GROUPE/AUTEUR:

MEGADETH

(ETATS UNIS)

TITRE:
PEACE SELLS... BUT WHO'S BUYING ? (1986)
LABEL:
CAPITOL
GENRE:
THRASH

""
NIURK - 26.05.2009 - (1) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
5/5
Il y avait eu 1969, l’année érotique. Il y eut 1986 : l’année Thrash ! Imaginez, la même année sortaient "Master Of Puppets" de Metallica, "Reign In Blood" de Slayer et ce "Peace Sells… But Who’s Buying" de Megadeth. Et si les deux premiers étaient déjà confortablement installés dans leurs fauteuils du Big Four of Thrash, en compagnie d’Anthrax, Dave Mustaine venait tout juste de franchir la porte. Ce qui saute alors aux oreilles, c’est la façon bien distincte dont ces trois œuvres ont apporté au genre ses lettres de noblesse : de manière plus heavy et mélodique chez Metallica, avec une sauvagerie sans limite et jamais égalée chez Slayer, en mettant l’accent sur la technicité et les structures chez Megadeth.

Mais comme nous le signalions quelques lignes plus haut, bien plus qu’une année faste pour tout un style, ce fut l’année de la révélation pour Dave. En seulement 35 minutes, le fougueux rouquin avait fait exploser la totalité de son talent, balayant d’un revers de la main toutes les approximations de son premier essai, à commencer par une production jusque là indigne. Le son a en effet bénéficié d’une attention toute particulière sur cet album, le groupe changeant de label en cours de route, lassé par le manque de moyens mis à sa disposition. Ainsi, alors que chaque son semblait venir d’une galaxie lointaine, très lointaine, "Peace Sells" sonne brillamment et bruyamment !

Bien sûr, Jean-Pierre François même enregistré en 5.1 avec un son HD reste cet obscur ex-joueur de foot nous déclamant « Je Te Survivrais » sur la plage. A l’inverse, Mozart enregistré au fond d’une grotte reste Mozart (je sais : Mozart ne s’enregistrait pas !). Tout cela pour dire que sans compositions inspirées, point d’œuvre géniale. Or ne vous méprenez pas, vous tenez là entre vos mains une œuvre génialement génial, et il n’y a pas à chercher bien loin pour s’en persuader ne serait ce que par l’introduction tonitruante de « Wake Up Dead » faisant claquer sa basse, matraquant ses fûts et délivrant ses premiers soli torturés.

Les riffs s’enchaînent, la tension monte, il ne reste de la batterie que les copeaux de bois des baguettes jonchant le sol. Les hurlements écorchés de Dave entrent même en parfaite adéquation avec ce chaos maîtrisé, un ultime break ouvre sur un déluge de soli sur fond de riff syncopé et le tout laisse vos tympans dispersés aux quatre coins de la pièce… Et ce n’est que le premier titre ! Or nous n’avons pas parlé d’un morceau de légende, mais de tout un album.

« The Conjuring » confirme l’excellente première impression en venant matraquer son propos avec conviction à grand renfort de riffs hypnotiques aigus ou de rythmiques martiales plus graves. Encore une fois ce qui surprend le plus est la maîtrise dégagée par les structures des morceaux. Là où tout était brouillon et chaotique sur "Killing Is My Business", chaque développement aussi court soit-il fait ici partie d’un tout parfaitement pensé et exécuté. L’exemple le plus frappant vient sans doute du hit absolu de cet album : « Peace Sells ». Résolument plus posé et groovy sur sa première partie, le titre s’achemine lentement vers un crescendo alimenté par des soli à nouveau mémorables et un refrain repris sans jamais vouloir s’arrêter.

« Devil’s Island » frappe à nouveau un coup immense, s’ouvrant sur des guitares torturées et virtuoses, venant asseoir son propos sur un riff de basse du fidèle Ellefson déjà surnommé « Junior », et laissant éclater riffs et soli en seconde partie d’un parcours à nouveau réussi. Avec « Good Morning, Black Friday », on pense s’acheminer vers la première ballade du groupe, Dave démontrant ici de grandes qualités mélodique sur des développements acoustiques équilibrés et non dépourvus d’une grande sensibilité, avant de laisser exploser des développements thrash jouissifs.

« Bad Omen » reprend les mêmes ingrédients : introduction mystérieuse et sombre, puis déchaînement thrash, le tout agrémenté d’un break radical avant une dernière salve de riffs imparables. « I Ain’t Superstitious » prend son envol dans une mouvance plus rock’n’roll, venant prouver si besoin est qu’au royaume de la technique le feeling est toujours le roi ! « My Last Words » lance ses dernières forces pour l’ultime bataille, et c’est une perle de plus entre sens mélodique et débauche de riffs endiablés.

Cet album n’est pas seulement un grand album pour Mustaine et sa troupe, c’est une œuvre indispensable pour la postérité du Thrash. Ayant réussi l’alliance parfaite entre technique, rage et mélodie, il permet à Megadeth de prendre place au sommet de l’Olympe du genre pour ne pas en redescendre de sitôt. A posséder absolument... Tout comme le Best-Of de Jean-Pierre François... ou Mozart !

Plus d'information sur http://www.megadeth.com/



GROUPES PROCHES:
DEATH ANGEL, ARMORED SAINT, VICIOUS RUMORS, SLAYER, METALLICA, IRON MAIDEN, FORBIDDEN, BLACK SABBATH, FALLEN ANGEL, RED LAMB

LISTE DES PISTES:
01. Wake Up Dead - 03:37
02. The Conjuring - 05:04
03. Peace Sells - 04:04
04. Devil's Island - 05:06
05. Good Mourning/black Friday - 06:42
06. Bad Omen - 04:05
07. I Ain't Superstitious - 02:46
08. My Last Words - 04:49


FORMATION:
Chris Poland: Guitares
Dave Mustaine: Chant / Guitares
David Ellefson: Basse
Gar Samuelson: Batterie


TAGS:
Chant éraillé, Raw, Technique
 
 
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NESTOR - 26/05/2009 -
0 0
4/5
Après un départ d'un Metallica alors quasi inconnu et un premier album très brouillon, Dave Mustain décide de montrer au monde entier à quel point il est un guitariste génial à la technique époustouflante.
De fait, "Peace sells..." tient pour beaucoup de la démonstration guitaristique.
Mais là ou un Vinnie Vincent en fait des tonnes au risque de parraître ridicule, Mustain a le bon goût de présenter des titres accrocheurs, bien construits et assez novateurs (pour l'époque).
L'ensemble est très sombre et marque le début de l'époque dorée de Megadeth. Ce dernier délaissant par la suite cette tonalité sombre pour évoluer vers des horizons plus Heavy mais tout aussi jouissifs.

De l'hymne "Peace sells..." jusqu'à l'allienant "Devils Island", il n'y a pas grand chose a reprocher à ce disque qui marque la verritable naissance de Megadeth.

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