ARTISTE:

EPHRAT

(ISRAEL)
TITRE:

NO ONE'S WORDS

(2008)
LABEL:

INSIDEOUT MUSIC

GENRE:

METAL PROGRESSIF

TAGS:
Planant, Symphonique
""
NUNO777 (05.09.2008)  
4/5
(3) Avis des lecteurs (0) commentaire(s)

Originaire d’Israël, Ephrat est le nouveau poulain du label allemand Inside Out, véritable écurie de pur-sang dans la catégorie rock progressif. A la tête du groupe, Omer Ephrat, qui compose et assure les guitares, claviers et flûte, accompagné du batteur Tomer Z déjà présent sur l’excellent Blackfield. Le chant se partage entre le chanteur principal, Lior Seker, et deux invités de marque en les personnes de Daniel Gildenlöw de Pain Of Salvation et Daniella Nettermalm de Paatos. No One’s Words est mixé par un certain Steven Wilson, le plus israélien des artistes anglais.
Avant d’avoir entendu une seule note de cet album nous sommes déjà impressionnés par la liste des artistes venant prêter leur nom à l’élaboration du projet. Essayons, en bon chroniqueur que nous nous efforçons d’être, d’outrepasser nos préjugés en abordant No One’s Words. Pour se faire nous allons, une fois n’est pas coutume, tenter une analyse de chacun des six titres de cet album.

« The Show » ouvre les hostilités par un bon riff métal très mélodieux appuyé par un clavier vintage. Excellente manière de débuter un disque de métal progressif. Après une succession de couplet-refrain très réussie une ambiance orientale est introduite par une guitare acoustique, une flûte et des percussions. Des accords joués par un balayage de bas en haut, souvent utilisés par Steven Wilson, balisent cette séquence. La montée en puissance voit la texture harmonique fondamentale exploitée jusqu’à la fin du morceau. Ce titre très épuré foisonne d’excellentes idées.

Avec « Haze » l’atmosphère change radicalement, on passe du métal progressif et ses quelques touches symphoniques au Trip Hop (style musical popularisé notamment par Björk). La mélodie de début est assez dissonante avec beaucoup de syncopes et de rythmes asymétriques. La voix de Daniella Nettermalm se marie parfaitement avec les choix harmoniques de ce titre et son chant assez maîtrisé tempère admirablement la puissance du magnifique refrain. Un morceau atypique mais extrêmement riche.

« Better Than Anything » débute sur quelques notes de guitare en son clair ouvrant la voie à une flûte et une guitare acoustique. Le gros riff ne se fait pas attendre. Le chant se pose harmonieusement sur le couplet mais c’est le refrain avec ses envolées pleines de lyrisme transcendées par des nappes de claviers qui incarne la quintessence de ce morceau. Plus tard, une texture arabisante entrecoupée de séquences vocales planantes du meilleur effet vient colorer l’écoute. Le titre se termine en apothéose par la récurrence du thème principal (un des thèmes serait plus juste) venant mourir sur quelques accords de Hammond.

Sur la seule piste instrumentale de l’album, «Blocked », plane encore l’esprit de l’arbre à porc-épic. Un riff est répété de manière récurrente laissant la guitare électrique en son saturée, puis en son clair, ainsi que l’orgue s’exprimer. Rien de particulier à noter dans cette courte plage instrumentale assez aérée et de bonne facture avant d’attaquer les deux derniers morceaux de l’album.

C’est Daniel Gildenlow qui fait son apparition sur « The Sum Of Damage Done ». Le chant est quelque peu trafiqué et on se demande si c’est bien Daniel qui débute au chant. Ce n’est que lors du refrain très mélodieux que l’on reconnaît les poussées aiguës caractéristiques du suédois. La seconde partie du morceau est bien plus atmosphérique et Daniel se fait mieux entendre, même si celui-ci reste sur une certaine réserve qui peut frustrer l’auditeur. L’extraordinaire voix de Gildenlow n’est pas suffisamment mise en valeur dans cette séquence pourtant ouverte aux démonstrations. La même architecture atmosphérique vient finir la chanson mais avec une énergie impulsée par un interlude très puissant. Encore une fois, les près de dix minutes de ce morceau n’en paraissent que cinq car Omer Ephrat sait admirablement composer des musiques denses en leur insufflant une volatilité salvatrice.

«Real» quintessencie ce que Ephrat fait de mieux. Cette pièce progressive de près de 19 minutes est le point d’orgue d’un album qui ne nous a pas déçu ni ennuyer une seconde. Un florilège d’ambiances très diverses se succèdent allant d’une inspiration beatlesienne au piano, un pont que n’aurait pas renié Dream Theater agrémenté de clavier vintage ou une guitare acoustique en conversation avec une basse fine mais pertinente. La cohérence d’une telle œuvre peut surprendre l’oreille chétive par son baroquisme extrême. La réponse devient évidence à mi-morceau quand le riff principal est joué seul et que successivement viennent se greffer guitare acoustique, basse et nappes pour sublimer le tout dans une modulation aussi incontestable que géniale.

Le final est une frénésie lumineuse dans lequel l‘acmé de No One’s Words prend tout son sens.

L’exécution des musiciens est sans faille et reste un des principaux arguments de l’incroyable accessibilité de l’album. Tomer Z ne s’écarte pas de ses grooves très enlevés pratiqués sur Blackfield et, de la sorte, il n’étouffe jamais la musique avec un jeu qui aurait pu facilement tomber dans le piège du métal progressif. La guitare n’est jamais là pour se mettre en valeur dans quelques esbroufes que ce soit. Le chant de Lior Seker est assez neutre mais rempli son rôle sans faillir. La richesse musicale est parfaitement mixée par Steven Wilson et son empreinte est manifeste sur le rendu général de l’album.

No One’s Words n’est pas une œuvre de métal progressif de plus, car bien qu’empreinte de la plupart des codes que ce courant musical dicte, elle développe de nombreuses et brillantes idées.
Avec Amaseffer, Ephrat est le deuxième groupe israélien signé chez IO en quelques semaines et il est toujours intéressant d’entendre du métal progressif venant d’autres pays que les USA ou la Suède car, l’origine culturelle jouant un rôle cardinal dans l’inspiration, ces formations moyen-orientales soufflent un air bien novateur qui vient dépoussiérer un style par trop ankylosé.

Essayer de retranscrire ce que l’écoute de ce No One’s Words procure est une épreuve à laquelle je ne pensais pas avoir à souffrir. Malgré la complexité du disque, No One’s Words s’apprivoise très rapidement en deux ou trois fois. Il n’en faut pas plus pour se persuader que c’est un grand disque. Mais de nombreux passages dans votre platine seront nécessaires avant de pouvoir savourer réellement ce bijou. Il m'aura fallu plus d’une vingtaine d’écoutes avant que je puisse entrevoir une chronique digne de cette œuvre. Un des disques de métal progressif de l’année.


Plus d'information sur http://www.myspace.com/omerephrat



GROUPES PROCHES:
-

LISTE DES PISTES:
01. The Show 10:31
02. Haze 07:13
03. Better Than Anything 08:26
04. Blocked 04:55
05. The Sum Of Damage Done 09:36
06. Real 18:58

FORMATION:
Daniel Gildenlow (Pain of Salvation): Chant
Gili Rosenberg : Basse
Lior Seker : Chant
Omer Ephrat: Guitares / Claviers / Flute
Petronella Nettermalm (Paatos): Chant
Tomer Z: Batterie
   
(3) AVIS DES LECTEURS    
SAMOURAI666
12/03/2009
90
  0 0  
4/5
Un très bon moment à passer avec cet album. La première fois que j'ai écouté cet album, je l'ai remis au moins 5 fois, car je suis tombé sous leur charme. Cet album fait sans doute partie du (top 10) du progressif de l'année 2008. Merci à Ephrat.
YESBEARD
10/11/2008
65
  0 0  
4/5
Excellent album.
Les musiques s'enchainent sans que l'on se rende compte du temps qui passe.
Steve Wilson est bien présent au mixage très Porcupine Tree.
Un album bien sous tout rapport.
A aller acheter sans soucis.

TONYB
06/09/2008
  0 0  
2/5
Pas convaincu plus que cela par la musique de ce groupe, pourtant porté aux nues par son label.
Question inspiration, on se situe à des années lumière de leurs compatriotes d'Amaseffer, et Ephrat nous produit certes un album de metal-prog de bon niveau, servi par des instrumentistes et interprêtes de top-niveau, mais finalement pas très passionnant.

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LECTEURS:
4/5 (4 avis)
STAFF:
3.5/5 (8 avis)
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