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Album DREAM THEATER THE ASTONISHING DREAM THEATER
THE ASTONISHING (2016)
ROADRUNNER RECORDS
METAL PROGRESSIF
2/5
ABADDON
08/08/2018
  1 0
"The Astonishing" décrit un univers dystopique dans lequel la seule musique autorisée est produite par des automates, les Nomacs. Mais dans une contrée reculée vit un homme (Gabriel, le Héros de l’histoire) qui a le don de faire et de chanter la musique. Ce talent extraordinaire lui confère rapidement une certaine renommée, et il apparaît ainsi comme une sorte de messie. L’empereur venu le voir avec toute sa suite comprend que le don de Gabriel représente une menace pour son pouvoir, mais de son côté, sa princesse de fille en tombe éperdument amoureuse.
Elle décide de le rejoindre, mais sa mère, ayant deviné ses desseins, la fait suivre par son frère Daryus. Arrivé sur place, celui-ci combat le frère de Gabriel et le tue, puis dans un moment de confusion, tue aussi sa propre sœur qu’il a prise pour Gabriel. Heureusement, Gabriel arrive et parvient à ressusciter la princesse grâce à son chant, ce qui convainc l’empereur que le chant et la musique sont de bonnes choses et qu’il est temps de changer sa façon de gouverner, dans un monde où la musique serait à nouveau appréciée.

Cette heroic fantasy musicale qui accumule les péripéties attendues est très éloignée des motifs psychologiques complexes qui sous-tendent par exemple la trame de "The Theory of Everything" d’Ayreon. Ici, pas la moindre profondeur, juste un canevas filiforme qui est un prétexte à un opéra musical typé metal. En ce sens, et bien qu’il ait été qualifié pompeusement de concept-album par ses géniteurs, cet opus est typiquement un story-album, qui ne manipule aucun concept mais s’appuie uniquement sur un récit, tout à fait à la façon de ce que Clive Nolan a développé avec "Alchemy". Il a pu être comparé avec "The Wall" ou "Tommy", qui eux, étaient de vraies paraboles sur l’enfermement, ou "Operation Mindcrime’, qui développe un univers paranoïde plus élaboré. Le battage médiatique qui a accompagné la sortie de l’album ainsi que le mystère autour du scénario auront donc fait long feu : ce n’est pas du côté du synopsis de "The Astonishing" qu’il faut rechercher une richesse consistante.

Côté musique à présent, Dream Theater déroule son savoir-faire habituel : techniquement irréprochable, le quintet est d’une précision chirurgicale, avec tout le sang froid qui s’ensuit. Les deux heures de musique sont d’un ennui glacial, sans aucune émotion, empilant les soli virtuoses, les descentes de manche et les coups de double-pédale avec une maîtrise consommée. Côté sentiments, par contre, c’est l’électro-émotionnogramme plat à de très rares exceptions près (le solo de guitare de 'Chosen', malheureusement court). La basse se réfugie dans un rôle principalement rythmique, alors qu’elle sonne beaucoup mieux quand elle est employée dans un registre plus mélodique ('New Beginning'). La batterie quand à elle est une mécanique froide et sans âme, intercalant le plus de motifs possibles à la double pédale, dans un esprit bien peu musical. Quant au chant, il souligne les limites de James Labrie, qui a toujours eu un registre très typé dont il ne peut pas s’échapper. A ce titre, vouloir à tout prix faire tenir tous les rôles (8 !) par un vocaliste mono-genre était un pari osé…

C’est quand DT fait du DT qu’il s’en sort le mieux : 'A New Beginning’, 'Moment of Betrayal’ sont de vrais bons moments mais ne surprennent pas et se noient dans la froidure ambiante. Mon impression est que le groupe, voyant la montée en puissance des musicals et autres space opera, a décidé de se lancer dans le créneau en disant : "Avec nous, vous allez voir ce que vous allez voir". Patatras, la montagne a accouché d’une souris mécanique. "The Astonishing" m’évoque irrésistiblement l’horloge d’un bloc chirurgical : outil mécanique supérieurement précis, parfaitement aseptisé et très ennuyeux à considérer.

Album DREAM THEATER THE ASTONISHING DREAM THEATER
THE ASTONISHING (2016)
ROADRUNNER RECORDS
METAL PROGRESSIF
5/5
TOPPROG
09/07/2016
 
360
0 1
Enfin.....enfin Dream Theater nous offre son "The wall"! Plus de deux heures de progmetal symphonique d'une grande cohérence. Ce qu'on n'avait pas entendu depuis "Metropolis part 2", beaucoup moins long. Dream Theater fait du Dream Theater, les influences Floydiennes sont un peu plus estompées et surtout plus de tentation de faire du Muse ou du U2. Si on excepte les intermèdes électroniques ont a 29 morceaux, tous inférieurs à 8 minutes d'une grande intensité dramatique et lyrique. C'est effectivement un concept album (pour comprendre l'histoire, allez voir sur le site du groupe) avec un réel souffle mélodique. le metal est bien moins présent que d'habitude, le discours musical va à l'essentiel avec une grande diversité climatique d'un morceau )à l'autre. DT plus prog que metal...beaucoup de piano, de la guitare acoustique et l'intégration parfaite d'un chœur et d'un orchestre de cordes. Des élans cinématographiques parfois, des sonorités jamais entendues dans le groupe (cornemuse, flûte, violon..).
Les musiciens sont vraiment à leur top. James Labrie chante magnifiquement bien dans un contexte où Lucajssen aurait pris 6 chanteurs pour camper les protagonistes de l’histoire. La basse de Myung est enfin audible à un niveau correct et le jeu de Mangini, malgré sa caisse claire quelque peu nineties est convaincant (il parait que Portnoy reviendrait....pourquoi pas..pourvu qu'l ne chante pas!). La surprise vient ds claviers de Rudess, absolument magnifiques (ce qui n'a pas toujours été le cas) et omniprésents. Quant à Petrucci, ses guitares sont bien sûr omniprésentes, seulement il a laissé l’esbroufe démonstrative de côté. Quelques phrases en shred bien sûr (toujours mélodique) et surtout de beaux soli dans un style plus classique (A new beginning qui est plus près d'un solo d'Hackett que de Satriani).
Il faut un peu de temps et de nombreuses écoutes pour intégrer le langage de cet opus (mëme s'il n'y a rien de "difficile" à écouter.;un morceau tel que "Our new world" pourrait être dans les charts) qui marquera à coup sûr la carrière du groupe.
Le groupe nous fait rêver son théâtre de façon..étonnante!!!

 
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