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TITRE:

HIGH-SCHOOL MOTHERFUCKERS (29 NOVEMBRE 2013)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



Contrairement à ce que le titre de l'album peut l'indiquer, le leader Stuffy ne se fout pas nous et vous propose une interview qui "Feel the Heat" à lire exclusivement sur Music Waves
STRUCK - 15.01.2014 -
3 photo(s) - (0) commentaire(s)

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Stuffy : L’année de formation, le pourquoi du comment, le nom du groupe… qui correspond à faire une petite biographie, un condensé de la vie du groupe…


Mais avec Internet, ces infos sont très facilement disponibles, on n’y reviendra donc pas… Votre actu est la sortie de ce nouvel album "Say You just don’t care", comment vous-sentez à quelques jours de la sortie ?

L’album est sorti il y a un mois maintenant. Ce n’est donc que le début. On saura dans quelques jours les retombées etc…


Et quels sont les premiers échos ?

Il y a eu quelques chroniques avec des avis super bons, quelques autres plus mitigés ce qui est normal, si on faisait l’unanimité, ça se saurait (Rires) ! Pour l’instant, ça se passe très bien !


Et quelle est la principale différence en termes de retours par rapport au premier album ?

Je pense que c’est la suite logique. On a ce style un peu glam, rock, punk... et ceux qui aimaient à l’époque, aimeront toujours.


Justement de quoi doit-on se foutre finalement ?

Et bien, je pense que c’est bien de se foutre de ce qui nous tombe dessus : du quotidien, de la vie… Dans le sens où il faut prendre tout cela comme un jeu et minimiser les tracas et tout ce qui n’est pas bon.

C’est le message : essayer de prendre la vie du côté positif même si ce n’est toujours pas évident…


Si musicalement la question ne se pose pas vraiment car il se prête à ce message, est-ce que les paroles vont également dans ce sens ?

Il y a les deux à savoir un côté un peu fantaisiste sur quelques textes pour amuser un peu la galerie et d’autres textes plus profonds, plus autobiographiques qui sont le revers de la médaille du côté joyeux, sympathique du "show business"… Si certains artistes vivent dans les paillettes, ce sont peut-être les personnes les plus malheureuses du monde. C’est le côté paradoxal.


Rassures-nous aucun membre de High School Motherfuckers n’en est là ?

Non, non (Sourire) ! Justement, on essaie de prendre les choses un peu plus au deuxième degré parce qu’encore une fois, ce n’est qu’un jeu (Sourire) !


Musicalement, l’album nage dans un hard rock punk. Quelles sont vos références ?


Je citerais la scène sleaze punk glam scandinave avec Backyard Babies, Hellacopters, Turbonegro, Psychopunch… associé à un côté un peu plus terroir avec Motörhead, Ramones, Sex Pistols et d’un point de vue plus personnel, le glam pur des groupes californiens des années 1980…


Au regard du style proposé, tu n’as pas peur que High School Motherfuckers soit dans l’ombre d’un Blackrain qui a explosé l’an dernier ?


Non parce que je pense que nous ne faisons pas le même style de musique même si on a un public commun. Non, je pense surtout qu’il y a de la place pour tout le monde et au contraire, si ils peuvent lancer ce mouvement, c’est une bonne chose…


Et comment expliques-tu cet engouement pour ce style de musique en France avec Blackrain et Pleasure Addiction dans lequel officie El Butcho (ex-Watcha) ?

Disons que si nous parlons de Blackrain, ils mettent beaucoup de moyens en avant et peuvent ouvrir une porte. Nous ne pouvons pas encore prétendre à entrer par cette porte parce qu’il faudrait la défoncer à coups de bélier…

Concernant Pleasure Addiction, je parle en connaissance de cause vu que Pamy et moi-même jouons dans ce groupe, nous ne nous faisons pas d’autoconcurrence au contraire, nous sommes complémentaires dans le sens où Pleasure Addiction est plus glam extrême et High School Motherfuckers est plus punk rock, hard rock… Mais effectivement, parfois, ça peut se rejoindre vu que je compose majoritairement dans les deux groupes et si on tend bien l’oreille, il peut y avoir des similitudes sur certains morceaux (Rires) !


Comment se fait-il que des jeunes gens comme vous jouent ce style de musique en 2013 ?

J’ai grandi avec cette musique et je n’ai jamais arrêté d’écouter ce style de musique. Ca me poursuit (Sourire) ! Ce que je trouve plus étonnant c’est de voir des jeunes de vingt ans jouer ce style-là looké comme Vince Neil ou Michael Monroe à l’époque.


A contrario, vous ne pensez pas être un peu âgés pour jouer dans un groupe qui s'appelle High School Motherfuckers ?

J’ai envie de te dire que seul l’avenir le dira. Peut-être que demain, on sera lassé et on jettera l’éponge pour passer à autre chose… Concernant le nom, à partir du moment où les gens sont habitués, on ne s’en rend même plus compte : ce n’est qu’une enseigne finalement ! A titre de comparaison, j’ai envie de citer Alice Cooper qui chante encore 'I’m Eighteen' : ça reste une chanson (Sourire) !


En clair qu’espérez-vous avec la sortie de cet album ?

On attend juste que les gens l’écoutent et l’apprécient : c’est simple (Sourire) ! A eux de se l’approprier ou pas, on n’a pas de rêve démesuré…


Il y a quand même une volonté commerciale comme en témoigne cette journée promotionnelle et ces interviews qui en découlent ?

J’entends par commercial, le fait de se faire connaître ou du moins faire savoir que le groupe existe ! Le but est de donner aux gens la possibilité d’essayer de nous écouter : le fait d’adhérer ou pas est une autre chose…


Et avec cette promo avec les différents médias du Net, penses-tu que High School Motherfuckers a plus de chance dans la scène metal de 2013 qu’à la grande époque du style dans les années 1980 ?

Non, je ne pense pas. D’un côté, la communication est certes plus facile, on peut diffuser plus facilement sa musique mais tout le monde en fait de même. En clair, les gens ont tellement le choix qu’ils sont saturés. A l’époque on allait à la Fnac acheter un disque au hasard parce que la pochette plaisait et maintenant on va sur Youtube, Facebook ou il y a 50.000 liens… C'est incomparable...


La consommation de musique a radicalement changé, penses-tu que High School Motherfuckers en pâtisse ?

Je ne pense pas que nous en pâtissions particulièrement mais la musique en général : oui ! J’ai aussi l’impression que les gens s’intéressent moins aux groupes, à leur carrière, d’où ils viennent, compléter sa discographie en ayant le 45 tours rare…


Effectivement, à l’heure de la dématérialisation de la musique, on vit dans l’époque de la fast-food musique…

C’est tout à fait ça !


Et penses-tu que High School Motherfuckers puisse faire son trou dans ces conditions ?

Non, si on a un succès d’estime, ça sera déjà très bien !


Alors à défaut de la gloire, que comptez-vous faire dans le futur proche : tourner ?

Oui, la suite logique consiste à tourner, composer, enregistrer et de nouveau, tourner, composer, enregistrer… Le principal dans la musique est de la faire avec sincérité et passion. A partir du moment où on ne prendra plus plaisir à le faire, il faudra arrêter !

C’est la même chose avec Pleasure Addiction, quand on se voit en répétition, on prend un pied super même si on est parfaitement conscient entre nous de faire une musique datée… Peu importe, c’est ce que nous avons envie de jouer ! Ensuite, on le propose aux gens et si ils adhérent c'est gagné !



On parle de plaisir, en clair, la musique ne sera jamais une réelle source de revenus ?

Ca ne l’a jamais été jusqu’à maintenant, je ne vois pas pourquoi ça commencerait aujourd’hui : je n’y crois pas trop… Ca prouve encore plus que notre moteur c’est le plaisir ! Que ce soit High School Motherfuckers ou Pleasure Addiction, c’est un partage avec des amis !


Si tu devais choisir un titre de ta discographie pour faire découvrir ton groupe quel titre choisirais-tu et pourquoi ?

Je dirais 'Another Hangover In Hungary', il y a ce côté dynamique, accrocheur, direct, assez simple dans la structure donc accessible… c’est finalement assez chantant pour rester en tête. Je pense que ce titre comporte un peu tous les ingrédients que tu peux retrouver dans toutes les autres chansons.


Quel est ton meilleur souvenir en tant que musiciens ?

J’ai eu une grande émotion la fois où j’ai joué avec LA Guns en Suisse. J’étais comme un gamin : jouer devant LA Guns, un groupe dont je regardais la VHS en boucle le soir ! J’ai également en tête le fait de jouer en première partie d’Europe avec Pleasure Addiction à l’Elysée Montmartre ou également avec White Lion à l’Elysée Montmartre, les New York Dolls…


Vos faits d’armes sont surtout d’avoir partagé la scène avec des pointures comme New York Dolls, LA Guns, Kip Winger… est-ce que finalement le passage obligé d’un album studio n’est pas fastidieux voire périlleux au risque de ne pas retranscrire l’énergie live pour un groupe de scène comme vous ?

Disons que clairement le fait d’être sur scène et partager avec les gens est bien plus plaisant que d’être enfermé dans un studio même si il y a des moments très agréable où tu construis quelque chose... Mais l’album studio relève également d’une volonté de consigner les chansons quelque part à tête reposée. Après en live, on peut les jouer différemment. Effectivement, heureusement ou malheureusement, c’est un passage obligé. En clair, demain pour trouver des concerts, il faudra faire écouter nos chansons…

Pour être tout à faire sincère, à la fin d’un enregistrement, il est évident que tu te dis que tu aurais pu modifier certaines choses… Mais notre style est assez brut, sans fioriture, les choses à changer ne sont pas nombreuses finalement.


Un autre fait d’arme est que votre première scène a été partagée avec Jean Beauvoir qui était votre guest ; pouvez-vous nous en dire plus ? Etes-vous toujours en contact ? Si oui, son avis sur votre carrière et ce dernier album, a-t-il 'Fell the heat' ?

(Rires) ! On n’a pas encore envoyé l’album à Jean Beauvoir mais on est toujours en contact, il devait justement faire un solo sur cet album mais ça ne s’est pas fait pour des raisons d’emploi du temps. On l’invitera peut-être sur le prochain Pleasure Addiction (Sourire) !

La rencontre s’est fait dans le cadre d’une soirée autour des Ramones organisée par une amie. C’était une expo et elle se demandait quoi rajouter pour agrémenter cette soirée. Elle m’a proposé de jouer et j’ai répondu favorablement. J’ai appelé des potes et c’est ainsi qu’est né High School Motherfuckers pour la petite histoire. Mais pour ajouter du cachet à cette soirée, il fallait inviter quelqu’un de l’entourage des Ramones voire un Ramones des origines comme Tommy… Comme le contacter était compliqué, j’ai proposé l’idée d'inviter Jean Beauvoir qui avait produit certains titres et albums des Ramones et même écrit certaines chansons. J’ai donc eu son téléphone à Malibu et au bout de 10 secondes, il me répond : "C’est un grand OUI !" (Rires) ! Il était prêt à faire n’importe quoi pour ceux qu’ils considéraient comme ses frères. Il a donc pris l’avion direction Paris et on a joué 3 titres ensemble !


Et pour un groupe qui commence ainsi sur les chapeaux de roue, n’est-ce pas difficile d’enchaîner dans une certaine routine ?

Non, justement, c’était plutôt motivant ! On s’est dit que  si pour la première  une personne comme Jean Beauvoir se déplace, c’est motivant… Le plus marrant c’est que nous avions une certaine émotion à rencontrer Jean alors qu'il nous a avoué plus tard qu’il avait plus le trac que nous (Rires) !


Au contraire, quel pourrait être le pire ?

Wahou… Je crois que je n’en ai pas réellement eu ! Non, les "pires" choses sont le fonctionnement du "show business"...


Concernant le "show business", qu’est-ce que ça te fait de vivre cette journée promo : une impression de passer un cap ?

Non, non… On vit cette journée comme des rencontres qui se succèdent à discuter ensemble de notre musique, nos expériences avec LA Guns, Jean Beauvoir… Le but n’est pas de donner une image de nous que nous ne sommes pas. Le but est de partager et que le nom de High School Motherfuckers circule…


Nous avons commencé avec la question que l'on t’a trop souvent posée. Au contraire, quelle est celle que tu aimerais qu'on te pose enfin ?

Bonne question ! Je ne sais pas trop… Je n’ai pas de question qui me vient et que j’aimerais m’auto-poser (Rires) !

Pour résumer, j’aimerais dire que nous faisons cette musique avec le cœur, honnêteté et sincérité. Que les gens adhèrent ou pas, ce n’est pas la question : on n’a pas tous le temps, le budget de tout connaître et apprécier… et heureusement quelque part ! Le but est que nous soyons diffusés, que chacun ait sa chance…


Tu parles de sincérité et honnêteté, on arrive à la fin de cette sympathique interview, la question que je me pose est de savoir si la musique hard rock punk que vous jouez et le message sous-tenant d’être hors système correspond bien aux personnages que vous êtes ?

Tu parles du message punk qui est "Fuck the system" mais c’est "fuck le mauvais système" finalement, le système qui s’achète… Pour en revenir à la musique, pourquoi les gens vont tous voir les mêmes concerts, écouter les mêmes disques ? Parce qu’ils n’ont pas le choix, c’est proposé par le système et ça leur convient finalement : on est des moutons !


Mais ce côté revendicatif du message ne semble pas transpirer de ta personnalité… Te transformes-tu sur scène pour véhiculer ce message avec hargne ?

Oui et non parce qu’on n’est pas là pour faire la morale non plus ! On échange lors de cette interview comme dans une discussion normale, on n’est pas là pour dire aux gens ce qu’il faut faire ou pas. Ils ont le droit d’aller claquer 70 euros pour voir Airbourne en concert s'ils le veulent…


C’est un problème pour toi ? A savoir plutôt que de dépenser 70 euros pour Airbourne, les gens feraient mieux de voir 7 concerts à 10 euros chacun ?

Oui, il y a des groupes tout aussi méritants qu’Airbourne selon moi… Je trouve juste dommage qu’on crie au génie pour Airbourne et tout le monde s’engouffre dans ce groupe à la mode sans tenir compte de ce qui se passe autour parce que c’est LE groupe à suivre. Mais j’ai fait partie de ces moutons dans ma jeunesse en suivant à fond les Sex Pistols… On fait tous partie du système !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Encore une fois, essayez de découvrir par vous-mêmes, d’en savoir un peu plus, de gratter derrière la porte, il y a plein de choses super intéressantes, super enrichissantes… Il ne faut pas se contenter de la couverture, essayer de feuilleter, lire entre les lignes, retrouver les liens… : c’est vraiment important !


Merci

Merci à toi !



Plus d'informations sur http://www.myspace.com/highschoolmotherfuckers
 
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