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A PROPOS DE:

GOROD (AVRIL-JUILLET 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

"Tant mieux si notre musique peut paraître "plus intelligente", c'est vrai que cela demande un certain bagage technique, mais ce n'est pas le but recherché"
STRUCK - 06.08.2013 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Rendez-vous manqué ! Initialement prévue avant le concert parisien en ouverture de Supuration, même si la rencontre n'a pas pu se tenir pour des raisons "logistiques" dirons-nous, Music Waves n'a pas baissé les bras et s'est battu pour obtenir les réponses à ses questions....


Comment vous sentez-vous à quelques minutes d’entrer sur scène ? Impatients de tester vos nouvelles chansons sur scène ?

Julien : Le plus souvent, nous essayons de rester au maximum ensemble dans la même pièce entre une demi-heure et un quart d’heure avant le show (si les conditions le permettent). Chacun se chauffe les muscles sur son instrument respectif afin de pouvoir être opérationnel dès le début du set, mais aussi de tenir le choc jusqu’à la dernière note. En effet, tester de nouveaux morceaux sur scène est toujours palpitant car cela permet à la fois de voir la réaction du public et nous faire plaisir.


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Julien : La question qui nécessite une réponse.

Mat : Oui, celle du genre où on a envie de répondre juste "oui" ou "non", parce qu'on n’en sait pas plus, mais où on sent que le journaliste se vexera d'une telle réponse. Par exemple : "Vos fans ont-ils bien réagi à votre nouvel album ?"


Votre actu est la sortie prochaine de "A perfect Absolution"… Qu'est-ce qui a inspiré ce dernier album ? Quelles sont vos sources d'inspiration dans la musique et en dehors ?

Julien : L’album A Perfect Absolution a vu le jour en mars 2012 ; nous sommes en 2013. L’inspiration musicale est propre à l’univers de Mathieu qui s’occupe entièrement de la composition. Les influences premières sont des groupes tels que Death, Carcass, Coroner, Megadeth et Cacophony. A cela s’ajoute des éléments tirés de la World Music, du Latin Jazz mais aussi du Rock plutôt "classique" d’à partir des années 70.


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Est-ce un concept album vu qu'il y a un fil conducteur et des thèmes récurrents ? Si oui pouvez-vous nous en dire plus sur l'histoire ?

Julien : Au delà d’avoir un fil conducteur ou des thèmes récurrents, cet album raconte un passage très précis de l’histoire de la Rus’ de Kiev. Il s’agit d’un moment charnière de la moitié du Xème siècle qui marque entre autre la fin du paganisme et le début de la christianisation orthodoxe des peuples russes. En 945, Igor, le roi de Kiev se fait assassiner par les membres d’une tribu voisine et sa femme, Olga, décide de se venger. Pour cela, elle établit un plan ingénieux, brutal et teinté de poésie qui est conté et quelque peu réinterprété au fil des huit textes de l’album A Perfect Absolution.


Quelle est la part du visuel dans votre perception de la musique car si la pochette de "Process of a New Decline" est belle, celle de "A Perfect Absolution" est sublime

Julien : Le visuel de la couverture représente la bataille finale que livre Olga contre les Drevliannes. Il illustre la concrétisation du rêve de vengeance évoqué dans le morceau Birds of Suplhur.


Vous avez intégré des passages à l'esprit funky. C'est pour gagner le grand public ou simplement pour passer à la radio ? Plus sérieusement, qu’est ce qui vous a donné envie d’intégrer ces éléments ?

Julien : Pour ma part, je connais Gorod (Gorgasm, à l’époque) depuis beaucoup plus longtemps que je ne joue dedans et j’y ai toujours trouvé de multiples clin d’œil musicaux n’ayant rien à voir avec du Metal. Je pense simplement que les passages qui font référence à d’autres musiques sont moins dissimulés qu’auparavant et prennent, au fur et à mesure, une place plus facilement perceptible.


Comment avez vous réussi à obtenir un son puissant et aussi clair ? (On entend même la basse, ce qui est rare).

Mat : C'est Mobo du Conkrete Studio qui s'est chargé de la production pour cet album, on a collaboré ensemble pour une partie des prises. On le connaît depuis une dizaine d'année pour son travail dans le milieu metal et comme ami tout simplement, c'était un choix naturel. Le gros son de basse est un peu sa spécialité ! Il est bassiste lui même et prend donc un soin tout particulier à cet instrument. Les parties de basse sont très importantes à nos yeux car elles ne sont généralement pas juste les parties guitare une octave en dessous mais complètent l'harmonie pour qu'on entende toujours les progressions d'accords derrière les riffs en proposant parfois un petit plus groovy. On est vraiment très satisfait nous aussi du son de cet album, il est en phase avec ce qu'on voulait exprimer, comme tu dis, puissant et clair à la fois. Merci Mobo !!


La guitare solo est technique sans jamais être trop présente. Avez-vous du supprimer ou raccourcir certaines de ses interventions ?

Mat : Non, à vrai dire on nous a plutôt fait rajouter des soli là où ce n'était pas forcément prévu ! Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai tendance à ne pas trop m'étaler sur les soli, je préfère que ce soit court et efficace. En général je vais plutôt caler une belle mélodie expressive à deux guitare que d'essayer à tout prix d'envoyer tout ce que je sais faire dès que le chant marque une pause ! En plus, c'est souvent plus agréable à jouer pour nous et scéniquement plus visuel aussi.


Comment se répartit le travail entre les deux guitaristes ? Comment réussissez vous a garder cet équilibre entre rage et mélodie ? Et comment se fait le travail d'écriture ?

Mat : En général j'amène le morceau terminé dans sa structure, avec juste les deux guitares et une batterie programmée, ensuite on le travaille avec Sam en répétition pour peaufiner la batterie. Benoît et moi ajoutons ensuite la basse. Tout ce qui est arrangements, soli, etc se rajoutent en dernier, souvent au moment du mix, lorsqu'on a déjà tout de posé et de fonctionnel. Évidemment Nico écrit ses soli, et moi les miens !

Le mix de rage et de mélodie vient de l'influence que chaque membre du groupe a sur la musique je pense. Il y a toujours une différence entre ce que j'écris et ce qui se retrouve finalement sur le disque ou ce que nous jouons pour de vrai lors des concerts. Les titres évoluent aussi en fonction du temps, à force de les jouer, on peut modifier telle ou telle partie si on pense que ça peut apporter quelque chose de plus.


Comment s'est fait le travail sur la voix et l'écriture des paroles ? La voix Death a une belle et grande ampleur, comment votre chanteur travaille-t-il sa voix ?

Julien : L’écriture des paroles s’est étalée sur un an, de l’élaboration du concept jusqu’aux textes finaux dont certains ont été achevés lors des prises chant. Le travail sur la voix s’est fait majoritairement en toute spontanéité au moment de l’enregistrement. Il n’y pas eu de réelles préparations ; seulement quelques "pré-prod" de dernière minute qui ont permis de clarifier certains placements, mais le gros du travail purement vocal s’est fait sur place et sans le moindre recul.


Pensez-vous qu'il est encore l'heure pour le Death Metal en France ?

Julien : Tout dépend ce que chacun appelle "Death Metal". Pour ne citer qu’un exemple, je prendrais celui de Gojira qui - en déplaise à certains - est un groupe de Death Metal. Ils sont parvenus à emboîter le pas à Morbid Angel et sont devenus, à leur tour, une source d’inspiration pour un certain nombre de groupes actuels à travers le monde. De plus, il suffit de constater l’affluence lors de leurs représentations, que ce soit en France ou ailleurs, pour se rendre à l’évidence que le Death Metal en France ne s’est jamais aussi bien porté. Du moins, je considère qu’il est autant "l’heure pour le Death Metal en France" qu’à la grande époque de Loudblast, Massacra, Crusher, Agressor et j’en passe. Les groupes de qualité continuent à proliférer et il existe bel et bien un public qui répond souvent présent et qui soutient la scène. Que demande le peuple...


N'êtes vous pas nostalgiques de l'époque où des groupes comme Morbid Angel et Sepultura passaient sur MTV ? Aimeriez vous suivre leurs traces ?

Julien : La nostalgie contribue malheureusement à regretter des temps passés alors idéalisés par les souvenirs. Le passéisme m’a toujours gêné, d’autant plus en ce qui concerne les arts. Les cycles sont toujours les mêmes ; le changement et le renouveau restent perpétuels et c’est justement ce qui est intéressant, car à l’époque où Morbid Angel et Sepultura passaient sur MTV, bien des personnes regrettaient les temps passés. Bref, tout ça pour dire que cette époque est révolue et que c’est une bonne chose dans le sens où la donne a changé. Nous suivrons les traces que notre époque nous donne la possibilité de suivre, rien de plus. Ce qui m’importe le plus est de rencontrer des passionnés, des amateurs et des professionnels avec qui partager et échanger sur l’amour du "rock’n roll", et c’est bien là le principal.


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Êtes-vous déçus de la mauvaise image du Death associée au satanisme ? Combien de vierges ou d'enfants avez vous sacrifié aujourd’hui ?

Julien : Cette "mauvaise image" du Death me rappelle inévitablement les fameux reportages, humoristiques malgré eux, diffusés par M6 il y a une dizaine d’années. Ne perdons pas de vue que le "Death" est fait par des musiciens, donc des êtres humains, ce qui implique presque autant de personnalités différentes qu’il existe de groupes et d’idéologies au service ou non de la musique. Ceci étant, il parait logique qu’une musique extrême traite de sujets qui le sont tout autant. Libre aux gens d’y voir une forme de propagande ou simplement d’expression artistique. Pour presque 100% des cas, j’opterais pour la deuxième possibilité.


N’avez-vous pas envie de démontrer que le Death peut être une musique intelligente ?

Julien : Nous ne sommes pas des donneurs de leçons, des professeurs ou des prophètes. Seulement des passionnés de musique qui ont fait le choix de sacrifier un mode de vie plus "commun" pour le bonheur de partager une passion qui nous permet de jouer sur scène dans un grand nombre de lieux éparpillés sur notre planète et de rencontrer de nouvelles cultures et des gens formidables. Tant mieux si notre musique peut paraître "plus intelligente", c'est vrai que cela demande un certain bagage technique, mais ce n'est pas le but recherché, comme je te le précisais.


Que pensez vous de Supuration dont vous allez faire la première partie ?

Mat : Supuration fait partie du de notre background français, avec Loudblast ou Disabled. C'est un groupe qu'on écoutait quand on commençait à jouer, leur album "The Cube" tournait pas mal chez nous au milieu des années 90. Ça fait toujours quelque chose de jouer avec des groupes que tu connais depuis si longtemps. On a un grand respect pour eux, et on est heureux qu'ils remontent sur scène aujourd'hui.


Reviendrez-vous à Paris pour un tête d'affiche ?

Julien : Nous l’espérons tous, mais la décision ne teint pas seulement au groupe. Un jour viendra !


Votre meilleur souvenir ?

Mat : J'hésite entre la tournée Française avec Benighted et Kronos, ou celle avec Obscura, Spawn of Possession et Exivious... Toutes les deux ont été vraiment un gros succès pour nous et deux expériences inoubliables. En plus d'avoir été financièrement rentables, elles ont été humainement gratifiantes, on a partagé des bons moments avec que des gens adorables. En plus, musicalement, on a tous beaucoup appris des uns et des autres, sur la "scène", le comportement, l'organisation, etc...


Et le pire ?

Mat : Le pire restera sans doute ce festival à Naples, en 2007 je crois. Le SOUTH XTREEM NOISE FEST. Ça devait être un festival sur deux jours, on jouait le deuxième. En arrivant, déjà, quelques surprises : pas de stade comme prévu, mais un parking de supermarché/terrain vague, avec les montagnes d'ordures à la mode dans cette ville comme délimitation du site. Ensuite très peu de monde, environ 150 pelés, alors que le site aurait pu en contenir 5000. On passe la soirée avec les kronos, Dismember joue, cool...Puis on nous amène à l’hôtel. Ah, il n'y a plus de place à l’hôtel (?! mais c'était pas réservé?!) Bon, on nous trouve un autre hôtel, très classe, bizarrement trop, et on passe la nuit. Au réveil, coup de fil d'un des orgas : "mmm...le promoteur est introuvable, il est parti avec la recette de la veille, le festival est annulé." On paye l’hôtel de notre poche du coup, une fortune, et on se rend quand même sur le site pour voir. Tout est là, le matos, les orgas, les bénévoles, les stands bouffe merch. Le gars est parti en laissant tout le monde en plan, sans payer quiconque, ni les groupes ni les techs. Les gens des stands qui ont dû payer leur emplacement remballent. Pas de festival. Voilà. On est rentré d'une traite jusqu'à Bordeaux, dégoûtés et en colère, en ayant presque perdu la foi... Bilan : 3200 kms / 30h de route, 400 euros de location de camion plus 600 euros de frais de route pour que dalle.


On a commencé avec la question trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez qu’on vous pose ?

Mat: La question à un million de dollars je pense !!


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Julien : Merci d’avoir lu cette interview et j’espère vous croiser non loin d’un comptoir à côté d’une scène.


Merci à Thibautk sans qui cette interview n'aurait pas pu voir le jour...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/gorodofficial
 
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