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HOLY CROSS (4 NOVEMBRE 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HEAVY METAL

Très belle rencontre, autour d'une mousse, avec le guitariste fondateur du groupe de Heavy français HOLY CROSS, qui nous dévoile une facette ultra positive de sa personnalité.
PHILX - 09.12.2013 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Une Mille fois n'est pas coutume (...?), MusicWaves a rendez-vous dans un bar de la capitale pour rencontrer Adrien Liborio, guitariste et membre fondateur du groupe de Heavy français Holy Cross. Une fort belle rencontre pendant laquelle Adrien revient sur les raisons derrière le dernier opus du groupe "Place Your Bets"...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Celle de nous présenter, ou nous demander pourquoi nous faisons cette musique alors que le contexte musical n’y est pas du tout destiné. C’est vrai qu’actuellement, le gros du Metal français : c’est du Death puis le Thrash et le Heavy vient bien après. Cette musique est considérée comme old-school et donc pas très à la mode niveau Metal. Mais bon, quand tu vois Airbourne, ce n’est ni plus ni moins que du AC/DC dépoussiéré et ça marche grave !


Concernant Air de jeunes, avec le recul, c'est quelque chose qui vous a vraiment fait avancer ? Est-ce que vous avez vu des portes s'ouvrir ?

Oui c’est un tremplin que nous avons fait en 2007 et ça a été positif. On n’est pas passé pour autant de la chenille au papillon mais c’était une excellente expérience dans la mesure où on a gagné une résidence qui nous permis d’affiner notre son, travailler la scène... On a également rencontré Misanthrope pour l'occasion... Ca a été une expérience bénéfique.

De toute façon, en musique, chaque date est une petite pierre à l’édifice qu’on veut construire. Sur l’instant, tu ne te rends pas compte, tu as juste l’impression de gagner un petit truc mais sur la longueur, avec le recul, l’accumulation de ces petits trucs te fait avancer : c’est un gain progressif.


Pour rappel pour ceux qui vous découvrent seulement, le groupe s'est formé fin 2006, par l'association de Loïc et toi. 2 démos s'en sont suivies et "Under The Flag" sort en 2009. Qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ?

De la fierté dans un premier temps. Quand tu commences la musique, tu es encore un gamin : faire un album c’est un rêve ! Et aujourd’hui, on est encore des gamins enclins au rêve. On ne cherche pas pour autant à décrocher la lune mais aujourd’hui, tous autant que nous sommes, nous avons besoin de rêver à des choses qui nous permettent de nous sentir bien et d’aller plus loin.

On a donc ressenti de la fierté surtout sur le travail accompli mais également, tout le travail autour comme avoir décroché la signature sur un label allemand qui nous a permis d’être distribué sur les continents américains, asiatiques... c’est une vraie fierté !


« Place Your Bets » est sorti très récemment. Vivez-vous cette sortie différemment ?

Nous ressentons exactement la même chose que pour la sortie du précédemment album.


Pas de pression particulière après un album qui a été aussi bien reçu que « Under The Flag » ?

On s’est dit qu’il fallait que cet album ne soit pas en-dessous du premier album. Mais on ne ressent pas vraiment de pression parce qu’on est des passionnés, on n’est pas professionnels et on ne le sera jamais parce que le contexte musical actuel est très difficile. En tant que passionnés, on n’a pas de pression : on ne cherche pas à cibler un public, à satisfaire une clientèle... Il n’y a pas ces valeurs commerciales, il n’y a pas que des valeurs sincères : on veut faire quelque chose qui nous plait avant tout ! On travaille à côté donc la musique est un exutoire. Si à un moment donné, on ne peut pas faire ce que l’on veut - alors que c’est notre passion, on fait ça sur notre temps libre - et bien on fera autre chose... En clair, on fait une musique sincère et honnête créée autour de l’harmonie de 5 mecs, si les gens aiment, c’est du bonus !


Les premières réponses sont très bonnes et on se rend rapidement compte que vous avez utilisé les mêmes vieux pots (même label, même studio en Finlande - Finnvox Studio qui a vu entre autres Stratovarius, Edguy, Nightwish, Children Of Bodom)... C'est une sorte de loyauté, de fidélité qui se met en place ?

Oui parce que tu ne changes pas une équipe qui gagne (rires) ! Tu fais confiance à des gars qui te la rende par un travail de qualité, un professionnalisme... Pourquoi aller voir ailleurs quand tu es content de ta crèmerie ? Tout s’est fait naturellement finalement à la différence qu’avec l’expérience d’ "Under the Flag", à savoir qu’un label se contente de distribuer ton album et ne s’occupe pas de booker ton groupe, nous avons fait appel à Replica pour les concerts et ils font un travail énorme.




Comment avez-vous travaillé pour la composition de cet album ?

Pour « Under the Flag », on a eu des années pour le composer. Tu as le temps de composer le premier album. Le deuxième, c’est autre chose. Courant 2012, on s’est remis à la composition et pendant 8 mois, ça a été la tête dans le guidon niveau compos. De mon côté, je suis arrivé avec 75% des esquisses du premier matos, une base... Je leur ai demandé ce qu’ils ressentaient à leur contact. S’ils ressentaient la même chose que ce que je voulais mettre dedans en termes d’émotion, de couleurs, on continuait. Dans le cas contraire, on n’allait pas plus loin sauf peut-être le garder sous le coude et le réécouter 15 jours plus tard...

On n’essaie pas de forcer les choses, on essaie de faire un truc un peu intimiste, personnel. Et bien que la musique est quand même assez conventionnelle – même si elle l’est moins que par rapport à « Under the Flag » - c’est un peu plus personnel, moderne. Chacun avait les mêmes outils et on s’échangeait beaucoup par mails pour avancer chacun de notre côté. Ca a très bien marché et je pense qu’on continuera à travailler ainsi : il y a eu beaucoup de dialogues !
Une fois que tout le monde était en phase sur la direction, la musique était évidente et tout coulait de source.


Votre musique est un Heavy Metal de tradition, les références sont nombreuses dont ICED EARTH, qui domine avec Iron Maiden ("Last Chance"), ou Judas Priest... Quelles ont-elles été les autres ?

Le gros rajout volontaire par rapport à « Under the Flag » est une grosse influence Megadeth. Je voulais qu’il y ait ces gros riffs Megadeth qui apportent une énergie très particulière que je retrouve difficilement dans d’autres groupes. « Under the Flag » était très germanique et je voulais que « Place Your Bets » soit germano-américain. Il n’y avait pas de volonté de faire du Iced Earth à la base mais c’est vrai que d’une part, Michäel, notre chanteur, sur certains aspects à le même timbre que Matt Barlow et d’autre part, il y a peut-être des parties musicales qui peuvent sonner ainsi dans le cadre de ma démarche d’américaniser notre musique.

"Holy Cross n’a pas de barrière et personne ne doit nous dire ce que nous devons faire."


Dans un thème nouveau, les titres sont revendicateurs, dénonciateurs ('Unleash The Cross', 'Break Your Chains', 'Last Chance', 'Inner Jail'...). Peux-tu nous en dire plus ?

C’est exactement ça ! Il y a deux choses fondamentales dans cet album. D’une part, le fil rouge : on a montré du doigt certains aspects merdiques de notre société : la folie, la liberté et surtout le choix. « Place Your Bets » - « Faites vos jeux » - symbolise ce que nous voulions dire dans cet album à savoir fait tes choix et rien ne va plus...
Et en résumé, on montre du doigt - sans faire la morale de choix - certains choix que certains Hommes peuvent faire en temps de crise. Par exemple, un homme au RMI, divorcé, deux enfants à charge, etc. utilise sa dernière paie pour miser en pensant que ça résoudra ses problèmes.

Et je suis content que tu aies pu le voir, c’est qu’à un moment donné, on apporte des réponses et notamment la prise en main que tu peux voir dans le dernier titre « Higher & Higher » qui ne devait pas figurer sur cet album, initialement, je voulais placer une reprise de « Black or White » de Michael Jackson qui est une chanson super positive.

J’aime la chaleur humaine et faire d’autres styles musicaux, j’ai donc fait un titre pour moi qui me donnerait la gouache, me ferait danser. J’ai fait ce titre, je l’ai fait écouter aux autres membres qui ne comprenaient pas pourquoi on ne prendrait pas ce titre puisque Holy Cross n’a pas de barrière et que personne ne doit nous dire ce que nous devons faire. On a donc pris ce titre pour apporter une touche positive parce que cet album aborde des thèmes sombres, graves... mais on voulait finir sur une note positive parce qu’on aime la vie !





Justement, il y a un contraste entre le thème sombre et la musique assez festive finalement...

Dans le désespoir, dans l’énergie négative, il y a un relent de volonté de s’en sortir ! On a toujours le choix de se prendre en mains, de réajuster le tir quand notre vie part en couilles. Je pense que même si c’est dur, s’il faut faire des sacrifices, on peut toujours au moins essayer de se battre et donner un coup qui nous remettra vers le haut ! On dit souvent que l’art est le miroir de la société, c’est vrai parce que c’est un moyen d’expression, de faire passer quelque chose. Je suis quelqu’un de fondamentalement positif et j’ai envie de donner quelque chose de positif à travers ma musique.


D’où te vient cette philosophie ?

De mes parents, mon éducation, mon environnement... On a tous eu des valeurs transmises par notre famille et ça vient aussi d’une réelle volonté. J’ai la volonté d’être meilleur jour après jour, je veux être meilleur pour moi-même mais aussi pour les autres. Et 'Higher & Higher', c’est exactement ça à savoir toujours repoussé le truc plus haut.


"Je suis quelqu’un de fondamentalement positif et j’ai envie de donner quelque chose de positif à travers ma musique."


Chitral Somapala, ex-chanteur d’Avalon avait participé sur un bonus d'Under The Flag. Personne sur celui-ci ?

Non malheureusement, on aurait aimé mais on n’a pas eu le temps de s’en occuper !


Qui aimeriez-vous inviter sur le prochain ?

Il y a deux façons de voir les choses. A savoir inviter les gens qui me tiennent à cœur et qui n’ont pas forcément une notoriété : Battalion, le groupe suisse avec qui on a tourné pendant 4 jours et avec qui on va retourner en Suisse. Ce sont des gens extras avec qui j’ai tissé des liens et j’aimerais qu’ils soient avec nous sur le prochain album. Sinon dans les personnes connues que je ne connais pas personnellement ? Dave Mustaine, Van Halen, Slash... Pour le côté cool, j’ai l’impression que - même si je ne le connais pas - Jeff Waters d’Annihilator a l’air vraiment sympa et simple et c’est bien quelqu’un que je contacterais.


Andreas Marschall a réalisé la pochette. On le connait pour ses travaux pour Kreator, Sodom, Hammerfall, Blind Guardian, Obituary. La pochette tranche avec votre musique qui est beaucoup plus nette et propre que la pochette pourrait laisser suggérer.

Tu as eu ce sentiment ? Mais je ne sais pas si tu as vu ce détail, le personnage sur la pochette est en train de perdre... On est en train de montrer ce qu’il se passe sur l’instant mais on ne montre pas ce qui se passe après...

Après concernant le choix de Marschall, au départ je voulais travailler avec Ed Repka, le créateur de « Rust in peace » ou « Peace Sells... but Who's Buying ? »... j’adore ces dessins et même si il ne fait que du Thrash, ce n’est pas un problème : je n’aime pas les étiquettes. Les étiquettes sont comme les communautés, ça disperse plus que ça ne rassemble.

Malgré tout, on a décidé entre nous de travailler avec Marschall, on l’a donc contacté et il nous a répondu avec ses conditions... La surprise c’est qu’il est super accessible et moins cher que certains autres jeunes moins connus. Je te passe les détails sur sa gentillesse, son talent et son professionnalisme. Et pour l’anecdote, il nous a avoué qu’il y avait plusieurs années qu’il n’avait pas été autant inspiré par un thème.


Avec tout ce beau monde qui a contribué sur l'album, vous sentez-vous plus français, allemand, européen ? Est-ce que les contacts de votre label travaillent davantage dans les pays scandinaves ?

Honnêtement, tu es le premier à nous poser cette question. On n’a jamais remis en question notre appartenance... Mais la signature avec un label allemand est une opportunité sachant que notre musique se prête bien au goût musical allemand... Ce sont des concours de circonstance...

On se considère toujours comme le groupe de Sainté (Ndlr : Saint-Etienne) qui part à l’abordage. J’aime cette image de David et Goliath, j’ai toujours aimé cette idée que les petits groupes peuvent se faire entendre quand ils ont des choses à dire avec le cœur. Après, je ne prétends rien du tout sauf une sincérité, une honnêteté tout simplement.


Quelle est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Artiste est un bien grand mot !



Musicien alors ?

C’est un bien grand mot aussi (Rires) !


...Hum, guitariste ?

Très bien (Rires) ! On est conscients qu’après avoir vécu des hauts et des bas. Il y a un an, c’était difficile entre nous, des tensions s’étaient accumulées... Aujourd’hui, on est conscient que ça peut s’arrêter pour x raisons. On a moins de pression, on prend les choses essentielles là où elles sont...

Mais très honnêtement, je me demande si mon meilleur souvenir n’est pas ce week-end de 5 jours y compris aujourd’hui. On vit un truc de dingue en ce moment. On a l’impression d’être le petit groupe qu’on regarde et ça fait bizarre ! On a tourné, j’ai énormément échangé avec les musiciens de Battalion... J’ai énormément apprécié ces moments. Et aujourd’hui, on fait toutes ces interviews... Pour nous, c’est un rêve qui se réalise dans la mesure où des gens viennent et s’intéressent à nous : c’est juste un rêve, je ne pense à rien d’autre (Sourire) !


"Les étiquettes sont comme les communautés, ça disperse plus que ça ne rassemble."


Quel serait le pire ?

C’était il y a 1 an, 1 an et demi : l’été 2012 quand le groupe était en stand-by. Ca m’a rendu malade ! Je ne dirais pas que c’était comme si j’avais perdu quelqu’un mais j’avais un sentiment de vide. J’avais l’impression d’avoir été amoureux d’une nana pendant des années et que du jour au lendemain, elle me quitte. C’est une déchirure qui fait très mal !

Et quand les choses repartent, c’est une grosse bouffée d’oxygène. Nous sommes très instinctifs, honnêtes : on fonctionne avec le cœur et quand c’est reparti, je me suis senti revivre... Mais c’est bien d’en parler, d’avoir du recul... car dans chaque chose, bonne ou mauvaise et surtout mauvaise, il faut tirer un enseignement qui te permet d’en sortir plus riche et surtout ne pas refaire les mêmes conneries avec les gens.

Nous restons des humains et par notre attitude et nos paroles, on peut faire mal aux autres et il faut essayer de ne plus refaire ces erreurs. Un groupe de musique, c’est certes de la musique mais c’est avant tout une aventure humaine et c’est l’essentiel pour moi... Le reste, c’est du bonus (Rires) ! S’il y a des concerts sans spectateur, ça fait chier mais ça n’arrêtera pas le truc...


Merci Adrien !

Merci d’avoir échangé avec toi, c’était super cool !


Plus d'informations sur http://www.holycrossmetal.com/
 
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