ARTISTE:

PILEDRIVER (FR)

(FRANCE)
TITRE:

MOJO HAND

(2008)
LABEL:

BRENNUS

GENRE:

HARD ROCK

TAGS:
FM, Groovy, Old School
""
NIURK (15.05.2009)  
4/5
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La France n’est pas rock’n’roll. C’est un constat cruel mais qui puise son origine dans une réalité irrévocable : au royaume de l’électricité et de la distorsion, bien peu de groupes français seront parvenus à émerger, moins encore à se faire connaître sur la scène internationale. A qui jeter la pierre ? A la culture nationale trop pantouflarde et conservatrice ? Aux majors qui ont peut-être (sans doute) refusé de promouvoir des dizaines de groupes se pressant à leur porte ? Aux groupes eux-mêmes, de qualité trop moyenne ? Peu importe, le constat est là : la France n’est pas rock’n’roll.

Il faut toutefois se méfier des grands jugements faits à l’emporte-pièce : ce n’est pas parce que ça ne se voit pas clairement et que ça ne s’entend pas distinctement, que ça n’existe pas. C’est précisément là qu’intervient Piledriver, groupe originaire du Limousin proposant un Hard-Boogie convaincu et convaincant, puisant ses sources chez ses illustres aînés que sont AC/DC, Status Quo, ZZ Top ou Deep Purple. Et autant le dire tout de suite, si la France n’est pas rock’n’roll, Piledriver l’est !

L’album s’ouvre sur un « Never Gonna Change » prenant et parfaitement maîtrisé, le titre lui-même débutant par quelques secondes qui ne sont pas sans rappeler des sonorités typées Black Sabbath, avant de poursuivre sur un riff typiquement Hard-Boogie, direct et groovy en diable. On est alors frappé par la qualité de la production, la basse étant particulièrement mise en avant, la batterie bénéficiant d’un bon traitement, la voix se révélant équilibrée et les guitares tout à fait balancées, bien que manquant peut-être d’un peu de puissance. La voix quant à elle est claire, nuancée, ne souffrant que de légères approximations sur ses accents anglophones. Après un bon solo, carré et efficace, l’on s’achemine vers le titre éponyme.

« Mojo Hand » se révèle un mid-tempo agréable, et bien que figurant dans les titres les plus longs de l’album, il conserve assez d’énergie pour ne pas lasser. « Catch Your Own Wave » le talonne de près et constitue l’un des temps fort du disque avec son riff et son refrain accrocheurs, sa rythmique carrée et à nouveau un solo de très bonne tenue. A peine conclu, voici que se profile « Trash Can Town », brulot hard-blues que ne renierait pas AC/DC.

Le groupe aborde alors de façon détournée et à l’occasion d’un nouveau mid-tempo l’exercice de la power-ballade : « Misty Morning » développe ainsi sa trame sous couvert d’influences made in Deep Purple. Malgré une petite baisse de rythme, la composition recèle de belles qualités et reste très agréable. Pour ceux qui auraient cru à cet instant que tout avait été dit, se préparant à une seconde partie anecdotique, Piledriver vient mettre deux baffes avec son « Mystery Tune » instrumental, aux atours funky et toujours hard-rock. Oubliez ainsi tout ce qui a pu être dit sur la puissance des guitares qui abattent ici un travail remarquable !

« Let It Flow », véritable ballade de cet album, fait résonner ses premières notes, reposant principalement sur d’apaisants accords acoustiques, et faisant entendre une voix féminine remarquable de justesse et de sensibilité. « How Could I Hide ? » repart en trombe et l’on se voit à nouveau contraint, pour notre plus grand plaisir, de reconnaître que le titre est de très bonne tenue ! Mais ce sont les deux derniers morceaux qui achèveront de convaincre même les plus récalcitrants. « One Night Stand » explose, porté par une voix plus éraillée et profonde, des soli éclairs jouissifs, une cadence infernale et un refrain l’érigeant comme hymne de l’œuvre.

Arrivant au bout de cette route 66, l’instrumental « Mirage » fait défiler sous nos yeux le générique de fin en même temps qu’une nouvelle démonstration éclatante des talents mélodiques du trio. Une dernière minute acoustique en titre caché et le tour est joué !

La preuve par 10 vient d’être faite : Piledriver est rock’n’roll ! Il l’est même avec une sacrée bonne dose de talent et de passion communicative. Évidemment, le groupe ne révolutionne pas le genre, mais il lui rend là un hommage vibrant, particulièrement bien exécuté et touchant d’authenticité. Alors si après un album comme celui-ci la France n’est pas un peu plus rock’n’roll, ce sera bel et bien son erreur, pas celle du groupe auquel on souhaite de garder la même sincérité.


Plus d'information sur http://www.myspace.com/piledriversinger





LISTE DES PISTES:
01. Never Gonna Change - 03:33
02. Mojo Hand - 04:59
03. Catch Your Own Wave - 03:55
04. Trash Can Town - 03:04
05. Misty Morning - 03:28
06. Mystery Tune - 03:29
07. Let It Flow - 03:54
08. How Could I Hide ? - 03:43
09. One Night Stand - 03:37
10. Mirage - 06:08

FORMATION:
Denis Sarrazin: Batterie
François Berry: Chant / Basse
Janeck Dzugan: Guitares
   
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