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A PROPOS DE:

BUKOWSKI (26 AVRIL 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
STONER

"Tout va très vite et on n’a pas forcément le temps de se rendre compte de toutes ces choses-là"
STRUCK - 13.05.2013 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Mathieu : Ah c’est pas mal comment question ça…

Julien : Comment tu t’appelles (Rires) ?

Mathieu : Est-ce que vous faites du Stoner ?


[IMAGE1]


Justement comment expliquez-vous cela ? En effet, si on peut entrevoir des influences Stoner à la Monster Magnet ou Kyuss, on ne peut pas qualifier la musique de Bukowski comme telle…

Mathieu : Je ne sais pas même si c’est vrai que le premier album était Stoner, du moins sonnait un peu Stoner, et du coup, on nous a tout de suite classé dans ce genre. Au final, on aime bien le Stoner mais on est plutôt Rock.


Je suppose que ce nom est en hommage à l’auteur controversé Charles Bukowski connu pour un passage épique sur Apostrophes en 1978. A-t-il influencé votre musique mais aussi votre vie personnelle ?

Mathieu : On s’est effectivement bien retrouvé dans sa vie dissolue et assez rock’n’roll pour le coup…


La vie de cet auteur a été marquée par l’alcool et les femmes, est-ce votre point commun avec lui ?

Julien : On peut le dire oui (Rires)…

Mathieu : Ca peut paraitre prétentieux mais c’est une sorte d’hommage à Charles...


Au niveau des textes, vous inspirez-vous de son œuvre ?

Julien : J’ai une écriture complètement éthylique… Je n’écris que sous l'emprise de l’alcool… Son rapport aux femmes, sa disgrâce, ça me parle !


Musicalement, "The Midnights Sons" a été l’album de la consécration vis-à-vis du public metal (passage au Hellfest, Sonisphere) et de la presse rock (Oui Fm vous suit comme en témoigne le concert privé d’hier soir). Avez-vous vécu cette période comme un certain accomplissement artistique finalement rapide vu que le groupe date de 2007 ?

Mathieu : Effectivement, tout va très vite et on n’a pas forcément le temps de se rendre compte de toutes ces choses-là. Mais quand des mecs comme toi nous posent ce genre de questions, on s’en rend compte. Je vois beaucoup de groupes qui triment et nous on a cette chance… On doit avoir un capital sympathie, je ne sais pas (Rires)… Mais c’est vrai que pour le coup, les choses sont beaucoup plus simples pour nous contrairement à d’autres groupes très, très bons en France. Donc on savoure cette chance !


Au regard de cette consécration, avez-vous eu une certaine pression au moment de commencer l’écriture du 3e album ? Vous sentez-vous attendu au tournant ?

Mathieu : Pas vraiment parce qu’on ne se pose pas ce genre de questions-là. On n’a pas ce coté business et encore moins depuis que Fred a rejoint le groupe : il nous a pas mal aidé de ce coté là. Donc, on n’a pas eu plus de pression que pour les autres albums.


Finalement quelle est votre recette magique pour séduire à la fois les métalleux et les fans de rock qui arrivent rarement à un point d’entente ?

Fred : Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Le groupe est capable de jouer sur un festival de metal comme sur un festival de pop/ rock. Donc, tu as ces deux extrémités et entre, tu peux tout faire. Dans notre musique, il y a la petite dose de metal qu’il faut, la petite dose de mélodie qu’il faut, le côté massif qui réunit tout le monde…et ça chante ! Une sorte de mélange entre Foo Fighter, Pantera et Motley Crue c’est à dire une large palette qui rallie plein de gens ! Et puis je pense aussi que lorsque le groupe monte sur scène, il mouille le maillot. Et ça, le public metal aime ça. Il aime quand ça sent le vrai.


Ce 3e album parlons-en. Avant de parler musique, cet album marque la collaboration avec Fred Duquesne (Watcha, Empyr…) à la production qui a débouché sur une collaboration élargie si bien que le trio est devenu quatuor ? Pourquoi ce passage à deux guitares : n’avez-vous pas peur de mettre à mal la force du power trio ?

Fred : Je me suis posé la question. Pour l’instant les gens qui ont vu la version quatuor trouvent ça très bien… Forcément, ça donne une touche en plus mais ça ne change pas fondamentalement la musique du groupe. Imagines Guns’n’Roses avec une guitare, ça sonne comme du Guns’n’Roses. Si tu rajoutes une seconde guitare, ça sonnera plus massif mais toujours comme du Guns’n’Roses.

Mathieu : On ne peut pas te répondre maintenant, nous n’avons pas encore composé mais on verra bien…Quoi qu’il en soit, il y a une vraie osmose entre nous et ça sonne bien…


Est-ce que cela va changer fondamentalement vos concerts notamment en termes d’harmonies…

Fred : C’est-à-dire que Mathieu maintenant peut ne plus jouer de la guitare sur certains couplets et du coup canaliser toute son énergie pour mieux chanter... Je prends alors le relais, on croise les guitares… Forcément, ça donne un truc plus chiadé, plus musical. Aujourd’hui dans ce style de musique là, il n’y a plus énormément de power trio… Très peu de groupes jouent avec un seul guitariste…


Vous arrivez encore à surfer entre les genres rock et metal comme si Alice in Chains et Soungarden avaient couché avec Queens of the Stone Age et Faith No More avec un petit côté Corey Taylor au niveau vocal. Vous retrouvez-vous dans ce descriptif ?

Mathieu : Complètement et la comparaison avec Corey Taylor me fait plaisir car ce lien est particulièrement exact sur le dernier album. En fait, c’est Fred qui m’a poussé dans mes derniers retranchements, me demandant de m’énerver et m’a fait chanter en serrant les dents.

Julien : Avec un p’tit coté Pantera en plus, s’il vous plait (Rires)…


Beaucoup de références US et contrairement à beaucoup de groupes français vous sonnez international. Je suppose que c’est voulu (on ne souhaite pas sonner franchouillard) mais quel est le secret ? Pensez-vous dans ces conditions avoir des chances à l'exportation ?

Fred : En fait, avant même de se connaitre, on écoutait un style de musique qui a éduqué nos oreilles, notre cerveau, notre vie et notre jeu. Quand tu te retrouves dans le même local, instinctivement tu reproduis ce truc-là. On ne sait pas faire un riff à la Noir Desir, ce n’est pas dans notre culture, j’en suis incapable (Rires)… Attention, je n’ai rien contre Noir Désir (Sourire) ! Quand on fait de la musique, on ne se dit pas qu’on va faire de la musique américaine, on fait juste ce qu’on aime, instinctivement !

Mathieu : Ouais, je pense que tout est dans notre culture musicale. On a écouté beaucoup de ricains et ça nous a énormément influencés dans nos compos. Tout est basé sur une sorte d’hommages aux groupes qu’on a aimé.

[IMAGE2]


Concernant le visuel, on dirait que le tigre plonge pour manger le gamin de la pochette de Nirvana… Plus sérieusement, quelle est cette créature dangereuse : le tigre ou l’homme ? De façon générale, ce titre et cette pochette doivent-ils nous mettre sur la piste d’un concept général sur la nature humaine et ses défauts ?

Fred : On a aimé la pureté de l’image, ça aurait été un ours blanc sur la banquise, ça aurait peut-être été pareil. Un côté pur et agressif à la fois et ça nous ressemble pas mal. Sur le coup, on n’a pas tilté que ça ressemblait à pochette de "Nevermind" de Nirvana et puis les remarques sont arrivées. Et personnellement, je n’ai pas trop aimé le signal que ça pouvait donner : le bébé qui se fait manger, tu vois ? Et en même temps, il y a un côté gore qui peut être drôle : ça dépend comment on l’interprète…

Par contre pas de concept ou autre… Au départ, l’album devait s’appeler "Spred The Venom" et puis on a trouvé ça un tantinet trop metal… D’ailleurs, on a une pochette bleue et pas noire comme tous les albums de metal pour bien se démarquer… Quant au titre, "Hazardous Creatures", il vient de Julien. Il était sur une plage en Australie et il a vu une pancarte qui avertissait d'un danger à cause de la présence de bestioles en tout genre… C’est donc devenu le titre…


On a évoqué le passage à 4 : comment allez-vous travailler à l’avenir sur le prochain album sur la composition de futurs titres… Est-ce que cela peut changer le son de Bukowski ?

Fred : En fait il y a deux façons de voir les choses. Il y a des gens qui vont te dire que tu es trop dans le groupe et que tu ne peux pas voir les choses objectivement et puis tu peux te dire au contraire que tu es bien dans le groupe, que tu as bien vu comment il fonctionnait, tout ça…. Personnellement, je te dirais ça dans deux ans ou quand on remettra ça…Mais je pense qu’on va garder ce schéma car si on prend un autre producteur, il va falloir qu’il comprenne notre cheminement… Pour l’instant, on se comprend bien et ça fonctionne bien entre nous.

Pour ce qui est de mon implication future dans le travail de composition, on n’en est pas du tout là. Je pense qu’il faut respecter ce qu’ils décideront de faire. Quand tu arrives dans un groupe, il faut d'abord voir comment le groupe fonctionne. Si dans mes anciens groupes, j’étais assez leader, là j’arrive dans une structure établie donc il faut respecter l’ordre établi.


Qu’attendez-vous concrètement avec cet album ?

Mathieu : Tourner, tourner, tourner… parce que je pense que c’est un album qui se défend un peu partout et nous aimerions bien que la France se réveille un petit peu…


Si vous deviez choisir un titre de votre discographie à quelqu’un qui ne connaîtrait pas Bukowski, quel titre choisiriez-vous et pourquoi ?

Julien : "TroubleMaker" sans hésiter.

Mathieu : Ouais c’est une bonne synthèse de tout ce qu’on est…

Julien : Du stoner, du metal, du gros son…


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Mathieu : Le HellFest !

Julien : Et le Sonsiphere…. les deux… Parce que jouer sur la même scène que Metallica… Quand même quoi ! Je peux mourir tranquille…


Et au contraire, quel pourrait être le pire ?

Mathieu : En Allemagne, dans une boite de lesbiennes où les gonzesses étaient carrément anti mec…


Charles Bukowski aurait aimé…

Mathieu : (Rires) Une ambiance de merde…


Nous avons commencé avec la question que l'on vous a trop souvent posée. Au contraire, quelle est celle que vous aimeriez qu'on vous pose enfin ?

Julien : Comment ça va (Rires) ?

Mathieu : Hum, comment s’est passé la date d’hier ?


Et alors ?

Mathieu : Formidable ! On n’avait jamais eu ça auparavant : jubilatoire !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Mathieu : Continuez à faire rêver les gens et faire en sorte que la scène rock et metal française perdure et Bukowski par la même occasion…

Julien : Et support your local kebab (Rires)…


[IMAGE3]



Merci

Julien : Ce fut un réel plaisir : un grand merci à toi !


Un grand merci à Noise pour sa contribution et NicolasG pour cette retranscription...


Plus d'informations sur http://www.bukowskitheband.com/
 
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