GROUPE/AUTEUR:

MEGADETH

(ETATS UNIS)

TITRE:
RUST IN PEACE (1990)
LABEL:
CAPITOL
GENRE:
THRASH

""
NIURK - 28.05.2009 - (2) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
5/5
Attention chef-d’œuvre ! 1990 est une année plutôt normale pour Dave Mustaine, leader et tête pensante de Megadeth : il sort tout juste de sa première désintoxication pour tenter de mettre fin à son alcoolisme, il a viré sans ménagements les deux dernières recrues présentes sur son précédent album, Jeff Young et Chuck Behler, et s’apprête à enregistrer le nouveau avec une équipe encore remaniée.

Rien de très nouveau sous le soleil pourrait-on penser, sauf que cette fois-ci les nouveaux venus ne sont pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du batteur Nick Menza et de Marty Friedman à la 6 cordes. Ce dernier a déjà une belle réputation de virtuose acquise chez Vixen, Hawaii ou Cacophony dans lequel il côtoyait le non moins redoutable Jason Becker. Il semblerait donc sur le papier que Dave soit parvenu à réunir la Dream Team, les années suivantes venant en effet le confirmer puisque pour la première fois le line-up sera stable pendant plus d’un an.

Et en effet, pour le Thrash et pour la musique en général, Mustaine et sa bande étaient en passe d’accoucher d’un chef-d’œuvre, une pièce maîtresse devant à jamais symboliser l’acmé artistique du groupe, et donc celle de son leader, puisque c’est seul qu'il signera toutes les paroles et musiques à l’exception de « Dawn Patrol » composée par Ellefson.

Les hostilités s’ouvrent avec un morceau d’anthologie : le complexe et rageur « Holy Wars… The Punishment Due ». Véritable morceau pluriel, il débute par une avalanche de riffs en saccades avant que n’explose la rythmique basse / batterie impériale et infaillible de Menza et Ellefson. Un break aux accents hispaniques vient clôturer cette première partie tandis qu’une seconde s’ouvre déjà sur un riff plus lourd, plus grave, typé Heavy Métal. Les soli s’enchaînent avant qu’un nouveau changement de rythme fasse place nette pour un déluge final de soli plaqués sur un riff imparable, le tout couronné par les éclats de voix de Mustaine.

Mais un excellent titre ne suffit pas à atteindre l’exceptionnel, il fallait enchaîner les hymnes pour entrer dans l’histoire, ce que « Hangar 18 » a bien compris. Le titre attaque d’emblée par un riff anthologique pour enchaîner sur un second motif tout aussi efficace. Les soli fusent de toutes parts, et l’on entend déjà les cris de la foule venir se greffer sur les modulations saisissantes des couplets. A nouveau le titre bascule sans crier gare à mi-parcours vers un duel au sommet entre un Mustaine et un Friedman en état de grâce. Les deux hommes poussent l’exercice jusqu’aux limites du possible, sans jamais créer chez l’auditeur une quelconque lassitude, les salves du duo Menza / Ellefson venant nous porter le coup de grâce.

A peine pensiez-vous pouvoir poser pied à terre que « Take No Prisoners » vous attrape au vol, vous propulsant à nouveau aux quatre coins de la pièce sans s’embarrasser de développements alambiqués mais en gardant un niveau technique purement époustouflant. « Five Magic » continue le matraquage en ménageant une accalmie salvatrice mais trompeuse, se concluant dans un final orgiastique. « Poison Was The Cure » durcit encore un peu plus le ton en faisant la part belle à une basse impeccable de groove et de feeling. Le phrasé de Mustaine n’est par ailleurs pas sans rappeler ici les premières heures punk de la formation.

« Lucretia » propose une structure plus accessible, reposant sur un riff au tempo plus lent et un chant de Dave plus modulé (oui, vous ne rêvez pas, je viens bien d’utiliser les termes « Dave », « Chant » et « Modulé » dans la même phrase !). Le solo lui-même défile à une vitesse plus humaine et fait l’étalage des talents mélodiques de nos Américains. Mais en matière de mélodie accrocheuse et de solo, « Tornado Of Souls » vient encore relever d’un cran le niveau : optant pour une structure couplet / refrain absolument irrésistible, le titre s’achemine vers l’un des plus beaux solo de notre rouquin thrash. « Dawn Patrol » se meut en interlude oppressant, distillant au passage son manifeste pour l’environnement sur une trame de basse. « Rust In Peace… Peace » parachève l’œuvre, ajoutant un dernier joyau sombre et direct à la couronne.

Metallica a eu son "Master Of Puppets", Megadeth aura eu son Rust In Peace ! Dave Mustaine prend ici la plus belle des revanches, celle artistique, et se hisse au Panthéon des légendes du Thrash, et de la musique en générale. Car oui, il ne s’agit pas ici d’un simple album rapide, violent et vindicatif comme tant savent (mal !) les faire, mais bien plus d’une œuvre maîtrisée, complète et complexe, qui sait se révéler et dévoiler ses subtilités à qui lui prête attention : la marque des Grands !

Plus d'information sur http://www.megadeth.com/



GROUPES PROCHES:
ANNIHILATOR, FORBIDDEN, SLAYER, ARMORED SAINT, BLACK SABBATH, SCORNFORGER, METAL CHURCH, METALLICA, FLOTSAM AND JETSAM, RED LAMB

LISTE DES PISTES:
01. Holy Wars... The Punishment Due - 06:32
02. Hangar 18 - 05:14
03. Take No Prisoners - 03:26
04. Five Magics - 05:40
05. Poison Was The Cure - 02:56
06. Lucretia - 03:56
07. Tornado Of Souls - 05:19
08. Dawn Patrol - 01:51
09. Rust In Peace... Polaris - 05:44


FORMATION:
Dave Mustaine: Chant / Guitares
David Ellefson: Basse
Marty Friedman: Guitares
Nick Menza: Batterie


TAGS:
Chant éraillé, Raw, Technique
 
 
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SHAKA - 23/10/2017 -
0 0
5/5
Cet album sorti en 1990 est un tournant important dans la carrière de MEGADETH, puisque nous assistons à l’arrivée de Marty Friedman à la guitare et de Nick Menza à la batterie. Ce line-up va être stable pendant toutes les 90’s et permettre à MEGADETH de gagner en cohésion et en reconnaissance, ce qui culminera en 1994 avec l’album « Youthanasia », album, typique de Heavy, manquant certes de hargne, mais comportant de très bonnes chansons et une production remarquable.
Pour en revenir à ce « Rust in Peace », le première chose qui frappe, c’est l’efficacité des passages instrumentaux qui ne font vraiment pas dans la dentelle. Quel déluge de guitare rythmique ! Le début du premier morceau (« Holy Wars... the Punishment Due ») est un modèle du genre. Ensuite, l’arrivée de Marty Friedman à la guitare lead dynamite, avec ses soli de cinglé, les rythmiques déjà efficaces présentes sur les albums précédents de MEGADETH. La fin de « Hangar 18 » est en tous points remarquable et quand on l’écoute, on se demande bien quand ils vont s’arrêter ! Enfin, la production de l’album est bien moins crue que celle des trois galettes précédentes et pour cela on peut remercier Max Norman (qui sera reconduit pour « Countdown to Extinction » et « Youthanasia ») et Mike Clink (producteur aussi de GUNS N’ ROSES).
Sur cet album, on retrouve trois grands classiques de MEGADETH :
- « Holy Wars... the Punishment Due », qui ouvre les hostilités de fort belle manière, avec une longue intro syncopée et une fin tonitruante.
- « Hangar 18 », avec sa terrible fin qui n’en finit pas. A noter qu’en 2001, Dave Mustaine a donné une suite à ce morceau sur « The World Needs a Hero », intitulé tout simplement « Return to the Hangar ».
- « Tornado of Souls », et son refrain entêtant, sur un rythme assez rapide, soutenu par la voix de Dave Mustaine, que j’adore... même si beaucoup l’accusent de chanter « comme un canard ».
Mais, il ne faut pas oublier les autres chansons. Avec « Take no Prisoners », nous sommes en plein dans le gros Thrash qui tache, le tout avec des paroles qui ne font pas dans la finesse. « Five Magics » et son intro inquiétante à la basse (très présente en règle générale sur l’ensemble du disque) qui se poursuit dans un déluge de décibels est également culte. « Poison was the Cure » est certainement le morceau le plus « classique », assez court sur un rythme très rapide, pas très original mais efficace. « Lucretia » est assez proche de « Tornado of Souls » avec son refrain accrocheur. « Rust in Peace... Polaris », qui conclue l’album, est du MEGADETH typique, avec une fin tonitruante assassine. Au rayon des curiosités, nous pouvons noter le court « Dawn Patrol », qui se veut inquiétant avec simplement un rythme lancinant basse/batterie et une voix posée, presque parlée.
Bref, tout cela pour dire que cet album est une pierre angulaire du Speed/Thrash américain. 27 ans après sa sortie, l’écouter est toujours un plaisir non dissimulé. On a souvent accusé MEGADETH de copier METALLICA. A l’écoute de cet album, même si on peut noter quelques similitudes, elles sont loin d’être flagrantes et MEGADETH développait très largement son propre style et sa propre identité. Je me souviendrai toujours le sentiment que j’avais eu lors de ma première écoute de « Rust in Peace » : un sentiment d’admiration et le fait de ne pas en croire mes oreilles devant cette tornade de riffs. MEGADETH a marqué à jamais toute une génération de Metalleux, votre serviteur en fait partie. Merci Dave Mustaine. Population loves MEGADETH !

HIZIA - 20/05/2012 -
0 0
5/5
En trois mots : fantastique, puissant et indémodable ! Un album comme on en voit qu'une poignée par décennies, mais surtout l'album de 'Holy Wars', le chef-d'œuvre de Dave Mustaine et ses potes.
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