GROUPE/AUTEUR:

ART ZOYD

(FRANCE)

TITRE:
SYMPHONIE POUR LE JOUR OÙ BRÛLERONT LES CITÉS (1976)
LABEL:
AUTRE LABEL
GENRE:
AUTRES

"Résolument sombre et novateur, on ne sort pas indemne de l'écoute de "Symphonie pour le jour où brûleront les cités", œuvre d'un abord malaisé réservée à un public averti."
CORTO1809 - 08.12.2014 - (1) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
2/5
"Symphonie pour le jour où brûleront les cités". Titre cataclysmique (et malheureusement prophétique) pour une musique … cataclysmique.

Même si ses racines remontent à la fin de la décennie précédente, c'est au début des années 70 qu'Art Zoyd prend réellement forme autour du noyau constitué par Gérard Hourbette et Thierry Zaboïtzeff. La formation est atypique, surtout si l'on cherche une filiation entre le groupe français et le rock, même pris dans un sens très large : deux leaders violoniste et violoncelliste de leur état, accompagnés d'un trompettiste, d'un saxophoniste, d'une pianiste et d'un guitariste. Pas de batterie, mais quelques percussions, pas de chant, mais quelques borborygmes divers.

En fait, si Art Zoyd est généralement classifié dans le mouvement RIO, voire assimilé pour ses premières œuvres au Zheul, sa musique tient plus de l'avant-garde et de la musique classique contemporaine que du rock. En préambule, il n'est pas inutile de rappeler qu'il faut être sensible à ce genre de musique, ouvert aux expériences auditives et avoir la patience de supporter plusieurs écoutes avant que de pouvoir trouver du charme à Art Zoyd tant leur approche est non conventionnelle. Et s'attendre ensuite à passer pour un dangereux déviant aux yeux des êtres "normaux" (entendez par là, aimant des musiques mélodiques).

"Symphonie pour le jour où brûleront les cités" est le premier disque du groupe, qui paraît en 1976 (le groupe réenregistrera cette oeuvre quatre ans plus tard sous une autre formation). Si aucun des albums d'Art Zoyd ne peut se vanter d'être facilement abordable, cette "Symphonie" s'avère encore plus hermétique et aride que leur production moyenne. L'aspect expérimental ou "contemporain" est un peu trop affirmé, les qualités techniques des musiciens se cachant derrière de nombreuses dissonances manquant d'empathie.

Cet abord un peu austère est compensé par l'aspect impressionniste dont se pare la musique. 'Brigades Spéciales' distille un sentiment de malaise et d'urgence, les hurlements qui ouvrent le morceau n'étant pas sans rappeler ceux de Christian Vander sur les premiers Magma. Plus loin, les sons lancinants n'inspirent que solitude et désolation. Les sonorités précipitées et discordantes sur 'Les Fourmis', interrompues par des onomatopées rapides et énoncées d'une voix caricaturale évoquent bien l'impression de bêtise qui se dégagerait de personnages gauches et ridicules, à la façon d'un dessin animé. Et le caractère festif et dansant est parfaitement restitué sur 'Scènes De Carnaval'. Mais la nature très (trop ?) déstructurée de la musique n'évite pas toujours l'ennui et l'on attend parfois vainement le déclic.

Résolument sombre et novateur, on ne sort pas indemne de l'écoute de cet album. Le manque de thème mélodique, l'utilisation presque systématique de sonorités dissonantes, la répétitivité des traits, la prédominance d'une trompette et d'un violon agressifs au détriment du violoncelle, du saxophone et du piano dont on regrette la discrétion font de "Symphonie pour le jour où brûleront les cités" une œuvre d'un abord malaisé réservée à un public averti.

Plus d'information sur



GROUPES PROCHES:
HENRY COW, UNIVERS ZÉRO, ETRON FOU LELOUBLAN, MAGMA

LISTE DES PISTES:
01. Symphonie Pour Le Jour Où Brûleront Les Cités – Brigades Spéciales -13:23
02. Symphonie Pour Le Jour Où Brûleront Les Cités – Masques – 08:56
03. Symphonie Pour Le Jour Où Brûleront Les Cités – Simulacres – 06:53
04. Deux Images De La Cité Imbécile – Les Fourmis – 05:31
05. Deux Images De La Cité Imbécile – Scènes De Carnaval – 08:50


FORMATION:
Alain Eckert: Guitares / Voix
Gérard Hourbette: Violon, Alto
Gilles Renard: Saxophones
Jean-pierre Soarez: Trompette, Percussions
Patricia Dallio: Pianos
Thierry Zaboitzeff: Basse, Violoncelle, Voix


TAGS:
70's, Avant-gardiste, Dissonant, Expérimental, Instrumental, Oppressant, RIO, Sombre
 
 
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ADRIANSTORK - 08/12/2014 -
0 0
4/5
Première pierre blanche pour Art Zoyd, qui place la barre très très haute en proposant une cacophonie chthonienne dans laquelle personne ne sortira indemne. Soit on adhère au propos, en se laissant entraîner dans des coups de grâce hypnotiques d'apparences minimalistes mais beaucoup plus profondes et dignes d'intérêt (un dénominateur commun pour les groupes de Rock In Opposition), soit on rejette totalement les hurlements zeuhl, les jeux sur les sons, les dialogues acoustiques, les nombreuses cassures qui font de cet album un petit sommet avant une suite encore plus sépulcrale. On est toujours dans le rock, mais à la lisière de tous les genres comme si le groupe avait réussi une alchimie musicale en façonnant son art dans toutes les directions : au jazz sa spontanéité (réecoutez Les fourmis pour vous en convaincre), à la musique classique (Masques et son thème oppressant de violoncelle) sa rigueur et au rock son énergie, le tout sublimé comme par exemple Simulacres (dont certaines sonorités ressemblent à la partition de La maison qui rend fou de Gérard Calvi dans Les douze travaux d'Astérix). Certes, votre conjoint ou vos enfants risquent de vous prendre pour un fou, mais pourquoi se priver d'un voyage solaire au delà de ses oreilles?
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