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CHARLY SAHONA
NAKED THOUGHTS FROM A SILENT CHAOS (2010)
LION MUSIC / METAL MELODIQUE
PLATYPUS - 26/01/2010 -
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2/5
Après plusieurs écoutes, le doute n’est plus permis : je perçois assez difficilement l’intérêt d’un tel album, et comprend mal l’enthousiasme de mon collègue Val. Alors oui, c’est sans doute efficace, la technique est incontestablement au rendez-vous et l'écoute reste agréable. Mais ce qui manque cruellement, c’est la mélodie, réduite aux lignes vocales, il est vrai très réussies – mais aussi très inspirées par Muse – sur quelques morceaux. Et je ne parle même pas des soli, d’une stérilité émotionnelle à peu près totale (excepté sur It Will Fly Away), et parfois bien trop courts pour exprimer quoi que ce soit. Je m’attendais à cette concision et à l’abandon des ingrédients progressifs (Hybrid de Venturia annonçait déjà la couleur…), mais pas à ces 7 titres froids, linéaires et sans surprises (même la bonne idée du piano sur Forgotten Past est gâchée par un jeu trop brutal et rapide pour modifier la couleur du morceau). Au final, un disque efficace, bien interprété et bien produit (encore que le traitement réservé à la voix ne soit pas toujours des plus pertinents), et qui grâce à River of Lies et It Will Fly Away me laisse vaguement séduit, mais aussi et surtout, pour tout le reste, clairement déçu.
6.5

SYLVAN
FORCE OF GRAVITY (2009)
PROGROCK / ROCK PROGRESSIF
PLATYPUS - 04/09/2009 -
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4/5
S'il est vrai que Posthumous Silence reste le chef-d'œuvre de Sylvan, ce nouvel album présente deux évolutions des plus convaincantes. L'arrivée de Jan Petersen offre au groupe un son plus agressif qui loin d'être artificiel me semble parfaitement mis au service des compositions (le court passage entre métal prog et jazz très sombre présent dans l'épique "Vapour Trail" en est une preuve éclatante ; "Follow Me" et "King Porn" - qui pourrait évoquer POS par moments - en sont d'autres). La seconde évolution est en effet une plus large prépondérance accordée aux ballades symphoniques (encore que Posthumous Silence n'était pas avare en la matière), parfaitement assumée dans "Isle in Me" avec un solo facile mais d'une beauté à couper le souffle. Il est vrai ceci dit que des morceaux comme "Embedded" et "Episode 609" (ah, cet effet de voix parfaitement écœurant sur le second couplet, qui m'évoque les pires heures de la pop FM!) surprennent et déçoivent ; mais de manière générale, ces deux évolutions principales permettent au groupe de composer un album qui, certes moins fin et sans doute moins néo-prog que son illustre aîné, reste, dans sa grande variété d'ambiances et d'émotions, une vraie réussite.
8.5

NICHELODEON
CINEMANEMICO (2009)
AUTOPRODUCTION / AUTRES
PLATYPUS - 07/07/2009 -
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3/5
En effet, il ne s’agit pas (ou peu) de rock progressif avec ce Cinemanemico ; mais il est bien question tout de même de musique, et pas la pire qui soit, loin de là. L’instrumentation, si elle reste minimaliste et toute entière tournée vers le piano et les synthés, fait néanmoins appel le temps de quelques morceaux à une guitare électrique et des bruitages synthétiques qui rompent souvent fort à propos l’étrange torpeur née de timbres tout en retenue. Quant au chanteur, expressif pour ne pas dire expressionniste, il possède une amplitude vocale appréciable qui lui permet sans trop forcer de passer d’un chant grave et sourd à une voix de tête agréablement travaillée par un vibrato discret mais efficace.

Voilà pour la forme. Dans le fond, Nichelodeon produit une musique exigeante, déconcertante en bien des points - et en premier lieu du fait de la dissonance, souvent convoquée au piano, à l’image de la fin du troisième titre, qui suite à une séquence directement inspirée de la musique sacrée, prolonge cette ambiance en la détournant vers une interprétation beaucoup plus contemporaine et profane, à la Charles Ives par exemple. Son apparent dénuement semble aussi et paradoxalement nous la rendre moins familière, plus complexe à décoder puisque tout ou presque se joue entre le piano, la voix et quelques stridences ou nappes synthétiques.

Cinemanemico est également – et sans doute avant tout – un album dans lequel la musique occupe la fonction de metteur en scène ; c’est elle qui distribue leurs rôles aux instruments, qui accompagne avec soin et talent la progression de cet acteur principal qu’est le chanteur, qui enfin prend la peine de mettre en valeur émotions et sentiments divers, souvent contradictoires (de l'agacement au ravissement pur, de l'angoisse à une douce mélancolie) car largement tributaires d’un scénario qui semble écrit pour exacerber le ressenti. J’ai également repéré le morceau La Torre Piu Alta, et pour des raisons diamétralement opposées à celles avancées par Abaddon, j’en ferai l’une des pièces maîtresses de cet album. Les expérimentations vocales surviennent comme un aboutissement, et si elles surprennent, c’est qu’on ne les attendait pas ainsi dès l’ouverture du morceau ; les musiciens réussissent ici à trouver un parfait équilibre entre le dépouillement acoustique habituel et des arrangements plus riches, inévitablement dissonants, qui permettent au titre de présenter des contrastes très accentués dont l’enchaînement et la mise en valeur sont indéniablement progressifs.

Néanmoins, ce tableau fort flatteur rapidement brossé ne doit pas occulter certains défauts. Le premier, évident et récurrent, est le manque de recul qu’entretient le groupe avec ses intentions. Passée la surprise de la première écoute, qui vient surtout de cette instrumentation minimaliste déjà signalée, tout finit par sembler trop lisible ; et c’est bien cette lisibilité (qui n’est pas immédiateté) qui contribue à retenir ce que souhaiteraient nous faire passer les Italiens.

Par ailleurs, et autant le dire très clairement, le second défaut réside en une fin d’album totalement ratée (à partir du huitième titre) ; ce n’est pas la lassitude qui s’exprime ici, car j’ai beau eu écouter Cinemanemico à l’envers, le constat reste identique. Plus rien ne (se) passe sitôt terminé Cio Che Rimane. Les effets de voix du chanteur, l’apparente déstructuration des lignes de piano, l’orientation bruitiste et synthétique du pont expérimental présent dans Disegnando Cattedrali Di Cellule Pt II, tout cela ne se cache plus, s’exprime si ouvertement que l’attention de l’auditeur, ainsi requise sans aucune médiation, s’en va flâner en des espaces moins exposés.

DREAM THEATER
BLACK CLOUDS & SILVER LININGS (2009)
ROADRUNNER RECORDS / METAL PROGRESSIF
PLATYPUS - 13/05/2009 -
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4/5
Dream Theater propose avec Black Clouds & Silver Linings son plus grand album depuis SFAM, et les défauts justement pointés par ZoSo n'altèrent en rien le plaisir de l'écoute. Certes, un album comme Cybion de Kalisia s'avère certainement être bien plus excitant, mais DT joue ce qu'il sait jouer, et retrouve le niveau de ses meilleures années, à savoir les 90's. Point de véritable surprise sans doute, mais un Petrucci remettant la musicalité au coeur de son jeu, ça faisait longtemps que je ne l'attendais plus. Tout comme cette longue pièce purement progressive qu'est "The Count of Tuscany", qui prouve que Dream Theater continue malgré tout à se réinventer. Et si "The Best of Times" semble parfois un peu facile, proche du grandiloquent parfois, le long final épique sur lequel Petrucci livre un solo absolument majestueux devrait permettre de convaincre les plus récalcitrants à l'habituelle avalanche technique caractérisant souvent les interventions solistes du maître.
Un album qui sans renier sa part de virtuosité, fait également la part belle aux émotions ; c'est ce que pour ma part j'attends du métal progressif, en espérant néanmoins pour la prochaine fois une prise de risque un peu plus importante.
8.5

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