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A PROPOS DE:

AQME (08 OCTOBRE 2014)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HEAVY METAL

Deux ans et demi après une interview qui avait aussi bien marqué nos esprits que ceux des membres du groupe, Music Waves et AqME font le point sur cette période transitoire pour constater si la roue avait bien tourné...
STRUCK - 27.10.2014 - 6 photo(s) - (0) commentaire(s)
Music Waves vous a rencontré en avril 2012 lors d'une interview cathartique où l'espoir se mêlait à l’appréhension de la rencontre du public… deux ans et demi plus tard, AqME est toujours là, il semblerait que la séance de psychanalyse se soit bien passée et que vous avez levé toutes les questions sur un AqME plus en forme que jamais ?

Vincent Peignart-Mancini : Tu es dans le vrai. Depuis 2012, on a beaucoup travaillé en tournée et en studio. On va dire que pendant deux ans et demi, on a énormément tourné mais on ne savait pas vraiment ou on allait. Au final, tout s'est bien passé et on est super content et soudé.


"On a eu raison de lutter même si on ne pouvait pas le savoir à l’époque que Vincent serait l’homme providentiel"



Etienne tu disais, je cite "on veut juste vivre au jour le jour, et puis là pour le coup, c’est un vrai nouveau départ !" : deux ans et demi plus tard, où êtes-vous arrivés ?

Etienne Sarthou : Je me situe actuellement dans une période agréable de ma vie alors que ce n’était pas le cas il y a deux ans et demi. On était tous super triste, on était pas bien dans nos baskets. On venait de sortir un super disque mais avec un changement de chanteur. On accueille Vincent pas forcément dans les meilleures conditions puisqu’il doit défendre un disque qu’il n’a pas enregistré. On est hyper reconnaissant d’avoir Vincent parce que sans lui, on ne serait pas là.
Franchement, on a eu raison de lutter même si on ne pouvait pas savoir à l’époque que Vincent serait l’homme providentiel. On ne pouvait pas savoir que ça marcherait non seulement sur scène mais aussi au niveau de l’écriture des morceaux. Aujourd’hui, on est franchement heureux !


Tu disais à l’époque que les répétitions studio avec Vincent t’avaient rassuré mais le juge de paix est finalement la scène sachant que je présume, le public a dû être présent au rendez-vous pour vous soutenir dans cette épreuve ?

Vincent : C'est la première source de motivation. Tu demandes à n’importe quel artiste, ce qui le fait avancer, c’est le partage. On est tous là pour partager notre musique et non pas faire une démonstration.

Etienne : Si ça ne s’était pas bien passé avec Vincent sur scène et que les gens ne l’avaient pas adopté, il est clair qu’on aurait arrêté et qu’on n’aurait pas fait de nouveau disque. La force d’AqME est que nous sommes tous têtus - moi en particulier (Rires) - et on est capable de lutter à la vie à la mort pour ce qu’on considère comme bon pour nous. Mais on a eu vraiment de la chance avec Vincent parce que c’était lui ou rien.

Vincent : Il dit avoir eu de la chance en parlant de moi mais j’ai également eu de la chance. On s’est trouvé au bon moment de nos vies, au bon moment d’AqME… On a remonté une pente qui n’était pas évidente mais on l’a fait ensemble.





On revient finalement aux conclusions de toutes expériences d’une vie qu'elle soit d’artiste ou générale, à savoir qu'une mauvaise expérience se transforme parfois en une bonne avec le temps…

Etienne : Je suis absolument d’accord mais c’est vrai que sur le moment que tu vis, tu ne peux pas avoir ce recul. Tu n’as donc d’autre choix que de courber l’échine, d’en prendre plein la gueule et attendre que ça se passe…

Vincent : On n’a pas attendu que ça se passe.

Etienne : On s’est battu. Mais ça prend du temps et c’est quelques années après que tu t’aperçois que tu as enfin traversé le tunnel et atteint la lumière que tu avais vue au bout.

Vincent : On s’est battu parce qu’entre le moment où j’ai intégré le groupe et le moment où on a commencé à vraiment commencer ensemble, on a changé de tourneur ce qui n’est pas évident quand tu commences à peine une tournée. On ne remerciera jamais assez Rage Tour de nous proposer autant de dates, ils nous ont permis de montrer qu’on était là. Il y a aussi At(h)ome qui était également sous le coup de ce qui s’était passé mais nous a toujours soutenu.

Etienne : Comme on l’évoquait le public est certes très important mais effectivement cette confiance donnée par nos partenaires alors que nous venions de changer de chanteur n’a pas de prix. Mais ils ont rapidement constaté que c’était super avec Vincent et qu’AqME restait toujours AqME. 


"Les Sentiers de l'aube" avait vu le groupe proposer un Ep en Octobre 2012 comme une carte de visite pour présenter Vincent avec 3 inédits et 3 titres live. Quels ont été les retours sur cette sortie ? Ce disque a du définitivement les rassurer avant de s'atteler à l'écriture de ce septième album? Et vu que Vincent est toujours là je suppose que cette étape a été décisive pour son intégration complète ?

Etienne :  Cet EP nous a enlevé certaines incertitudes concernant Vincent en revanche, d’autres questions restaient en suspens. Les deux ans qui ont suivi ont été déterminants pour faire le disque qu’on vient de sortir. Il y a eu une lente maturation, réflexion pour savoir ce que nous voulions vraiment faire, vraiment dire… Parce qu’au final, il y a 9 morceaux sur le disque mais il faut savoir que 7 ou 8 ont giclé parce qu’on a continué à tâtonner et parce qu’avec le recul, on n’était pas content de cet Ep : nous ne voulions pas nous tromper avec ce disque. Tu as le droit à l’erreur avec un Ep qui peut être vite fait, spontané mais l’album non, on l’a vraiment réfléchi du début à la fin !


Même si tu disais que ça n’avait pas été un problème de t’approprier les textes de Thomas ; j’imagine que tu dois être plus à l’aise avec tes textes et les défendre ?

Vincent : C’est vraiment un tout ! On s’est bien trouvé, il y a une osmose musicale qu’on ne peut pas expliquer. Il y a eu quelques tatonnements et puis j’ai franchi un cap, j’ai eu le déclic de me dire que j’étais dans AqME et faire du AqME est alors devenu quasi-instinctif !

Etienne : Thomas écrivait les textes et c’était naturel pour nous que Vincent écrive les siens… S'il avait écrit de la merde, on aurait bien été embêté (Rires) !


Mais finalement comme l’a dit Vincent, vous vous êtes bien trouvés parce qu’AqME a quand même une particularité avec son chant en français.


Etienne : Que ça plaise ou non, nos textes ont toujours une identité. Mais effectivement outre cette chance, Vincent a toujours aimé le groupe, il y a quinze ans il venait nous voir en concert… Il a donc toujours eu une connexion avec AqME, ce n’est donc pas un hasard si ça s’est fait entre nous.


Comment était l'ambiance en studio avec un membre tout neuf, ça a donné un coup de fouet comparable à celui donné par l'arrivée de Julien en 2009 ?

Etienne : C’est sûr ! C’est le même principe pour Julien quand il arrive sur « Jupiter », ça nous ouvre des possibilités sans qu’on perde l’identité AqME. Et l’arrivée de Vincent est encore un super bonus. On a fait 6 albums avec Thomas, sans aucun doute il était arrivé au bout d’un cycle et nous aussi avec lui. Aujourd’hui, on a réussi avec Vincent à garder des éléments de toute notre discographie et à la fois avancer, franchir des caps et proposer de nouvelles choses : c’est l’homme providentiel !


A l’écoute de cet album, au travers de ce que le groupe a pu vivre comme expérience, faut-il voir dans ce titre "Dévisager Dieu" comme un soutien du regard de Dieu justement pour lui montrer que les évènements ne vous ont pas terrassés, au contraire, vous êtes plus forts et continuez à avancer…

Etienne : C’est exactement ça, on reste debout et on continue d’avancer !

Vincent : Le milieu rock/ metal est particulièrement dur et aujourd’hui, sortir un album est super gratifiant.

Etienne : Dans ces conditions, on aurait vraiment tort de ne pas être fier.


Il aura donc fallu deux ans avant que n'arrive Dévisager Dieu, votre 7ème album, et quand je parle de coup de fouet ce n'est pas innocent tant l'album est énergique, puissant et combine toutes les qualités d'AqME, à savoir cette facilité à évoluer entre métal teinté de hardcore et mélodies, vocales notamment, intenses. Etes-vous d'accord avec cette description, je vous vois un peu comme un Lofofora en plus rageur et révolté ?

Vincent : Ca fait plaisir (Sourire) ! Tu as dit les mots magiques (Rires) !

Etienne : Je ne vais pas m’élever contre ces éloges ! Si tu commences à nous comparer à Lofofora, je vais rougir et n’avoir rien d’autre à dire que "merci" (Rires) ! Car si il y a un groupe qu’on respecte en France, c’est bien Lofofora ! Ils étaient là à nos débuts, on a joué avec eux, on a toujours entretenu des liens étroits avec eux, ce sont des gens qu’on adore, qu’on respecte… Eux aussi en ont vu des vertes et des pas mûres mais ils sont encore là et franchement, c’est un exemple pour nous.





Et également chez At(h)ome…

Etienne : Aujourd’hui, il y a une sorte de grande famille qui est en train de se réunir. Depuis quelques années, il y a quelque chose qui est en train de se passer qui est vraiment très intéressant et qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps.


La précédente interview tournait autour de la tristesse alors que dans celle-ci il est plus question d’union sacrée, de famille…

Vincent : Tout à fait ! Entre les coups durs, les albums qui se vendent un peu moins, les tournées qui sont un peu moins évidentes à faire… et ce avec toujours moins de moyens, au final, on se retrouve soudés parce qu’il y a des gens actifs dans ces milieux : ils n’attendent pas que ça se passe et si il n’y a pas toujours des solutions, il y a au moins des idées.

Etienne : Il ne reste plus que les passionnés. Ca veut dire qu’on est tous là pour de bonnes raisons : faire de la musique, continuer de la faire en français… Le choix du français est plus compliqué que par le passé mais la roue tourne...


Encore une fois Julien se fait plaisir à la guitare en nous délivrant une prestation de haute volée confirmant son statut de très bon guitariste de heavy thrash. Ca fait quelques années qu'il est avec vous maintenant, comment jugez-vous son évolution en parallèle avec celle du groupe ? Est-il l'arme fatale et Vincent la nouvelle cartouche ?


Etienne : Clairement ! Le fait d’avoir Julien à la guitare nous a ouvert des portes : depuis trois albums, ça nous a permis de faire beaucoup plus de choses en termes d’arrangements, de capacités purement techniques. Ca n’enlève rien à la qualité des morceaux sortis par le passé mais la technique permet d’avoir un langage un peu plus élargi. On peut donc garder nos fondamentaux mélodiques et sortir des riffs ultimes pour AqME.


"Le compromis d’AqME a toujours été de mélanger violence et mélodie [...] Nous sommes plus en accord avec ce que nous étions par le passé et ce que nous sommes aujourd’hui"



Tu avais dit évoluer au contact de Julien. Sur cet album marqué par l’arrivée de Vincent, as-tu dû t’adapter à son chant ?

Etienne : Ca fait partie des tâtonnements qu’on a eu pendant deux ans.

Vincent : On s’en est parlé souvent mais notre point de départ, c’était "Epithète, Dominion, Epitaphe" le dernier album et le groupe était arrivé à ses limites d’un point de vue technique et brutalité… Je ne dis pas qu’on n'aurait pas pu aller plus loin mais on en avait pas envie. On voulait prendre ce qui avait été fait par le passé mélanger tout ça avec notre touche d’aujourd’hui et faire du AqME et surtout ne pas s’enfermer dans un style pour faire méchant et brutal. Il en ressort qu’on arrive à faire des choses plus puissantes, simples d’écoute et qui restent en tête. Et surtout, on prend un super plaisir à jouer ces titres.

Etienne : On s’est aperçu avec "Epithète, Dominion, Epitaphe" qu’aller plus loin dans la violence nous ferait perdre notre personnalité. Le compromis d’AqME a toujours été de mélanger violence et mélodie. Or sur "Epithète, Dominion, Epitaphe", il y avait moins de mélodie et plus de violence : c’était un choix assumé, voulu… mais on avait encore des choses à prouver notamment Julien et moi notamment en termes de technique…

On se fixe toujours des challenges pas tant par rapport aux autres groupes mais vis à vis de nous-mêmes. On ne veut pas entrer en compétition par rapport aux autres groupes mais nous aimons nous dépasser. Désormais nous sommes à l’aise avec nous-mêmes : on a moins de complexe et on se sent moins obligé d’en mettre plein la vue. Au final, ce sont aussi les raisons pour lesquelles on a viré plusieurs morceaux de l’album et on a gardé ceux qui nous paraissaient les plus représentatifs de ce que nous sommes aujourd’hui. Il y a toujours de la technique, il y a toujours de la violence mais il y a des sentiments en plus qu’il n’y avait pas sur "Epithète, Dominion, Epitaphe" ; il y a des mélodies, des ambiances qu’il n’y avait pas sur "Epithète, Dominion, Epitaphe". Nous sommes plus en accord avec ce que nous étions par le passé et ce que nous sommes aujourd’hui.



Et qu’est-ce qui a motivé ces chansons ?

Etienne : Ce sont les concerts qui ont vraiment nourri cet album. Il y a énormément de morceaux que j’ai écrit le jour même de retour de concert. Quand on joue le jeudi, vendredi, samedi, on est souvent sur la route le dimanche, souvent je conduis et gamberge. Quand je suis chez moi, je suis décalqué mais je prends quand même ma guitare et en général…

Vincent : … le lundi, on a un nouveau morceau (Sourire) !

Etienne : Cet album a donc été nourri par ce sentiment que j’ai eu personnellement quand je jouais certains morceaux sur scène. Cela a orienté l’album et les morceaux vers l’essentiel, c’est la raison pour laquelle sur certains titres, il y a deux/ trois idées et quelques arrangements : c’est le cas de « Enfants de Dieu » qui est un morceau hyper brutal avec deux riffs. On n’avait jamais fait un morceau à deux riffs et pourtant le morceau reste technique parce qu’il y a des arrangements.


Vincent nous a sorti une excellente prestation, rageuse et puissante mais aussi très mélodique sur le chant clair avec une profondeur et une sorte de tristesse mélancolique qui donne pas mal de force aux titres. Comment as-tu travaillé pour cet album, avec de la pression ou avec de la confiance amené par l'Ep et les concerts ?

Vincent : Sur le plan écriture et composition, j’ai connu une grosse période où je n’arrivais pas à poser une ligne de chant clair parce que je flippais. Et il y a eu le déclic lorsqu’on a fait le morceau 'Avant le jour'. J’avais une seule pression parce que Thomas était quand même à un certain niveau et on a beaucoup brainstormé avec Etienne notamment en concert ou sur la route… sur les thèmes des chansons. Et on s’est rendu compte qu’il n’était pas nécessaire de faire des choses très compliquées pour faire passer nos idées. 

Etienne : Au fur et à mesure des années, Thomas a compliqué ses paroles - ce qui les rendaient intéressantes - et il y avait beaucoup d’interprétations possibles, Thomas avait une vraie plume. Vincent propose des paroles beaucoup plus directes. Il n’est pas du tout fataliste comme l’est Thomas et ça transparaissait. Vincent peut avoir de la mélancolie mais ça ne dure jamais très longtemps, il donne toujours l’impression de retomber sur ses pattes, la fatalité ne l’intéresse pas trop, c’est la raison pour laquelle il peut "Dévisager Dieu". Coté voix, il avait également la pression parce qu’il n’osait pas trop chanter au début. Comme on sortait d’ "Epithète, Dominion, Epitaphe"» qui est un album ultra-brutal, il se disait qu’il fallait gueuler. Et au bout d’un moment, je lui ai dit qu’il devait chanter.

Vincent : Sur les maquettes, on faisait les voix hurlées et on poussait le vice en mettant en back vocal des voix chantées et au final, comme le message est frontal et sincère, sur tout l’album on a décidé de ne doubler quasiment aucune voix. Il était donc hors de question de faire du chanter/crier avec deux voix, c’était soit je criais, soit je chantais.

Etienne : Et ça rejoint ce qu’on a dit, le déclic s’est fait avec 'Avant le jour'. Il y avait deux morceaux qu’on a gardé des premières sessions de compo, c’était 'Enfants de Dieu' et 'Pour Le Meilleur, Le Pire'. Et d’un seul coup, quand 'Avant le jour' a été écrit, titre que Vincent gueulait sur le couplet et chantait sur le refrain, c’est là qu’on a compris où se situait la direction artistique de l’album.


On a parlé des textes, si le titre évoque la vie d’AqME, est-ce que les paroles t’ont été inspirées par les péripéties de la vie du groupe ?

Vincent : Ce n’est pas AqME qui m’a inspiré les textes. J’ai écrit en fonction de ce qui se passe dans ma vie. Quand tu es chanteur, il faut avoir des choses à raconter.


On a évoqué les différentes interprétations des textes d’AqME écrits par Thomas, ce sera également le cas pour les tiens. Doit-on y voir une mise en accusation d'un Dieu qui ne ferait plus son travail correctement et cela quelque soit la religion concernée ?

Vincent : Non !

Etienne : C’est assez étonnant d’ailleurs parce que Vincent utilise beaucoup le vocabulaire religieux alors que lui-même ne l’est pas du tout !

Vincent : La religion tient une place énorme dans la société actuelle et je trouve que les mots sont très forts et parlent tout de suite. C’est la raison pour laquelle je les utilise parce que je sais que ça va interpeller la personne avec qui je veux partager ça. Et parler de Dieu, parler de fraternité, de dualité sont des choses qui parlent aux gens. Cet album ne parle pas de moi mais de ce que j’ai partagé avec les gens, ma famille, mes amis…

Etienne : Pour ces raisons, Vincent est très différent de Thomas. Thomas était beaucoup plus introspectif et très tourné sur lui-même. Vincent et Thomas sont deux personnages fondamentalement différents et ils n’ont pas la même énergie dans le groupe.


Enfin la pochette, superbe d'ailleurs, intrigue pas mal entre Nirvana et Tool ?


Etienne : Encore de magnifiques comparaisons : merci (Rires) !

Vincent : Pour le coup, je vois où tu veux en venir. On a travaillé avec Stéphane Casier à qui on a dit que l’album s’appelle "Dévisager Dieu" : "on a ce logo qu’on adore qu’on veut reprendre et on parle de dualité, fraternité, religion… alors démerde toi" (Sourire) !

Etienne : Et le mec nous a fait ça ! C’est génial, c’est très beau et c’est vrai que ce sont des clins d’œil à des groupes qu’on aime. Je me souviens d’un type qui a dit qu’on avait vingt ans de retard ! Les pochettes des albums des années 1990, c’est quand même autre chose que ce qui se fait aujourd’hui : "In Utero", "Nevermind"… ! Ce mec nous a scotché, on ne voulait pas l’influencer et le brider… On voulait juste qu’il fasse apparaître le vrai logo AqME !


Et pourquoi ce retour au logo original ? N’est-ce pas paradoxal quand le groupe ne cesse d’avancer ?

Etienne : Parce que je pense qu’il y a des choses auxquelles il est très important de se raccrocher. Pour un groupe, un logo est selon moi fondamental : je ne m’imagine pas Metallica avec le logo de "Load" et "Reload", je ne m’imagine pas Slayer avec un autre logo que le sien… Et AqME a toujours eu un logo reconnaissable qui a doucement évolué pendant les années mais qui est totalement différent sur "Epithète, Dominion, Epitaphe". Avec le recul, c’est hors sujet sachant qu’en plus, c’est l’album où Thomas s’en va. Et en plus, c’est le logo qu’a fait Thomas à la main… Je ne vois aucune raison pour continuer avec ce logo-là qui entre parenthèse est très chiant à mettre sur un t-shirt, une affiche ou autres (Rires) ! Et on aime tellement le logo de l’époque "Hérésie" et de l’époque du live…


Cette pochette représente une sorte de dualité à l'intérieur d'un seul être humain mais avec deux consciences, comme si l'une pouvait faire basculer l'autre ou comme si l'être humain avait deux personnalités en concurrence ? Cela renvoie-t-il au message de l'album et de son concept ?


Vincent : Tout à fait ! Dans les chansons, je fais beaucoup de constats négatifs mais il y a toujours une fin positive. 'Entre Louanges et Regrets' parle de fatalité. 'Avant le jour' est une chanson sur mon frère, l’amour et la haine que j’ai pour lui…

Etienne : … frère jumeau d’où l’idée de l’hydre à deux têtes… Ce qui est étonnant dans cette pochette, c’est qu’elle est hyper forte visuellement. Certes elle nous ramène à des albums prestigieux sortis par le passé mais je trouve qu’il se passe énormément de choses dans cette pochette : elle est à la fois hyper violente et douce, elle est apaisée et brutale, à la fois, les couleurs sont apaisantes mais c’est quand même un type découpé en deux dont tu vois les entrailles.… Il y a peu de pochette qui peuvent procurer ces sensations-là qui se trouvent être exactement les sensations qu’on souhaite véhiculer dans la musique d’AqME à savoir cette dualité.


"Les nostalgiques et ceux qui aiment le AqME qui continue d’avancer trouveront leur compte avec ce nouvel album."


Concrètement qu’attendez-vous de "Dévisager Dieu" ?


Etienne : Que les gens prennent du plaisir en l’écoutant et se disent que nous en sommes à notre septième album et que nous ne leur avons pas menti avec probablement notre meilleur album. Ca serait déjà pas mal !

Celui qui est nostalgique d’une certaine époque d’AqME, qui aimait le AqME très mélodique, très sombre du premier album et ceux qui aiment le AqME beaucoup plus rageur des derniers disques trouveront leur compte dans cet album. D’avoir réussi à mélanger les deux sans que ça fasse tâche, je pense que c’est une vraie réussite ! Il a fallu affiner tranquillement pour être sûr de notre coup parce qu’à la moindre peau de banane, on aurait pu se planter.

Pour respecter le chemin musical et le voyage que cet album propose, on a écarté de très bons titres. Certains nous reprochent le fait qu’il n’y ait que neuf titres mais ce sont neuf titres vraiment bien pensés. On aurait très bien pu en ajouter un dixième ou un onzième mais ça n’aurait rien apporté. Les gens ont perdu la notion d’œuvre : pour moi, un disque est une oeuvre complète. Certes, certains titres peuvent être sortis séparément comme « Avant le Jour » parce qu’ils ont une histoire complète. Mais quand tu es pris dans un ensemble cohérent, qui te fait voyager, rajouter un titre pour le principe, ça n’aurait pas de sens.

Vincent : Ce n’était pas l’idée et pour te dire à quel point on a voulu respecter cet état d’esprit, on avait écarté certains titres et on est arrivé en studio avec huit titres. Le neuvième a été composé un mois avant. C’est à ce moment-là qu’on s’est dit que l’album était clos : on avait réussir à dire ce que nous voulions dans ces neuf titres sans casser la magie.

Etienne : Et à priori les gens sont contents. Je crois n’avoir jamais eu de telles réactions à la sortie de « Avant le Jour ». Les nostalgiques tout comme ceux qui aiment le AqME qui continue d’avancer trouveront clairement leur compte avec cet album.





Etienne tu disais être en deux eaux : heureux des répét avec Vincent et déboussolé par le départ de Thomas qui prendrait du temps : deux ans et demi plus tard tu en es ou ?

Etienne : Si j’étais définitivement heureux, j’arrêterais d’avancer, c’est pour ça que je ne suis pas totalement heureux (Rires) ! En revanche, je n’étais pas entre deux eaux, il y a deux et demi, je n’étais pas bien du tout… Ce n’était pas une façade, c’était une réaction d’orgueil montrant qu’on ne se laisserait pas abattre et qu’on continuerait à avancer : c’est un peu la méthode Coué ! Heureusement qu’on a eu cette attitude-là, Julien, Charlotte, Vincent et moi parce que sinon on ne serait pas là avec un nouveau disque. Ce n’était pas une façade parce qu’on voulait y croire, continuer à croire en nous, croire en nos capacités de rebondir en espérant que Vincent était la bonne personne. Pour le coup, si Dieu est fatalité, la fatalité peut être aussi positive parfois et permettre de faire de belles rencontres hasardeuses.


Content de vous revoir dans ces conditions deux ans et demi après…


Etienne : Je m’en aperçois particulièrement maintenant. On a forcément des démons à combattre mais on est clairement dans une période positive.

Vincent : On ne se pose pas de question, on fonce ! L’album a été composé ainsi…


Des dates pour la prochaine tournée ?

Etienne : On va bientôt l’annoncer mais c’est fin Novembre !


Merci

Etienne : Merci à toi !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.aqme.com
 
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