ARTISTE:

DAVID BOWIE

(ROYAUME UNI)
TITRE:

THE MAN WHO SOLD THE WORLD

(1970)
LABEL:

MERCURY

GENRE:

ROCK

/ HARD ROCK
TAGS:
Old School, Psychédélique, Théatral
"Bien plus électrique et homogène que ses prédécesseurs, "The Man Who Sold The World" a déjà la patine d'un "Ziggy" ou d'un "Diamond Dogs", avec une intensité qui ne se dément jamais."
CORTO1809 (21.09.2015)  
4/5
(1) Avis des lecteurs (4) commentaire(s)

Bowie, l'artiste-caméléon, sera l'homme de toutes les surprises et prendra bien souvent son public à contre-pied. Et si "The Man Who Sold The World" n'est pas aussi déstabilisant que pourront l'être un "Young American" ou un "Let's Dance", il tranche néanmoins radicalement avec le ton des deux albums qui l'ont précédé.

Il faut dire qu'entre lui et "Space Oddity", David Bowie s'est une nouvelle fois embarqué dans l'aventure d'un groupe éphémère, The Hype, qui ne laissera aucun souvenir à la postérité, mais dont les musiciens sont les mêmes que ceux qui vont officier sur "The Man Who Sold The World". Et la différence est sensible : on n'a plus l'impression d'entendre un chanteur faire son show sur un vague fond sonore mais un groupe solidaire où chacun a sa place et où les instruments existent par eux-mêmes, embellissant de leurs interventions la prestation du chanteur, basse, batterie et guitare tenant des rôles aussi importants que celui-ci.

Il faut dire que Bowie a su s'entourer. La basse est tenue par Tony Visconti, qui produit également l'album. C'est l'efficace Mick Woodmansey qui cogne à la batterie et qui occupera ce poste sur plusieurs albums à venir. Quant à la guitare, elle est jouée de main de maître par celui qui va être le fidèle lieutenant de Bowie pour quelques années, Mick Ronson. Cette fine équipe assène à l'auditeur des compositions bien plus homogènes que sur les albums précédents, et résolument électriques. Fini le melting-pot de folk, pop, psyché et grande variété, "The Man Who Sold The World" est résolument rock, et même hard rock parfois, rempli de titres violents, lourds, malsains, pouvant presque être comparé aux albums contemporains d'Alice Cooper.

Ce changement radical de style est peut-être dû au mystère qui plane sur la genèse de ces chansons. Si David Bowie affirme qu'elles sont sa création, comme sur les albums précédents, Visconti et Ronson ont laissé entendre que celui-ci, trop occupé par ses affaires de cœur, ne leur laissait que des ébauches qu'ils transformaient en titres aboutis. Peu importe la vérité, le résultat est là : un disque mature, cohérent et passionnant.

Certes, il y a encore quelques imperfections çà et là. 'The Width of a Circle' se perd un peu dans la multiplicité de ses thèmes, 'Running Gun Blues' bien qu'agréable reste en retrait, et le duo guitare/batterie qui finit 'She Shook Me Cold' est légèrement trop long et brouillon. Mais l'interprétation extravertie de David Bowie, les riffs tranchants de Ronson, la basse ronronnante de Visconti et la frappe vigoureuse de Woodmansey font vite oublier ces défauts véniels. Et si ce disque ne recèle pas un tube de la dimension de 'Space Oddity', il ne contient que des titres forts, imaginatifs et innovants.

"The Man Who Sold The World" a déjà la patine d'un "Ziggy" ou d'un "Diamond Dogs", avec une intensité qui ne se dément jamais. Avec cet album, Bowie pose les bases du glam rock, ce qu'on nommait à l'époque "rock décadent", un rock déviant qui déforme ses rythmes binaires et soutenus pour en faire une musique inquiétante et anticonformiste, dégageant un arôme sulfureux de déliquescence, de folie et de rage.


Plus d'information sur http://www.davidbowie.com/





LISTE DES PISTES:
01. The Width of a Circle (08:05)
02. All the Madmen (05:38)
03. Black Country Rock (03:32)
04. After All (03:52)
05. Running Gun Blues (03:11)
06. Saviour Machine (04:25)
07. She Shook Me Cold (04:13)
08. The Man Who Sold the World (03:55)
09. The Supermen (03:38)

FORMATION:
David Bowie: Chant / Guitares / Stylophone
Mick Ronson: Guitares / Choeurs
Mick Woodmansey: Batterie / Batterie
Ralph Mace: Moog
Tony Visconti: Guitares / Basse / Piano
   
(1) AVIS DES LECTEURS    
REALMEAN
23/10/2015
  0 0  
2/5
Je n’ai jamais réussi à retrouver Bowie à travers l’Homme qui vendit le Monde. J’ai beau l’avoir écouté dans tous les sens, j’ai plutôt l’impression d’entendre un croisement d’un hasardeux Velvet Underground (et pourtant je suis un admirateur fervent de Lou Reed) et d’une overdose des Doors en pleine inspiration psychotropique.
Une avalanche de riffs de guitare dissonants et de ronflements de percussions qui ne s’écoutent ni les uns ni les autres, et agaçants au plus haut point (le summum avec 'She shook me cold'). Le vocal exceptionnel du chanteur est quasiment désamorcé par ce trop de tout.
Il resterait la ritournelle léthargico-mélancolique du titre éponyme, vaguement communicative, les incursions de la flûte tribale de 'All the Madmen', petite échappatoire génésienne, et les effluves épico-progressives de 'Saviour Machine' pour poser quelques repères le long de cette tirade rock à la fois austère et surchargée.
La réédition de 1990, incluant 4 titres bonus ('Lightening Frightening', 'Holy Holy', et deux reprises du prestigieux "Ziggy Stardust", 'Moonage Daydram' et 'Hang onto yourself'), a le mérite de clôturer l’album sur une tonalité moins brouillonne, où l’on retrouve enfin un peu du charisme de l’artiste. Encore que la version de 'Moonage Daydream', trop geignarde, n’apporte rien de bien plaisant par rapport à l’original.

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(4) COMMENTAIRE(S)    
 
 
ADRIANSTORK
22/09/2015
  0
Marc Bolan. Bolan. Bo = Bowie. Lan = Dylan.
ALADDIN_SANE
21/09/2015
  0
Bah oui, et c'est bien là le problème, Bowie et le hard ça fait deux. Et pourquoi Bolan s'appelle comme ça au fait ?
ADRIANSTORK
21/09/2015
  0
Par contre, je pense que Bowie s'oriente plus avec cet album vers le hard que le glam à paillettes de T-Rex. D'ailleurs, savez-vous pourquoi Marc Bolan s'appelle Bolan?
ADRIANSTORK
21/09/2015
  0
L'album commence en douceur quasi folk avant que les guitares n'envahissent ce sympathique terrain occupé par des babas. Des sons hards, un chant proche du grunge, Kurt Cobain (qui reprendra le riff légendaire mais inconnu à l'époque du titre éponyme) et David Halliday n'ont donc rien inventé. Cet album nous montre une face un peu plus ténébreuse de David Bowie, empreint de folie nietzschéenne (The Supermen) ou non (les instruments All The Madmen, le chant de Black Country Rock, les choeurs glacés d'After All ou le délire de psychopathe de Running Gun Blues). Il est très regrettable que David Bowie n'ait pas oeuvré plus longtemps dans ce genre (cela nous aurait épargné un raté comme Young Americans).
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LECTEURS:
3/5 (3 avis)
STAFF:
3.7/5 (6 avis)
MA NOTE :
 
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