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KENNY WAYNE SHEPHERD (20 MAI 2014)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
BLUES
A l'occasion de la sortie de son album hommage aux légendes du blues, Music Waves a rencontré Kenny Wayne Shepherd pour notamment connaître les raisons de ce retour aux sources...
STRUCK - 04.11.2014

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Kenny Wayne Shepherd : (Rires) La question qu’on m’a trop souvent posée concerne mes débuts à la guitare. J’ai commencé à 7 ans mais j’ai dû le dire des milliers de fois…


Cet album s’intitule "Goin' Home" cela signifie-t-il que tu t’es trop éloigné de tes racines ces derniers temps ?

Non mais durant ma carrière, j’ai pris la musique blues et l’ai mélangée avec différents aspects de la musique rock afin d’essayer d’aller vers d’autres directions. Je ne me suis pas vraiment éloigné du blues mais cet album était l’opportunité de revenir vers du blues traditionnel. Non, par exemple, durant ma carrière, j’ai fait des choses comme le DVD "10 Days Out" enregistré à Chicago et axé sur le vieux blues traditionnel… A travers ma carrière, j’ai toujours joué du blues traditionnel mais pas dans le cadre d’un album comme celui-ci. 


"Dans le blues, c’est une sorte de tradition de rendre hommage à tes idoles, tes influences musicales."


Les artistes de blues font au moins une fois un album où ils revisitent certains grands standards. C’est ton cas avec "Goin’ Home". Quel est ce lien si fort qui existe toujours entre les artistes de blues et leurs aînés, et qui fait que les hommages sont presque une nécessité ?

Et bien, dans le blues, c’est une sorte de tradition de rendre hommage à tes idoles, tes influences musicales. C’est clairement ce qu’est cet album : il honore les musiciens qui m’ont inspirés et chacun d’entre eux a une signification différente pour moi . Je joue avec B.B. King depuis que j’ai 15 ans et qui est devenu comme un père pour moi : c’était donc naturel que nous allions reprendre une de ses chansons. Par exemple, j’ai aussi joué avec Bo Diddley quand j’avais 16 ans, j’ai vécu de belles expériences avec lui : nous avons donc décidé de reprendre une de ses chansons. A l’inverse, je n’ai pas eu la chance de rencontrer Albert King mais c’est une énorme influence sur mon jeu de guitare.



Comment s’est fait le choix des titres : un choix uniquement musical ou guidé par l’émotion des souvenirs de ta jeunesse ?

Et bien, les chansons que je voulais reprendre sont principalement des chansons qui ont été très peu enregistrées.


Est-ce la principale raison ?

Non, il y en a d’autres ! Les paroles. Je voulais de bons textes pour délivrer un bon message mais je voulais également que ces textes soient actuels et pas qu’on entende qu’elles ont été écrites il y a des décennies. Je voulais également qu’il y a un bon groove afin que les gens puissent danser. Et enfin, comme je te le disais, je voulais reprendre des chansons qui n’avaient pas été trop reprises par le passé. En effet, plein de chansons blues ont été reprises maintes et maintes fois. A cet égard, 'Born Under A Bad Sign' est probablement la chanson la plus connue reprise dans cet album. Les autres chansons sont des titres plus obscures. De cette façon, les gens qui écouteront cet album pourront découvrir et creuser les artistes qui ont composé ces titres moins connus.


Il y a des reprises de B.B. King, Albert King, Stevie Ray Vaughan et d’autres icônes du blues mais aucun de Jimi Hendrix. Le considères-tu malgré tout comme un bluesman aussi bien dans sa musique que l’état d’esprit ?

D’une certaine façon, Jimi Hendrix pouvait très bien jouer du blues mais j’avais déjà repris des chansons de Jimi Hendrix dans mes albums précédents : c’est une des raisons pour lesquelles il n’y en a pas dans cet album.


Il y a beaucoup d’invités prestigieux comme Ringo Starr, Joe Walsh, Warren Haynes... Peux-tu nous dire comment tu es arrivé à organiser l'enregistrement notamment avec les deux premiers artistes cités qui ne sont pas de la scène blues?

Tout à fait mais tous les artistes invités apprécient et adorent le blues y compris Ringo et Joe : ils comprennent et adorent la musique blues.


Ce n’était donc pas compliqué de jouer avec eux et faire en sorte qu’ils s’intègrent dans un projet blues ?

Non ! Je n’ai rien eu à leur dire. Il faut savoir que ce sont devenus des amis avec le temps : je connais Joe depuis que j’ai 17 ans et Ringo depuis 11 ou 12 ans, j’ai joué sur le dernier album de Ringo Starr également...


"L’industrie du disques a changé depuis la sortie de mon premier album et j’ai envie de dire qu'aujourd’hui, je suis dans une position plus confortable que jamais : j’ai plus le contrôle sur ce que je fais !"



Tu étais signé par Giant Record pour les premiers albums, le précédent a été sorti par Roadrunner et ce dernier par Mascot. Peux-tu nous expliquer les raisons de ces changements? Est-ce un handicap pour ta musique ?

Non, je ne pense pas ! En fait, l’industrie du disque a changé depuis la sortie de mon premier album et j’ai envie de dire qu'aujourd’hui, je suis dans une position plus confortable que jamais : j’ai plus le contrôle sur ce que je fais !  Nous avons signé sur Mascot pour cet album parce qu’ils ont une très bonne implantation en Europe avec ce type de musique.


Peut-on en conclure que ton objectif est de conquérir le marché européen ?

Absolument ! Pendant longtemps, nous ne sommes pas venus ici et depuis, nous avons réalisé que nous avions plein de fans qui voulaient nous entendre jouer cette musique. Il y a donc effectivement un marché pour ce type de musique en Europe. C’est donc effectivement un objectif que je me fixe de devenir un artiste établi en Europe avec sa base de fans établis.


Tu as sorti un super album l’an dernier avec The Rides. Comment était-ce de travailler avec Stephen Stills and Barry Goldberg ?

C’était super ! Stephen et Barry sont tous les deux très talentueux. Nous avons passé un super moment à faire cet album et écrire ces chansons ensemble. Nous avons fait une tournée aux Etats-Unis qui a très bien marché. Si bien que nous avons déjà écrits quelques chansons pour un nouvel album. Il est prévu que nous nous retrouvions en studio à la fin de cette année pour enregistrer ce nouvel album.


Une sortie est donc envisageable en 2015 ?

Tout à fait !


Est-ce que cette expérience a changé ton approche musicale non seulement pour "Goin’ Home" mais pour les albums à venir ?


Il est certain que jouer dans ce groupe a ueu ne influence sur moi : Stephen m’a montré différentes choses. Cela a non seulement changé ma façon de jouer de la guitare rythmique mais je suis également plus à l’aise pour chanter si bien que j’ai chanté sur la moitié de l’album de The Rides mais également la moitié des concerts avec ce groupe. Cela m’a énormément aidé dans plein de domaines !




Qu’attends-tu de la sortie de cet album?

Le principal but de cet album est de montrer mon goût pour la musique blues, des fans de blues et de mes fans. En clair, cet album est un remerciement ! Je voulais proposer un album qui puisse les rendre heureux parce que nos fans adorent écouter du blues traditionnel. D’un autre côté, cela nous donne l’opportunité d’écrire de nouvelles chansons pour un autre nouvel album qui sera un peu plus contemporain.


Comment considères-tu le début de ta carrière qui date d’à peu près 20 ans ?


Je suis très content de la façon dont tout s’est déroulé. J’ai eu beaucoup de succès, je continue à faire de la musique, à faire des concerts...


Justement prévois-tu de fêter cela l’an prochain qui marquera le vingtième anniversaire de sortie de ton premier album ?

J’ai signé mon premier contrat avec une maison de disques en 1983 donc cela fait plus de 20 ans… mais effectivement, l’an prochain sera le 20e anniversaire de la sortie "Ledbetter Heights". Nous devrions effectivement faire quelque chose même si je ne sais pas encore quoi.


2015 sera une année remplie si je comprends bien entre la sortie d’un nouvel album solo mais également avec The Rides et cet anniversaire…

Exactement (Sourire) !


"Dans mon cœur et mon âme, je suis un bluesman : c’est là d’où je viens ! Il y aura donc toujours une place pour le blues dans tout ce que je ferai."



Au début de ta carrière, tu étais considéré comme l'espoir du blues comme Jonny Lang qui a changé d'horizon musical depuis. Une telle évolution est-elle possible pour toi ?

En tant que musicien j’aime laisser les portes ouvertes afin de pouvoir faire toutes les musiques que je souhaite faire. Mais dans mon cœur et mon âme, je suis un bluesman : c’est là d’où je viens ! Il y aura donc toujours une place pour le blues dans tout ce que je ferai. Je ne sais pas jusqu’où je pourrai m’éloigner du blues mais je n'abandonnerai jamais mes fans : je jouerai toujours du blues à un quelconque degré. Nous sortons cet album de blues traditionnel, le prochain sera plus contemporain mais peut-être que le suivant sera de nouveau encore plus blues.


Mais effectivement, c’est important de changer d’orientation afin de continuer à sortir des albums frais…


Tout à fait ! Pour être creatif, il est important d’essayer de nouvelles choses. C’est pourquoi il y a tant d’éléments rock dans ma musique : en faisant cela, cela me permet d’aller dans de nouvelles directions.


Même si tous tes albums continuent d’atteindre les sommets des charts US, tes derniers albums n’ont reçu aucune distinction alors que les trois premiers étaient disques de platine. Es-tu déçu par ce constat et cela explique-t-il finalement les derniers changements de label ?

Non ! Les ventes d’albums ne sont plus une données inhérentes aux maison de disques, c’est juste l’état actuel du business musical ! Je suis très content d’avoir vendu des millions d’albums… A cette époque, les gens achetaient des disques mais ce n’est plus le cas : encore une fois, ce n’est pas du fait des maisons de disques mais de la technologie !


"L’essence de notre groupe est de faire de bons concerts."


Et es-tu déçu par cette évolution ?

Non ! La chose la plus importante pour moi est que les gens continuent à venir aux concerts ! Nous avons toujours sorti des albums qui nous permettent de faire des concerts. Il faut savoir que l’essence de notre groupe est de faire de bons concerts.

Il y a une grande différence entre faire de la musique et avoir du succès. Quelle que soit la période, l’industrie du disque n’a jamais été facile ! Mais en ce qui nous concerne, les gens continuent à venir à nos concerts et continuent à acheter nos albums. Bien sûr qu’il est probable qu’il y a plein d’autres personnes qui détiennent ma musique sans l’avoir acheté mais c’est juste la réalité : il faut l’accepter, s’adapter et continuer !


Question traditionnelle du site, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Et bien, je ne sais pas parce que j’ai plein de souvenirs importants : j’ai joué avec tant de mes idoles comme les Stones, B.B. King, Bob Dylan… Je dirais également que jouer avec la même Stratocaster blanche avec laquelle Jimi Hendrix a joué à Woodstock fait partie de ces moments importants…


Dans le même esprit, es-tu fier de rentrer dans le cercle très fermé des guitaristes qui ont un modèle signature chez Fender ?

Oui, je suis très fier de ça. En tant que guitariste, c’est un des plus grands honneurs que d’avoir ton propre modèle.


Dans ces conditions, te considères-tu comme une légende du blues?


J’essaie de ne pas penser à ça. Je ne veux pas penser de moi que je suis une légende, je veux juste penser de moi que je suis un mec qui aime jouer de la guitare. Le reste, ce sont les autres qui décident si je suis une légende ou pas (Sourire)!


On a évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel pourrait être le pire ?


Je ne sais pas. J’ai vécu un moment embarrassant quand nous avons ouvert pour les Rolling Stones : nous étions sur une scène énorme -à l’époque, il y avait encore un câble qui alimentait ma guitare - j’étais parti courir le long de la scène et le câble s’est débranché de ma guitare si bien que j’ai dû revenir sur mes pas tout aussi rapidement pour la rebrancher et ce devant 80.000 personnes. 

En fait, toute ma vie, j’ai toujours fait la musique dont j’étais fier. Je n’ai toujours fait que des choses dont je suis fier, dans ces conditions, je n’ai pas beaucoup de regrets !


On a commencé cette interview par la question qu’on t’avait trop souvent posée, au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu adorerais répondre ?

Je n’en sais rien, je ne suis pas interviewer (Sourire)! Mais c’est toujours cool quand quelqu’un te pose une question à laquelle tu n’as jamais répondu.
Je ne sais pas mais j’aime les voitures et j’aime en parler.


Quelle est ton opinion sur le débat écologique concernant les voitures justement ?


J’aime les vieilles voitures et je possède quelques anciens modèles américains. En revanche, je viens juste de m’acheter une voiture électrique de la marque Tesla.



Comme le groupe ?

(Rires) Comme Nikola Tesla! C’est une cinq portes fabriquée aux Etats-Unis qui est 100% électrique avec une autonomie de 260 miles et malgré tout, elle roule très vite…


Tu vas donc vendre tes vieux modèles ?

(Rires) Non! C’est cool d’avoir les deux !


Avant de se quitter un dernier mot aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?


(En français) "Je suis Kenny. Merci beaucoup" (Rires) !


Merci à Nuno pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.kennywayneshepherd.net/
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