MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - CRUCIFIED BARBARA (21 MAI 2013)
TITRE:

CRUCIFIED BARBARA (21 MAI 2013)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



"Plutôt que de se focaliser sur ce qui nous différencie, trouvons ce qui ce qui nous relie et en ce qui nous concerne, c’est l’amour du rock et du hard rock !"
STRUCK - 26.07.2013 -
3 photo(s) - (1) commentaire(s)

Quelques minutes avant leur date parisienne, la quasi-totalité du quatuor féminin a bien voulu répondre aux questions de Music Waves et "crucifier" certains préjugés machistes !


Comment vous sentez-vous à quelques minutes d’entrer sur scène ?

Ida Evileye : Généralement, nous sommes excitées : nous faisons partie de ces groupes qui sont avant tout là pour la scène. Nous adorons jouer live et donner 100% de nous-même. Bien sûr, c’est différent si nous jouons dans un club ou lors d’un festival, mais nous restons toujours concentrées.


[IMAGE1]


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Ida : Ah… Qu’est-ce que ça vous fait d’être des filles dans un groupe de rock (Rires) ?


Je suppose que l’une des questions qui revient sans cesse concerne le fait que Crucified Barbara est un groupe composé de filles dans un monde rock résolument masculin ?

Ida : C’est vraiment ennuyeux de constater que la plupart des journalistes nous comparent à d’autres groupes composés de filles. On considère plus le fait que nous soyons des filles que le fait de faire de la musique : on a parfois l’impression de ne pas être reconnu pour elle. Malgré tout, nous essayons de ne pas prêter attention à tout cela : nous adorons tellement ce que nous faisons…


Malgré tout, pensez-vous que le hard rock est le reflet de notre société même si cette scène est censée combattre tous ces préjugés. En clair, est-ce que le hard rock n’est pas comme notre société à savoir machiste ?

Ida : Si tu regardes la société dans laquelle nous vivons en général, le monde est dominé par les hommes : ce n’est donc pas si étrange que ça que le monde musical le soit aussi puisqu’il fait partie de ce système…

Mia Coldheart : Malgré tout, en tant que groupe, nous avons un peu de hauteur et nous sommes un peu protégées. Je ne dirais pas que nous sommes traitées de façon égalitaire mais c’est moins pire dans le monde du rock (Sourire).


Malgré tout, quand le chanteur d’un groupe est une femme, on parle de groupe à chanteuse…

Mia : Si on agit de la sorte, c’est parce que les médias veulent que ça se passe ainsi. Je ne pense pas que les gens qui viennent à nos concerts pensent de cette façon…


Vous avez totalement raison. Malgré tout, pensez-vous pouvoir faire évoluer les mentalités ?

Mia : Non. Je pense que la seule façon que nous pourrions faire changer les choses, c’est de continuer à faire ce que nous faisons à savoir jouer notre musique et ne pas nous soucier de tout ce débat.


Passons à votre musique si vous le voulez bien. Le groupe existe depuis 1998, quelle est la principale évolution depuis ?

Mia : Notre façon de jouer (Rires).

Ida : Je pense que la plus grosse évolution a été le fait que nous ayons pu sortir notre premier album : ça a vraiment quelque chose de très important.


En 2005, soit 7 ans après la création du groupe…

Ida : Oui c’est tout à fait ça ! A l’époque, nous étions plongées dans le business musical alors que nous n’avions aucune idée de ce qu’il fallait faire ou pas… Et nous avons appris énormément de choses à propos de nous-mêmes, de l’industrie musicale, de notre son, comment enregistrer un album, comment jouer sur scène… et bien sûr, tout cela te rend meilleur dans tout ce que tu fais.

Mia : Nous nous développons constamment…


On a évoqué votre premier album datant de 2005. Depuis cette date, seulement 3 albums ont été sortis, comment expliquez-vous cela ?

Ida : Je pense que nous pourrions sortir la moitié d’un bon album tous les ans mais nous ne voulons pas fonctionner ainsi. Inversement, les maisons de disques considèrent que nous ne gagnons pas assez d’argent en sortant nos albums. Dès lors, nous devons donc tourner pour promouvoir nos albums… Et c’est compliqué de composer un album quand tu es en tournée.

Mia : Mais j’ai envie de dire que ce n’est pas si long finalement. Si mes groupes préférés me font attendre 3 ans entre chaque album, je m’en fous si l’album que j’ai dans les mains est bon ; je pourrais même attendre 5 ans (Rires) ! Je ne voudrais pas que mes groupes préférés sortent de mauvais albums ou la moitié d’un bon album et entendre qu'ils ont été faits dans la précipitation.


Malgré tout, n’est-ce pas préjudiciable dans une scène musicale où les groupes sortent des albums rapidement et spontanément ?

Mia : Mais comme le disait Ida, nous sommes effectivement 2 ans sur les routes et c’est difficile de sortir un album tous les ans dans ces conditions (Sourire)…


Le dernier en date "The Midnight Case" est sorti l’an dernier. Comment le jugez-vous aujourd’hui ?

Ida : Je le trouve génial (Sourire) ! Nous considérons un an après que c’est le meilleur album que nous avons pu faire à ce jour, nous sommes vraiment très fières de lui. Alors que sur les précédents, nous estimons que nous aurions pu faire autrement ou nous concentrer sur telle autre chose, sur celui-ci, nous referions les choses à l’identique… Bien sûr, tu trouveras des petits détails à améliorer mais de façon générale, nous ne changerions pas grand chose !


Peut-on dire dans ces conditions qu’avec cet album, Crucified Barbara a franchi un cap ?

Mia : C’est exactement ça ! Avec cet album, nous avons indéniablement franchi un cap et nous sommes impatientes d’atteindre le prochain (Rires) !


Et avez-vous quelques idées, du matériel pour le franchir avec le futur album ?

Mia : Oui, nous avons quelques idées (Sourire)…


Dans le prolongement, concernant ton chant Mia, il semblerait qu’il soit de plus en plus assuré : te sens-tu plus à l’aise ?

Mia : Bien sûr, j’apprends tous les jours (Rires) ! Je suis plus décontractée dans le fait de jouer et chanter en même temps. Ca m’a pris du temps pour ne plus avoir à penser que je jouais de la guitare pendant que je chantais… Le fait de jouer autant de concerts nous aide beaucoup…

Ida : Je pense que nous étions un peu nerveuses à nos débuts, à nous demander comment ça allait se passer sur scène… Aujourd’hui, nous sommes plus à l’aise dans notre façon de jouer notre musique de la meilleure des façons. Et tout ceci contribue au fait que nous sommes de plus en plus confiantes dans notre façon jouer… C’est vraiment une sensation géniale (Sourire)…


Ce dernier album présente certaines ballades comme "Count in Me". Ces titres ont-ils été composés dans une idée d’être plus commercial au risque de mettre en péril l’intégrité du groupe ?

Mia : Nous n’avons pas pensé de cette façon. Nous voulions créer une dynamique dans un album mais également montrer un autre aspect de notre musique que nous aimons aussi.

Ida : Nous n’avons jamais pensé qu’il fallait écrire tel ou tel type de chanson parce que le business le réclamait. Nous écrivons et gardons dans l’album, les morceaux que l’album demande.


Considérez-vous cette chanson comme une ballade au même titre que celle de Motörhead en duo avec Doro : "Love me Forever" ?

Mia : Non, pas vraiment… Je prends chaque titre de chaque groupe que j’aime comme une chanson lambda…


[IMAGE2]


On évoquait Motörhead, Klara (NdStruck : Force) qui est absente l’a chanté avec beaucoup d’énergie au concert de Lille qui a eu lieu il y a quelques jours…

Ida : On va lui dire, ça va lui faire plaisir (Rires)…


… A cet égard, pourquoi ne chante-t-elle pas plus ?

Mia : Je pense qu’en tant que guitariste rythmique, c’est une évolution à laquelle elle pourrait aspirer même si je pense qu’elle est contente de jouer de la guitare simplement…

Ida : Nicki (NdStruck : Wicked) est également une super chanteuse, nous ne savons pas ce qu’il peut se passer à l’avenir (Sourire)…

Mia : Et toi ?

Ida : Non, je suis la bassiste (Rires) ! Mais je pense que c’est amusant de s’essayer à des choses différentes.


Et connais-tu la blague concernant les bassistes ?

Ida : Oh tu sais il y en a tellement…


Notamment celle qui veut que les bassistes n’aient pas de petite amie parce que c’est le membre inutile du groupe…

Ida : (Rires) Oh mais tu sais, j’ai trois petites copines dans mon groupe (Rires) !


Toujours concernant Motörhead, il semblerait que ce soit votre influence majeure. En avez vous d'autres ?

Ida : J’aime découvrir de nouveaux groupes. Il y a deux ans, à mon anniversaire, on m’a offert un tourne-disque et depuis, j’aime acheter des vinyles : c’est vraiment cool ! Et j’adore aller aux concerts… Notre maison de disques a découvert un nouveau super groupe qui s’appelle Scorpions Child, c’est amusant de voir reprendre des ballades très connues.


Votre tournée actuelle en France est unanimement appréciée. Quelle est votre relation avec le public français ?

Ida : Les gens en Suède se demandent ce que nous faisons ici (Rires), si loin… Mais c’est tout simplement parce que vous êtes notre meilleur public !


Mais comment l’expliquez-vous sachant que la France est tout sauf un pays de rock ?

Ida : Je pense que nous avons eu la chance de rencontrer et travailler avec les bonnes personnes qui nous ont aidées à avoir un bon accueil dès notre premier concert français.

Mia : Et ça dure depuis presque 9 ans…


Une des raisons vient vraisemblablement du fait que vous jouez un hard rock vintage. Comment expliquez-vous ce retour aux sources ?

Mia : Je pense que les gens n’ont jamais cessé d’aimer le rock classique et les meilleurs groupes de ce style musical viennent des années 70 voire même 60 qui n’existent plus aujourd’hui… Nous nous inspirons d’eux mais nous avons apporté plein d’autres choses si bien que nous n’éprouvons pas le besoin de sonner de façon spécifique : je pense que nous avons trouvé la bonne recette !


Comment a évolué votre popularité durant toutes années et notamment avec ce dernier album sorti chez Verycords ?

Mia : Elle est plus forte à chaque fois que nous venons ici.

Ida : Nous jouons dans des salles de plus en plus grosses, avec un public de plus en plus nombreux… C’est vraiment une excellente chose !


Et qu’espérez-vous pour le futur ?

Ida : Oh mon Dieu, j’espère trouver une petite amie même si je suis bassiste (Rires) ! Non plus sérieusement, nous espérons sortir de nouveaux albums, tourner… Faire ce que nous aimons faire tout en payant nos factures…


Si vous deviez choisir un titre de la discographie de Crucified Barbara pour faire découvrir le groupe à quelqu’un qui ne vous connaîtrait pas, quel titre choisiriez-vous et pourquoi ?

Mia : Oh mon Dieu !

Ida : Nicki, toi qui n’a rien dis, à toi de répondre (Rires)…

Nicki : Hum, je dirais "The Crucifer".

Ida : Oui, effectivement, ce titre a plein d’éléments différents…


Quel est votre meilleur souvenir d’artistes ?

Ida : Quand j’étais ado, je commençais à jouer de la musique, je découvrais tout ce monde et notamment celui de la musique. Et la seule chose que je voulais faire était d’aller au studio de répétition. C’était un monde entièrement nouveau qui s’ouvrait à moi et c’est à partir de ce moment que j’ai su ce que je voulais faire…

Mia : A l'époque, tout semblait énorme ! Mais effectivement le jour où j’ai touché la première corde d’une guitare a changé ma vie.


Et au contraire, quel pourrait être le pire souvenir ?

Mia : Le God’s of Metal (rires) !

Ida : Oui, c’est un grand festival en Italie qui s’appelle God’s of Metal avec une scène gigantesque. Nous avions fait les balances de guitares et de la basse mais nous ignorions que 30 minutes avant le début de notre prestation, tout avait été modifié…

Mia : Et nous ne pouvions même pas communiquer sur scène… Le son était sur le tuner et tu as une petite lumière sur lequel tu peux voir si tout marche ou non mais c’était tellement loin que nous ne pouvions pas le voir. Donc nous allions en retrait pour dire qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec les accords, on faisait sans cesse des aller-retours mais on nous disait de ne pas nous en faire, que tout allait bien et qu’il fallait continuer à jouer (Rires)… Nous jouions donc avec des accords différents : c’était comme un cauchemar où tu cours pour fuir mais tu n’avances pas (Rires) !

Ida : Et ça devant 50.000 personnes…

Mia : Le public hurlait, ils étaient vraiment excités… ils devaient se demander ce qu’il se passait en nous voyant agir de la sorte (Rires) !

Ida : Mais le plus fort, c’est qu’après coup, certains sont venus nous voir en nous disant que nous avions fait un super concert (Rires) !

Mia : On s’est dit : "Ok, ils n’ont même pas écouté !" (Rires) !


On a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Ida : C’est comme tu veux (Sourire) ! Je trouve que tu as posé beaucoup de bonnes questions…

Mia : Oui, on n’avait pas l’impression d’être dans une interview cadrée comme un échange e-mail de questions imposées, c’était plus une conversation !

Ida : Non, c’est vrai ! Et nous avons beaucoup parlé de musique ce qui est la chose la plus importante… Elle permet de connecter les gens entre eux et oublier tous ces stupides problématiques de race, de couleur, de sexe ou je ne sais quoi. Plutôt que de se focaliser sur ce qui nous différencie, trouvons ce qui ce qui nous relie. En ce qui nous concerne, c’est l’amour du rock et du hard rock !


Enfin, voulez-vous dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Ida : Hum, "J’aime la France et tu es fantastique mon ami" (Sourire) !


C’est ce que vous allez dire ce soir ?

Ida : Non, nous allons dire quelque chose d’autre, as-tu une autre suggestion ?


Non, ça me semble une bonne chose à dire au public même si je serais un peu jaloux car je pensais que c’était seulement pour moi…

Ida : (Rires) Non mais je vais essayer de trouver à dire quelque chose d’autre… Nicki et moi-même "avons étudié le français dans l’école pendant 5 ans mais c’est très difficile !" (Sourire) !


[IMAGE3]


Nous aurions pu faire cette interview en français finalement…

Ida : Non !

Mia : Surtout pour moi, c’est mieux ainsi, j’ai seulement étudié l’allemand !


Merci…

Ida : Merci à toi !

Mia : Merci !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.crucifiedbarbara.com
 
(1) COMMENTAIRE(S)  
 
 
TONYB
29/07/2013
  1
Ne discernerait-on pas un peu de rose aux joues de notre ami Struck sur la dernière photo de l'interview ???
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 965
  • 966
  • 967
Haut de page
EN RELATION AVEC CRUCIFIED BARBARA
DERNIERE CHRONIQUE
CRUCIFIED BARBARA: In The Red (2014)
3/5

"In The Red" reste un léger cran en retrait par rapport à son prédécesseur, la faute à une légère linéarité provoquée par une rage parfois débordante.
DERNIERE ACTUALITE
Séparation de CRUCIFIED BARBARA
 
AUTRES ARTICLES
AMON AMARTH (03 AVRIL 2013)
"Nous commencions à ressentir le besoin de nous mettre en danger"
DEPORTIVO & THE POPOPOPOPS - FESTIVAL SOIRS D'ÉTÉ OUI FM (PARIS) - 09 JUILLET 2013
Avant le passage de Biffy Clyro sur la place de la République en plein Paris lors de la deuxième soirée du Festival Soirs d'été Oui FM, The Popopopops et Deportivo ont su mettre une ambiance festive et survoltée...
 

"Découvrez Brainsqueezed dans son nouveau clip !"

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021