GENESIS

(ROYAUME UNI)

THE LAMB LIES DOWN ON BROADWAY

(1974)
LABEL:

CHARISMA

GENRE:

ROCK PROGRESSIF

TAGS:
Concept-album, Old School
""The Lamb lies down on Broadway", c'est du Rock, du Prog et bien plus encore. Est-ce encore du Genesis ? Ou déjà du Peter Gabriel ? Quoiqu'il en soit, on ne sort pas indemne de son écoute."
REALMEAN (29.08.2003)  
5/5
(11) Avis (0) commentaire(s) (1) Biographie + (1) storie(s)
Unique en son genre dans la discographie de Genesis, "The Lamb lies down on Broadway" est une période musicale à lui tout seul. Parce qu’il semble appartenir davantage à Peter Gabriel qu’à Genesis ? Il est vrai que les premiers albums solo de Peter en paraissent directement ou indirectement dérivés. Probable que le Gab’ se soit dit, après cette nouvelle réalisation, qu’il devait désormais accomplir sa vocation musicale indépendamment du Quintet. Les accents vocaux qu’il prodigue ici, notamment, n’ont jamais été entendus sur les opus précédents.

Après plusieurs mois de travail de composition, nait ainsi un double album riche de sonorités, de solos, d'émotion et de reprises de thèmes. Et c'est l'histoire de Peter, racontée au fil des chansons, qui donne sa force à l'album.

Il était une fois Rael, un jeune portoricain new-yorkais qui vit dans la rue comme un voyou. Un beau jour, le quotidien réaliste de Rael est bouleversé par un étrange nuage descendu sur Broadway, et qui l'emmène dans un souterrain mystérieux. Cherchant la sortie, Rael rencontre diverses épreuves qui sont autant d'allégories de son destin ingrat dans Big Apple. Un destin croisé par celui d'un autre personnage perdu dans le souterrain : John, le "frère" de Rael, en fait le symbole du WASP. John a un prénom prononçable, il reste impassible à leur infortune tandis que Rael pleure et râle pour retrouver son chemin dans le labyrinthe souterrain.

Que l'on accroche ou pas à l'histoire, "The Lamb lies down on Broadway" s’érige en véritable pièce de musée. La grande majorité de ses titres se révèle tout simplement fantastique. C’est un rock rauque, tranchant, caverneux, mais d’une richesse inouïe, faisant preuve d’un pouvoir cérébral sans égal, une sorte de "The Wall" de Genesis, en moins sombre, mais peut-être plus apocalyptique, avec une dimension mystique incroyablement prégnante. La contrepartie, c’est qu’il n’est pas possible de l’écouter en toutes circonstances, mais n’est-ce pas la marque de fabrique des plus grandes créations musicales ?

Le premier volume est très dense et difficile à décrire. Chacun de ses instants est un moment de suspens ou de mystère. Du début à la fin, c’est une œuvre indescriptible, unique, indivisible, hypnotique. La deuxième partie est légèrement en retrait avec notamment un dernier titre qui manque singulièrement de lyrisme pour clôturer cet album extraordinaire.

"The Lamb lies down on Broadway", c'est du Rock, du Prog mais c’est bien plus encore. Est-ce encore du Genesis ? Ou déjà du Peter Gabriel ? Quoiqu'il en soit, on ne sort pas indemne de son écoute.
- Site officiel

LISTE DES PISTES:
01. The Lamb Lies Down On Broadway
02. Fly On A Windshield
03. Brodway Melody Of 1974
04. Cuckoo Cocoon
05. In The Cage
06. The Grand Parade Of Lifeless Packaging
07. Back In N.Y.C
08. Hairless Heart
09. Counting Out Time
10. Carpet Crawler
11. The Chamber Of 32 Doors
12. Lilywhite Lilith
13. The Waiting Room
14. Anyway
15. Here Comes The Supernatural Anaesthetist
16. The Lamia
17. Silent Sorrow In Empty Boats
18. The Colony Of Slippermen
19. Ravine
20. The Light Dies Down On Broadway
21. Riding The Scree
22. In The Rapids
23. It

FORMATION:
Mike Rutherford: Basse
Peter Gabriel: Chant
Phil Collins: Batterie
Steve Hackett: Guitares
Tony Banks: Claviers
   
(11) AVIS DES LECTEURS    
LONEWOLF1300
02/03/2024
297
  0 0  
4/5
Après les albums produits depuis 1969, l'arrivée de cet OVNI n'avait pas manqué de me surprendre, voire de me cueillir à froid. Il est évident que le lien ne se fait pas avec les précédents. On sait pourquoi. I y a là la patte de Peter Gabriel, son génie particulier, sa créativité et son style inclassables. Donc le choc est rude, et ces deux cassettes sont restées dans leur case bien longtemps parfois. Seulement une moitié des titres appelaient mon attention :

"In the Cage" pour sa magnifique énergie
"The Grand Parade", ce crescendo quelque peu ravélien que j'écoutais à fond
"Back in NYC" (idem !)
"Hearless Heart", petite pause tranquille et bienvenue (que je jouais au piano)
"Carpet Crawlers" que je trouvais hypnotique
"Lilywhite Lilith" fascinant en diable
"Anyway" pour la tristesse qui s'en dégage
"Silent Sorrow" qui est "l'intro avant l'intro" de "The Colony..." que j'ai toujours aimé pour sa rythmique particulière scandée par une batterie claire et nerveuse, ce clavier qui se visse dans votre tête et la voix presque d'outre-tombe d'un Peter Gabriel énervé et rugueux

On se demande de prime abord ce que cet objet vient faire dans la discographie du groupe. Cette oeuvre, remarquable par ailleurs, se montre d'abord comme une sorte de téléscopage de rythmes et de sons très différents les uns des autres. Ils semblent se succéder sans lien ni cohérence et ça heurte les oreilles du génésissien pur et tendre bercé au prog-rock symphonique. Très déroutant. Ca m'a pris plusieurs années avant de commencer à l'apprécier dans son intégralité.

Cet album est incontestablement rude à aborder. Il faut d'abord renoncer à attendre du Genesis pur jus. Il faut ensuite être documenté sur la démarche avant de discerner l'aspect concept-album. Peut-être ai-je fait un lien avec le concept de "West Side Story", beaucoup entendu quand j'étais petit grace à mes soeurs.

Une fois ce travail d'approche fait, on découvre combien Peter Gabriel pouvait se sentir étriqué et enfermé au sein de Genesis. Tout à fait clairement, cet album est un album de Peter Gabriel, le premier avant "Car" sorti en 1977. Aucun rapport avec le split de Pink Floyd, ici il y a une excellente collaboration, et même son départ ne sera pas à l'origine d'une quelconque crise. L'album est double, ce qui en dit long sur le niveau de créativité de l'Archange. Il écrit ici une histoire complexe, complètement surréaliste, délirante, avec une quantité d'ambiances différentes qui se superposent à des textes fantastiques. Les autres membres du groupe suivent parfaitement la démarche et la musique, très ambitieuse, encore marquée par la complexité du rock progressif, montre un travail d'équipe tout à fait réussi.

En fait, il faut voir cet album comme une sorte d'opéra rock, une oeuvre agencée par un Peter Gabriel en pleine effervescence, comme il le prouvera plus tard par la pluralité de ses talents et de ses orientations musicales. Ce n'est pas un album que j'écoute souvent, et encore moins en entier. Il est effectivement trop différent du style habituel de Genesis. Pour autant, son succès est reconnu, la signature de Peter Gabriel étant un gage de qualité, quelle que soit l'époque.


RICKEN-51
25/12/2023
90
  0 0  
5/5
J'adore cet album. C'est même mon album préféré, tous styles confondus.

Une bonne raison pour mettre la note maximale, non ?

Cet album, c'est une débauche de mélodies, de rythmes, de sonorités et d'effets vocaux au service d'une histoire glauque, kafkaïenne, surréaliste.

La dureté de Back in NYC se mêle à la douceur de Hairless Heart, la beauté de The Lamia au cynisme de The colony of slippermen, la violence de The waiting room à la paix de Ravine, et puis carpet crawler, et puis The chamber of 32 doors, et puis Riding the scree, et puis ... et puis ... et puis !

Cet album, c'est le travail de cinq types, au bord de la rupture, qui vont donner le meilleur d'eux même tant dans le domaine de la composition que de la réalisation.

Cet album est unique !
Unique dans la discographie du groupe car il contient pas ou peu de morceaux vraiment longs, mais par contre sur chacune des 4 faces du vinyle, tous les titres sont enchainés ou presque; la sonorité en est également différente, plus dure, plus rugueuse.

Cet album n'est pas du rock progressif, cet album n'est pas du rock, cet album n'est pas de la variété,
cet album est une OEUVRE D'ART,
au même titre que la 9ème ou que Les Quatre Saisons.

Alors, lorsque les dernières notes de It ont disparu,
je ne peux plus rien écouter d'autre !
JE DOIS FAIRE AUTRE CHOSE !

Et donc, inutile d'en dire davantage, ECOUTEZ !

TOPPROG
27/04/2013
360
  0 0  
5/5
Oui, s'il ne devait en rester qu'un seul, ce serait celui-ci ! Depuis 1975 c'est le disque que j'ai le plus écouté, partout. Et je trouve encore des subtilités à chaque écoute. Bien sûr que je ne suis pas impartial : en 75 j'avais 17 ans et j'ai eu la chance de voir LE concert ! Mais tout de même, cette musique ce n'est pas que du rock and roll, c'est bien au-delà, c'est la quintessence de la musique progressive telle qu'elle est reprise (avec plus ou moins de bonheur) par les groupes de prog' depuis 40 ans : les rythmiques hallucinées, les mélodies inoubliables, la voix habitée de Gabriel/Rael... Rien n'a vieilli dans ce disque, contrairement à certaines productions précédentes du groupe. Une fois la dernière note jouée, on n'a plus envie d'écouter autre chose et on se demande pourquoi le monde n'est pas meilleur.... Oui, l'ultime musique à emmener dans l'au-delà, avec le requiem de Mozart peut-être ?


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