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KLÔ PELGAG (05 AVRIL 2014)


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INTERVIEWS
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AUTRES



Quelques minutes avant son concert de Chalonnes sur Loire, Klô Pelgag nous a reçu pour une interview. Rencontre avec une jeune artiste sincère et singulière.
ALADDIN_SANE - 10.06.2014 -
4 photo(s) - (2) commentaire(s)

Bonjour Klô Pelgag. Tout d’abord, peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs de MW qui ne te connaîtraient pas encore ?  

Je m’appelle Klô Pelgag Je fais de la musique qui préconise la liberté, une musique poétique et imagée mais avec toujours cette idée de liberté.

 

Comment ressens-tu l’accueil qui t’est fait en France ?  

C’est la première grosse tournée. Je suis déjà venue pour des festivals ou des show case. Pour cette tournée, nous sommes bien accueillis partout. On est logé et nourri, ce qui est exceptionnel pour des québécois… Je trouve aussi que le public est curieux. Il y a un public pour la chanson en région qui est majoritairement plus âgé mais qui se déplace pour faire des découvertes. Jusqu’à présent, on a été gâté pour ce qui est du public en tous cas.  

Comment vis-tu la scène ? Comment se passe le passage de la création musicale à la rencontre avec le public ?
 

La scène est hyper importante. J’adore ça, c’est un des points centraux de ma vie. J’adore aussi être en studio, écrire des chansons, travailler des arrangements, tout ce processus créatif mais je trouve que le processus créatif se poursuit également indéfiniment pour la scène. Le moment que j’aime le moins, je pense, ce sont les sound checks [balances]. Pour moi ça représente tout ce qui est technique et je n’ai jamais aimé cet aspect-là, c’est épuisant. En tous cas, le spectacle, c’est bien une de mes parties préférées.  

 

Je crois savoir que tu joues de plusieurs instruments. As-tu reçu une formation musicale « classique » (type école de musique) ou as-tu appris de façon plus libre, en autodidacte ?
 

Mon instrument principal, c’est le piano. J’ai appris avec un professeur privé quand j’étais enfant. J’ai également appris à chanter en même temps. Le piano, je l’ai délaissé assez rapidement car je n’aimais pas le côté académique [de l’enseignement] et j’y suis revenue en écrivant mes chansons. Ce qui m’a fait aimer la musique, c’est d’écrire des chansons et de m’en servir pour m’exprimer. Je n’ai aucune technique musicale mais j’ai beaucoup d’oreille. Quand les mélodies me font quelque chose, je les garde et quand je m’en souviens pendant longtemps, je me dis que ça doit être une bonne mélodie. Je joue du piano pour me faire du bien. C’est la même chose avec les chansons.

 

"Les mots ont un sens mais aussi une musicalité, toutes les langues

ont une musicalité mais le français a un vocabulaire hyper précis.

J’aime tenter de trouver la façon d’exprimer une émotion à la perfection selon mon vocabulaire intérieur"



Parlons de ton premier album « L’alchimie des monstres ». Comment expliques-tu justement « l’alchimie » que tu arrives à créer entre paroles et musique ?  

Je m’occupe des deux en même temps. Souvent ça part du piano, je rentre dans une bulle et j’improvise des choses qui me viennent. La musique influence le texte et le texte influence la musique, c’est complémentaire. Tout ça avance petit à petit, en même temps. Les mots ont un sens mais aussi une musicalité, toutes les langues ont une musicalité mais le français a un vocabulaire hyper précis. J’aime tenter de trouver la façon d’exprimer une émotion à la perfection, selon mon vocabulaire intérieur, sublimer les mots si possible…  


Comment as-tu rencontré tes acolytes musiciens ?
 

Mon frère signe la plupart des arrangements. La formation « classique » est partie de lui. Il y a un côté organisé chez lui, qui est moins présent chez moi. Au départ, quand j’ai commencé, je n’avais pas beaucoup confiance en moi en matière de musique. Lui, il commençait ses études dans l’orchestration et m’a proposé de faire des arrangements sur une de mes chansons, juste pour essayer. Ce qui donne par exemple le fait que l’une des violonistes qui était là au départ est encore là maintenant. Par la suite, j’ai pris confiance en moi entourée de tous ces musiciens « classiques », à faire mes propres arrangements en compagnie de mon frère. Ça s’est poursuivi comme une collaboration. Parfois, je lui envoie des démos avec mes arrangements et lui, ensuite, il organise tout ça en partition et parfois, je lui joue d’abord des chansons et il imagine d’autres arrangements. Pour l’instant, c’est la formation idéale mais ça peut évoluer… J’aime vraiment l’instrumentation classique car on peut créer des harmonies parfaites.  


Je trouve que le tour de force de tes chansons, c’est qu’on ne peut pas les réduire aux thèmes apparents de la maladie, la souffrance ou la mort. Est-ce une démarche consciente de travailler sur les métaphores, les double sens, les images ?
 

J’ai toujours écrit de façon imagée. Ensuite, les gens remarquent des choses récurrentes dans mes chansons mais tout ce que je fais est vraiment naturel et spontané.

   

Sur ton site Internet, à propos de tes chansons, tu évoques ta volonté de créer un « paysage pour les aveugles » ? Ils t’en sont reconnaissants ?

J’aimerais que mes chansons soient assez précises pour que les gens qui n’ont pas la vue puissent les reconstruire dans leur tête.  


La construction de tes chansons est assez « progressive » avec des ponts, des changements de rythmes… J’ai vu que tu citais notamment Gentle Giant dans les remerciements du livret de ton album ? Est-ce un hommage ? Une influence importante pour toi ?
 

C’était un de mes groupes préférés quand j’étais adolescente. J’aimais aussi le côté fou furieux des années 70, la pluridisciplinarité de cette formation, et le côté scénique aussi... Leurs chansons sont très impressionnantes et les mélodies sont improbables. Je n’écoute plus trop de rock progressif à part peut-être King Crimson. A cette époque du rock progressif, tu pouvais faire des chansons de 7 minutes qui évoluaient rapidement, avec plein d’idées, tu pouvais aussi les réécouter et découvrir de nouvelles choses…   


Une de mes chansons préférées de ton album est « Nicaragua », justement pour sa dimension progressive. Cette chanson a-t-elle une histoire particulière ?


Pas vraiment, non ! J’ai commencé à l’écrire à la guitare et j’y suis revenue quelques mois plus tard au piano mais il n’y a pas d’histoire particulière concernant cette chanson, désolée (rires).  


As-tu d’autres influences musicales ou littéraires ?
 

Pour les mots, Claude Gauvreau [poète et dramaturge québécois, 1925-1971], par exemple. Il faut lire « Beauté baroque », c’est très beau ! C’est un poète hyper créatif et imaginatif. Il a inventé une langue particulière.  


En ce qui concerne ton chant, certains effets me font un peu penser à l’artiste française Camille ? Connais-tu ses albums ? As-tu des modèles en matière de chant ?
 

En France, les gens m’en parlent beaucoup. Le seul album que j’ai entendu d’elle c’est « Le fil » mais je ne trouve pas qu’on se ressemble tant que ça… Je ne me considère pas comme une chanteuse, ma voix s’est développée avec l’expérience pendant les années. Maintenant, je prends vraiment plaisir à chanter même si je ne suis pas le modèle d’une chanteuse à voix. J’aime beaucoup la chanson française comme Gainsbourg, « Histoire de Mélodie Nelson », un album magnifique mais aussi Brel, Brassens…

 

As-tu l’impression d’appartenir à une scène musicale particulière au Québec ? Et si oui, laquelle ?  

Pas vraiment. Je pense que tout le monde me voit un peu comme une extra-terrestre.  


J’ai cru comprendre que tu travaillais sur un second album ? Quelles sont les expériences qui vont le construire, l’enrichir ?
 

En ce moment, j’emmagasine beaucoup d’idées, d’expériences. C’est difficile pour moi de travailler sur de nouvelles chansons en tournée car j’ai besoin de solitude pour écrire. J’essaie de me laisser des instants pour composer… et dormir, j’adore dormir (rires).  


La dimension visuelle a, semble-t-il, une importance particulière pour toi, au vu de ton site Internet et de la pochette de ton album…
 

J’aime tout ce qui est visuel, j’ai un goût pour l’image. J’ai l’impression d’avoir une certaine lucidité pour reconnaître des choses intéressantes dans l’art visuel. Je délègue les vidéo-clips car je n’ai pas la connaissance pour en faire mais j’apporte mes idées tout en essayant de ne pas trop tout contrôler pour laisser une liberté au réalisateur. Il faut accepter la collaboration et faire confiance à l’autre, j’aime beaucoup ça. Je ne contrôle pas le sens de mes chansons, je les lance comme ça et les gens les attrapent s’ils veulent… Certains vidéo-clips comme celui de « Tunnel » livrent une facette de moi sans révéler toute la chanson mais il y a d’autres vidéo-clips plus évidents…  

 

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?
 

Bonjour aux lecteurs de Music Waves !

 

Merci Klô Pelgag. Le compte rendu du concert qui a suivi est également disponible​ ici : http://www.musicwaves.fr/frmArticle.aspx?ID=902&REF=CONCERT-DE-KLÔ-PELGAG-A-CHALONNES-SUR-LOIRE--0



Plus d'informations sur http://klopelgag.com/
 
(2) COMMENTAIRE(S)  
 
 
ADRIANSTORK
11/06/2014
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Hier en attend mon bus, je me suis demandé en pensant à ton interview : ''Mais est-ce que c'est une honte d'écouter du rock progressif après la maturité?'' ''Est-ce un caprice de gosse?'' Pourquoi des gens comme Klô Pelgag (elle écoute King Crimson, mais lequel?) et Francis Kuntz (ne veut pas écouter Yes aujourd'hui?) ne veulent plus en écouter de nos jours? Quand on gravit la montagne du rock progressif, la fièvre nous illumine toujours, non?
ADRIANSTORK
10/06/2014
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