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A PROPOS DE:

SOILWORK (17 JANVIER 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

"On a voulu aussi montrer que l'écriture de Soilwork ne se résumait pas juste à Peter."
PHILX - 01.02.2013 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
On s'est rencontré en 2007, que s'est-il passé depuis tout ce temps ?

Björn "Speed" Strid : Wow, il s'est passé ce qui s'est passé, j'ai envie de dire (Rires) ! Plein de choses de toute évidence, on a eu le passage de Peter qui était revenu mais qui est reparti à nouveau (Sourire), on a beaucoup tourné, mais peut-être pas assez avec "The Panic Broadcast" selon moi. Parfois, on ne savait pas si Peter était capable de repartir sur les routes, il voulait rentrer chez lui en famille. C'est pourquoi nous n'avons fait qu'une tournée US et une Européenne. Mais c'était insuffisant, on aurait pu faire beaucoup plus…


Justement Peter était un membre clé du groupe. Avec son départ, les sides-projects de Björn : n'as-tu pas eu envie de faire un break ?

Björn : Non, pas vraiment ! Il y a eu des moments un peu durs, plus ou moins prometteurs… Nous avons de très bons compositeurs dans le groupe, je n'ai donc pas voulu nous sous-estimer même si Peter était le principal compositeur. Mais il faut être en forme pour composer, pas comme Peter l’a été ces derniers temps, bien trop stressé de tourner. Donc dans tous les cas, il aurait mal bossé ! Si bien que la deuxième fois qu'il nous a quitté, ça s'est passé beaucoup plus facilement : ce coup-ci, on était sûr que c'était mieux comme ça.


Son départ vous a donc ouvert les portes vers l'écriture de quelque chose de plus frais ?

Björn : Oui, je pense, et ça s'entend sur l'album, c'est un effort commun. C'est cool et assez unique… On a voulu aussi montrer que l'écriture de Soilwork ne se résumait pas juste à Peter. Les gars aussi ont des choses à exprimer, à canaliser dans l'écriture, c'était très positif. Ca nous a beaucoup inspiré.

Ola : En fait, ça a eu l'effet inverse de ce que les gens ont pu penser. La première fois qu'il est parti, ça nous a mis un sacré coup ! Alors que tout allait bien, on était au top… J'en ai gardé un mauvais souvenir ! Et certains fans n'ont pas aimé ce qui a suivi. J'ai eu peur que ça recommence. Mais ce coup-ci, on a rebondi au lieu de s'accabler.


Vous avez tellement rebondi et étiez tellement inspiré que vous avez fait un double album ?

Björn : Probablement, oui ! Mais ce n'est pas arrivé en cours d'écriture... C'est quelque chose qu'on avait décidé dès le début. On avait composé 26 chansons car c'est toujours mieux de se laisser une marge pour choisir quels seront les titres à prendre sur l’album.

Ola : Ca fait un sacré moment que ce mec-là (Ndlr : en pointant Björn) avait cette idée en tête ! Et avant de commencer cet album, il nous en a dit que c’était le moment de le faire. Pour ma part, j'étais flippé, je ne pensais pas qu'on y arriverait. C'est déjà du boulot d'aligner 10-12 chansons pour un seul album, mais là ! Et puis j'ai vu la façon dont tous les membres du groupe se sont investis et ça s'est passé très facilement en fait. On a commencé l'écriture l'an dernier et c'était très rapide avec l'inspiration de tout le monde...


Pouvez-vous nous parler de l'atmosphère de "The Living Infinite" ?

Ola : Cet album est plus sombre que les précédents… Après avoir écouté le 1er cd et que tu enclenches le 2nd, c'est plus sombre, plus atmosphérique. C'est ce qu'on a essayé de faire et je pense que c’est réussi ! Après, tu peux entendre certains trucs old school qu'on faisait déjà sur notre premier album.

Le titre, c'est Björn qui l'a choisi, c'est lui qui s'occupe de ça en général ! Il a voulu symboliser une immensité qui bouge, un peu comme un océan, stable en apparence, mais toujours mouvant. Tu vois, un peu comme la vie aussi, toujours en mouvement et qui parfois te dépasse sans que tu ne puisses rien y faire. C'est un peu le concept des paroles de l'album. Et ce n'est pas toujours rose, voila le côté obscur. Mais bon, il y a toujours de l'espoir, hein (Rires)!


Qu'est-ce que vous avez voulu exprimer dans cet album que vous n'aviez pas pu faire avant ?

Björn : Il y a 20 chansons, donc pas mal de choses à dire. Les membres avaient une grande liberté de compo, donc on a pu faire un peu plus dans le progressif.
J'ai grandi avec le groupe - j'avais 17 ans quand je l'ai rejoint - ça a été une grande aventure… Ca prend du temps de se développer, se construire… Avec ce double album, on a abordé des problèmes plus profonds, limite existentiels, qui sont sans fin, sans véritable réponse. Ca m'a permis de canaliser mes sentiments.


Avec le départ de Peter, ce recul sur tes plus jeunes années, et cet album plus progressif et conceptuel, « The Living Infinite » ne serait pas l'album de la maturité ?

Björn : Je le pense, c'est clair ! Comme tu dis, on s'est révélé en tant que compositeurs. Même si "maturité" est un terme qui m'emmerde un peu (Rires), ça a du sens : tout prend place !


Cet album est donc un nouveau chapitre de la carrière de Soilwork ?

Björn : Oui, carrément. Ce serait un peu cliché de dire une nouvelle ère, mais c'est comme ça que je le vois.


Vous avez déjà des retours de vos fans et proches ? Quels sont-ils ?

Björn : Ils sont excellents, vraiment. En général, on a plutôt de bons retours, mais ce nouvel album déclenche plus de passion (Rires) : il est encensé pour le moment, c'est cool.


Le fait que ce soit un double album, appréhendez-vous sa sortie ?

Björn : En sortant du studio, pas du tout, j'étais très confiant ! Le seul moment de stress était à l'écriture : « Est-ce qu'on va avoir assez de titres ? Est-ce qu'on ne prend pas trop de risques en faisant ça ? ». Avec le temps, je me suis fait à cette idée, et on en a fait quelque chose de vraiment bien.

Ola : Oui, bien sûr ! C'est clair qu'on peut se demander à quoi s'attendre d'un groupe de Death qui sort un double album. Mais on l'a fait en se faisant plaisir comme toujours. Oui, on est toujours un peu anxieux, mais surtout à l'écoute de ce que les fans peuvent dire. Comme toujours, il y aura forcément des gens déçus...





Peut-être en raison du fait que cet album est plus lourd à digérer que ces prédécesseurs...

Ola : Je trouve l'album assez riche pour ne pas ennuyer. Il y a beaucoup de variations pour garder l'intérêt de l'auditeur. Personnellement, je pourrais l'écouter des heures - et c'est ce que j'ai fait - et l'apprécier tout autant. Au pire, écoutez le premier CD, laissez passer, et balancez le 2ème (Rires) !


Comment s'est passée la composition, et comment le travail s'est réparti entre vous ?

Björn : Dans Soilwork, tout le monde est au même niveau ! Bon, j'en suis le frontman c'est sûr, mais tout le monde est monté en expérience et a contribué avec des trucs super intéressants : paroles, chansons, mixage, etc. Il y a parfois besoin de quelques cadrages, ce n'est pas évident quand tout le monde pèse autant dans la balance, mais c'est génial de pouvoir faire ça. Ce n'est pas le cas de beaucoup de groupes d'avoir tant de compositeurs…


Ca faisait un moment que David était dans votre entourage, il avait déjà remplacé Peter lors de son premier départ mais il n'avait jamais contribué à un album de Soilwork. Quelle a été sa place pendant l'écriture ?

Ola : David a été super productif. Je crois qu'il a écrit 7 ou 8 chansons de cet album ! Il est super créatif. Je n'arrêtais pas de recevoir des emails de lui avec des idées de chansons ! Il a ramené certains passages acoustiques, chose que nous n’avions plus fait depuis le 2nd album. En clair, il y a toujours beaucoup d'énergie dans le groupe, avec l'arrivée de David en plus…


Et les Frenchies ?

Björn : Oui, Sylvain (Ndlr : Coudret) a contribué admirablement tout comme Dirk (Ndlr : Verbeuren) même si on peut dire qu'il est Belge vu qu'il y est né (Rires)...


Attends c'est un des meilleurs batteurs, il est à nous, il est Français !

Björn : (Rires) Ok, ok ! En tout cas, il a excellé aussi dans sa partie. Il a aussi beaucoup bossé sur l'arrangement des chansons ce qui est super important.


Toujours à propos de Dirk, il a dit : "Qu'on l'aime ou non, il faut qu'on tourne". Vous êtes d'accord avec ça ?

Ola : Ouais (Rires) ! C'est vrai ! C’est évident : si tu veux être musicien et te faire connaître c'est évident qu’il faut tourner… c’est aussi important pour te faire de l'argent. Que tu aimes ou non tourner, il faut le faire, même si on vieillit et que ça devient plus compliqué d'être éloigné de chez soi, de devoir faire ce sacrifice…. Ce n'est pas tant le fait d'être en tournée particulièrement car ça c'est toujours super !


Et on peut dire que vous êtes de retour sur les routes ! Vous enchainez avec la tournée Nord Américaine de "The Living Infinite", et on a compté, vous allez jouer 54 dates (à partir du 12 mars), tous les jours - seulement 3 jours de repos. Comment faites-vous ça ? Vous avez un secret de grand-mère Metal ?

Ola : (Rires) Quand t'y es, ça va : ce n'est pas si dur (Sourire) !


Allez, vous ne jouez pas de la musique de chambre ! Tant d'énergie déployée sur scène...

Ola : C'est vrai, mais il faut que tu demandes à Dirk son secret, c'est lui qui en fait le plus (Rires) ! C'est souvent la première semaine la plus éprouvante, ensuite, ça va tout seul. On est vraiment content de tourner, de voir autant de monde à chaque fois, de rencontrer des groupes, se faire de nouveaux potes, c'est comme une petite famille qui voyage ensemble…

Par contre, de secret, je n'en ai pas… En revanche, quand tu pars si longtemps, tu ne peux pas te permettre de trop picoler. Beaucoup de groupes ne tiennent pas à cause de ça… Il faut savoir que l'eau fait plus de bien que la bière (Rires) ! Il n’y a pas de secret, si tu veux assurer sur scène, il faut prendre soin de toi. Les gens se déplacent pour nous voir, il faut le leur rendre !





A ce sujet, comment se fait-il que vous n'ayez toujours pas sorti de CD ou DVD live ?

Ola : C'est une très bonne question, on nous le demande souvent... Tu sais, avec tous ces changements de line-up, on ne s'est pas vraiment posé en tant que groupe assez longtemps. Il y a aussi le fait qu'on a sorti 9 albums et pour sortir un DVD, il faudrait pouvoir jouer toutes les chansons qui ont vraiment marqué notre carrière. C'est ce que j'aimerais…


Une majorité de chansons de cet album semblent être écrites pour être jouées live. Pendant l'écriture, vous y avez pensé ?

Ola : Non, ce n'était pas le but particulièrement. Mais c'est vrai que certaines vont être un plaisir à jouer live, la chanson introductive peut également être utilisée pour l'ouverture... Je pense que Jens Bogren, qui a produit l'album, y est aussi pour quelque chose. Il a fait un truc extraordinaire avec notre son, et a été très impliqué.


Ola, quel est ton meilleur souvenir en tant qu'artiste ?

Ola : En fait, ce serait là, à l'enregistrement de cet album. On n'avait pas répété, on avait ces 26 chansons, et on les a joué comme ça, il y avait vraiment quelque chose de magique !


Au contraire quel serait le pire ?

Ola : Oh, il y en a quelques uns... Avec Soilwork, c'est probablement la première fois que Peter nous a quitté. C'était vraiment dur pour moi, ça faisait tellement longtemps qu'on se connaissait, qu'on jouait ensemble. La première fois en tout cas, la seconde c'était plutôt : "m’ouais, ok !" (Rires).

Le prochain album sera le 10ème, avez-vous déjà une idée pour marquer le coup ? Vu que cet album est un double, vous avez pensé à un triple ?

Björn : Non, vraiment pas (Rires) ! Mais ça va nous inspirer, on est ravis de celui-ci !

Ola : Moi, j'y pense ouais ! Cet album nous a ouvert de nouvelles perspectives, avec de bonnes vibrations, on a encore plein de choses à faire ! Je n'ai pas d'idée précise, mais j'ai juste hâte de la suite !


Un passage prévu chez nous ?

Ola : Oui, alors on compte faire au moins un festival cet été, et pour le reste c'est en cours, on attend des réponses.


Quel sera le premier single de l'album ?

Ola : C'est en train d'être décidé en ce moment même ! Il faut qu'on finisse d'échanger avec notre label à ce sujet.


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Ola : "Salut mec, ça va ? », "Supercomplexe" (Rires) ! Quand Sylvain et Dirk discutent entre eux en écoutant de la musique, ils n'arrêtent pas de le dire, c’est les seuls trucs que j’ai retenu en français (Rires) ! Sinon, si jamais vous avez été déçu par notre musique à un moment, vous devriez être réconcilié avec cet album! Donnez-lui sa chance, et vous verrez.

Björn : Ca fait un bail qu'on n'est pas venu en France, et ce n'est pas cool ! Mais nous avons eu des problèmes avec notre promoteur qui a pris l'argent et s'est barré… Mais nous voulons vraiment revenir pour nos fans Français, vous le méritez et avez montré beaucoup d'intérêt pour nous.


Plus d'informations sur http://www.soilwork.org/
 
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