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FREEDOM CALL (15 JANVIER 2014)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL MELODIQUE

Rendez-vous manqué, tel était le mot d'ordre de l'interview de 2010. Quatre ans plus tard, Music Waves comble ce vide en rencontrant Chris Bay en chair et en os pour une séance de psychanalyse musicale...
STRUCK - 14.02.2014 - 3 photo(s) - (1) commentaire(s)
Enfin, je peux te rencontrer. La précédente interview dans Music Waves a été annulée et effectuée par mail en raison de problèmes météo empêchant ta venue sur Paris dans les délais. C’était en 2010, que s’est-il passé depuis ?

Chris Bay : Plein de choses se sont passées notamment en 2010 qui a été l’année où j’ai commencé à composer "Land of the Crimson Dawn" sans Dan (NdStruck : Dan Zimmermann, batteur et dernier membre originel de Freedom Call avec Chris Bay). C’était la première fois et ce n’était pas facile parce que j’étais habitué à travailler avec lui quotidiennement et du jour au lendemain, je n’avais plus de deuxième opinion. Ce n’est pas tant qu’il me contredisait constamment mais j’avais besoin de son aval. Pour la première fois, j’étais tout seul et je doutais mais c’est vite passé. Peut-être que je me suis construit une assurance personnelle : je n’avais plus besoin de quelqu’un derrière moi pour me conforter dans mes choix, je pouvais enfin décider par moi-même !


Peut-on dire que si tu parais plus jeune que jamais en revanche, tu agis enfin en adulte…


(Rires) Tu as totalement raison !


L’an dernier, vous avez sorti le best of "Ages of Light". Es-tu conscient qu’un tel titre ait pu effrayer une partie de vos fans qui auraient pu penser que c’était la fin ?

Oh non ! Penses-tu qu’un titre comme "Ages of Light" est prémonitoire ?  Mais non, ce best-of était l’occasion de fermer un livre pour en ouvrir un nouveau (Sourire) avec notamment une nouvelle génération de membres. Notre ancien batteur Dan qui jouait également pour Gamma Ray a quitté le groupe en 2009 et "Legend of the Shadowking" a été le dernier album enregistré avec lui. "Land of the Crimson Dawn" a été le premier album où j’ai dû tout gérer. J’étais un peu nerveux… Et peut-être que ce best-of n’est pas seulement un hommage à Freedom Call mais aussi un "au revoir" et un grand merci à tous les anciens membres.

Je n’ai pas vraiment pensé "Ages of Light" sous un angle aussi sérieux que certains pourraient imaginer. Et pour être honnête, je n’ai jamais eu aucun retour de fans pensant que nous pourrions arrêter (Sourire) ! Ce best-of était un cadeau de notre label en l’honneur du 15e anniversaire de Freedom Call et la fermeture d’un chapitre. Aujourd’hui, nous avons un nouveau line-up qui se dirige vers un nouveau futur.




Avais-tu besoin de fermer ce chapitre avec ce best-of qui te permettait de faire le point après 7 albums ?

Oui et non, le best-of aurait dû sortir avant "Legend of the Shadowking" afin de fermer le chapitre de notre relation avec Dan. En effet, Dan est un de mes meilleurs amis et il fallait montrer que nous n’étions pas partis en mauvais termes. Non, il faut vraiment plus voir ce best-of comme un cadeau pour le groupe en l’honneur de ses 15 ans. Nous avons également sorti un album bonus avec ce best-of…


… Justement le second disque de ce best-of est surprenant puisqu’il contient des versions différentes de titres connus. Est-ce que vous les avez faites pour le plaisir ou pour prouver que Freedom Call est libre de faire ce qu’il veut quand veut ?


Pour ces deux raisons (Rires) !

Premièrement, nous voulions donner au public un cd bonus spécial et créatif. Nous avons plein de prises pendant nos séances d’enregistrement que nous aurions pu y mettre ! Certains anciens membres du groupe sont présents comme Klaus (NdStruck : Sperling)  qui joue de la batterie, Samy (NdStruck : Saemann) qui joue de la basse et Cédric (NdStruck : Dupont) du line-up de 2003 à la guitare…

Nous avons travaillé comme une grande famille et c’était l’occasion de montrer au public qu’un groupe comme Freedom Call dont la marque de fabrique est un metal gai avec des pensées positives agit de la même façon dans la vie. Nous avons gardé des liens avec les anciens membres du groupe, nous ne nous sommes pas séparés en mauvais termes et nous avons proposé au public un produit un peu spécial dans lequel il y a beaucoup de travail et d’inspiration.


Parlons de ce nouvel album "Beyond", parfait successeur de "Land of the Crimson Dawn". Y-a-t-il un lien conceptuel entre ces deux albums comme le laisse penser le sujet traitant d’héroic fantasy ?

Oui ! Je pense que musicalement parlant, il y a un lien avec les tous premiers albums comme "Starway to Fairyland", "Eternity"… Par la suite, nous avons eu, je ne dirais pas une cassure mais nous avons testé des expérimentations sur "The Circle of Life"… Ce n’est pas fait de façon délibérée, la raison est que nous avons tourné pendant tellement longtemps, nous avons fait tellement de concerts, joué de vieux morceaux que nous avons fait un retour dans le passé.


Oui mais pourquoi pour cet album plus particulièrement parce que les innombrables tournée et concerts dont tu parles ne datent pas d’hier non plus…


En 2009, Klaus composait également et essayait de faire en sorte que Freedom Call sonne moderne. Et "Land of the Crimson Dawn" a été le premier album où j’ai été seul maître à bord (Rires) ! Non, je donnais l’orientation musicale et j’ai essayé plein de choses. Pendant la dernière tournée et plus particulièrement avec ce nouveau line-up, je me suis vraiment senti revenir à mes débuts.





Cet album marque donc un retour vers tes premiers amours, un speed metal mélodique très accessible mettant de côté les expérimentations. Etait-ce important pour toi de revenir à tes racines ?


Oui. Plein de choses se passent pendant le processus de composition et la plupart des changements sont la conséquence des émotions que tu ressens. Je suis motivé comme jamais et peut-être fut-il un temps où j’étais plus à calculer, à penser comment organiser une production, comment organiser une tournée, comment apporter certaines nouvelles techniques… Aujourd’hui, je me sens soutenu à 100% par les autres membres du groupe…


… ce n’était pas le cas auparavant ?

Ce n’est pas ça. Je me sentais soutenu mais chaque membre travaillait séparément alors qu'aujourd’hui, on se retrouve tous en studio et chacun donne son avis.


Peut-on parler d’un travail d’équipe mené par un meneur de jeu ?

Presque puisque je suis le seul à composer. Quand je le fais, je m'imagine devoir présenter les morceaux devant un public… C’est un élément très important de pas être seulement le leader d’un groupe mais de se sentir inclus dans une équipe. Il est juste primordial que quelqu’un donne l’orientation générale sinon ça ne marche pas. J’ai essayé plusieurs fois de faire différemment mais sans succès.


'Dance off the Devil' est un titre surprenant avec ses rythmes folk et africain. D’où vient l’idée d’un tel titre et quelle est sa signification : un hommage à Nelson Mandela qui vient de nous quitter ?


Non pas du tout (Sourire) ! La chanson avait déjà été écrite avant même que Nelson Mandela nous quitte. J’ai trouvé que ce style africain, cette atmosphère fonctionnait bien avec des voix spirituelles mais cela reste du rock et pour moi, ce titre n’est pas si spécial…


Malgré tout, en composant de tels titres qui reste personnellement mon préféré, n’as-tu pas eu peur de mettre à mal l’homogénéité de l’album d’autant plus que Freedom Call est connu pour ses albums concepts ?

Non, d’autant que si nous avons fait des albums concepts, ils ne l’ont jamais été d’un point de vue musical. Il y a une direction principale au niveau des textes et dans le cas de ce titre, ça collait parfaitement !

On parle d’esprit, "Beyond" est un esprit supérieur de notre philosophie et ce titre en l’occurrence parle des esprits africains, le vaudou ! Je ne dis pas que je suis au fait des pratiques vaudous africaines mais je suis allé faire un tour sur Google, je me suis renseigné sur le vaudou et voilà toute l’histoire de ce titre.



Ce nouvel album est d’une fraîcheur rare et c’est assez surprenant de la part d’un groupe comme Freedom Call qui n’est plus si jeune. Quel est votre secret pour garder ce sens de l’humour, cette sympathie, cette fraîcheur où tant d’autres groupes ont disparu ou évolué avec comme conséquence la perte de cette fraîcheur des débuts, nous pensons notamment à Edguy, Sonata Articta ou encore Gamma Ray ?

Peut-être que nous ne nous prenons pas trop au sérieux. En revanche, nous prenons ce que nous faisons très au sérieux, nous nous produisons de façon très professionnelle. Je n’ai jamais fermé la porte à quoi que ce soit. Tout est possible, il suffit d’essayer : si un des membres a une idée, on l’essaie et ensuite, on décide si ça marche ou pas.

Nous sommes libres de faire ce que nous voulons et c’est la deuxième réponse à la question de savoir comment nous pouvons inclure un titre comme 'Dance Off the Devil' dans un de nos albums. Nous le faisons, c’est tout : on se fout du reste ! Cela reste de la musique finalement et si nous aimons ce titre pourquoi ne pas l’inclure ? Je ne suis jamais senti obligé de faire quoi que ce soit sous prétexte que tel ou tel titre ne s’intègrerait pas dans un des albums de Freedom Call.


Penses-tu que cette liberté serait également possible si Freedom Call était un gros groupe commercial ?


Tu as raison, nous ne sommes pas sous pression… Peut-être que quand tu es un groupe plus gros, tu estimes que tu as plus de responsabilités mais ce n’est pas le cas. Pourquoi ne pas essayer finalement ?


Tout simplement parce que si tu es commercial, tu veux continuer à l’être et donc tu utilises les mêmes recettes pour plaire au public et continuer à vendre…

Oui mais à l’inverse, nous avons parlé de 'Dance Off the Devil', titre que tous les journalistes semblent avoir apprécié. Finalement, ce morceau rend notre album beaucoup plus intéressant. Dans le cas contraire, qu’aurait-on dit ? Que cet album est plus puissant, plus énergique ? C'est d'un banal...


As-tu toujours voulu mettre un titre particulier dans chaque album pour le faire sortir du lot d’une manière ou d’une autre ?

Oui mais je ne le fais pas délibérément ou du moins, je ne cherche pas systématiquement à composer un titre avec une empreinte différente. Je ne sais pas encore si nous allons jouer un titre comme 'Dance Off the Devil' sur scène mais je suis convaincu que si nous le faisons, les gens qui l’aiment ne hurleront pas comme sur les autres titres mais au contraire danseront parce que c’est une chanson très groovy. Il me parait important de ne pas cantonner le public dans un registre restreint d’un metal calibré…


Dans l’interview datant de 2010 tu nous avais dit avoir des difficultés pour vivre de ta musique. Est-ce que la situation a changé depuis ?


(Rires) Un peu oui parce que j’ai appris à travailler de façon économique, de façon plus réaliste… J’ai appris de toutes ces situations, de tous les éléments d’un groupe qui se gère finalement comme une entreprise… J’ai appris à allumer le bouton de la gestion des affaires du groupe tout en veillant à ce que cela reste sain… et ce n’est pas si difficile. Si bien qu’aujourd’hui, je peux dire que je peux pleinement me concentrer sur Freedom Call.


As-tu des rêves d’une grande carrière dans l’industrie musicale ou as-tu tiré un trait sur ces projets en considérant que Freedomc Call ne sera jamais un groupe ultra connu ?


Nous verrons ! Je ne suis pas dépendant d’un gros succès. Et que veut dire gros succès aujourd’hui : gagner plus d’argent et ne pas avoir de temps à consacrer par ailleurs ? Si avoir du succès signifie devoir se réveiller à 6 heures du matin pour se faire maquiller avant d’aller sur un plateau de télé pour tenir des propos formatés, ça ne m’intéresse pas vraiment !

Je serais content de jouer sur de plus grandes scènes, devant plus de gens et bien sûr, avoir plus d’argent et nous travaillons pour y arriver. En revanche, je ne veux pas changer mon mode de vie actuel. Si je voulais vraiment devenir une star du rock, il faudrait changer totalement mon mode de vie et ça m’ennuierait beaucoup. Cela signifierait que je devrais jouer un rôle quotidiennement parce que le public se fout de qui tu es finalement, le public souhaite te voir comme il veut te voir et non comme tu es. Tu te retrouves donc entouré de conseillers qui t’apprennent comment répondre aux journalistes… Je ne suis pas un gamin !


Tu veux garder cette liberté de penser, de parole… amusant quand on s’appelle Freedom Call !


(Rires) Bien joué ! Mais tu as totalement raison, nous voulons garder cette liberté et un certain équilibre …


Tu disais vouloir faire plus de grandes salles, quel est le programme prévu pour la tournée "Beyond" ?


Notre tournée va commencer le 1er Mars, nous allons bien entendu jouer en France : Paris, Lyon, Colmars, à Toul chez Paulette (Sourire)… Nous allons faire un gros festival en République Tchèque - Masters of Rock - devant 25.000 personnes et nous sommes placés assez haut sur l’affiche… D’autres festivals sont prévus et même si tout n’est pas confirmé, nous construisons une tournée mondiale !


Avant de se quitter, je tenais à éclaircir un éventuel malentendu : tu disais que ton pire souvenir était la presse, pourquoi ?


C’était avant… quoi que…



Pas aujourd’hui, j’espère ?

Non, non, non (Rires) ! Non, par le passé, j’ai été déçu par certaines chroniques, certains commentaires… Je ne dis pas que nous avons de meilleures chroniques aujourd’hui, c’est juste que je m’en fous (Rires) ! Je n’ai pas de problèmes avec les critiques constructives mais la plupart sont destructives en disant qu'un album est de la merde. Tu ne peux pas écrire ça à propos d’un travail professionnel dans lequel tu n’entendras pas de fausses notes et dont la production est bonne.

Je me souviens également d’un live report d’un spectacle à Hambourg - le responsable de notre label ici présent pourra te le confirmer - où le public était en transe. Un journaliste n’a pas trouvé mieux de dire que lorsque nous sommes montés sur scène, le public s'est désintéressé de nous et que nous nous ennuyions sur scène : c’est incroyable parce que c’était juste un mensonge ! Ca m’a vraiment déçu à l’époque mais aujourd’hui, je m’en fous.


J’espère que ce type de journée promotionnelle et d’interviews t’aideront à changer un peu d’opinions sur les journalistes…

Définitivement ! Si certaines chroniques ou interviews sont vraiment nulles, la plupart sont vraiment sympas comme la tienne qui a été bien préparée. J’aime beaucoup !


Avant de se quitter, voudrais-tu dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

(Rires) Oh ! J’ai appris le latin dans ma jeunesse, je comprends un peu l’espagnol, l’italien, je peux lire le français et te dire "Merci beaucoup ! Bonne année et santé" (Rires) ! Et merci à toi...


Et merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://dimensions.freedom-call.net/
 
(1) COMMENTAIRE(S)
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ROSSI4699 - 03/03/2014 17:57:46
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Pour les avoir vue sur scène samedi soir allez y les yeux ferme c'est un groupe remplie de joie sur scène et qui donne tous pour sont public vraiment un super moment passe avec eux merci Freedom call!!! Et aussi très bonne interview bravo
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