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TITRE:

DEATH DESTRUCTION (15 AVRIL 2014)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



Musicwaves a rencontré Henrik et Jonas sévissant respectivement derrière la six-cordes et les futs de Death Destruction pour parler de leur évolution musicale et de line-up pour la sortie de leur deuxième album studio, sobrement intitulé II.
PHILX - 22.09.2014 -
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Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Henrik : Pourquoi Jimmy a quitté le groupe et on va donc passer à la question suivante ! (rires)


Outre l’arrivée d’un nouveau chanteur, ce nouvel album de Death Destruction se caractérise par un virage plus groovy. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Jonas : Je pense que c’est une évolution naturelle. Le premier album a été écrit sur une période regroupant plusieurs années.

Henrik : Les premières chansons que nous avons écrites sont totalement différentes de celles du premier album. Déjà rien que sur le premier album, les derniers titres écrits montraient une évolution de notre style moins brutal et plus groovy avec notamment des titres comme 'Fuck Yeah' ou 'Sea of Blood'.





Tu veux dire que votre son est désormais plus accessible ?


Jonas : Non… Quand nous avons commencé, nous voulions fonder une sorte de groupe de Death Metal même si nous refusons l’étiquette Death Metal de Göteborg. Trop de groupes œuvrent dans ce style et nous voulions faire quelque chose de spécial.
Il y a tellement de groove dans ce groupe que ça aurait été stupide de ne pas s’en servir parce que nous aurions décidé de faire du Death Metal de Floride qui était en vogue il y a 7 ans (Rires) !
Je pense que nous avons évolué et plus particulièrement sur cet album dans lequel nous avons trouvé notre son qui est groovy, bluesy tout en gardant le côté agressif. Au-delà de ce groove qu’il fallait faire ressortir, nous voulions garder ce côté agressif qui est la base du groupe. Malgré tout, le processus de composition n’a pas vraiment changé : les chansons naissent au gré de l’écriture ou des jams…
Mais nous sommes contents que tu aies noté l’attention particulière portée au groove de cet album parce que nous avons passé beaucoup de temps et dépenser beaucoup d'énergie pour trouver le bon groove notamment au niveau de la partie rythmique du groupe.


La nouvelle voix apporte aussi au changement…

Henrik : Ils sont très différents !
Nous aurions été contents si le précédent chanteur était resté parce qu’il savait comment devait sonner chaque titre notamment sur les parties plus dures. Les autres membres prenaient le relais sur certains autres aspects vocaux notamment sur les chuchotements.
Et au moment où nous commencions à échanger ensemble sur le développement de ce côté Alice In Chains, Tony (Ndlr : Jelencovich) est arrivé. D’un seul coup, tout devenait possible comme on peut l’entendre sur un titre comme 'Towards the Light' qui n’aurait pas été possible avec Jimmy (Ndlr : Stremmel).


Durant le printemps 2012, votre manager et le tour manager vous ont quitté. Votre précédent chanteur a participé à l’Eurovision avec son autre groupe et vous a quitté par la suite… on avait l’impression que le groupe partait en éclat, qu’est-ce qui vous a poussé à continuer et comment êtes vous parvenu à garder la foi ?

Jonas : J’étais totalement KO ! Mais Henrik et Fredrik (Ndlr : Larson) le bassiste sont mes meilleurs amis et je ne voulais pas jouer avec qui que ce soit d’autre (Sourire) !

Henrik : Malgré tout, je t’ai vu jouer avec d’autres personnes (Rires) !

Jonas : … je voulais dire dans ce groupe (Rires) !

Henrik : Tous les trois, nous nous connaissons depuis si longtemps, nous avons joué dans d’autres groupes ensemble, nous avons fait tellement de concerts ensemble… notamment avec Evergrey ! Nous nous connaissons depuis que nous avons 22 ans c’est-à-dire presque 20 ans aujourd’hui.
L’ancien chanteur donnait l’impression de traîner les pieds en répétition. Ce sont probablement les meilleurs moments et il n’était pas à fond.  C’était vraiment frustrant… Mais heureusement, Tony est arrivé sans aucune pression que ce soit : qu'elle soit liée au fait que nous jouons ensemble depuis des années ou bien d’être dans l’ombre de Jimmy… Non, il a fait abstraction de tout cela et a travaillé à sa façon parce que c’est un sacré bon chanteur !


En revanche, Tony chante également dans un autre groupe, n’avez-vous pas peur que les évènements se répètent et qu’il vous quitte ?

Henrik : Non ! Tant qu’il prendra du plaisir, il continuera à jouer avec nous. Et aujourd’hui, il donne l’impression d’être bien avec nous !
Et pour être honnête, nous profitons du moment présent et ne cherchons pas à savoir ce qu’il va se passer par la suite : tant que nous prendrons du plaisir, nous continuerons et si jamais, qui que ce soit Tony ou Jonas, ne ressent plus ce plaisir, il est libre de partir… Comme le deal de base est clair, il n’y a pas de raison que ça se passe mal !


Comme on l’a dit, cet album est dur, groovy, la basse est omniprésente… comment avez-vous composé et pris en compte l’arrivée de Tony ?

Henrik : En fait, il a écrit plus ou moins toutes les paroles de cet album…

Jonas : … et également les arrangements vocaux. Dans ce sens, il a donc été fortement impliqué dans le processus d’écriture des chansons.


Et concernant la musique, elle est toujours de votre fait ?

Henrik : Tout à fait ! En fait, cela a toujours été notre partie à Jonas et moi-même. Mais c’est avec Fredrik et Tony que cela devient Death Destruction. Sans eux, cela resterait juste des riffs sympas.
C’est un processus très naturel de travail de groupe, un groupe qui sonnerait différemment si nous avions un autre bassiste par exemple… Jonas et Fredrik constituent ​la fondation du groupe finalement et c’est très simple pour moi de travailler en sachant que j’ai cette section rythmique. Et tu te rends compte que beaucoup de gens dans la scène Metal sont tellement concentrés sur le chanteur et le guitariste qu’ils ne réalisent pas l’importance de la batterie et de la basse. Si je devais jouer seul, ce serait de la musique de chambre sans intérêt (Sourire) !


La voix de Tony peut rappeler celle de Mike Patton…

Henrik : Je vois ce que tu veux dire, j’ai eu plus ou moins ce sentiment quand j’ai entendu sa voix pour la première fois en raison des variations vocales.
D’une façon positive, je dirais que comme Mike Patton, son chant est irrespectueux des codes généralement utilisés dans une chanson Metal. Mais il a raison, il est libre et chante comme lors d’un jam !


Avez-vous facilement accepté sa façon de chanter éloignée des codes du Metal justement ?

Henrik : Bien évidemment, on l’a même encouragé sinon ça ne fonctionnerait pas !


Et vous avez eu raison, ce qui fait que Death Destruction est si unique dans la scène Metal suédoise…

Henrik : De plus pour cet album, il était uniquement concentré à donner le meilleur sur le chant et à rédiger les meilleures paroles alors que dans ses autres projets, il s’éparpille en s’investissant aussi dans les riffs…
Si bien qu’on peut dire qu’on a trouvé une organisation optimale où tout le monde a pu donner le meilleur de lui-même très rapidement. Par exemple, les prises de chant de 'Divine Justice' ou 'Insane Stays Sane' sont celles de la démo : tout s’est fait en une prise.
Et je me souviens que pour 'Divine Justice', il est venu lors de sa pause déjeuner. Il nous a dit n’avoir qu’une heure à nous accorder pour enregistrer. Il venait de finir d’écrire les paroles, il a fini son sandwich, on a commencé 10 minutes et en une prise, c’est fini : tout était dans la boîte. C’était assez hallucinant !
C’était quelque chose d’assez incroyable à commencer par lui qui s’est dégagé de toute pression mais aussi pour nous. Par exemple, nous avons cessé de passer des heures en studio pour avoir des effets, des sons spécifiques… que nous avions déjà finalement dès la première prise.





Vous êtes en train de dire qu’il vous a communiqué sa confiance ?

Henrik : On peut dire ça, tout à fait ! Même si nous ne savions pas ce que notre collaboration allait donner notamment sur les prises « lives », sa capacité d’adaptation sa compréhension font que tout coulait de source.


On a évoqué brièvement Faith No More mais outre l’aspect vocal, le groove, les variations que l’on peut entendre sur 'I Am the Plague'… peuvent évoquer Faith No More. Est-ce une influence ou juste une coïncidence ?


Henrik : En ce qui concerne Tony, je ne dirais pas qu’il nous parle de Mike Patton à longueur de journée…
De mon côté, j’ai les albums "MidLife Crisis" ou "Angel Dust". Bien entendu j’ai également entendu le titre 'Epic' mais je n’ai jamais été un grand fan de ce groupe même si j’estime que c’était un groupe cool !

Jonas : Même chose pour moi, j’ai bien entendu écouté les tubes mais ça s’arrête là !


Revenons au titre 'Divine Justice', où les shreds évoquent Arch Enemy. Est-ce également une influence ?


Henrik : Ah bon ? Non, je ne dirais pas ça. Attention, j’aime leur musique, nous avons tourné avec eux, c’est un groupe vraiment cool : Sharlee (Ndlr : D’Angelo, basse) est un de mes plus vieux amis dans le milieu.
Donc oui, ce sont des mecs supers, un groupe vraiment cool, de supers musiciens. Et je comprends ce que tu veux dire notamment sur les couplets puisque nous sommes arrivés en studio… sans en avoir (Rires) ! Il fallait donc composer rapidement des riffs… mais pour moi, ces riffs sont plus dans la veine de "Rising Force" d’Yngwie Malmsteen que Michael Amott a dû également écouter une paire de fois, je suis convaincu : ceci explique peut-être cela (Rires) !


Concernant Arch Enemy avec qui vous avez tourné, quel est votre avis sur l’arrivée d’Alissa White-Gluz en lieu et place d’Angela Gossow ?


Henrik : C’est très bien que le groupe continue parce que j’estime que la musique et en particulier, le Metal a besoin de plus de présence féminine et l’arrivée d’une nouvelle jeune chanteuse est une très bonne chose.


Vous admettrez que bien qu’étant une femme, sa voix n’est pas du tout féminine…

Henrik : Pourtant elle l’est, elle est très jolie… Mais cela s’est démocratisé alors que lors du premier album dans lequel Angela chantait et qu’on regardait la pochette, on se disait que ça ne pouvait pas être elle qui chantait… Angela a énormément fait pour la communauté Metal : c’est une sacrée femme !


On a cité Faith No More, Arch Enemy qui ne sont pas des influences pour vous… quelles sont-elles alors ?

Henrik : Le groupe qui m’a le plus influencé est Kiss parce que j’ai grandi en écoutant ce style de musique et que Kiss était le groupe le plus populaire à l’époque. Je citerais également Van Halen, un groupe japonais Loudness et enfin, tous les guitaristes de l’écurie Schrapnel : Marty Friedman, Jason Becker, Paul Gilbert… Et Yngwie bien entendu a une place toute particulière dans mon cœur (Sourire). Je dirais aussi Meshuggah, Pantera… qui sont des influences évidentes finalement.

Jonas : Kiss bien sûr, Red Hot Chili Peppers, Pantera, les premiers Machine Head… Mais on y revient une nouvelle fois, je reste attaché à l’aspect groovy et quand tu regardes bien des groupes comme Pantera, Meshuggah, Machine Head et même Slayer, ce ​sont des groupes groovy qui ont durci leur propos. Et aujourd’hui, plein de groupes se rapprochent au maximum du métronome mais cela ne signifie pas que ces groupes groovent !

Henrik : Il y a une grande différence entre la technique et le feeling. Le feeling a une part extrêmement importante et on se rend compte que la plupart du temps, il a disparu dans le mixage.
C’est une chose à laquelle nous étions également attachés : faire en sorte de sonner de façon organique.


Vous avez donc jeté le métronome ?

Henrik : Non (Rires) ! Quand on compose, je l’utilise mais dans la version finale de l’enregistrement, c’est Jonas le métronome si bien que quand les parties de batterie sont enregistrées, effectivement, on peut arrêter le métronome.


Vous avez tous les deux joué pour In Flames : pouvez-vous nous en parler ?

Henrik : Ce sont des mecs géniaux ! On peut leur demander quoi que ce soit, on sait que le lendemain, ils seront là pour nous. Nous allons organiser une fête pour la sortie de cet album, Peter (Ndlr : Iwers) sera présent. Nous aurions aimé inviter Björn (Ndlr : Gelotte, guitare) mais malheureusement, il ne pourra pas. En revanche, Jester (Ndlr : Strömblad) sera présent.
En clair, ce sont des mecs géniaux dans un groupe génial qui mérite tout ce qui leur arrive notamment parce qu’ils travaillent énormément.


'Towards the Light' est probablement mon titre préféré. Il est susceptible de vous ouvrir les portes d’un nouveau public.

Henrik : Tu as raison, c’est vraiment une super chanson !
Ce n’est pourtant un titre qui m’a fait peur dans son approche même si les autres membres étaient plus sceptiques… Je leur demandais de me faire confiance même si je ne connaissais pas vraiment la voix à suivre pour ce titre. J’ai commencé à travailler avec Tony en lui demandant quelle émotion il souhaitait mettre en avant parce que c’était une chanson faite pour lui et taillée sur mesure. Parce que si tu ne la chantes pas avec 100% de conviction, tu risques d'échouer et de passer pour un idiot.
Avant de se voir avec Tony, je me souviens de n’avoir écrit que le refrain mais il était toujours aussi relax. Il s’est mis à chanter et son chant était une sorte de pleur qui était exactement ce que je voulais sans pouvoir l’exprimer auparavant.


Qu’attendez-vous avec cet album et quel peut-être la prochaine étape dans la carrière de Death Destruction ?

Henrik : Montrer au public que nous sommes un groupe honnête qui mérite d’être sur la route même si c’est pour jouer dans un club devant 25 personnes. C’est tout que je souhaite !

Jonas : Selon moi, il y a un public pour cette musique qui n’est plus si commune…


Quel est votre meilleur souvenir d'artiste ?

Henrik : J’ai plein de bons souvenirs. Mais concernant Death Destruction à proprement parler, je dirais qu'on a réussit à faire en sorte que les quatre mecs qui composent ce groupe prennent du bon temps en posant des riffs tout en buvant des bières. Et puis un jour un manager a décidé de nous signer (Sourire) à la sortie d’un de nos premiers concerts sur une grande scène dans un festival le Nord de la Suède. On a tout déchiré et le mec voulait absolument nous signer !


Au contraire, le pire souvenir ?

Henrik : Avoir joué saouls et pensant que nous prenions du bon temps et constater que le public s’en allait…

Jonas : C’est embarrassant !

Henrik : Boire des bières pourquoi pas. Mais réaliser que tu ne fais pas ce que pour quoi tu es venu, c’est pas cool !


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée. Au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous adoreriez répondre ?

Henrik : C’est vraiment une question difficile… Je ne sais pas : "Quelles cordes utilises-tu ?" (Rires)

Jonas : Non, ce n’est pas une question de cordes, de micros, de cymbales… mais ce que j’aime, c’est quand mon interlocuteur a préparé son interview et non pas la question que tu as évoqué en début d’interview à savoir la question qu’on m’a trop souvent posée, les questions où tu dois faire le travail du journaliste : c’est ennuyeux !
Mais je réalise que j’aime vraiment les interviews dans lesquelles le journaliste met une partie de lui -comme tu l’as fait- en évoquant les références que Death Destruction lui rappellent. C’est ton avis personnel que nous ne pouvons que respecter et c’est cool parce qu’en plus, ça me fait réfléchir en essayant de me mettre à ta place notamment ta question sur Arch Enemy… C’est intéressant : tu as fait un travail préalable qui a permis que tu poses de bonnes questions (Sourire) !


Avant de se quitter, un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Henrik : Non je ne préfère pas, ce serait trop embarrassant (Rires) !
Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de préparer cette interview. Merci de vous intéresser à nous, n’hésitez pas à écouter notre album et j’espère que nous nous verrons à un concert si jamais nous venons jouer en France.



Plus d'informations sur http://deathdestruction.com/
 
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