GROUPE/AUTEUR:

MIKE OLDFIELD

(ROYAUME UNI)

TITRE:
MUSIC OF THE SPHERES (2008)
LABEL:
UNIVERSAL
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

"Mais où sont passées les guitares ?"
TONYB - 28.04.2008 - (3) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
2/5
Un déménagement (définitif ?) à Majorque, la vente de ses guitares et de son matériel électrique, une sortie d'album repoussée de 6 mois pour cause de nouvelle paternité… Autant d'indices qui inciteraient à penser que Mike Oldfield se désintéresserait de la musique ?

Certes, il est de bon ton de rappeler que les productions oldfieldiennes du 21è siècle, outre leur rareté, figurent parmi les plus mauvais albums du maître : pour un nième remake fort réussi de Tubular Bells en 2003, le fan désorienté et désabusé s'est vu infliger un insipide Tres Lunas accompagné de deux "jeux" video de peu d'intérêt, et un Light + Shade en-dessous de tout. Et ce ne sont pas ses participations récentes à la tournée Nights of the Proms qui auront eu de quoi rassurer son auditoire. Aussi, c'est avec impatience que l'on a suivi les annonces successives qui ont abouti à la sortie tant attendue du nouvel opus : retour aux longues suites, présence d'un orchestre symphonique... Bref, de l'Ommadawn en puissance ! Du moins on l'espérait...

Dès l'analyse des interprètes de Music of the Spheres, c'est la douche froide : Mike Oldfield n'est crédité qu'à la seule guitare classique, et ses interventions peu nombreuses sont à des années-lumière du style électrique flamboyant qui a fait sa renommée. Nous sommes donc bien en présence d'une musique composée et mixée (de manière excellente) par l'artiste, mais au bénéfice du seul orchestre symphonique et de ses deux solistes (voix et piano). Le label ne s'y est d'ailleurs pas trompé, l'album étant publié dans sa division "Classics and Jazz". Conceptuellement, Music of the Spheres se veut l'interprétation par l'artiste de la théorie du bruit céleste, pulsations inaudibles produites par chaque corps présent dans le ciel, ou pour faire court ce qu'on appelle la Musica Universalis.

Et dès les premières notes, une rythmique familière et lancinante nous titille les oreilles : le thème récurrent de la première suite sera donc une nouvelle variation autour de Tubular Bells, sans conteste la plus éloignée de l'originale, mais ne laissant aucun doute quant à sa filiation. Et tout au long de l'album, l'auditeur attentif et connaisseur de l'œuvre complète de Mike Oldfield retrouvera des passages qui lui rappelleront en vrac (et de manière non exhaustive) Tubular Bells donc, mais également les passages de guitare acoustique d'Hergest Ridge et Ommadawn, ainsi que plusieurs passages fortement inspirés de The Wind Chimes (sur Islands). Si le procédé n'est pas une nouveauté chez l'artiste, puisqu'il a régulièrement recyclé certains de ses thèmes dans ses productions, le recours fréquent à cet artifice dans Music of the Spheres donne une impression de déjà entendu qui, accentuée par le manque de variété dans les sonorités de l'orchestre, aboutit à installer rapidement de la lassitude... Lassitude renforcée par le manque global de punch des différentes compositions. Certes, les mélodies et les arrangements sont magnifiques, certes quelques éclats de cuivres ou de timbales rehaussent parfois l'attention de l'auditeur, mais on attend bien plus de la part d'un génie comme Mike Oldfield. Où est donc passé le bonhomme un peu timide qui faisait se lever le public du festival de Montreux en 1981 ? Et l'absence d'instruments électriques, notamment la guitare du maître, ne fait qu'empêcher un peu plus le décollage de cette œuvre.

Alors on retiendra bien quelques plages, et notamment le superbe et poignant On my Heart, ou encore le Musica Universalis d'obédience tubulaire qui clôt la galette en beauté, mais globalement, cet album est une déception. Oh bien sûr, rien à voir avec son précédent opus Light + Shade (quoique, dans celui-là il y avait au moins quelques interventions lumineuses de guitare au-dessus du magma informe). Non, tout simplement le sentiment désolant que Mike Oldfield est arrivé au bout de son processus créatif, au bout de son envie de faire de la musique. De plus, son propos reste fondamentalement rock, et le passage vers une interprétation exclusivement symphonique est un échec, au même titre que le fut en son temps l'Orchestral Tubular Bells. Ce virage vers une forme de musique classisante au seul titre de compositeur amènerait à penser que l'homme souhaiterait se voir adouber parmi les grands de la Musique, celle avec un grand M, celle qui compte aux yeux de l'histoire. En l'occurrence, l'essai est raté. Et même si Mike Oldfield a plus d'une fois cultivé l'art du contre-pied au court de sa carrière, il semble aujourd'hui évident que l'amateur de la musique exceptionnelle du maestro ne doit plus rêver et devra se contenter de la discographie passée de l'artiste pour assouvir sa passion.

Plus d'information sur http://www.mikeoldfieldofficial.com/



GROUPES PROCHES:
YANN TIERSEN, COLIN MASSON, THE HEALING ROAD, FROMUZ, MOLECULE, JOHANNES LULEY, TAURUS, ANTONIUS REX, PROXIMAL DISTANCE, WOLF LARSEN

LISTE DES PISTES:
01. Harbinger – 4:08
02. Animus – 3:09
03. Silhouette – 3:19
04. Shabda – 3:56
05. The Tempest – 5:48
06. Harbinger Reprise – 1:30
07. On My Heart – 2:26
08. Aurora – 3:42
09. Prophecy – 2:54
10. On My Heart Reprise – 1:16
11. Harmonia Mundi – 3:46
12. The Other Side – 1:28
13. Empyrean – 1:37
14. Musica Universalis – 6:24


FORMATION:
Hayley Westenra: Chant
Lang Lang: Piano
Mike Oldfield: Guitare classique
The Sinfonia Sfera Orchestra: dirigé par Karl Jenkins


TAGS:
Choeurs, Concept-album, Musique Classique
 
 
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DARWINWILD - 17/08/2017 -
0 0
5/5
En écoutant cette oeuvre il est vrai que l'on peut se sentir quelques peu déboussolé.
Etant habitué à des orchestrations plus folk ou électriques comme avec "ommadawn" ou "tubular bells" par exemple on a de quoi se sentir dépaysé.
"Mais où sont passées les guitares?" nous dit Tonyb et sur ce point il a raison... raison ou presque.
Car non malgré mon introduction songeuse de questionnement moi j'ai une toute autre lecture de cette oeuvre et de son créateur.

Mike Oldfield avant d'être un brillant guitariste est d'abord et avant tout un compositeur de génie qui a su évoluer et nous emmener dans divers univers tout en gardant une signature made in Oldfield.
Souvenons nous du brillant concept "millenium bell" qui sur fond d'ambiances electro/new-age nous dépeignait un superbe hommage à 2000ans d'histoire pour faiter le passage au nouveau millénaire.
Souvenons nous de "incantations" cette oeuvre minimaliste et rempli d'orchestrations classiques.

L'oeuvre "music of the spheres" est quant à elle d'inspiration classique, montée comme une symphonie classico-romantique.
Comment ne pas penser à "tubular bells" en laissant dérouler l'intro "harbinger" dans nos oreilles.

tonyb cherche donc Mike Oldfield dans cette oeuvre mais Mike Oldfield y est partout car c'est pas Mike Oldfield qu'il faut écouter quand on met un disque de Mike Oldfield mais l'oeuvre qu'il a créé de tout son génie;
Tout le génie créatif de l'artiste est là dans cette oeuvre avec des orchestrations riches et soignées quoi que parfois grandiloquentes.
Et quand Mike intervient musicalement en ponctuant d'intervention de guitare classique il le fait avec une telle présence et une telle interprétation que ça donne la petite touche finale qui aurait surement manquée à l'oeuvre.

Moi si j'avais du noter cet album à sa première écoute j'aurais surement mis 3/5 ou 4/5 max je l'avoue mais après plusieurs écoutes profondes je ne peux que me résoudre à mettre la note maximale à ce qui reste pour moi comme l'un des plus grands chefs d'oeuvre de Mike Oldfield avec "amarok", "tubular bells" et "ommadawn".

PS: selon moi pour réussir à comprendre et apprecier un peu plus cet album il ne faut pas voir ça comme un enchainement de petite pièces instrumentales mais comme un seule morceau de 45mn qui laisse dérouler une longue symphonie riche et complète avec ça et là quelques ponctuation guitaristiques du créateur comme pour saupoudrer de suucre glace un joli gateau d'anniversaire.

REALMEAN - 02/10/2010 -
0 0
2/5
Il est vrai que l'on a davantage l'impression d'écouter un "Mike Oldfield by the Royal Philharmonic Orchestra" qu'un véritable album de l'artiste.
Music of the Spheres n'est pas un projet indésirable, mais ne s'apprivoise que très, très lentement.
Si j'avais dû l'évaluer trop rapidement après son obtention, je crois que je me serais cantonné à un 3 ou 4/10, guère mieux. Je lui préfère Earth Moving: d'accord, ce sont deux projets très différents, mais au moins, on peut mettre au crédit de ce dernier un certain effort de renouvellement.

En attendant de ressentir (éventuellement) quelques rares frissons supplémentaires à l'écoute de ce "Music...", il est en effet notable que la qualité globale du projet aurait gagné à l'adjonction mesurée d'une instrumentation rock.
Mike Oldfield a certainement voulu concrétiser une dérivée classique de son œuvre, vision que rien ne devait venir dénaturer. Mais ça ne fonctionne que très aléatoirement. Quand on a la sensation que tout a été entendu une fois les premières minutes écoulées, c'est qu'il y a un sérieux risque de surexploitation du filon. Non, tout de même, difficile à croire, on parle du maestro. Alors on réécoute.
Mais non, ça reste plutôt insipide, sans que cette déclinaison vers les sphères -justement- du classique ne soit foncièrement injustifiée. Nouveau paradoxe Oldfieldien, s'il en est.

J'en arrive doucement à l'appréciation de 5/10, sans trop espérer aller au-delà.
Notre Maestro va-t-il réussir, si l'aventure continue, à nous surprendre encore ?
A quand une nouvelle claque magistrale, comme l'avait été TB III en 98 ?
Définitivement utopique ? Ne jurons de rien ...

BATRIC - 28/04/2008 -
0 0
2/5
Totalement d'accord avec Tonyb sur le sentiment de lassitude à l'écoute de cet album.

J'avoue qu'à la première écoute, je me suis dit que le grand Mike Oldfield était de retour. Mais cet album ne tient pas sur la durée. Trop de recyclage effectivement.

Je reste persuadé que Mike Oldfield n'a plus rien à dire depuis de nombreuses années. Le génie a succombé aux chants des sirènes qui l'appelaient vers des horizons beaucoup trop commerciaux et lui ont fait perdre son âme.

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