ARTISTE:

KEZIAH JONES

(DEFAULT)
TITRE:

BLACK ORPHEUS

(2003)
LABEL:

EMI

GENRE:

BLUES

TAGS:
Chant aigu, Funky, Groovy, Intimiste, Mélancolique, Planant
""
NUNO777 (12.08.2008)  
4/5
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Après plusieurs années à gagner quelques francs dans le métro parisien, le succès vient enfin récompenser ce guitariste et compositeur surdoué avec le hit « Rhythm is Love » en 1991. Depuis la sortie de l’album Blufunk Is A Fact dont est issu ce morceau, Keziah Jones a sorti trois albums dont le dernier, Black Orpheus, chef d’œuvre dans le style de prédilection de nigérian, le blu-funk.

La particularité des disques de Keziah Jones réside dans l’alchimie d’une mélodie, d’un groove et d’une voix. Jusque là rien d’original… Mais ce qui donne à KJ son statut, c’est son jeu de guitare très personnel et sans réel équivalent dans le paysage guitaristique. Keziah Jones joue de son électro-acoustique fétiche Godin avec l’approche d’un bassiste doublé d’un percussionniste tout cela grâce à un jeu main droite hallucinant. Cette virtuosité donne à voir autant qu’à écouter et je ne saurais trop vous conseiller le visionnage d’une vidéo de Keziah Jones. Il fait ainsi parti des rares artistes à pouvoir se produire seul et à émouvoir avec sa musique avec une authenticité et une simplicité revigorante.

Après cet éloge du musicien, qu’en est il de la musique à proprement parlé, et du blufunk en particulier ? Le blufunk est un mélange de blues et de funk que Keziah Jones a enrichi avec l’utilisation des accord septième et mineur 7, ce qui donne un côté mélancolique en plus. Black Orpheus est partagé entre les morceaux très rythmés qui donnent une pêche incroyable, les mid-tempos et les ballades déchirantes.

L’album débute avec « AfroSurrealismForTheLadies », un mid-tempo lancinant avec des chœurs et des claviers psychédéliques et se poursuit avec « Kpafuca », une bombe de groove avec cuivres. Tant la musique que les paroles sont un melting-pot de toutes les cultures qu’un artiste cosmopolite comme Keziah Jones peut absorber. La langue utilisée dans cette chanson est ce qui peut le plus faire penser à un anglais devenu langue officielle du Nigeria mais remodelé par le nigérien de la rue. Tous les morceaux et notamment «Femiliarise » laissent champ libre aux variations vocales de Kéziah, qui est décidément très à l’aise dans les aigus mais qui excelle aussi dans les médiums, sachant moduler les intonations dans un même couplet.

«Wet Questions » est un mid-tempo avec une basse hypnotique et une voix très aigue. Le métissage continue avec de nombreuses phrases en français dont ce « je suis venu te dire que je m’en vais », qu’on imagine bien emprunté à l’artiste français qui a le plus métissé les tempos et les mélodies. Je vous laisse deviner.
Parmi les ballades, « Neptune » et ses sitars envoûtantes vous emmènera vers des sommets de mélancolies sur lesquels la voix de Keziah se fait plus neutre. Les mid-tempos se succèdent avec « Beautiful Emile » et « Sadness is » pour ne laisser qu’une place à la surprenante et enjouée « All Praises ».

Mais les cimes de mélodies et d’émotions sont encore à venir. Les trois derniers titres ont tous en commun de proposer une trame plus épurée, avec voix et guitare seulement. Tout d’abord « Autumn Moon » et ses deux voix qui se marient à la perfection, ensuite « Black Orpheus » et sa douce mélopée jouée tout en étouffé, enfin « Orin O' Lomi » et sa complainte traditionnelle et déchirante chantée en uruba. Ce triptyque se termine par un voyage onirique, inspiré par une reposante ambiante fluviale. Ces trois morceaux stimulent intensément l’imagination et on se plait à feuilleter le livret de l’album sur lequel on peut voir différentes photos du Lagos d’aujourd’hui.

Par rapport aux précédents albums, Black Orpheus est plus acoustique, moins sophistiqué et par là même, gagne en authenticité. Keziah Jones nous fait voyager avec ce disque intime et sobre. Le récent voyage dans le pays de son enfance n’est sans doute pas étranger à l’enjouement mêlé de spleen qui y règne. A part le morceau plus expérimental « 72 Kilos », la totalité de cet album est un bijou dans lequel Keziah Jones éclabousse l’auditeur de sa classe et de son élégance.
Black Orpheus est un grand disque qui vient réveiller les émotions au plus profond de l’être. Il n’y a qu’un grand artiste pour provoquer celà.


Plus d'information sur http://www.keziahjones.com/



GROUPES PROCHES:
ISAAC


LISTE DES PISTES:
01. AfroSurrealismForTheLadies
02. Kpafuca
03. Femiliarise
04. Wet Questions
05. Neptune
06. 72 Kilos
07. All Praisies
08. Beautiful Emilie
09. Sadness Is...
10. Autumn Moon
11. Black Orpheus
12. Orin O' Lomi

FORMATION:
Jose Joyette: Batterie
Joshua McKenzie: Batterie
Kevin Armstrong: Claviers
Keziah Jones: Chant / Guitares
Mike Patto: Claviers
Neville Malcolm: Basse
Otto Williams: Basse
Sarah-Ann Webb: Chant
Tatyana Okou: Chant
   
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