges lues ici ou là ! On appréciera également la démarche du guitariste Alex Katsiyiannis qui essaie tant bien que mal de réveiller un Elysée Montmartre bien morne en tentant quelques bons mots ou des allers-retours sur la largeur de l’estrade mais rien n’y fait : la majorité du public reste de marbre… A la décharge de ce dernier, la sono n’était définitivement pas réglée pour les grecs ce qui n’aidait pas à la découverte du groupe ; les frappes du batteur sonnaient trop claires, le clavier très discret devint réellement audible sur « E.YE. » et le bassiste semblait un poil absent dans sa position de frontman surtout aux côtés de ses dynamiques acolytes…
Malgré ces quelques bémols, les grecs s’en tirent avec les honneurs et réussissent leur examen de passage scénique français comme en témoigne la relative joie des membres du groupe apparemment assez contents de leur prestation d’ensemble et de la réception qui leur a été faite !

Play-List
Willow Man
The Muzzle Affection
Self Extinction Project
Dance of Descent
Utopia Fragmented
Empty Haven
Strife for Definition
E.Y.E.


PAIN OF SALVATION

[IMG]http://www.musicwaves.fr/pics/upload/articles/extras/POS6.jpg[/IMG]

Boulisto :
Une bonne dizaine de minutes à attendre et les héros de la soirée investissent enfin les lieux. Le son est d’une limpidité rare et le light show d’une efficacité redoutable. Première surprise, ce n’est plus Used qui ouvre le bal comme depuis des années maintenant, mais le détonnant Scarsick. La rythmique d’extraterrestre et la folie ambiante du titre en font un morceau d’ouverture idéal pour électriser le public. Et déjà l’ami Daniel subjugue par sa voix décidément hors du commun. L’homme arrive à osciller entre chant rapé, parties mélodiques et cries suraigus avec une facilité proprement inhumaine. Non content d’être un chanteur d’exception, le père Gildenlöw est qui plus est guitariste surdoué et frontman d’exception. Charismatique comme personne, le suédois nous abreuvera tout au long du show de blagues dont lui seul a le secret.
Mais les autres membres du groupe ne sont pas reste, à commencer par le fauve Johan Hallgren. Cette vraie boule de muscle, qui impressionne par son jeu tout en feeling et son touché unique, sera intenable ce soir et courra sur scène comme un possédé. Quant au petit nouveau, le bassiste Simon Andersson, il s’intègre à merveille à l’équipe. Très proche dans son jeu de l’excellence de Christoffer, ce véritable boute-en-train, qui essuiera quelques quolibets sur sa fraîche intégration, affiche déjà une belle entente avec ses compagnons.
Beaucoup de surprises concernant la set list attendent les spectateurs. A commencer par les raretés Hanful of Nothing et New Year’s Eve extraites de One Hour by the Concrete Lake qu’on n’attendait pas de sitôt et Nightmist, loin d’être joué systématiquement. Si le public semblait légèrement moins réceptif lors de leur interprétation, les fans de la première heure ont apprécié le cadeau. Autre curiosité, la reprise Hallelujah interprétée, entre autres, par Jeff Buckley en guise de rappel, superbement interprété bien qu’en deçà tout de même de l’originale car plus heavy. Enfin, une relecture du poignant Undertow était proposée. Si l’émotion à fleur de peau gagnait en intensité avec cette version piano/voix, la montée en puissance du titre original s’est vu occultée pour un final somme toute moins touchant.
La part belle du set a bien entendu été faite au petit dernier Scarsick. Comme on le sentait poindre, cet album est véritablement taillé pour la scène. Le déjanté America et son refrain fédérateur a vu le public s’époumoner comme jamais. Flame to the Moth et Cribcaged dans des registres autres, ont aussi été de vraies de réussites. Mais c’est surtout l’énorme Disco Queen qui va s’attirer tous les lauriers. Véritable classique en devenir, ce titre était assurément le meilleur moment de ce concert. Un très grand bravo aux membres du fan-club Inside the Pain qui avait prévu le coup en apportant des perruques et lunettes : ambiance phénoménale assurée.
Les classiques étaient bien évidement de la partie, aussi le génial Ashes, le jouissif ! (foreword) et le fabuleux Used qui clôturait le show, ont une nouvelle fois fait mouche. Be, l’album « difficile » dixit Daniel, sera plus ou moins occulté puisque seul Diffidentia le représentera. Cela nous vaudra d’ailleurs un petit sketch hilarant du groupe qui appellera en vain l’orchestra of eternity.
Enfin, peu de regrets à formuler si ce n’est l’impasse faite sur des classiques jusque là jamais oubliés comme Inside ou People Passing By. Et il est rageant de constater que des pépites tels que Iter Impius ou In the Flesh ne seront vraisemblablement jamais interprétées.

Mais c’est là chipoter sur une prestation exemplaire. Pain of Salvation est devenu une véritable machine de guerre scénique tout à fait rodée et en parfaite communion avec son public. Daniel nous a confié que s’éloigner de Paris leur était difficile ; qu’ils cessent de se tourmenter et repassent nous voir dès
que possible.

[IMG]http://www.musicwaves.fr/pics/upload/articles/extras/POS7.jpg[/IMG]

Struck :
Après une intermède de 30 minutes qui nous a permis de voir et surtout entendre une des membres du staff de la tournée de PoS demander à la salle de bien vouloir respecter les artistes et accessoirement la nouvelle loi contre le tabagisme, voici que les maîtres des lieux débarquent sur scène et entament leur tour de chant, sans surprise, par un « Scarsick » taillé pour la scène !
Le quintet sous sa nouvelle forme semble au mieux de sa forme justement et fait en sorte de mettre un Elysée Montmartre dans sa poche avec l’emballant « America »…
Après une entrée en matière des plus musclées et judicieuse vient ce qui est -à mon sens- le point fort de cette soirée à savoir 4 titres issus des 2 premiers albums des suédois…
Voilà donc que déboule « Nightmist » qui permet de mettre en valeur le nouvel arrivant Simon Anderson tant au niveau de son jeu et notamment des slaps… que de ses réflexions (en suédois dans le texte) et autres facéties !
Malheureusement, le plaisir évident que les suédois ont à jouer les 4 titres musclés et hyper techniques de « Entropia » et « One Hour By the Concrete Lake » n’est pas entièrement partagé par une foule qui sera plus attachée à lever les bras au ciel et les balancer de droite à gauche sur la partie plus « commerciale » du répertoire du groupe issue de « The Perfect Element Part I » et « Remedy Lane »…
A ce titre, on ne pourra pas reprocher à la bande à Gildenlöw de ne pas avoir essayé de contenter la majorité des fans en jouant au moins un titre de chaque album avec une préférence pour le petit dernier définitivement taillé pour la scène !
On regrettera donc, plus que le choix de la play-list, la succession desdits titres : en effet, après avoir enchaîné 6 titres heavy, le groupe nous en propose presqu’autant de calmes ce qui a le don de définitivement endormir une salle déjà peu enclin aux effusions de joie !
Fort heureusement avant de clore les débats, PoS remet la sauce en nous offrant à nouveau des titres de « Scarsick » dont le déjà fameux « Disco Queen » sur lequel Daniel Gildenlöw se coiffe d’une perruque bleue fluo prêtée par la rare partie réveillée du public !

Les seuls réels bémols -outre l’enchaînement de la play-list- surviennent lors du rappel qui débute par un « Allelujah » qui, outre le fait de s’éterniser, ne s’avère pas être un choix très judicieux ; en effet, comment ne pas penser à l’interprétation magique de Jeff Buckley de ce standard de Léonard Cohen ! Dommage d’autant que les suédois peuvent se prévaloir d’un répertoire assez large pour se passer de ce genre de reprise qui n’apporte rien !
Autre point noir, le titre final « Used » qui, bien qu’il ait été interprété avec énormément de conviction, notamment par le Flea du prog (l’énergique Johan Hallgren), sonne faux au moment du refrain ; en effet, dans la superposition des voix, l’une d’entre elles (probablement celle du nouvel arrivant) s’avère bien trop grave rapport aux 2 autres !

En conclusion et malgré ces quelques rares imperfections, les 2 groupes nous ont proposé une prestation d’ensemble de qualité ! Cependant, nous n’avons pas eu droit à la prestation inoubliable que laissait augurer la réunion dans une même soirée de la sensation prog métal 2006 et le retour aux affaires des maîtres du genre avec un « Scarsick » définitivement taillé pour la scène !

[IMG]http://www.musicwaves.fr/pics/upload/articles/extras/POS4.jpg[/IMG]

Play-List
Scarsick
America
Nightmist
!
Handful of Nothing
New Year's Eve
Ashes
Undertow
This Heart of Mine
Chain Sling
Diffidentia
Flame to the Moth
Disco Queen
------
Hallelujah
Cribcaged
Used


Plus d'informations sur http://www.painofsalvation.com/enter.htm
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
Haut de page
 
Haut de page
EN RELATION AVEC PAIN OF SALVATION
DERNIERE CHRONIQUE
PAIN OF SALVATION: Panther (2020)
5/5

Avec ce "Panther" inventif, racé et émouvant, Pain Of Salvation met une fois de plus son immense talent au service de l’audace et de la créativité. Magnifique.
DERNIERE ACTUALITE
PAIN OF SALVATION: Nouvelle vidéo
 
AUTRES ARTICLES
THESSERA - FÉVRIER 2007
Thessera et son metal progressif racé a été un vrai coup de cœur de l’année 2006. L’avenir de cette jeune formation s’annonce des plus prometteurs.
Son très sympathique guitariste Nando Costa a bien voulu se prêter au jeu de l'interview...
DE FLUTTR EFFECT
Passé un peu inaperçu au milieu de toutes les sorties "progressives" du moment (peut-être aussi parce que la musique du groupe est difficilement classable), Fluttr Effect s'est prété au jeu de l'interview à l'occasion de la sortie de son deuxième album
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020