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GROUPE/AUTEUR:

ORPLID

(ALLEMAGNE)

TITRE:
GREIFENHERZ (2008)
LABEL:
PROPHECY
GENRE:
METAL INDUSTRIEL

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PLATYPUS - 24.11.2008 - (0) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
3/5
Il existe certains disques qui mettent le chroniqueur mal à l’aise. « Greifenherz », nouvel album du groupe Orplid, duo allemand évoluant dans la sphère aux frontières plutôt poreuses de la musique post-industrielle, est de ceux-ci. En effet, son originalité surprenante incite à lui rendre un réel hommage critique, qu’il mérite assurément ; mais la réalisation n’étant pas toujours à la hauteur de ce que pouvait laisser espérer la démarche, il n’est pas possible de se prononcer de manière globalement positive. Tension donc, dont nous allons essayer de rendre compte ici.

Cette démarche d’abord. Frank Machau, qui assure seul l’ensemble des parties instrumentales, a composé autour des textes – et de la voix – de son comparse Uwe Nolte un univers sonore singulier, assez éloigné de celui, métal néofolk, des albums précédents. L'atmosphère est froide, aride, et dégage une sorte de mélancolie au-delà des sentiments, neutralité émotionnelle d’où naît justement l’émotion. La voix claire mais légèrement gutturale, parlée/chantée, de Nolte, n’en ressort que mieux sur cette toile de fond dépouillée, minimaliste et lyrique à la fois. L’absence de titres pour trois des quatorze morceaux qui composent l’album, pour anecdotique que cela puisse sembler, renforce encore l’originalité de la structure, puisqu’ils marquent en fait la présence de trois instrumentaux permettant l’accentuation d’un radicalisme à chercher dans l’apaisement et la force des arrangements symphoniques, sur rythmiques indus amples et lentes. Apparaît d’ailleurs dans "…" la voix chaude et limpide de Sandra Fink, parenthèse cristalline fort bienvenue, que l’on retrouve par ailleurs dans "Totenesche", morceau plus angoissant avec son ostinato en dead notes (guitare) et la scansion du piano, entre vastes accords plaqués et égrènement vicieux de quelques notes tout aussi oppressantes. A noter enfin la mise en musique de poèmes de Frank Wedekind ("Der Anarchist"), dramaturge et chef de file de l’expressionnisme allemand, engagé dans la contestation de la société bourgeoise et des tabous sexuels, et de Rolf Schilling ("Luzifer", "Gesang An Den Horusfalken").

Alternance constante de mélodies intimistes portées par un souffle épique, au sein même d’arrangements minimalistes, et de compositions plus emphatiques et progressives, symphoniques par instants, qui donne à cet album un caractère tout particulier, entre musique de film et constructions post-industrielles à base de samples et boîte à rythmes décalées. C’est bien cette double entrée, associée à de multiples surprises, notamment concernant l’instrumentation (xylophone sur "Myrmidonenklage", faisant face à une rythmique lourde et agressive portée par les cordes et des effets sonores proches du scratch) qui fait l’originalité du disque. Mais comme souvent dans les compositions axées sur la création d’ambiances, la monotonie et l’uniformité ne sont jamais bien loin. Une monotonie inhérente sans doute au parti pris conceptuel auquel répond cet album, mais que la réalisation n’a pas su efficacement neutraliser, ou mieux encore, sublimer pour en faire un des éléments fondateurs et structurants de ce « Greifenherz ». A la différence du doom par exemple, dont l’aspect hypnotique et oppressant est accentué à dessein et finit par définir le style, la musique d’Orplid ne parvient pas à atteindre la cohérence stylistique qui ferait du groupe, et de l’album, les maîtres d’œuvre d’un renouvellement musical. Un tel horizon d’attente peut paraître bien exigeant, mais il me semble que c’est ce que la démarche poursuivie induisait implicitement.

Aussi avons-nous affaire à un « Greifenherz » de bonne qualité, surprenant souvent, mais qui se perd parfois dans la redite, voire l’uniformité, une uniformité malheureusement non voulue, puisqu’elle se repère au sein même des diverses expérimentations testées par le groupe. Un album plaisant à écouter donc, mais que la lassitude finit vite par rattraper. Dommage, car tous les ingrédients étaient réunis pour produire une très bonne œuvre. Il ne manque plus qu’une certaine maîtrise de la diversité, qui permettrait à Orplid de composer des morceaux dans lesquels l’effet de surprise – associé à la charge émotionnelle – serait condition et produit d’un renouvellement perpétuel.

Plus d'information sur http://www.orplid.de/



GROUPES PROCHES:
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LISTE DES PISTES:
01. Falken-eid I - 01:21
02. Luzifer - 05:55
03. Schwertgesang - 03:07
04. ... - 03:06
05. Totenesche - 03:50
06. Myrmidonenklage - 04:17
07. Des Sperbers Geheimnis 04:43
08. ... - 03:38
09. Schlaf Im Mohn - 05:45
10. Traum Von Blashyrkh - 05:34
11. ... - 01:25
12. Der Anarchist - 02:31
13. Gesang An Den Horusfalken - 04:13
14. Falken-eid Ii - 04:45


FORMATION:
Frank Machau: tous instruments
Sandra Fink: Chant
Uwe Nolte: Chant / textes


TAGS:
Chant grave, Epique, Planant, Mélancolique, Romantique
 
 
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