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TITRE:

VULCAIN (5 AVRIL 2013)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



15 ans après "Stoppe la Machine", Daniel et Marc ont décidé de la redémarrer avec ce "V8" gonflé à bloc et elle est tout sauf grippée...
PHILX - 18.04.2013 -
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V8 est votre prochain album qui sortira le 22 avril prochain. 15 ans après Stoppe la Machine (1998), vous vous sentez comment ?

Daniel : On le sent bien celui là, c'est notre bébé ! On est survitaminés pour ces dernières compos. On a mis toute notre sincérité dedans, donc on pense, on espère qu'il va plaire. Lâchez les fauves, il ne reste qu'à les jouer sur scène.


Combien de temps cela vous a pris de tout composer ?

Daniel : On a travaillé chez Marc, le week-end uniquement, on a pris notre temps. C'était donc différent que de prendre 20 jours de studio où tu enregistres de 8h à 22h.

Marc : Oui, on a vraiment pris notre temps, on est revenu sur certaines choses. On s'était mis d'accord là dessus dès notre reformation, on est pas là pour faire les choses à la va-vite.


En plus, vous avez vraiment travaillé seuls pour le coup...

Marc : Oui tout à fait ! On n'a eu aucune pression, de personne, et on ne se l'est pas mise, donc tout allait bien (rires) !


Il y a 2 ans, Marc nous avait dit de nous attendre au meilleur album de Vulcain. Maintenant qu'il est dans les starting blocs, vous maintenez ces propos ?

Marc : Ca parait un peu cliché parce que c'est souvent ce qu'on dit sur un nouvel album ! Je me suis permis de dire ça parce que d'une part je le pense toujours mais aussi parce que les comparaisons sont toujours difficiles. Le premier album de Vulcain, c'est sûrement le meilleur parce que c'est le plus frais, le plus direct, etc. Mais là, je pense qu'on a réussi l'album de la maturité, et c'est ça qui est important pour nous, maintenant. On s'est rendu compte qu'on était Vulcain, le bloc Vulcain, et qu'on savait toujours faire du Vulcain, du vrai, la preuve avec cet album.


Est-ce une sorte de retour aux sources ?

Marc : Ca me fait bizarre de parler de retour aux sources...

Daniel : Il était pas là, lui, à la source (rires) !

Marc : Ouais, j'étais dans le public, donc déjà nourri ! (rires) C'est toujours difficile, tu peux pas refaire le même album 30 ans après.


C'est pas le but, non plus...

Daniel : Non, du tout, c'est un vrai nouveau projet.

Marc : On voulait retrouver cette énergie qu'on n'a jamais perdue au fil des années. Revenir après plus de 10 ans d'absence, c'était pas forcément gagné, on nous attend au tournant.


Certainement, mais vous saviez aussi que votre fan base était toujours présente, et attendait votre retour...

Marc : Oui, c'est clair ! On veut se faire plaisir avec nos fans, d'où le titre 'Avec Vous' !


Parfaite transition ! L'album est justement introduit par cette chanson dédiée à votre public : une véritable déclaration d'amour. C'est important pour vous de vous adresser directement à lui dans une chanson ?

Marc : C'est un des premiers titres qu'on a composé et il lui rend vraiment hommage, oui. C'est un tout, on n'est rien sans eux.

Daniel : C'est la première fois qu'on fait une chanson là-dessus mais sinon on est toujours en direct avec eux, dès qu'on peut.

Marc : Les gens qui nous ont approché tout au long de notre carrière savent qu'on n'est pas du genre prétentieux, à rester dans nos loges, à refuser des autographes... au contraire, on a toujours été proche du public. On voulait enfoncer le clou et chanter qu'"On est avec vous !"


Avec ce "V8", les expérimentations sont terminées : c'est un retour à du Vulcain pure souche !

Daniel : C'est intéressant ça, quelles expérimentations ?


Il y a dans votre évolution musicale certains passages qui marquent une certaine rupture avec le Vulcain de la première heure...

Marc : Aaahh, tu veux parler de "Transitions" et "Big Bang", par exemple (rires) ? Alors oui, faut toujours qu'on s'explique un peu sur cette période, c'est normal ! On avait déjà des années de carrière, on rentrait dans une autre décénie avec d'autres modes musicales, il se passait plein de choses autour de nous. Après 3 albums studio et un live, on était certainement dans une vague un peu creuse dans notre carrière, comme ça arrive. On s'est dit qu'on pouvait prendre un guitariste à la mode, un qui tricotte un peu. Ca a joué sur les compos et ça nous a fait évoluer artistiquement. Quand ça fait 15 ans que tu tournes, qu'on t'appelle le Motörhead français - c'est pas que ça nous dérange ! - c'est bien mais on avait envie de prouver que l'on pouvait faire autre chose et évoluer artistiquement.

Daniel : Donc expérimentation, non, mais évolution oui, à cause des guitaristes qui ont apporté ce qu'ils avaient. C'est pour ça qu'on les avait pris.

Marc : Ceux qui crachent sur ces albums devraient les réécouter parce qu'au fond, c'est du Vulcain ! Même si c'est plus léché, il y a des soli que Daniel n'avait jamais fait parce que c'était pas notre truc ! On est fier de ces albums, il y a peut-être des choses à redire, ça a peut-être un peu vieilli, c'était le risque des productions de l'époque, mais quand j'écoute 'Sophie' sur "Transitions", je tombe toujours par terre. Pour celui-là, on s'est pas dit qu'on allait refaire du 'Rock n Roll secours', ni du "Big Bang", ni du "Transition". On a composé des titres, on les a joué et on s'est dit "ça le fait !" Avec le recul, je me dis qu'on est peut-être revenu à des choses plus péchues et plus directes. C'est normal, un groupe qui a 30 ans de carrière comme nous, se doit d'essayer de faire des choses. Pareil, on a pu reprocher des trucs à AC/DC, à Motörhead... c'est pas évident de rester après tant d'années !





Et on sait qu'il n'y a pas plus exigeant qu'un fan...

Daniel : Bien sûr !

Marc : Oui mais le fan a le droit de critiquer. On écoute son avis. Ce qui me gène, ce sont les gens qui crachent sans savoir ni connaitre.


Comme vous l'évoquiez tout à l'heure, on vous a souvent comparé à Motörhead et ce n'est pas ce "V8" qui risque de changer la donne !

Marc : (rires) Ouais, on vient de là, quoi ! On peut pas le cacher. Et Motörhead ne s'y trompe pas non plus ! La dernière fois qu'on a eu la chance d'ouvrir pour eux à Lyon, Phil Campbell est resté pratiquement tout le show à côté de nous et dire à notre manager que c'était vraiment bien (rires) ! On ne peut être que fier de ça !


Vous êtes restés en contact avec eux ?

Daniel : C'est pas le mot exact, on n'est pas des amis, on ne s'invite pas, mais chaque fois qu'on se voit, il y a toujours cette demi-heure où on se retrouve tous les six, c'est impressionnant.

Marc : Preuve en est, l'interview qu'on a fait pour Arte au HellFest, où Mikkey Dee intervient au milieu. C'est fun et ça se fait naturellement avec eux.


Parlez-nous de la compo et l'enregistrement de cet album. Vous y avez été de vos propres moyens pour le faire ?

Daniel : On l'a fait chez Marc, ce qui a facilité pas mal de choses.

Marc : C'était une volonté de notre part. On a essayé des trucs, on en a jeté. On a retravaillé tout ça à la maison, en studio dans lequel on s'est attardé sur la qualité du chant, des soli. On était libres artistiquement de faire ce qu'on voulait.

Daniel : On faisait ça le weekend et on a bien travaillé aussi bien au niveau des textes que des compos. On a vraiment fait ça tous les 3, j'avais besoin de leur idées et ça a bien collé.

Marc : On a aussi fait appel à un pote qui avait déjà écrit pour nous sur "Big Bang" avec 'Jimmy's Boogie', pour deux textes de "V8" : 'Croix de Bois' et 'Call Of Duty'. Il est arrivé avec des thèmes hyper intéressants et on aime sa façon d'écrire. Pour un chanteur, ce n'est pas facile de chanter les textes de quelqu'un d'autre, parce qu'on n'a pas forcément les même découpes. Mais on n'est pas allé chercher un parolier comme Zazie ! (rires)

Daniel : On s'adore, c'est un hard-rocker de notre génération.


"V8" est un album autoproduit, le son est brut de décoffrage. C'est une volonté de votre part de revenir aux origines du groupe, d'avoir un son plus authentique ?

Marc : Bien sûr, c'est vraiment notre son, on allait pas y mettre des claviers ! (rires) On veut retranscrire au mieux ce qu'on fait sur scène ou en répet. Daniel ne voulait pas s'amuser à faire 15 grattes différentes vu que sur scène il n'en joue qu'une ! Plug and play ! On a souvent souffert de la production de réalisateurs ou de producteurs qui mettaient des reverbs, des choses qui nous correspondaient pas forcément. Là, on a pas abusé d'effets.


Parce que vous avez subi certains choix que vous ne cautionniez pas dans le passé ?

Daniel : Oui, parfois on a dit ok alors qu'on ne l'était pas... Pour celui-là, s'il y a quelque chose qui nous plait pas, on ne peut s'en prendre qu'à nous trois. On avait cette volonté de faire ce qu'on voulait.


Parmi les titres originaux s'est glissée une reprise de "l'arrivée du tour" de Bashung... Comment l'idée vous est venue ?

Daniel : Elle est sortie pendant notre période "Transitions". Elle m'avait beaucoup plu et je leur avait déjà proposé à cette époque, mais je m'étais fait bouler, je ne sais pas pourquoi.


C'était trop tôt, tu étais précurseur !

Daniel : Ouais, moi je sentais le truc avec cette chanson mais j'étais le seul ! Donc là, on a voulu faire une reprise et comme j'ai des difficultés à chanter en anglais... (rires) Puis ce mec-là nous a toujours intéressé.

Marc : On avait déjà fait 'We Are The Road Crew' de Motörhead, adaptée en français. On a cette identité du groupe français qui chante en français. Il y a un tas de bons chanteurs en France, on avait aussi repris du Dutronc au début de notre carrière. Ca va peut-être étonner beaucoup de personnes, mais pour nous Bashung est un rocker bien plus rock qu'on peut le croire. Et puis c'est un mec pour qui on a beaucoup de respect. Daniel avait ce fantasme de l'arrivée du tour...


Reprise comme vous l'avez fait, ça pourrait être un titre de Vulcain ! Comment vous l'êtes-vous appropriée ?

Daniel : Exactement, les paroles sont là, mais si tu compares, ça n'a rien à voir ! En fait, je l'avais déjà dans la tête, depuis 88/89 !

Marc : Daniel est arrivé avec ses accords, et avec Vincent, il nous restait plus qu'à faire poum-tchaka-poum derrière !

Daniel : Alors qu'il y a 20 ans je leur avais déjà montré et ils m'ont fait : "C'est nul ton truc !"

Marc : Comme tu disais, c'était peut-être trop tôt...


Nombre de groupes ont connu un succès bien plus important après s'être séparés puis reformés. Qu'attendez-vous de ce retour ?

Daniel : Du monde aux concerts !

Marc : Oui et prouver qu'une reformation d'un groupe comme nous, ça peut marcher. On était attendu et c'est motivant. On a eu les preuves avec le Hellfest, on est allé jusqu'au Canada, en Allemagne alors qu'on ne l'avait jamais fait avant, on s'est aperçu qu'on avait des fans la-bas aussi. On est gonflé à bloc 10 ans après ! C'est toujours ce qu'on a voulu prouver : un groupe de Rock 'n Roll en France, ça existe et il s'appelle Vulcain !


Ce retour va vous permettre de revenir sur le devant de la scène et de toucher un nouveau public. N'appréhendez-vous pas l'arrivée de ces nouvelles oreilles ?

Daniel : Si des oreilles s'ouvrent sur l'album qu'on vient de faire, on a gagné la bataille.

Marc : On va pas dépuceler des oreilles non plus ! Les gens qui vont écouter Vulcain ont déjà tendance à écouter du Rock 'n Roll ! Ce qui nous a fait plaisir avec ce retour c'est de voir qu'il y avait la nouvelle génération, on ne s'adresse pas qu'aux anciens. On ne s'est pas trompés, ils sont là, devant, et ils veulent voir et écouter Vulcain ! Quoi qu'il arrive, sans aucune prétention, on a aucune crainte.


Une éventuelle tournée est prévue pour jouer l'album ?

Daniel : On ne peut pas appeler ça une tournée. Déjà, on va jouer le weekend. On sait qu'en France, ça sert à rien d'organiser des tournées et faire des dates un mardi soir.

Marc : Puis on a décidé de casser le principe de l'album suivi de la tournée derrière. L'album sort, on voit les réactions, les chroniques, les ventes, et on prépare tout ce qui va bien pour faire des dates en octobre. Si on a été indépendant pour faire l'album, pour faire des dates, c'est plus compliqué... Malheureusement, on a fait du pied à quelques tourneurs qui semblent nous bouder alors que depuis qu'on s'est reformé, on ramène du monde et parfois bien plus que certains artistes qu'ils ont signé. Enfin s'il faut monter notre propre tournée, on le fera, et puis si les gens du métier ne veulent pas nous voir, c'est pas grave, on se passera d'eux. C'est ce qu'on a fait avec l'album. Nous, on fait des dates, on ramène du monde et tout le monde est content !

Daniel : Il y aura des dates à Paris et partout où on nous demandera de jouer !


On retrouve cette amertume sur le fait que vous avez produit cet album seul. Qu'est-ce qui, selon vous, doit être amélioré dans le marché français de la musique ? C'est quoi le problème ?

Marc : On ne va pas refaire le débat maintenant, mais au niveau des maisons de disque, je pense qu'ils se sont fait déborder par les téléchargements. Tous les groupes, à tous les niveaux, ont vu les ventes divisées par 3 ou 4 d'un coup. Faut pas être fataliste et dire que c'est foutu, la preuve c'est qu'on revient en auto production. On se dit que les maisons ont peut-être mal géré ça, elles ont attendu qu'on les fasse crever pour tirer le signal d'alarme, mais c'est trop tard et maintenant qu'ils aillent se faire foutre, tout simplement ! Le gros problème, qui n'est pas récent mais qu'il y aura toujours en France, c'est la culture musicale en générale. Que ce soit du Hard ou autre, on a toujours l'impression de faire partie d'un truc complètement à part et d'être des extra-terrestres. La télé ne s'ouvre pas du tout à ce milieu-là, sauf si tu t'appelles AC/DC ou Maiden. Il faut changer les mentalités, il faut qu'il y ait plus de culture ! En Belgique ou en Allemagne ils sont beaucoup plus ouverts qu'en France, alors c'est faisable !


Vos différentes coopérations avec des musiciens plus jeunes n'ont pas duré, et vous expliquiez ça par un conflit de générations. C'est sur votre façon de bosser ou plutôt sur la mentalité des jeunes qui font du Hard-Rock aujourd'hui que ça n'a pas collé ?

Daniel : On ne peut pas dire que les deux qu'on a pris étaient des Hard-Rocker à la base. C'était des virtuoses de la guitare, mais de ce fait il y avait déjà un petit décallage. On ne faisait pas la fête de la même façon, l'état d'esprit n'était pas le même.

Marc : Sans vouloir jouer le Clan des Siciliens, Vulcain, c'est quand même un clan. C'est pas forcément évident de rentrer dedans. Il y a les frangins, donc déjà moi je suis dans la merde. (rires) Ca faisait plus de 10 ans qu'on était ensemble et si on ne les a pas mal accueillis, c'est peut-être plutôt eux qui ont eu du mal à s'intégrer. On avait des façons de travailler différentes. Frank, le premier guitariste avait prévu d'être de passage, on était prévenu qu'il voulait rentrer dans le milieu de la musique au delà de la guitare pour faire de la production. Il a ensuite bossé avec Souchon, Tieffaine... il n'était pas dans l'état d'esprit que pouvait avoir Vulcain. L'autre guitariste était complètement en décalage car en plus de la génération, il y avait la culture : il était péruvien. Très bon, mais fatiguant !


Où en sont vos projets perso ?

Daniel : Au placard. C'est trop compliqué de tout gérer en même temps.

Marc : J'ai mis Blackstone entre guillemets mais pas à cause de Vulcain. J'ai du mal à trouver un label et à relancer vraiment ce projet. J'ai fait trois albums avec Blackstone, j'ai été content du résultat mais j'arrive à un point maximal. Avec la même équipe, on a le projet Ian Kent & The Immigrants qui est plus country/folk que je mène en parallèle. On gère les emplois du temps !


Le mot de la fin ?

Marc : Non parce que ce ne sera jamais fini ! (rires) On laisse ton interview ouverte pour la prochaine fois !

Merci !

Merci à toi
 
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