ARTISTE:

ESTHESIS

(FRANCE)
TITRE:

THE AWAKENING

(2020)
LABEL:

AUTOPRODUCTION

GENRE:

ROCK PROGRESSIF

TAGS:
80's, Concept-album, Intimiste, Mélancolique, Old School, Planant
"Esthesis propose un premier album de haut vol en se réappropriant un nombre impressionnant d'influences allant du progressif à l'ambient en passant par le classique, tout en laissant transparaître une personnalité délicate et cinématographique."
CALGEPO (27.11.2020)  
4/5
(3) Avis des lecteurs (1) commentaire(s)

Le rock progressif made in France connaît un certain renouveau avec des groupes qui émergent depuis ces dernières années comme Weend'ô, Mobius et aujourd'hui Esthesis, projet mené par Aurélien Goude. S'il a fallu presque 6 ans pour aboutir à "Raising Hands" (EP), il n'aura fallu qu'un peu plus d'un an et demi pour réaliser ce premier album "The Awakening". De par sa nature, Esthesis s'inscrit dans le sillage de projets d'artistes anglais (Robin Armstrong avec Cosmograf) ou italiens (Giancarlo Erra avec NoSound). L'EP de 2017 constituait ainsi un galop d'essai pour non seulement mesurer les capacités d'Aurélien à concrétiser un projet musical mais aussi pour poser les jalons de ce qui allait devenir "The Awakening".

"Raising Hands" avait étonné par ses qualités intrinsèques, notamment mélodiques, malgré des influences marquées, aux premiers rangs desquels nous pouvions citer Porcupine Tree et Pink Floyd. Si vous vous attendiez à une redite, vous risquez d'être surpris car Aurélien pousse encore plus loin son travail d'orfèvre en multipliant l'apport des influences pour mieux les synthétiser voire affirmer sa personnalité. Le compositeur se fait ainsi alchimiste dont l'art serait de fondre et d'allier les styles musicaux pour dorer son projet. L'album demande une exigence particulière pour livrer, au fil du temps, toutes ses richesses et chasser les éventuelles frustrations qui pourraient venir d'une première écoute laissant croire à un album simplement réduit à ses longs développements.

Ici les progressions sont lentes et prennent le temps d'installer les ambiances colorant l'album d'une impression très cinématographique comme le laissait percevoir le précédent essai. Et c'est le moins que l'on puisse dire puisque l'album s'ouvre sur une pièce monumentale de seize minutes. L'auditeur baigne ici dans une ambiance embrumée à l'image de la belle pochette de l'album qui montre la photo brouillée d'une maison isolée. 'Downstream' emprunte à l'ambient mélancolique cher à Nosound  tout en lui injectant d'infinies pistes pour apporter un relief grandissant, la forte présence du piano lui donnant une teinte classique qui nous éveille à ce sentiment de spleen baudelairien. La guitare atmosphérique et mélodique (Baptiste Desmares) arrive en peu de notes à apporter un surplus d'émotions au titre, outre le chant qui cette fois se fait plus clair (au contraire de l'EP).

La quête de sens et d'identité constitue le fil rouge de l'album avec ses doutes, ses questionnements et ses éventuelles réponses. Cela induit une sorte d'architecture sous forme de dualité, chaque titre semblant répondre à son prédécesseur, la dernière note étant celle du début de l'autre (les titres sont classés deux par deux derrière l'artwork). Après ce premier titre introspectif, vient le temps des interrogations existentielles sur la place dans la société, du rôle qu'on joue et de ces façades éventuelles que l'on est amené à se créer et contre lesquelles on essaye de lutter pour gagner en authenticité. 'No Soul to Sell' s'impose ainsi par sa nervosité qui tutoie le metal. Cette fois cette hargne s'appuie sur plus d'effets sur les lignes de chant pour accentuer le sentiment de colère, hormis un passage très atmosphérique qui permet de reprendre son souffle. Dans l'ensemble, Aurélien laisse beaucoup de place à la musique et accomplit un énorme travail sur les harmonies et les nappes de claviers multiples (orgue Hammond, mellotron...).

Le morceau qui synthétise le plus l'idée d'ambivalence est 'High Tide' qui alterne de manière plus flagrante les passages calmes comme les vagues de la mer qui viennent poser leur écume sur les récifs avec les petits clapotis au loin (il faut souligner le beau travail de Florian Rodrigues aux cymbales) et les plus énergiques voire tranchants jusqu'au final, introduit au piano intimiste et apaisant auquel succède un très beau solo de guitare, bluffant. Avec le titre instrumental 'The Awakening', l'auditeur sera encore plus libre de se forger ses propres images entre mélancolie et espérance, guidé par un très beau travail rythmique et d'arrangements. Loin de s'enfermer dans cette veine ambient progressive, Esthesis pioche dans la pop, d'abord celle acoustique à la Porcupine Tree (période "Lightbulb Sun") dans 'Chameleon', multipliant les harmonies vocales chères aux Anglais (Beatles...), et la synthétise également dans le lumineux 'Still Far To Go' qui apporte, au final, un bel espoir dans cette quête quasi initiatique qui se termine sur les premières notes de 'Downstream' pour faire de l'album une sorte de boucle temporelle éternelle.

Voilà un premier album très réussi où Esthesis montre l'étendue de son potentiel et son sens de la synthèse. Si les influences restent objectivement multiples, elles vont au-delà du simple rock progressif en s'évadant vers le classique, la pop, la musique de films, l'ambient afin d'enrichir son propos, bien aidé en cela par des musiciens en phase. Si ce travail est remarquable jusque dans la production, il peut, a contrario, laisser le sentiment d'être un peu trop propre et respectueux. Il en ressort une personnalité délicate dans cette approche presque féminine et empathique d'appréhender la composition de ce projet. Vivement la suite !


Plus d'information sur https://www.esthesismusic.com/



GROUPES PROCHES:
PORCUPINE TREE, PINK FLOYD

LISTE DES PISTES:
01. Downstream
02. No Soul To Sell
03. High Tide
04. Chameleon
05. The Awakening
06. Still Far To Go

FORMATION:
Aurélien Goude: Chant / Guitares / Claviers
Baptiste Desmares: Guitares
Florian Rodrigues: Batterie
Marc Anguill: Basse
   
(3) AVIS DES LECTEURS    
MIROU2FUEGO@YAHOO.FR
28/11/2020
5
  0 1  
5/5
L'album nous emporte dans une odyssée parfois pacifique, parfois tumultueuse, toujours agréable. Chaque fois, on trouve que l'heure que dure ce voyage passe beaucoup trop vite, et on y retourne. On avait tendance à penser que seuls les Anglais maitrisaient à un tel niveau ce mélange d'ambiant et de rock progressif. Esthesis balaye ce préjugé avec un opus remarquable à tout niveau. BRAVO
LEMOUZE
27/11/2020
5
  0 3  
5/5
Voila du french et du bon french !!!
On va pas s'en plaindre , ca fait plaisir dans ces temps tourmentés...
autant le dire de suite, ca plane grave....amateur de rythmes chaotiques passez votre chemin !!!
Aurélien Goude nous offre une belle bulle d'air musicale dans cet océan de lassitude et de désarroi.
Un de meilleurs albums entendu en cette foutu année 2020
A ne surtout pas rater

TONYB
27/11/2020
  0 3  
4/5
Etant passé à côté de l'EP inaugural d'Esthesis, je découvre ce groupe avec la parution de leur premier album.
Si les premières minutes m'ont fait croire à un nième clone de Pink Floyd, la réalité s'est très vite imposée : ce projet va bien au-delà de cela, avec des influences (Porcupine Tree, S. Wilson, Marillion et le Floyd bien sûr) admirablement bien digérées pour nous proposer un progressif moderne et emballant.
Les compos (longues) sont truffées de mélodies imparables, d'arrangements subtils et délicats, renouvelant sans cesse le plaisir d'écoute.
Chaudement recommandé.

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(1) COMMENTAIRE(S)    
 
 
CORTO1809
01/12/2020
  0
Un album qui s'écoute assez facilement, avec des clins d'oeil appuyés à Pink Floyd et Porcupine Tree, mais un peu trop lisse à mon goût.
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LECTEURS:
4.7/5 (10 avis)
STAFF:
3.7/5 (6 avis)
MA NOTE :
 
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