GENESIS

(ROYAUME UNI)

NURSERY CRYME

(1971)
LABEL:

CHARISMA

GENRE:

ROCK PROGRESSIF

TAGS:
Concept-album, Old School, Théatral
"L'image théâtrale et baroque du Genesis de l'époque, si souvent comparée à un décalage rock du monde de Lewis Carroll, est totalement représentée dans ce "Nursery Cryme" incontournable."
VANDERGRAAF (29.08.2003)  
4/5
(8) Avis (1) commentaire(s) (1) Biographie + (1) storie(s)
S'il fallait un exemple de ce que fut Genesis à la grande époque, "Nursery Cryme" remplirait parfaitement ce rôle. Non pas que ce disque soit leur meilleur opus, mais il reste le plus typique des années Peter Gabriel. Après le succès de "Trespass", premier véritable album du groupe, Genesis s'envole vers les succès avec deux nouveaux venus : Steve Hackett à la guitare et Phil Collins à la batterie. C'est le début de cet âge d'or perdu que l'on évoque avec tant de nostalgie et qui s'achèvera avec "The Lamb lies down on Broadway".

Magistralement ouvert par le mythique "The musical box", tout aussi bien clôt par l'étrange "the Fountain of Salmacis", "Nursery Cryme" est l'album des contes, ces fameux titres devenus la marque de fabrique du groupe qui racontent des histoires étranges et malsaines telle cette petite fille qui décapite son camarade de jeu qui lui reviendra sous forme de fantôme. Ces histoires façonnées de main de maître par Peter Gabriel et Tony Banks sonnent comme du Monty Python gothique flamboyant. Dans "Harold the barrell" et son rythme sautillant, c'est l'histoire d'un cannibale poursuivi par la police qui nous est contée.

Ce disque légendaire transpire tout entier l'état d'esprit de ses créateurs. Son nom, "Nursery Cryme", n'a rien à voir avec aucune des chansons. C'est un jeu de mots avec l'expression "nursery rhime", qui signifie comptine en anglais. Ce décalage entre la cruauté et l'imaginaire enfantin se retrouve dans la pochette, inspirée par "the Musical box", qui représente une enfant jouant au croquet avec les têtes de ses petits camarades.

La légende de "Nursery Cryme", c'est aussi la première chanson jamais chantée par Phil Collins sur un album, la tranquille "for absent friends". C'est aussi la robe rouge et le masque de renard portés par Peter lorsqu'il chantait "musical box" sur scène. C'est aussi la maison de leur producteur et mécène, Tony Stratton-Smith, dessinée sur la pochette. L'image théâtrale et baroque de Genesis à cette époque, si souvent comparée à un décalage rock du monde de Lewis Carroll, est totalement représentée dans ce disque incontournable.
- Site officiel

LISTE DES PISTES:
01. The Musical Box
02. For Absent Friends
03. The Return Of The Giant Hogweed
04. Seven Stones
05. Harold The Barrel
06. Harlequin
07. The Fountain Of Salmacis

FORMATION:
Mike Rutherford: Basse
Peter Gabriel: Chant
Phil Collins: Batterie
Steve Hackett: Guitares
Tony Banks: Claviers
   
(8) AVIS DES LECTEURS    
LONEWOLF1300
03/03/2024
297
  0 1  
5/5
"Nursery Cryme" est bien l'archétype de la personnalité de Genesis, de leur "genre", de leur façon de faire du progressif. Complexe, riche en harmonies, très varié, profond, bourré de références culturelles. Au passage, "Crime" ne prend normalement pas de "y" en anglais, je ne connais pas la raison de sa présence sur l'album.

Genesis nous fait plonger dans son univers si spécial, composé d'histoires étranges, mâtinées à la Edgar Allan Poe, très british comme toujours, décalées et vaguement dérangeantes. Par ailleurs, l'album dégage un parfum romantique et désuet qui devient vie attachant. Emouvant absolument ("The musical box") mais jamais dénué d'énergie et certainement pas de talent. Ce n'est pas "The return of..." qui évoquera le contraire ! Suite musclée et hallucinée qui vous martèle ses thèmes musicaux avec une obstination à vous faire tourner la tête. Harlequin est une petite sucrerie tendre mais pas si innocente qu'elle en a l'air, et musicalement c'est un petit bijou. "The Fountain..." finit l'album en beauté, que ce soit dans la subtilité de la voix de Peter Gabriel, par la composition remarquable, le jeu de chacun ou l'intérêt de l'histoire qui est contée.

Ici, Genesis prouve qu'il a su acquérir une très forte identité, une personnalité à part qui fera leur succès. Avec raison, vu le niveau d'écriture et le talent des musiciens, dont chacun prouvera par la suite le haut niveau de leur don.

RICKEN-51
25/12/2023
90
  0 0  
4/5
Nursery Cryme est comme tous les albums de Genesis: il ressemble un peu aux autres mais a aussi sa particularité !
En effet, Genesis n'a jamais fait 2 albums (qu'ils se suivent ou non) avec exactement la même approche, même si on retrouve des éléments identiques de l'un à l'autre.

Que veux-je dire par là ?
Nursery Cryme a un côté pastoral comme pouvait l'avoir Trespass, le côté progressif avec les sonorités variées (claviers, guitares électriques et acoustiques 6 et 12 cordes, flutes), les changements de rythme, les morceaux longs, ...
Il a par contre à mon avis 2 choses que les autres n'ont pas:
- la virtuosité mise en évidence comme ce ne sera plus jamais le cas.
Est-ce à cause de l'arrivée de Steve et Phil ? Je ne sais pas, mais cet album met bien plus en avant chacun des membres du groupe que ce ne sera le cas par la suite, où la qualité des musiciens sera moins démonstrative, davantage intégrée dans le résultat d'ensemble.
- une utilisation intensive des 2èmes voire 3èmes voix en appui et contrepoint de celle de Peter, chose que l'on ne réentendra plus jamais à ce point sur tout un album.

Nursery Cryme est aussi sans doute aussi l'album le plus acide du groupe, celui où la cruauté est la plus présente, la plus directe: ce sera un peu plus feutré par la suite, en tout cas un peu atténué par l'humour (noir) !

Il n'est donc pas étonnant que cet album ait inspiré bien des groupes car il regorge de pépites dont The Musical Box est sans doute le point d'orgue, Hogweed et Fountain of Salmacis très bon également même si les 2 auraient pu être encore plus développées (surtout Salmacis qui est d'une telle richesse que j'en aurais voulu davantage), Seven Stones et Harold the barrel parfaits l'un et l'autre, chacun dans leur style et pour finir les 2 belles chansons douces que sont Absent Friend et Harlequin, riches de leurs arrangements, leurs arpèges et de leurs harmonies vocales.

En somme un superbe album ... mais peut-être un poil trop court tellement j'aime ça !

TOPPROG
27/04/2013
360
  0 0  
5/5
Parmi la discographie de Genesis époque Gabriel j'ai toujours eu un gros faible pour Nursery Cryme. D'abord la pochette "so british" mais aussi si malsaine avec cette fillette aux yeux fixes de junkie ( c'est la cruelle et innocente Cinthya de "Musical box"), la nurse à roulettes et ces têtes coupées à la place des boules de croquet !
Mais surtout le contenu musical: ce disque commence par ce qui reste pour moi le plus beau morceau de Genesis : "The musical box". Un opus admirablement bien construit.. Dès l'intro de ces doux accords de guitares plaqués on sent que ça va être grandiose... Après un début assez calme avec maints arpèges comme seuls le groupe sait les harmoniser, la belle voix de Gabriel, un petit coup de flûte, survient le break d'enfer avec ce riff électrique génialement simplissime et efficace, puis cette rythmique galopante emmenée par la Rickenbaker de Rutherford et l'entrée tonitruante du nouveau guitariste du groupe, Steve Hackett, qui sous nos oreilles étonnées par ce son improbable invente le tapping.... des années-lumière avant Eddie (technique aussi utilisée dans l'intro de Hoghweed). Puis le calme après la tempête et le finale, avec cette orgue maladif et cette voix littéralement spectrale qui me donne, plus de 35 ans après, encore la chair de poule :"I've been waiting here so long.....". Le désespoir du vieillard concupiscent qui prend conscience que son désir ("let me get to know your flesh") ne se réalisera jamais, telle sera son éternelle damnation (cette contine n'est pas aussi enfantine qu'il y parait : c'est une parabole sur l'inextinguible et indicible persistance du désir sexuel chez l'homme âgé!). Et le finale instrumental, pathétique, tel une symphonie. Un chef d'œuvre!!!!
Outre Musical box le disque repose sur 2 autres piliers. "The return of the giant Hoghweed", cette fable écologique, musicalement dans la violente lignée de "The knife" (Trespass), la connivence naissante entre Hackett et Banks dans l'enchevêtrement des mélodies, et son finale tout aussi grandiose que le morceau d'ouverture. Puis "The fountain of Salmacis" avec son arpège d'orgue obsessionnel, sa ligne de basse formidable, l'arrivée du mellotron, et la tuerie rythmique du milieu. Mais il ne faut pas négliger les 4 autres opus : le mélancolique "Absent friends" (du Hackett chanté par Collins ! - à l'époque on se demandait si c'était Gabriel qui chantait ...), "Harlequin" une délicate dentelle d'arpèges, "Harold The barrel", une pièce musicale comique menée à un rythme d'enfer, une prouesse vocale de Pete; et surtout "Seven stones" ce morceau mystérieux, tout en finesse, avec l'introduction du mellotron dans la palette sonore du groupe, et qui laisse apprécier le jeu subtil du nouveau petit batteur qui deviendra grand, Phil Collins.
Genesis nous invite a un fabuleux voyage dans son univers sonore unique, voyage que je renouvelle sans cesse avec plaisir.

Un mot sur la remasterisation définitive de 2008 : Nursery Cryme est sans aucun doute le disque le plus mal entregistré du groupe (son mat, image plate). Si la numérisation ne fait pas de miracles, l'avantage est tout de même dans un certain gain de clarté dans l'aigu, une subtile remise en place des réverbérations sur les voix et les instruments, au détriment du registre grave un peu écourté (la ligne de basse de Fountain of Salmacis ressort un peu moins sur le finale...). L'esprit de l'enregistrement d'origine n'est en tout cas pas dénaturé pour "faire moderne".

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(1) COMMENTAIRE(S)    
 
 
LONEWOLF1300
02/03/2024
 
297
0
"Nursery Cryme" est bien l'archétype de la personnalité de Genesis, de leur "genre", de leur façon de faire du progressif. Complexe, riche en harmonies, très varié, profond, bourré de références culturelles. Au passage, "Crime" ne prend normalement pas de "y" en anglais, je ne connais pas la raison de sa présence sur l'album.

Genesis nous fait plonger dans son univers si spécial, composé d'histoires étranges, mâtinées à la Edgar Allan Poe, très british comme toujours, décalées et vaguement dérangeantes. Par ailleurs, l'album dégage un parfum romantique et désuet qui devient vie attachant. Emouvant absolument ("The musical box") mais jamais dénué d'énergie et certainement pas de talent. Ce n'est pas "The return of..." qui évoquera le contraire ! Suite musclée et hallucinée qui vous martèle ses thèmes musicaux avec une obstination à vous faire tourner la tête. Harlequin est une petite sucrerie tendre mais pas si innocente qu'elle en a l'air, et musicalement c'est un petit bijou. "The Fountain..." finit l'album en beauté, que ce soit dans la subtilité de la voix de Peter Gabriel, par la composition remarquable, le jeu de chacun ou l'intérêt de l'histoire qui est contée.

Ici, Genesis prouve qu'il a su acquérir une très forte identité, une personnalité à part qui fera leur succès. Avec raison, vu le niveau d'écriture et le talent des musiciens, dont chacun prouvera par la suite le haut niveau de leur don.
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LECTEURS:
4.5/5 (26 avis)
STAFF:
4.6/5 (20 avis)
MA NOTE :
 
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