ARTISTE:

RESISTOR

(ETATS UNIS)
TITRE:

RESISTOR

(2008)
LABEL:

AUTOPRODUCTION

GENRE:

ROCK PROGRESSIF

TAGS:
Intimiste, Mélancolique, Old School
""
MIKSTIC (14.11.2008)  
3/5
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A la manière de l’arbre qui cache la forêt, Resistor cache Steve Unruh, un artiste originaire de Rhode Island qui, assez discrètement mais avec une relative efficacité se la joue solo depuis déjà plus de 10 ans, parallèlement à sa principale activité et son gagne pain dans une usine de jouets.

Steven est un passionné. Ses albums solos le prouvent, ses influences musicales qui vont de YES à U2 en passant par John Coltrane et King Crimson le prouvent aussi, et sa gargantuesque mélomanie ne fait qu’enfoncer le clou. Touche à tout, il joue de la guitare, bien sûr, mais également de la flûte, du violon, de la corde vocale, il compose, produit, joue live dans des églises, bref il « mange, boit, dort musique ».

Cet artiste accompli est comme des milliers d’autres un talentueux inconnu ou presque, touché par la grâce du Folk, du Celtique et d’une manière plus générale du Progressif des années 70 et qui croit autant à sa musique qu’il croit en Dieu . Ses compagnons dans cette aventure sont comme lui de bons musiciens, certains bossent avec lui pour gagner leur croûte, et chacun d’entre eux à la même passion dévorante pour la musique. C’est une belle histoire, comme on les aime aux Etats unis, et elle ressemble à toutes les autres. D’une banalité déconcertante et pourtant d’une attachante mélancolie; c’est de tout cela que s’inspire Resistor.

La Vie, la Mort, la Croyance, l'ambiguité des Sentiments, chacune des compositions de cet album reflète ce que les musiciens vivent et pensent au quotidien. Le groupe ayant déjà joué "live" dans une église on pourrait presque parler de prosélytisme, mais convictions mises à part, c’est de musique qu’il s’agit, non de discours. Tout est en demi teinte dans cet album. A priori très éloigné des efforts solos du multi instrumentiste, Resistor est le résultat d’un travail commun où chacun a eu son mot à dire.

Alternant tempos lents, riffs agressifs, titres chantés et envolées instrumentales, chaque composition se veut différente de la précédente. L’album débute avec "Reincarnation", un titre saturé, toutes guitares en avant sur des couplets savamment contrebalancés par un langoureux refrain. Ce titre aurait pu être celui de l’album pour plusieurs raisons: sa signification et sa symbolique bien sûr, mais aussi la diversité des émotions qu’il suscite. La mélancolie se mêle au cynisme dans la plupart des titres qui suivent, et si le chant y est pour beaucoup, il n’est pas le seul responsable. Les deux instrumentales par exemple sont différentes dans leur structure mais similaires dans leur message. Chacune d’entre elle renvoie à une palette d'émotions: "222" n’offre pas de technicité particulière mais la guitare electro-acoustique et le tempo bluesy invite au repos, à la dolce Vita, à la reflexion. A contrario "Moondog" est son parfait opposé, elle transgresse les règles, joue la carte du progressif destructuré, du son saturé, de l’agression sonore, son écoute en serait presque désagréable à la longue, frustrante.

Ce coté très intimiste jongle avec les influences clairement affichée, dans les titres et dans l’orchestration. Ce n'est pas un hasard si l’utilisation de la flûte et du violon est assez fréquente, voire omniprésente dans "Jethro Fran" par exemple. Resistor joue souvent sur la contradiction... Les ambiances feutrées de "Fair to say" et "Waiting to believe" évoquent la fumée des cigares flottant sur les ampoules tamisées d’un club privé, et contrastent avec le cynisme et la tonicité de "As of yesteday", titre davantage rock n’ roll et moins policé qu'il n'y paraît.

Comme tout bon album de prog qui se respecte, Resistor a SA chanson-phare, "Restless angel", qui durant 12 minutes alterne mélancolie passive et rage primaire pour un résultat plutôt froid dans le premier tiers, et plus hypnotique dans le dernier tiers. J’entends par là un duo violon-voix assez singulier et scotchant sur la fin de la chanson. Dommage qu’il faille attendre 10 minutes et subir de trop longues Odes à la tristesse pour en arriver là…

Plus qu’un groupe, ce sont des artistes indépendants qu’il faut découvrir derrière cet album. Le batteur est très inspiré et s’éclate souvent à travers une partition variée, éclectique parfois même anarchique. Le chant, les guitares, la basse sont tous à l’honneur, même s’ils ne couvrent pas à eux seuls les défauts inhérents à une production indépendante, donc modeste, et à une écriture parfois pompeuse ou moralisatrice. Reste un talent un peu en marge à découvrir, noyé dans la masse et qui mériterait un petit coup de pouce... Comme bien d'autres me direz vous...


Plus d'information sur http://www.steveunruh.com/resistor.html





LISTE DES PISTES:
01. Reincarnation - 5:50
02. Jethro Fran - 3:47
03. Restless Angel - 11:46
04. Fair To Say - 6:21
05. As Of Yesterday - 3:43
06. 222 - 5:52
07. Moondog - 7:00
08. Waiting to believe

FORMATION:
Barry Farrand: Chant / Batterie
Fran Turner: Guitares
Rob Winslow: Basse
Steve Unruh: Chant / Guitares / flûte, violon
   
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