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TITRE:

TRUCKFIGHTERS (20 JANVIER 2014)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

STONER



Josh Homme l'a considéré comme le meilleur groupe qui n'a jamais existé, Music Waves a voulu juger sur pièces en rencontrant les membres de Drummers... Truckfighters !
STRUCK - 21.02.2014 -
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Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Dango (Niklas Källgren) : "Quand revendriez-vous jouer chez nous ?"


A la base, votre musique était qualifiée de stoner mais depuis, elle est devenue plus difficile à définir entre éléments progressifs, des passages jazzy… Est-ce une volonté délibérée pour ne pas avoir une étiquette ?

Dango : Je dirais que nous avons toujours essayé d’avoir notre propre son pour ne pas ressembler à un groupe de metal classique. Au début, nous étions plus une formation classique de stoner, aujourd’hui nous sommes plus complexe en raison d’une façon de composer qui n’est pas traditionnelle.



D’un autre côté, n’est-ce pas compliqué pour un groupe sans étiquette claire de sortir du lot ?


Dango : Bien sûr que c’est compliqué. Mais même sur le précédent album et celui d’avant, c’était déjà compliqué : plein de magazines n’écrivaient pas de papier sur nous parce que nous n’étions pas assez metal ou à l’inverse, nous l’étions trop. Mais d'un autre côté, les plus grands groupes ont trouvé leur propre son : je pense notamment à Red Hot Chili Peppers, Muse… et c’est ce que nous essayons également de faire.


Cet album comporte titres longs/ complexes et courts/ accessibles. Est-ce également une volonté pour rendre l’album plus facilement accessible ?

Ozo (Oskar Cedermalm) : Non !

Dango : Ca se passe ainsi c’est tout ! Quand nous composons, nous ne prévoyons pas d’écrire un titre de 4 minutes ou un plus long… Nous faisons juste un titre et quand nous pensons qu’il est bon, nous le conservons.

Ozo : C’est plus l’humeur de la chanson, chaque titre est une sorte de voyage.


Et quelle est la destination de ce voyage ?

Dango : Le Paradis (Rires) !


Y-a-t-il un concept derrière cet album ? Quels sont les thèmes abordés ?


Ozo : Il n’y a aucun concept. On laisse l’inspiration se développer. En bref, c’est au public de se faire sa propre interprétation.

Dango : Nous avons eu des problèmes avec les batteurs pendant toutes ces années. Et peut-être que nous voulions faire en sorte que les titres soient encore meilleurs d’un point de vue batterie notamment que le précédent album. Je ne sais pas, c’est difficile de répondre. Chaque membre du groupe écoute différents styles de musique : Tool, Soundgarden… C’est peut-être aussi pour ça que nous avons notre propre son, un son différent qui est le fruit de ces influences.


On l’a dit, cet album a plein d’influences et principalement du stoner rock et du désert rock à la Kyuss ou Fu Manchu. Comment le définiriez-vous ?

Dango : J’ai l’habitude de répondre : un rock moderne alternatif avec des éléments rock progressif et heavy rock. C’est assez difficile de définir notre musique en un mot.


Comment se fait-il qu’un groupe suédois fasse une musique finalement typiquement américaine ?


Ozo : (Rires) Ce n’est pas la première fois qu’on nous pose cette question. Je pense que nous avons ce même genre de désert en Suède avec ces grands paysages enneigés. Peut-être ressentons-nous des émotions similaires quand on a de la neige à perte de vue.


Josh Homme de Queens of the Stone Age a déclaré que Truckfighters était le meilleur groupe qui n’avait jamais existé. Comment avez-vous réagi en lisant ça ? Est-ce que ça a changé quelque chose dans la popularité du groupe ?


Ozo : Un peu mais pas autant que tu pourrais le croire. Je considère qu’une popularité stable ne se construit qu’avec les années.

Dango : Nous venons de très bas et nous montons lentement mais sûrement (Rires) !

Ozo : Quand Josh a dit ça, ça a peut-être influencé quelques fans de rock normal à nous découvrir mais pas les fans de stoner.

Dango : C’est vraiment une chose énorme quand un mec aussi connu dit des choses comme ça. Plein de gens qui écoutent sa musique sont attentifs à ses propos et c’est évident qu’une partie des ses fans plus orientés rock normal dirons-nous sont allés nous écouter.


Est-ce qu’une carrière à la Josh Homme qui a quitté Kyuss pour rejoindre un groupe plus populaire avec une musique plus populaire c’est-à-dire Queens of the Stone Age ou Them Crooked Vultures vous fait rêver ?


Dango : Non !

Ozo : Nous ne pensons pas ainsi à savoir faire une musique plus populaire. Bien sûr, si notre musique devient plus populaire, ça sera cool (Sourire).

Dango : Nous continuerons à faire du Truckfighters et il faut espérer que ce soit le son à la mode dans les années à venir. Si ce n’est pas le cas, nous continuerons de faire ce que nous aimons et comme nous le voulons - et pas comme une maison de disques souhaiterait que nous le fassions.


Vous avez sorti un documentaire basé sur la vie du groupe. Comment expliquez-vous qu’un groupe underground comme Truckfighters ait fait l’objet d’un tel DVD ?

Dango : Je ne sais pas. Ce film n’était pas notre idée à la base. Les réalisateurs Joerge Steineck et Christian Maciejewski qui nous ont interviewé, sont restés pendant le concert et nous ont dit à la fin que c’était le meilleur concert qu’ils avaient vu et qu’ils voulaient en faire un film. Nous avons accepté sans se douter que le film durerait plus d’une heure et demie. Mais le résultat est vraiment cool et c’est une belle image d’un groupe underground.


Et est-ce que ce film vous a aidé à percer ?

Dango : Je ne sais pas. Un peu. C’est clair que la déclaration de Josh Homme a plus aidé que ce film qui est réservé aux fans purs et durs du groupe.

Ozo : Mais finalement, tout ce que nous faisons aide à augmenter notre popularité.


Oui et cette journée promo en France va également dans ce sens.

Dango : Seulement si nos réponses sont intéressantes sinon les lecteurs vont se dire que nous sommes un groupe ennuyeux et finalement on aura plus perdu que gagné (Rires) !


Toujours concernant ce documentaire, le public a l’habitude de voir de tels films sur des groupes connus comme Metallica, Iron Maiden ou Anvil… Comment vous sentez-vous à côté de tels mastodontes ?

Dango : C’est cool !

Ozo : C’est un documentaire unique parce qu’aucun groupe de notre niveau a fait un film (Rires) ! Mais je dirais que ce type de film sur des groupes plus petits est plus intéressant que ceux sur les gros groupes.

Dango : Le problème avec les documentaires musicaux est qu’ils ont tendance à glorifier les groupes. C’est assez bizarre de voir que tout se passe merveilleusement bien… Je ne pense pas que tout est parfait dans la vie et c’est la raison pour laquelle les documentaires sur Metallica et Anvil sont intéressants parce que tu n’es pas dans cette optique.


Malgré tout, est-ce que ce documentaire n’a pas été trop intrusif dans vos carrières professionnelles ?


Dango : Je pense que c’était le cas mais ils ont fait profil bas si bien que nous ne rendions plus compte de leur présence.


Vous n’avez pas eu envie de changer de comportements en leur présence malgré tout pour donner le meilleur profil de vous-mêmes ?

Dango : Non (rires) !


Vous avez évoqué votre problème de batteurs : est-ce que pendant l’enregistrement, vous avez changé de comportements vis-à-vis d’eux ?

Dango : (Rires) Malheureusement, non ! Mais je pense surtout que nous n’avions pas compris que c’était sérieux quand ils nous filmaient… Nous sommes restés nous-mêmes.


Toujours concernant ces problèmes de batteurs n’aurait-il pas fallu baptiser le groupe Drummersfighters finalement ?

Dango : (Rires) !


Et toi comment vis-tu cela ?

Poncho (Andre Kvarnström) : Je ne sais pas pourquoi les batteurs qui se sont succédés dans le groupe ont eu tant de problèmes.


Malgré tout, es-tu toujours attaché à ton siège dans le cas d’une éjection intempestive ?


Dango : Tu veux dire que nous le catapulterons le cas échéant (Rires) !

Poncho : Non ! Je ne sais pas quoi répondre (Sourire gêné)…

Dango : Non mais la chose intéressante est que tous les batteurs qui ont quitté le groupe l’ont fait pour des raisons différentes…


Il y a eu plein de changement ces dernières années, peut-on dire que le line-up est enfin stabilisé aujourd'hui ?


Dango et Ozo : (Catégorique) Non !

Dango : Je ne crois plus aux batteurs (Rires) !

Ozo : Ils sont comme les femmes (Rires) !



On a parlé de mastodonte, comment arrive un titre comme 'Mastondont' justement ?


Dango : Ca part juste d’un riff qui nous semble bon et nous développons le tout pour voir ce que ça donne. Puis nous passons à autre chose, un autre riff… Et c’est finalement quand nous nous posons que nous constatons que le titre compte déjà 10 minutes !

Ozo : Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions peut-être ajouté d’autres éléments (Rires) !

Dango : L’histoire est que le titre était presque terminé - il durait 8 minutes - mais nous avons changé de batteur avec qui nous étions depuis 6 mois. Nous l’avons réécouté  et nous nous sommes rendus compte…

Ozo : … qu’il manquait quelque chose.

Dango : Nous nous sommes dis qu’il manquait une outro à ce titre et nous avons ajouté 4 minutes supplémentaires (Sourire).



Mais auriez-vous pu découper ce titre en plusieurs parties ?

Dango : Rétrospectivement oui mais nous ne partons pas intentionnellement en nous disant que nous allons faire un titre long ou inversement un titre court. Ca se passe juste comme ça. En revanche, l’ajout d’outro de 'Mastondont' est intentionnel parce que même si il durait déjà 8 minutes, on voulait encore le faire grossir pour l'améliorer. C’est notre but : faire en sorte que chaque chanson soit la meilleure possible.


Questions traditionnelles de Music Waves, quels sont vos meilleurs souvenirs d’artistes ?

Ozo : Je crois qu’un de mes meilleurs souvenirs est -même si je ne m’en rappelle pas (Rires)- quand nous avons fait la première partie de Fu Manchu.

Dango : De mon côté, deux concerts retiennent mon attention : le premier en 2006, lors d’un festival en Allemagne, au moment de monter sur scène, plein de monde venait de tous les côtés pour nous regarder jouer. C’était extraordinaire pour nous parce que nous réalisions pour la première fois que nous avions un public vraiment important. Nous avons rejoué dans ce festival l’été dernier et même si nous avons joué plus longtemps et devant plus de personnes, c’était moins amusant : nous sommes plus âgés et nous ne ressentirons plus ce sentiment des débuts. Le deuxième souvenir est une première partie de Fu Manchu au London Academy. C’était un concert spécial parce que le dernier d’une tournée de 7 semaines de suite -qui avait commencé par 3 semaines de tournée en tête d’affiche puis 4 semaines en première partie de Fu Manchu- nous étions totalement cramés aussi bien physiquement que mentalement mais l’accueil a été aussi extraordinaire qu’il était inattendu.

Poncho : Je dirais la première partie de Kvelertak parce que c’était ma première tournée européenne et notamment ce concert à Hambourg qui était sold-out.

Ozo : Et puis, il ne faut pas oublier notre prestation au Hellfest l’été dernier.

Dango : Nous avons joué à 11 heures et malgré tout, c’était plein alors que nous pensions que les gens seraient toujours en train de dormir.


On a évoqué vos meilleurs souvenirs, au contraire, quels pourraient être le pire ?

Dango : (Rires) J’en ai plusieurs : trois exactement. Le premier était en Italie, c’était lors de notre première tournée hors de Scandinavie et nous étions programmés sur 4 concerts. Le premier était à Brescia. Nous avons joué pour une seule personne qui était complètement saoule et qui faisait des allers-retours au bar.

Ozo : C’était il y a dix ans aussi !

Dango : C’est la seule fois où nous avons joué que pour une personne mais ça craint vraiment (Sourire) ! Le deuxième souvenir est toujours en Italie mais un peu plus drôle. Pour commencer la police a arrêté le concert parce que nous faisions trop de bruit. Ensuite on était censé dormir chez une jeune fille sauf qu'au moment de la suivre à l’étage où étaient les chambres, elle nous dit : "Mais que faîtes-vous ? Vous ne pouvez pas monter à l’étage mais parents dorment…". On a du se coucher à même le sol du grand salon ou sur le canapé pour le plus chanceux d’entre nous (Rires) ! Au bout d’une heure, on arrivait pas à dormir alors on est allé dehors malgré le froid... Enfin, mon dernier mauvais souvenir était en Suède où nous étions programmés dans un pub. Le mec qui nous avait programmé n’avait pas vraiment communiqué avec le gérant si bien qu’au bout de trois titres, il est venu nous voir pour qu'on baisse le son sans quoi il ne nous payerait pas. Nous avons dû jouer un titre ensuite en essayant de baisser le son sauf que le public n'a pas compris et a commencé à nous huer…


On a commencé cette interview par la question qu’on vous avait trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Ozo : Ouh ! Je n’en ai aucune idée.

Dango : Je ne vois pas et nous ne sommes pas timides, si nous voulons dire quelque chose, nous le disons (Sourire) ! Mais finalement, je me rends compte que peu de gens nous parlent de Örebro, notre ville qui est un endroit très sympa.

Ozo : C’est un peu petit mais tu as tout ce dont tu as besoin.


C’est une source d’inspiration pour vous ?

Ozo : Oui, je le pense vraiment.

Dango : Cette ville est assez petite pour y vivre paisiblement. En revanche, si tu veux aller en boîte, c’est un peu paumé mais nous sommes trop vieux pour ça (Rires) !
D’un autre côté, si tu as trop de choses à faire et que tu as plein de sources de divertissement autour de toi, tu ne vas jamais en studio pour faire quelque chose de créatif.



Avant de se quitter, voulez-vous dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Dango : (en français dans le texte) "Bonjour". Nous vous attendons au concert que nous allons faire le 28 février.


Merci

Dango : "Merci beaucoup" (Rires) !


Merci à Noise pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.truckfighters.com/
 
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