GROUPE/AUTEUR:

THE MURDER OF MY SWEET

(SUÈDE)

TITRE:
DIVANITY (2010)
LABEL:
FRONTIERS RECORDS
GENRE:
METAL GOTHIQUE

"Proche d'Evanescence ou même de Within Temptation, "Divanity" est un album hautement recommandable et de très bonne qualité."
MARC M - 29.01.2010 - (1) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
4/5
Certains se rappellent peut-être du nom de Daniel Flores, batteur, claviériste et compositeur principal du groupe Mind's Eye ? Ces derniers sont en stand-by et, dans un genre assez différent, The Murder Of My Sweet est le nouveau projet de Daniel, réalisé avec la complicité du guitariste et ami Daniel Palmqvist, du vieux compère de Mind's Eye Johan Niemann (qui s'est retiré depuis l'enregistrement) et surtout d'une nouvelle venue, la jeune chanteuse Angelica Rylin, qui débute ainsi sa carrière musicale ! Daniel Flores s'en tient cette fois plutôt à la batterie et a co-signé tous les morceaux avec Angelica. C'est le claviériste Andreas Lindhal qui complète la formation et on peut dire qu'il se taille la part du lion tant les synthétiseurs et claviers divers sont importants dans les arrangements symphoniques du groupe. On a l'impression d'entendre un véritable orchestre sur la plupart des morceaux !

"Divanity" sera sans aucun doute comparé, avec plus que de raison, à des productions de tel ou tel groupe de metal plus ou moins gothique à chanteuse, et notamment à Evanescence et Within Temptation. Daniel lui-même déclare ne pas être particulièrement influencé par ces deux formations et il est vrai qu'une écoute attentive révèle des différences notables. En fait, s'il y a des points communs, c'est surtout à cause du chant féminin et de la tonalité relativement sombre des mélodies ainsi que de l'utilisation de quelques boucles électroniques et d'une certaine emphase couplée au style metal. Les textes et la musique sont en fait inspirés par les films noirs des années 50 entre autres, un genre que Flores et Rylin affectionnent tous les deux particulièrement, ce qui a donné naissance au concept de l'album. "The murder of my sweet" est une expression extraite de l'un des films fétiches du batteur Suédois.

La voix d'Angelica Rylin est claire, aussi puissante que juste et passionnée mais assez différente de celles des groupes précités car elle se situe plutôt dans un registre médium, voire grave. Pas de registre d'opéra non plus, Rylin est une chanteuse rock, et ce n'est pas plus mal. Angelica n'abuse pas des effets, à la différence de nombre d'autres vocalistes du genre et ce que vous entendez est réaliste, proche et remarquable. Les autres musiciens ajoutent quelques chœurs sur une bonne partie des morceaux.

Le répertoire semble au départ surtout basé sur les vocaux et les claviers avec la guitare rythmique plombée et la section rythmique jouant seulement un rôle d'accompagnement mais une écoute attentive révèle des différences notables suivant les titres, avec notamment des complexités rythmiques à peine décelables sur plusieurs morceaux, tant les mélodies sont accrocheuses. Sombres mais accrocheuses, oui. The Murder Of My Sweet ne fait pas non plus que dans les tonalités épiques et gothiques, même si des morceaux comme "Follow The rain" font trembler le sol avec leur rythme martelé et leur lourdeur évidente, néanmoins contrebalancée ici et là par quelques subtilités dans les chœurs. Flores affectionne aussi les rythmes assez saccadés, qui rappelleront aux connaisseurs notamment le dernier album de Mind's Eye en date, "A gentleman's hurricane", dont on retrouve des échos ici. Mais les morceaux de "Divanity" sont souvent plus ramassés, allant à l'essentiel avec un certain degré de sophistication. Et tout cela ne manque pas de pêche, c'est le moins que l'on puisse dire. L'auditeur pourrait même saturer un peu tant l'ensemble peut être tonitruant et puissant. "Bullet" et "Revolution" sont particulièrement épuisants par exemple, alors que "Kiss Of Death", "Storms Of The Sea" ou "Valerie" présentent des mélodies plus lyriques et entrainantes tout en conservant une trame rythmique très dynamique.

La production est très percutante, pas toujours d'une clarté optimale mais de bonne facture. On peut faire confiance à Flores à ce niveau. On appréciera une certaine variété de rythmes sur la longueur même si "Divanity" peut, au départ, paraître légèrement uniforme, mis à part le tout dernier morceau, sans conteste le plus original et le plus intéressant du disque. En fait, on pourra regretter l'absence de véritable partie instrumentale, du moindre solo de guitare ou de clavier, surtout quand on connaît le talent de virtuose de Daniel Palmqvist (auteur d'un très bon album instrumental en 2007 sur Lion Music, "A Landscape Made Of Dreams" sur lequel joue aussi Daniel Flores). Palmqvist joue tout juste 15 secondes de partie "lead" sur un titre, ce qui est relativement frustrant.

Le morceau de bravoure de l'album est la suite définitivement progressive "Death Of A Movie Star" qui est ouvertement inspirée par Queen, mais aussi le monde de la comédie musicale, façon "Phantom Of The Opera"... Le long morceau de plus de 7 minutes aux multiples sections, complété par des bruitages, comporte enfin des parties calmes, sans percussion et pas seulement des sections puissantes, tout en mettant en relief des chœurs magnifiques et d'une grande complexité, dignes du célébrissime quatuor anglais ou encore de Shadow Gallery. C'est dans cette pièce plus contrastée, définitivement romantique et symphonique que l'album atteint le sommet de ses capacités avec une certaine originalité.

"Divanity" un donc un album de très bonne qualité hautement recommandable. On ne peut qu'espérer que le groupe ne laissera pas le dernier morceau sans suite et saura évoluer dans cette direction en ajoutant davantage de variété dans ses rythmes au fil des morceaux et surtout plus de parties calmes. Des pistes pour marquer plus profondément les mélomanes amateurs de rock et de metal progressif un peu blasés comme votre serviteur. Mais il y a déjà largement de quoi se réjouir avec ce premier effort empli de bonnes mélodies !

Plus d'information sur http://themurderofmysweet.com/



GROUPES PROCHES:
LANA LANE, MIND'S EYE

LISTE DES PISTES:
01. No Evil (4:03)
02. Follow The Rain (4:39)
03. Bleed Me Dry (3:17)
04. Chemical Attraction (4:18)
05. Kiss Of Death (4:50)
06. One Bullet (3:57)
07. Tonight (3:03)
08. Storms Of The Sea (4:50)
09. Destiny (3:03)
10. Revolution (4:45)
11. Valerie (5:22)
12. Death Of A Movie Star (7:22)


FORMATION:
Andreas Lindahl: Claviers
Angelica Rylin: Chant
Daniel Flores: Batterie
Daniel Palmqvist: Guitares
Johan Niemann: Basse


TAGS:
Chant féminin, Epique, Lourde, Symphonique, Théatral
 
 
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LYNOTT - 29/01/2010 -
0 0
4/5
Je dois bien vous avouer chers lecteurs que lorsque j’ai accepté, sous la menace, de chroniquer le premier album de The Murder of my Sweet – « le meurtre de ma douce », quel drôle de nom, pourquoi pas « courant alternatif/courant continu » tant qu’on y est ! – c’est en traînant l’oreille que je me suis mis sous le « casque à bourrasques » et avec circonspection que j’ai saisi ma plume fétiche. Pensez donc, encore un groupe à chanteuse…merci Evanescence, depuis votre débarquement sur les plages musicales des radios bien-pensantes (et mal- chantantes), on n’a eu de cesse de voir éclore, tel les coquelicots dans les champs du même nom, des combos poussant vers le micro des créatures toujours girondes, souvent lyriques et rarement originales. Enfin…je suis un bon petit soldat, alors j’ai plié sous le diktat des généraux étoilés de MW, je me suis lancé…

…et depuis, je leur baise les pieds.

Hé bien oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai été emballé par ce « Divanity », premier opus de ce groupe que l’on doit à la boulimie artistique de Daniel Flores le batteur de Mind’s Eye (ingénieur et producteur à ses moments perdus). Le géniteur de The Murder of My Sweet a eu ici pour aspiration de « créer un groupe ouvertement rock et "noir" à la fois, avec des influences ciblées et plutôt étranges » pour reprendre ses termes. OK Daniel, alors éclaire un tantinet notre lanterne si tu le veux bien, quels groupes apprécies-tu et de quel cinéma t'es-tu entiché (patientez, je vais vous expliquer pourquoi le 7ème art est ici évoqué) ?

Cette question fondamentale trouvera écho dans notre prochaine parution (non, je plaisante, ce n’est pas dans les « Feux de l’Amour ici), en fait le jeune homme dit apprécier Ozzy, Ratt, 30 seconds to Mars, Dream Theater, Fates Warning et Rush (bonne pioche) et le cinéma noir époque « Casablanca » sans oublier celui de Tim Burton. Créer une musique « riche et visuelle » était sa volonté. Quant à Angelica, que dis-je, la bombastique Angelica, elle affiche à peu de choses prêt le même discours en avançant : « notre but est de créer une ambiance de film noir qui mêle l'émerveillement, la tristesse, l'humour, le groupe offrant un paysage musical riche et cinématographique couvrant un large spectre du genre Rock ». Alors, sortez votre shaker, mélangez cette liste d’ingrédients et créez une mixture…qui n’a rien à voir avec les groupes susnommés (!) et qui, n’exhale guère de relents cinématographiques (-re !).

Enfin, vous le savez aussi bien que moi les voies de l’artiste sont souvent impénétrables, ce qui ne doit pas nous empêcher de tenter une infiltration de son œuvre.

Comme je vous le laissais sous-entendre précédemment, The Murder of my Sweet n’est pas un énième groupe aux sauces Nightwish, Within Temptation, Epica ou autre The Gathering. Non, ici, pas de lyrisme, pas de symphonies, pas de duos avec des voix d’outre tombe et pas d’envolées évanescentes. Simplement une chanteuse avec des cordes vocales bien trempées, des chœurs parcimonieux et habiles, une rythmique sacrément charpentée, un clavier qui insuffle ses nappes d’oxygène et et une qualité mélodique jamais prise en défaut.

Sur ce dernier point, notons une succession de hits abasourdissante dés l’attaque de l’opus avec le viscéral « No Evil » (ha ces petits ‘‘Who’s that’’…), le musclé « Follow The Rain » (on pense à Delain), l’imparable « Bleed Me Dry » - la vidéo est tout en bas, tendez esgourdes et écarquillez mirettes, Angelica vous tend les bras - titre ayant décroché une 14ème place dans les charts suédois et le contrasté « Chemical Attraction » (quelle voix !).

La suite est du même acabit, puissance contrôlée (sacré son soit dit en passant) et arrangements millimétrés avec des successions de plages calmes puis pêchues mais toujours joliment mélodiques (écoutez « Valerie »). Ajoutez à cela une voix qui pour une fois n’en fait pas trop et qui est là pour chanter du Hard Rock tout simplement.

The Murder Of My Sweet est à rapprocher d’un Delain (en pleine bourre aussi en ce moment) avec une touche de complexité supplémentaire, preuve en est le progressif « Death of a Movie Star » qui clôt l’album, une sorte de « Bohemian Rhapsody » en plus humble. Si vous n’avez pas encore fait d’overdose de chanteuses Métal, essayez-vous sans hésiter à ce nouveau groupe qui est en train de créer un véritable buz sur le net. Certes, ce n’est pas la première fois qu’un soufflet musical gonfle telle la grenouille de La Fontaine avant de perdre ses bajoues d’un claquement de doigts, mais mon petit auriculaire me dit que cette fois-ci, il y a quelques « bœufs » qui n’ont qu’à bien se tenir.

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NOTES
- /5 (0 avis) 3.8/5 (4 avis)
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