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A PROPOS DE:

TONY MACALPINE (21 MARS 2012)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
AUTRES

"Steve [Vai]... est une légende, et être à ses côtés me permet de collecter énormément d’informations et de technique de sa part"
STRUCK - 07.12.2012 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Comment te sens tu à quelques instants avant d’entrer en scène ?

Tony MacAlpine : Excité ! Avec toutes les personnes qui m’entourent pour cette tournée, nous sommes excités et allons avoir beaucoup de plaisir !


Quelle est la question que l’on te pose trop souvent ?

Celle là (Rires) !


[IMAGE1]


Non !?

Si¸si. Non, il n’y a pas de questions que l’on me pose trop souvent à part celle ci : "Comment en es tu arrivé à faire de la musique ?"


Ton dernier album est un petit plus "Heavy" que les précédents, surtout dans sa première partie. Récemment, tu as également exploré un style plus agressif dans le cadre de SEVENTH THE HARDWAY, ton projet avec Mark BOALS au chant. Peut-on en conclure qu’en vieillissant tu apprécies de plus en plus ce style ?

Non ! Disons que j’aime jouer tout type de musique. Je suis intéressé par tous les styles et ne m’arrête pas à un domaine précis. Je joue avant tout ce qui me plait sans tenir compte d’une quelconque étiquette musicale.


Est-ce que le fait de jouer avec une guitare 8 cordes influence ta façon de jouer si "Heavy" ?

Non, je n’ai pas le sentiment que cela influe sur ma musique, le côté "Heavy" provient essentiellement du fait qu’il n’y a pas de clavier dans cet album.


Et dans le futur, comptes tu continuer à jouer avec ce genre de guitare, ce qui malgré tout te donne ce type de son ?

Ce n’est pas la guitare qui détermine l’orientation musicale, c’est moi !


Où en es tu avec le projet SEVEN THE HARD WAY, et comment l’album a t-il été accueilli ?

La maison de disque qui a sorti l’album était terrible, elle n’a rien fait en termes de promotion. Malgré tout, cela m’a permis de travailler avec Mike Portnoy, Derek Sherinian et Billy Sheehan avec qui je tourne actuellement.


Cela signifie il que c’est un projet sans avenir ?

Oui, on peut dire ça.


Ce nouvel album instrumental est annoncé depuis des années. A quoi cela est il dû ? As-tu laissé de côté des morceaux qui ne te satisfaisaient pas pour en composer de nouveaux ?

Non, nous avons débuté les compos dans les temps, travaillé dur et n’avons écarté aucun morceau. Nous n'avions que du matériel solide, de bons morceaux !
Cela nous a demandé du temps pour le développer et trouver le bon producteur... Parfois les choses prennent du temps, c’est tout.


Sur ton album éponyme tu utilises, peut être pour la première fois, une guitare acoustique sur le titre "Flowers for Monday". Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Et quel est ton rapport avec cet instrument ?

Je ne ressens pas les choses ainsi. Je n’ai pas l’impression d’avoir tardé, mais simplement j’ai eu le sentiment qu’une chanson en particulier nécessitait qu’on l’habille d’une ambiance acoustique. C’est vrai que je ne joue pas très souvent de cet instrument, mas là c’était une expérience intéressante.


Comment composes tu désormais ? Plus jeune, je crois que les morceaux s’inscrivaient dans ta tête avent que tu ne les couches sur papier, est-ce exact ?

Je pratiquais toujours de cette manière au début. Lorsque j’ai commencé à procéder ainsi, c’est parce que je n’étais pas capable de faire autrement. Mais maintenant j'ai d'autres moyens car j'ai progressé en tant que musicien et compositeur... Et puis la technologie a également beaucoup évoluée comme l’utilisation de Protools qui te permet de mieux visualiser ta musique. Je peux donc procéder de différentes façons.


Quelle est la part d’improvisation dans ton processus d’écriture ?

Je ne pense pas que l'on puisse parler d'improvisation… (Il réfléchit). Tout part toujours d'une idée de base que je travaille et développe, ou d'influences qui me plaisent et autour desquelles je crée. Tout cela se construit petit à petit pour m'approcher de l'idéal que j'ai en tête. Je reviens parfois même à une manière plus scolaire en couchant mes idées sur papier par exemple.


As-tu visité les déserts du Salar d’Uyuni (Bolivie) et d’Oludeniz (Turquie) qui donnent le nom a deux de tes titres ? Est-ce à dire que les voyages sont une source d’inspiration pour toi ?

Oui, je me suis rendu dans ces deux endroits merveilleux, et c’est de ces expériences qu’est né l’album. Dans la version japonaise il y a même le titre "Donostia" basé sur le même principe. Et clairement cet album s’inspire des sentiments puisés dans ces voyages. C'est une idée que j'aimerais développer encore dans l'avenir.


Tu as utilisé deux batteurs de renommée, Marco Minnemann et Virgil Donati, dans ton dernier album. Mais parallèlement à cela tu utilises, sur d’autres titres, des parties de batterie programmées... Comment se fait ce choix ?

Je n’ai pas réellement de batteur de prédilection. Lorsque que nous avons un besoin, nous regardons qui est disponible et nous choisissons un nom dans une liste. Il se trouve que j’avais déjà travaillé avec Virgil dans le passé. En ce qui concerne Marco, il est arrivé par le biais de Guthrie (NdStruck : Guthrie Govan qui joue avec Marco Minnemann dans The Aristocrats). Nous enregistrions nos albums à la même période et il nous a semblé une bonne idée de partager ce batteur qui était capable de s'adapter facilement.

En ce qui concerne les batteries programmées, les ingénieurs ont développé des sons proches de ceux que peut créer un batteur. Et même si pour moi rien ne remplace l'homme, nous voulions amener cette couleur originale à certains titres c'est pourquoi nous avons partiellement adopté cette option à certains moments.


Sur cette tournée tu interprètes la totalité de "Edge of Insanity", ton premier album solo, alors que l’on pourrait penser que tu aurais aimé mettre tes compositions plus récentes en avant. D’où vient ce choix ? Est ce pour répondre à une demande du public ?

C’est uniquement pour célébrer les 25 années du disque.


Envisages tu de faire la même chose avec "Maximum Security" ?

Oui, c’est d’ores et déjà prévu.


Tes premiers albums, sortis notamment sur “Shrapnel Records” sont assez difficile a trouver de nos jours. Est ce que des rééditions sont prévues ? Et si c’est le cas, peut-on envisage un remastering ou un ré-enregistrement de ceux-ci ?

A mon niveau, rien n’est prévu. Au niveau des maisons de disque peut-être, mais ce qui est certain c’est que je ne réenregistre jamais d’anciens morceaux. Ils ne pourraient pas sonner de la même manière. L’enregistrement d’un titre doit rester quelque chose d’unique.


A tes débuts tu étais principalement influencé par la musique Classique, du fait de ton éducation musicale, et par le Heavy Métal. Au travers de quels groupes a tu découverts ce dernier genre ?

Johnny Winter et George Benson ont été de grosses influences pour moi. Ces gars là jouaient hors des structures harmoniques usuelles et rependues. Et puis j'ai aussi découvert Eddy Van Halen et tout est allé très vite. Je voulais jouer avec tout le monde, un an dans un groupe, un an dans l'autre. Je me serais bien vu jouer avec Benson ou Van Halen… Mes influences sont vastes et je me rends compte que si moi j'ai été influencé par beaucoup de grands musiciens, d'autres valeurs montantes se disent directement influencées par moi. Tout cela tisse un canevas très riche et c'est génial d'en faire partie. Mais si je dois te citer des influences, je te parlerais de Randy Roads, Reo Speedwagon ou encore B.B King.


Tu as repris un thème de Robert Schumann dans "The Dedication". Est-ce que la période Romantique de Chopin fait partie de tes préférés ?

Non, je n’ai pas de période favorite le concernant, il a fait tellement de choses brillantes. Notamment des courts morceaux qui se prêtent bien à des reprises. Les pièces plus longues sont plus riches et les multiples structures ne s'adaptent pas à une reprise à la guitare. Le titres courts au piano sont donc bien plus adaptés.


Tu as progressivement introduits des éléments Jazz dans ta musique. Qu’est ce qui a amené cette évolution, et quels sont les artistes qui te touchent dans cette scène ?

A l'origine j'étais pianiste et non guitariste comme mes premiers albums solo le laissent entendre. J'étais donc influencé par cette scène. Je peux te citer des noms comme John Lewis ou Gino Paoli.


[IMAGE2]


Dans Planet X tu utilise également des influences Jazz. Penses-tu que tu vas retravailler avec le Derek Sherinian's band?

Je ne sais vraiment pas. J’aimerais bien mais rien n’est prévu pour le moment. Je travaille déjà avec Virgil au sien de CAB et nous avons une tournée qui est prévue, mais pour ce qui concerne Derek, je n’ai rien de précis.


Il y a quelques années, avec Bunny Brunel et Virgil Donati tu as joué pour Michel Polnareff. Qu’est ce que cela fait de jouer une musique aussi peu Rock. Quels souvenirs en gardes-tu ?

De très bons, c'étais super ! Nous jouions devant des foules énormes et certains titres sont des classiques que je connaissais d'avant. Quant à Michel, il est venu voir jouer CAB un soir à L.A et il est devenu en quelques sortes notre directeur en certaines occasion comme lorsque nous étions venus jouer dans le Sud de la France.
Travailler avec Michel fut très sympa. Il aime la musique et il nous laissait une certaine liberté de jeu. il me laissait placer mes soli de fou sans que cela le gène. Ce fut très intéressant.


Ton t-shirt est un t-shirt du groupe Animal As Leader, groupe assez incroyable. Quelle est ta vision de la scène Metal actuelle et de groupes comme Messhugah par exemple ?

C’est fantastique, il y a plein de nouveaux artistes qui explorent de nouvelles choses, créent de nouveau styles, mélangent les genres, font leur propre truc…


Est ce que c’est une direction qui pourrait t’intéresser. ? Si l’on prend l’exemple de Messhugah ou Animal as Leader, ils intègrent des éléments Death Métal dans leur musique. Pourrais-tu jouer une musique aussi extrême ?

Oui, ces gars sont excellents ! En ce qui me concerne, je suis un peu comme la cuisine italienne, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je n’ai encore aucune idée concernant l’orientation musicale de mon prochain disque, mais dans l’absolu, tout est possible.


Tes influences Classiques sont désormais moins prégnantes. As-tu déjà envisagé de composer de la musique spécifiquement dans ce style ?

Bien sûr, je l’ai déjà fait. Mais à cette époque j’ai rejoint Steve Vai. Nous avons évoqué la possibilité de faire quelque chose dans ce style ensemble, mais cela ne s’est pas concrétisé !


En 1982, dans le cadre du Festival Guitare Passion de Cannes, tu as joué avec Patrick Rondat, qui partage avec toi des influences Classique et Jazz. Tu partages la scène avec lui ce soir mais aviez-vous gardé des contacts proches ?

Non, malheureusement pas. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas croisé. C’est dommage, mais ce n’est pas toujours très facile de conserver le contact avec tout le monde. Mais il est fort probable que nous ne travaillons ensemble dans le futur.


Bonne nouvelle, as-tu eu l’occasion d’écouter le dernier disque qu’il a fait avec Hervé N’Kaoua ?

J’ai vu des trucs sur YOUTUBE et j’ai entendu des morceaux. Mais je joue de la musique en permanence, alors il ne m’est pas très facile de rester en connexion avec tout ce qui sort en termes de musique.


Tu as commencé le piano très jeune. En quoi la maîtrise de cet instrument influence t-elle ton approche de la guitare ?

Le piano a été ma clef d’entrée dans la musique. Maintenant je joue plutôt des instruments "contemporains", mais étudier cet instrument et les artistes comme Beethoven et Chopin qui ont donné leurs lettres de noblesse à cet instrument, a été une expérience importante qui alimente toujours ma manière d’appréhender la musique.


As-tu prévu de sortir un disque uniquement de piano ?

Oui, j’ai un projet de ce type.


J’ai rencontré Mike Mushok (Staind) qui m’a dit que te rencontrer avait changé sa vie.

En effet, il est marié avec une de mes Professeurs de Lycée.


Es-tu toujours en contact avec lui ?

Il est venu récemment à Los Angeles pour enregistrer un disque et m’a appelé pour boire des bières, c’était très sympa.


Il m’a dit qu’il adorerait jouer sur un de tes disques.

Oh, vraiment ? Alors il faut que je l’appelle alors. Tu as son numéro (Rires) ?


As-tu encore des difficultés à jouer certains de tes morceaux ou solo ?

Non, pas du tout.


Tu attaques les cordes avec un angle de mediator important. Il y a-t-il une raison particulière ?

Non, c’est venu naturellement, je n’y fais pas attention.


As-tu des projets déjà concrets et du nouveau matériel ?

Oui, j’écris en permanence, je travaille toujours avec d’autres musiciens, je suis toujours fourré dans des studios à LA, et j’ai donc toujours des morceaux en cours. Et nous sommes déjà en train de travailler sur le prochain album instrumental.


Est-ce que des invités sont déjà prévus ?

Non, il est trop tôt pour définir cela… Peut-être Mike Mushok (Sourire).


Bon, il faut vraiment que je récupère son numéro…

Je pense que je devrais pouvoir le retrouver…


Quelle est ta place dans le Steve Vai Band ? Qu'est ce que ça te fait-il de partager la scène avec lui, est ce que cela influe ton approche de la musique ?

Steve est un fantastique musicien, un bon ami également. C’est une légende, et être à ses côtés me permet de collecter énormément d’informations et de technique de sa part. Et puis l’interaction entre musiciens fait toujours progresser.


Mais le fait de jouer aux côtés de Steve Vai ou de Vinnie Moore, n’a-t-il pas pour conséquence de faire de toi le guitariste le plus sous-estimé ?

Je ne prête pas attention à cela, je fais de la musique.


Y-a-t-il un de tes soli que tu aimes plus particulièrement jouer ?

Non je n'ai pas de favoris. Ce sont tous mes enfants en quelques sortes et je les aime équitablement.


Si tu avais à choisir un de tes morceaux pour faire découvrir ton travail à quelqu’un qui ne te connait pas, lequel choisirais-tu ?

Je ne pourrais pas choisir une seule chanson, car chaque chanson évolue de manière différente. De plus, j’ai fait plus de 15 albums et très honnêtement il y a des titres que je ne me rappelle même plus avoir écrit.


[IMAGE3]


Quel est ton meilleur souvenir en tant que musicien ?

Chaque concert est un bon souvenir. Quand tu es musicien et que tu aimes ce que tu fais, chaque concert est un plaisir.


Et ton pire souvenir ?

Cela serait certainement les liaisons entre deux concerts. Quitter un endroit pour se rendre à un autre, comme ce que nous allons faire ce soir pour nous rendre à Moscou. Mais bon… Faire de la musique est une chose extraordinaire, alors…


Que souhaitais faire lorsque tu étais enfant ?

Un musicien.


Pour finir, souhaites-tu dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves ? Peut-être en français ?

Non, je ne parle pas français. La musique est un cadeau merveilleux, qu’il faut partager, qu’il faut donner. J’ai le très grand privilège de pouvoir exprimer ma musique devant des gens et j’espère vous voir très bientôt à un concert. Tout le meilleur pour vous.


Un grand merci à Roger qui a rendu possible cette rencontre, Nuno777 et MarcM pour leur contribution ainsi que Nestor et Mr Blue pour cette retranscription...
 
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